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Vivement l'Ecole!

L’école de la réussite de tous et de la formation des citoyens a besoin de toute la recherche...

24 Novembre 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Pédagogie

L’école de la réussite de tous et de la formation des citoyens a besoin de toute la recherche...

Changer l’école et la rendre plus efficace pour plus de justice et d’égalité impose de renforcer la formation initiale et continue des professeurs des écoles. Pour réaliser cette ambition, les enseignants ont besoin, au cours de leur formation, que la recherche éclaire leurs pratiques afin de construire ensemble les savoirs professionnels en faveur d’une école de la réussite de tous les élèves. 

Dans le dialogue permanent que l'école doit entretenir avec la recherche, aucune discipline ne peut légitimement s'imposer aux autres et aucune ne doit être ignorée. La recherche ne peut être instrumentalisée dans des débats médiatiques le plus souvent réducteurs.

La complexité des processus d'apprentissage suppose une coopération durable entre chercheurs et praticiens. Toutes les recherches et tous les mouvements pédagogiques, qui prennent l'école et les apprentissages pour objet, concourent à la constitution d'un corpus de connaissances en perpétuel développement. Cette dynamique de la connaissance ne peut se réduire à un prêt-à-penser immuable dont les enseignants ne seraient que les interprètes.

Le sens et les enjeux des apprentissages reposent sur l'expertise enseignante. C’est le pédagogue qui s’empare, traduit, et met en œuvre la ressource délivrée par la recherche. Il travaille à la transposition pédagogique des savoirs universitaires en savoir-faire dans des situations d’enseignement / d’apprentissage. 

Le développement et le déploiement de cette expertise s'inscrit nécessairement dans un processus continu d'appropriation des apports de la recherche et de la formation.

C’est pourquoi, nous, chercheurs, enseignants et formateurs, appelons le ministère à développer et à diffuser la recherche dans tous les domaines intéressant l'école par le biais de la formation et à valoriser ainsi la professionnalité des professeurs d'école pour construire une école capable de réduire les inégalités et de former des citoyens libres de pensée.

Les signataires :

Gérard ASCHIERI, professeur agrégé honoraire et membre du CESE - Caroline BARRAULT, chargée de mission CEMEA - Christian BAUDELOT, professeur émérite de sociologie (Paris) et cherucheure au CNRS - Elisabeth BAUTIER, professeure des universités émérite en sciences de l’éducation à l’Université Paris 8 - Claire BENVENISTE, membre du GFEN - Jacques BERNARDIN, président du GFEN - Serge BOIMARE , psy- chologue psycho-pédagogue et ancien directeur du centre Claude Bernard de Paris - Véronique BOIRON, maîtresse de conférences en sciences du langage, didacticienne du français à l'ESPE d'Aquitaine/Université de Bordeaux - Stéphane BONNERY, professeur en sciences de l'éducation à l'Université Paris 8 - Alain BOURGAREL, membre de l'OZP - Joël BRIAND, didacticien des mathématiques, université de Bordeaux - Mireille BRIGAUDIOT, enseignante- chercheuse en sciences du langage - Rémi BRISSIAUD, maître de conférences honoraire de psy- chologie cognitive à l’Université de Cergy-Pontoise et ESPE de Versailles - Sylvain BROCCOLICHI, maître de conférences en sociologie de l'éducation, université d'Artois - Jean-Luc CAZAILLON, directeur général des CEMEA - Sylvie CEBE, maîtresse de conférences en sciences de l'éducation (Clermont Ferrand-Auvergne) - Pierre CHAMPOLLION, professeur honoraire à l'ESPE de Lyon - Roland CHARNAY, mathématicien - Pascal CLERC, maître de conférences en géographie à l'université de Lyon - Sylvain CONNAC, enseignant chercheur en sciences de l'éducation université de Montpellier - Boris CYRULNIK, neuropsychiatre et directeur d'enseignement université de Toulon - Laurence DE COCK, historienne et enseignante - Eric DEBARDIEUX, professeur en sciences de l'éducation à l’Université Paris-Est Créteil - Marc DOUAIRE, prési- dent de l'OZP - Marie DURU-BELLAT, professeure émérite en sociologie - Agnès FLORIN, professeure de psychologie de l'enfance université de Nantes - Edouard GENTAZ, professeur de psychologie du développement à l'Université de Genève (Unige) - Roland GOIGOUX, profes- seur des universités à l'Université Clermont-Auvergne - Joëlle GONTHIER, plasticienne, professeure agrégée d'arts plastiques - Jean-Pierre JAFFRE, ancien chercheur au CNRS - Yves JEAN, professeur de géographie et président de l'Université de Poitiers - Christophe JOIGNEAUX, enseignant-chercheur en sociologie de l’éducation (ESCOLUPEC) - Bernard LAHIRE, sociologue, professeur à l'école normale supérieure de Lyon - Françoise LANTHEAUME, professeure des universités en sciences de l'éducation à l'Université Lumière Lyon 2 - Claude LELIEVRE, pro- fesseur honoraire d'histoire de l'éducation à l'Université Paris 5 - Françoise LORCERIE, directrice de recherches émérite au CNRS à l'Université d'Aix-Marseille - Michel LUSSAULT, géographe, professeur à l’École normale supérieure de Lyon - Arnaud MALAISÉ, co-secrétaire général du SNUipp-FSU - Philippe MEIRIEU, professeur émérite en sciences de l’éducation à l’Université Lumière Lyon 2 - Pierre MERLE, sociologue, professeur des universités - Régis METZGER, co-secrétaire général du SNUipp-FSU - Stanislas MOREL, sociologue, maître de conférences en sciences de l'éducation, université de St Etienne - Denis PAGET, professeur de lettres modernes et membre du Conseil Supérieur des Programmes au Ministère de l’éducation nationale - Christine PASSERIEUX, GFEN (Groupe français d’éducation nouvelle) - Pierre PERIER, professeur en sciences de l'éducation à l'Université Rennes 2 - Eric PLAISANCE, professeur émérite en sciences de l'éducation - Sylvie PLANE, professeure émérite en sciences du langage - Francette POPINEAU, co-secrétaire général du SNUipp-FSU - Eirick PRAIRAT, professeur à l'Université de Lorraine et membre de l'Institut universitaire de France - Patrick RAYOU, professeur émérite en sciences de l'éducation, université de Paris 8 - Bernard REY, profes- seur à l'Université libre de Belgique - Bruno ROBBES, maître de conférences en sciences de l'éducation, université de Cergy Pontoise - Evelyne ROGNON, présidente de l’institut de la FSU - Hélène ROMANO, docteure en psychopathologie, psychothérapeute - Jean-Pierre TERRAIL, sociologue et professeur honoraire à l'Université de Versailles-Saint-Quentin - Marie TOULLEC-THERY, enseignante-chercheure au Centre de Recherche en Éducation de l'Université-ESPE de Nantes - Philippe WATRELOT, professeur en sciences économiques et sociales - Jean-Michel ZAKHARTCHOUK, agrégé de lettres modernes, enseignant honoraire

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Revue de Presse Education...

24 Novembre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education...

Un peu de polémiques mais surtout de l’inquiétude autour du projet de réforme de l’entrée dans le supérieur.

Polémiques et débats

Luc Ferry, les "quartiers pourris", "leurs 98 nationalités" et nous sur le terrain. “Dimanche 19 novembre, Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation nationale, était l’invité de BFMTV pour commenter l’actualité. Ses propos sur les “quartiers pourris”, leurs “98 nationalités” et l’impossibilité de faire cours dans les classes ont choqué Aurélie Gascon, enseignante d’allemand à Sarcelles. Nous lui ouvrons nos colonnes en réponse.”

Les ateliers « en non-mixité raciale » du syndicat SUD-Education 93 créent une polémique. “Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a jugé « inconstitutionnelle et inacceptable » l’organisation de réunions réservées aux « racisés » lors d’un stage syndical.”

Et même Sophie Coignard s’en mêle : SUD Éducation : en lutte, mais pas pour les élèves. "Ce syndicat propose des stages interdits aux Blancs, mais ne s’intéresse guère aux salles de classe, comme en témoignent ses publications."

Jean-Michel Blanquer porte plainte contre SUD-Education 93 et cherche à museler le syndicalisme enseignant combatif. “Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, est enclin à écouter la fachosphère. En particulier, quand elle lui donne des billes pour taper sur les syndicalistes enseignants retors de la Seine-Saint-Denis, mobilisés depuis la rentrée. Il a annoncé à l’Assemblée Nationale porter plainte contre l’organisation syndicale SUD-Education Seine-Saint-Denis pour s’opposer à la tenue d’un stage syndical intitulé « Au croisement des oppressions : Où en est-on de l’antiracisme à l’école » dans lequel des débats en « non-mixité raciale » sont prévus.”

Plus intéressant : Éducation : l’importance du travail d’équipe
Selon une étude réalisée par l’OCDE, le goût du travail d’équipe commencerait dès le plus jeune âge grâce à l’éducation parentale.”
Le goût du travail d’équipe est une qualité recherchée par de nombreux recruteurs. Or, chacun sait que résoudre un problème relève parfois de beaucoup de patience. Être à l’écoute, répartir les tâches de façon efficace et équitable, L’OCDE ( Organisation de coopération et de développement économiques) a ainsi réalisé une étude auprès de 52 pays, sur la résolution collaborative des problèmes. Résultat : 28% des élèves ne sont pas capables de résoudre un problème collaboratif simple. À l’inverse, certains pays sont de très bons élèves dans le travail collaboratif : Singapour, Hong Kong, la Corée ou encore le Japon.”

Supérieur

De très nombreux médias relaient la nouvelle, par exemple La Nouvelle république : Accès à l’université : le nouvel APB s’appellera "Parcoursup".

Et si vous voulez, Découvrez le calendrier Parcoursup pour 2018

Les nouvelles règles d’entrée à l’université présentées en conseil des ministresLa plate-forme « Parcoursup » ouvrira le 15 janvier. Les lycéens inscriront dix vœux maximum et recevront les réponses au fil de l’eau, à partir de mai.”

Licence : la pluridisciplinarité pour enrayer l’échec. “A la rentrée 2018, les universités devront proposer des parcours « à la carte ». Visite de quelques universités pionnières en la matière.”

Université : la sélection n’est plus un tabou pour les jeunes par Marie-Estelle Pech. “Mais alors qu’il porte un projet de loi sur le sujet, présenté ce mercredi en Conseil des ministres, le gouvernement joue habilement sa partition. Suffisamment flou, instituant un semblant de tri sans le dire, le texte bénéficie d’un alignement des planètes optimal. Le tirage au sort pratiqué cette année dans les filières en tension (psychologie, Staps, droit) a fait figure d’épouvantail et préparé le terrain.”

Et d’ailleurs, puisqu’on vous le dit : Frédérique Vidal : "Notre objectif c’est que l’ensemble des bacheliers trouve sa place dans l’enseignement supérieur". “La ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, était l’invitée de L’interview J-1, mardi sur franceinfo, à la veille de la présentation du projet de loi "Orientation et réussite des étudiants" en Conseil des ministres.”

Entrée à l’université : un projet de loi légèrement modifié présenté en Conseil des ministres par Laura Taillandier. “C’est une version du projet de loi sur l’entrée à l’université avec quelques modifications qui a été présentée en Conseil des ministres, mercredi 22 novembre 2017. Selon le texte qu’EducPros s’est procuré, outre une évolution de l’ordre des paragraphes, des changements ont été apportés à la suite de l’examen par le CSE et le Cneser.”

Projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants. “Le Gouvernement a décidé de rendre public l’avis du Conseil d’État sur le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants.”

La réforme d’APB va-t-elle résoudre le problème de l’accès à l’université ? Recueilli par Nathalie Birchem et Emmanuelle Lucas. “Le projet de loi « orientation et réussite des étudiants », qui vise notamment à supprimer le tirage au sort et à réduire le taux d’échec en première année de fac, a été présenté hier en conseil des ministres. Vivement critiqué par plusieurs syndicats lycéens, étudiants (l’Unef) ou enseignants (le Snesup-FSU), qui dénoncent « une sélection déguisée », il est salué par d’autres acteurs comme une réponse équilibrée au problème de l’accès à l’université.”

Nouvelles règles d’entrée à la fac : "un projet fou" selon le premier syndicat du supérieur.Le Snesup, qui appartient à la fédération FSU (dont dépend également le Snes, premier syndicat des professeurs du secondaire), va alerter les élèves de Terminale, leurs parents et les professeurs sur les dangers que recèle selon lui ce projet de loi, via une lettre distribuée dans les établissements.”

Université. Les syndicats divisés sur les nouvelles modalités d’accès. “Le projet de loi "Orientation et réussite des étudiants", qui prévoit notamment de nouvelles modalités d’accès à l’université, est présenté ce mercredi en conseil des ministres. S’il ne comprend pas le terme de « sélection » ou de « pré-requis », il propose une inscription en licence pouvant être subordonnée à l’acceptation, par le candidat, d’un parcours d’accompagnement ou de formation pédagogique proposé par l’université.”

Université : tensions à prévoir par Luc Bentz. “Quand on creuse, on se rend compte que la substitution de « Parcours Sup » à APB est loin de régler le problème des néo-bacheliers sans affectation dans le Supérieur. Comme le montre une note de Terra Nova, le « choc démographique » va se poursuivre. Or trois problèmes se posent : 1º il n’a pas été anticipé ; 2º les universités, seules, vont-elles continuer à devoir absorber cette accroissement ? 3° pour l’instant, en termes de moyens, la situation est inquiétante et pourrait se traduire par des conséquences préoccupantes, surtout s’il y a des calculs à courte vue. Non sans risques pour les pouvoirs publics qui n’auront plus, à la rentrée 2018, l’alibi APB.”

Un tiers des étudiants inscrits en licence renonce dès la première année. “INFOGRAPHIE - Une note du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche dévoile les taux de réussite à l’université. Seul 28,4% des étudiants inscrits en licence en 2012 ont obtenu leur diplôme en trois ans.”

Orientation : «  Comment voulez-vous que les familles s’y retrouvent   ?  ». “Avec son plan étudiants, le gouvernement espère faciliter le choix des lycéens souvent perdus face au maquis des formations.”

Et pendant ce temps…parmi tant d’autres, Le Centre d’information et d’orientation doit fermer. “L’annonce a été faite lors du Comité technique académique (CTA) du 9 novembre. Le rectorat veut fermer le Centre d’information et d’orientation de Gaillac. L’un des trois, avec Albi et Castres, existant encore sur le département. Un projet que les organisations syndicales ont refusé lors cette réunion. Mais il doit être représenté lors du prochain CTA le 29 novembre. La position des syndicats ne sera alors que consultative.”

et une bonne question se pose : Les enseignants peuvent-ils faire de bons conseillers d’orientation ?

Les "Business schools"​ françaises de 1819 à nos jours : deux siècles d’un développement en marge de l’université. “Les actuelles "business schools" françaises sont les héritières d’établissements nés il y a près de deux siècles. Pour pouvoir bien analyser ce qui les caractérise aujourd’hui, et ce que pourrait être leur avenir à court et moyen termes, nous vous proposons d’en découvrir avec nous la genèse, et les pistes de développement qui s’offrent à elles aujourd’hui.” Par Bruno Magliulo.

Etudes supérieures en Espagne : quelles différences avec la France ?L’Espagne compte environ 1,5 millions d’étudiants parmi sa population, dans lesquels on compte cette année 2.801 étudiants français en mobilité entrante. L’Espagne est une destination privilégiée des étudiants Erasmus mais l’enseignement supérieur espagnol intéresse aussi la communauté française dont les enfants sont scolarisés dans le pays. Récapitulation de ses ses modalités.”

Les universités américaines, de plus en plus friandes d’intelligence artificielle par Hélène Labriet-Gross. "L’intelligence artificielle, nouvel eldorado du secteur de l’éducation ? Aux États-Unis, un nombre croissant d’enseignants font appel à cette technologie pour personnaliser leurs cours, relate EdTech Magazine, journal en ligne dédié à l’actualité du secteur. Les professeurs ont souvent face à eux des classes de plusieurs centaines d’étudiants et l’IA (intelligence artificielle) met à leur disposition différents outils, afin d’identifier les besoins de chacun, analyse le magazine.”

Bernard Desclaux

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Otis Redding...

23 Novembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... André Lafon

23 Novembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

"Vous qui vous pencherez sur ces pages avec l'émoi d'y revoir, parmi tant de choses mortes, des figures jadis connues, ne soyez point étonnée de trouver l'enfant qui se raconte si peu semblable à votre souvenir ... Mais rappelez vous ses silences, et sachez ce que vous dérobèrent un masque pâlot et des regards qui fuyaient l'interrogation du vôtre."

(...)

"Je ne cédais que le dernier, jouissant de la paix retrouvée, sauvé des heurts de la cour, de la contrainte de l'étude, savourant en moi-même l'amertume de mon isolement. Je me plaçais sur le côté, la face tournée vers la clarté, pour m'attarder à contempler sous mes paupières d'étranges lueurs qui s'étiraient. Il m'arrivait d'entendre sonner neuf heures, avec un drôle d'écho qui doublait chaque coup et me faisait me tromper en les comptant. Le dernier train sifflait dans la campagne; chaque robinet du lavabo laissait à son tour, tomber une goutte claire; j'écoutais la chanson formée se reproduire indéfiniment, et c'était le consentement de tout mon être, la chute aux pays inférieurs où passent les ombres terribles ou bizarres qu'on se rappelle y avoir connues, en se réveillant, le matin."

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Sud Education 93 vs Blanquer : la polémique non-mixité en 4 actes...

23 Novembre 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Sud93

Sud Education 93 vs Blanquer : la polémique non-mixité en 4 actes...

EXTRAITS

(...)

1 Sud Education 93 annonce une formation sur l'antiracisme

Au mois d'octobre, Sud Education 93 envoie aux personnels de l'Education nationale de Seine-Saint-Denis la plaquette d'une formation syndicale portant sur "l'antiracisme à l'école" et qui doit se tenir les 18 et 19 décembre à Saint-Denis. Programme des journées de formation, modalités d'inscription, tout est fait dans les règles.

Au programme : plusieurs séances plénières sur des sujets comme "qu'est-ce qu'un.e élève racisé.e ?" ou "la question de l'islamophobie dans l'Education nationale", ainsi que des ateliers.

Seuls deux de ces ateliers doivent se tenir "en non-mixité raciale" : le premier porte sur les "outils pour déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe", le second sur le "récit d'expérience des enseigant.es racisé.es".

La non-mixité est un outil militant déjà utilisé dans le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis dans les années 1960. Il consiste à réserver des espaces dans lesquels les personnes victimes d'une discrimination se retrouvent entre elles. En France, ce sont surtout les féministes qui s'en sont emparées.

Wiam Berhouma, professeure d'anglais et animatrice de plusieurs débats et ateliers lors de la formation expliquera plus tard à "l'Obs" l'objectif de l'atelier "récit d'expérience" :

"La plupart des enseignants qui ont un statut précaire n'ont pas la nationalité française ou sont descendants de l'immigration. Ils rencontrent des difficultés énormes liées à leurs statuts et à leurs conditions. Ce sont des choses à prendre en compte."

2 Le Printemps républicain déterre le tract, qui provoque un tollé

La polémique arrive un mois plus tard, samedi 18 novembre, avec un tweet publié par Nassid Seddiki (PS), secrétaire général du Printemps républicain, un mouvement revendiqué de gauche laïque et qui dénonce notamment l'islamisme politique. Interpellant le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, Nassid Seddiki souligne la présence au stage de Marwan Muhammad, directeur du Collectif contre l'islamophobie en France, bête noire du Printemps républicain.

Sans surprise, le site d'extrême droite Fdesouche rebondit sur l'affaire.

C'est ensuite au tour de Jean-Michel Blanquer de se fendre d'un tweet, dans lequel il indique qu'il "condamne avec fermeté le projet d'une réunion syndicale triant les membres sur la base de leur origine". "Inconstitutionnel et inacceptable", dit-il.

Marine Le Pen applaudit, jugeant le message "salutaire". Elle appelle à des "sanctions exemplaires" contre les "professeurs fautifs".

Côté associations, la Licra et SOS-Racisme dénoncent la tenue de ces ateliers non-mixtes, qu'elles jugent racistes. Les deux organisations avaient déjà toutes deux dénoncé l'organisation en 2016 d'un "camp d'été décolonial" réservé aux personnes racisées et, à l'été 2017, du festival afroféministe Nyansapo, en partie non-mixte.

 
3 Le syndicat répond et veut porter plainte

Face à la polémique suscitée par le programme de sa formation, Sud Education 93 annonce lundi soir dans un communiqué son intention de porter plainte. 

"Les attaques portent sur un 'tri des origines' qui serait fait sur les participants du stage. Sud Education 93 condamne fermement ces propos et compte porter plainte pour diffamation contre tous les sites et individus qui propageraient ces propos", fait savoir le syndicat.

Dans ce communiqué, Sud Education 93 se dit aussi "victime d'insultes de la part de plusieurs groupes très actifs sur les réseaux sociaux et connus pour leurs positions d'extrême droite" et souligne "la coïncidence des agendas des réseaux d'extrême droite et de notre ministère".

"Il est inutile de nier des questions que les enseignante.s vivent au jour le jour", estime le syndicat, pour qui les questions abordées par le stage sont des questions essentielles dans l'enseignement aujourd'hui. "La racialisation est un concept sociologique et non biologique. Il renvoie à un statut dans la société et à une certaine assignation. Il est temps de considérer les élèves avec leur passé et leur histoire", abonde Wiam Berhouma.

4 Jean-Michel Blanquer veut (à son tour) porter plainte

Ce mardi, c'est donc Jean-Michel Blanquer qui annonce qu'il souhaite porter plainte contre Sud Education 93.

"J'ai pris connaissance avec beaucoup de tristesse [...] de cette initiative prise par un syndicat d'organiser ces ateliers qualifiés de 'non-racialisés'", dit-il dans l'hémicycle :

"L'expression même utilisée est absolument scandaleuse. Elle ne peut pas avoir sa place dans l'Education nationale. On parle de non-mixité raciale, de blanchité, de racisé. Les mots les plus épouvantables du vocabulaire politique sont utilisés au nom, soi-disant, de l'antiracisme, alors qu'ils véhiculent un racisme."

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Emmanuel Bonaparte et Jean-Michel Fontanes...

23 Novembre 2017 , Rédigé par EducPros Publié dans #Education, #Politique

 Emmanuel Bonaparte et Jean-Michel Fontanes...

Dans « Libération », et sous l’intitulé « Emmanuel Bonaparte », Laurent Joffrin a filé hier une longue comparaison plus ou moins métaphorique entre Macron et Bonaparte. Il a mis en valeur que notre chef de l’Etat, à l’instar de Napoléon, s’appuyait sur des « techniciens confirmés » (en citant au premier chef Jean-Michel Blanquer).

L’alter ego de notre actuel ministre de l’Education nationale a été sous le Premier Empire Louis Fontanes, premier « Grand-maître de l’Université » (une sorte de chef d’un ministère de l’Instruction publique et des Cultes qui ne sera de plein exercice que plus tard, et qui se situe alors au sein du ministère de l’Intérieur car il y va avant tout de l’ordre, de la remise en ordre des esprits après la tourmente révolutionnaire et républicaine).

Comme on dit à juste titre,  »comparaison n’est pas raison » (loin s’en faut parfois) ; mais cela peut être suggestif . On commencera par des extraits du texte – certes indicatif – de Wikipédia.

« La brillante carrière d’un restaurateur (1799-1821)

Louis Fontanes rentre à Paris, d’abord clandestinement, avant le coup d’État du 18 brumaire. ll gagne la faveur de Bonaparte, devenu Premier consul, qui le fait rayer de la liste des proscrits, et le rétablit dans son fauteuil de l’Institut […] Il est fait premier Grand maître de l’Université en 1808 par Napoléon, et à ce poste, il s’emploie à nommer au Conseil Supérieur, à l’Inspection Générale et dans les rectorats, des oratoriens, de fins lettrés comme son ami Joseph Joubert, des royalistes comme Louis de Bonald et Paul-Victor de Sèze, frère de Raymond de Sèze qui fut le défenseur de Louis XVI. Ces nominations ont une orientation en sens inverse de celle des Idéologues de la Révolution, Cabanis et Destutt de Tracy [..]Napoléon Ier le nomme Comte de l’Empire en 1808. Il est secrètement royaliste, mais il sert l’empereur avec fidélité  […] Le 14 avril 1814, Napoléon doit abdiquer. Quelques jours plus tard, le 22 avril, Louis de Fontanes harangue le Comte d’Artois, puis le 3 mai, il prononce un discours en faveur du nouveau roi Louis XVIII. Celui-ci le nomme ministre de l’Instruction publique, membre du conseil privé, Pair de France. Après les Cent-Jours, le 22 juin 1815, Louis de Fontanes vient accueillir le roi à Saint-Denis. Le roi Louis XVIII le fait marquis »

« Il sert l’Empereur avec fidélité ? ». Pas si sûr, loin s’en faut, si l’on en croit Alphonse Aulard (titulaire de la première chaire de l’histoire de la Révolution française à la Sorbonne, à partir de 1885 et jusqu’en 1922) : « Si Napoléon ne connut pas toutes les infidélités de Fontanes, tout le détail de sa demi-complicité avec l’opposition catholique et monarchiste, on peut assurer que ses yeux se dessillèrent à partir de 1811, et il vit bien que le Grand-maître de son Université servait une autre politique que la sienne. Pourquoi donc supporta-t-il cette défection ? Pourquoi ne révoqua-t-il pas Fontanes de ses fonctions ? Peut-être répugna-t-il à avouer qu’il s’était trompé sur l’homme en qui il avait mis toute sa confiance, à qui seul dans l’Empire, il avait confié un pouvoir presque indépendant […]. En tout cas, c’est sa complaisance pour Fontanes qui fut en partie cause que l’Université impériale ne réussit pas tout à fait selon son dessein ».

Début septembre, le Chef de l’Etat Emmanuel Macron a affirmé que « Jean-Michel Blanquer est un formidable ministre ». La suite (royale?) nous en dira plus.

Claude Lelièvre

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Luc Ferry, les "quartiers pourris", "leurs 98 nationalités" et nous sur le terrain...

23 Novembre 2017 , Rédigé par Bondy Blog Publié dans #Education, #Luc Ferry

EXTRAITS

Dimanche 19 novembre, Luc Ferry, ancien ministre de  l’Éducation nationale, était l’invité de BFMTV pour commenter  l’actualité. Ses propos sur les “quartiers pourris”, leurs “98 nationalités”  et l’impossibilité de faire cours dans les classes ont choqué Aurélie  Gascon, enseignante d’allemand à Sarcelles. Nous lui ouvrons nos  colonnes en réponse.

Il a bien fallu vingt-quatre  heures avant que la gravité des propos de Luc Ferry, ministre de  l’Éducation nationale de 2002 à 2004 ne soit relevée, puisque BFMTV a  été incapable d’apporter ne serait-ce qu’une contradiction tenace et  énergique.

Dans la séquence qui nous occupe, M.  Ferry commence par répondre par une pirouette à une question concernant  le classement PISA de la France. “PISA n’évalue pas les systèmes éducatifs mais les performances des élèves”.  Plutôt que de se questionner sur notre modèle de formation pédagogique,  encore très perfectible et des moyens alloués pour lutter contre la  grande difficulté scolaire (qui n’est pas l’apanage des quartiers  défavorisés), Luc Ferry a préféré nous resservir les vieilles antiennes  des parents démissionnaires dans les quartiers populaires qu’il juge  davantage responsables que le système éducatif des inégalités scolaires.  Mais avançons car le vrai problème, hélas, c’est la suite.

“Si on supprimait les 15% de quartiers pourris en France,  avec des établissements dans lesquels il y a 98 nationalités, on  n’arrive pas à faire cours, eh bien nous serions classés numéro 1 à  PISA”

L’ancien ministre en est d’ailleurs  tellement conscient qu’il prend quelques précautions oratoires : il  annonce qu’il va être brutal, prend soin d’expliquer qu’il ne pouvait  pas dire cela avant : “Je vais vous dire les choses très carrément, quand j’étais ministre c’était un peu difficile à dire”. Puis finit par placer les propos fâcheux dans la bouche de son directeur de l’évaluation : “Mon  directeur de l’évaluation, il est venu me voir (…) et il m’a dit voilà,  si on supprimait les 15% de quartiers pourris en France, avec des  établissements dans lesquels il y a 98 nationalités, on arrive pas à  faire cours, eh bien nous serions classés numéro 1 à PISA“. Mais le paravent s’arrête là, il pousse jusqu’à expliquer à la journaliste que si “on vous met vous, chère amie, dans un collège un peu compliqué du 9 cube (sic), vous ressortez en tutu dans le quart d’heure“.  Ces propos vulgaires, qui assimilent les élèves des collèges  défavorisés à des agresseurs qui arrachent les vêtements de leurs  enseignants, ne suscitent absolument aucune réaction sur le plateau.  Puisqu’on ne peut pas laisser dire de telles choses, parlons un peu  d’expérience de terrain.

Enseigner dans les banlieues  populaires et de manière générale en “zones défavorisées”, comme on  appelle pudiquement les quartiers pauvres, est un engagement  pédagogique, social et humain particulier. Il nous met face à l’immense  défi de donner ou redonner confiance à des enfants qu’on encourage peu,  habitués aux regards portés sur eux, leur quartier, leur vie au mieux  méfiants, au pire méprisants. Il nous confronte aussi aux parcours de  vie chaotiques de certains élèves et de leurs parents, qui bien souvent,  contrairement à ce qu’on sous-entend parfois, ne savent pas qu’ils ont  droit à des aides et se retrouvent presque sans ressources. Malgré tout,  ces familles montrent souvent un courage et une résilience étonnants.  Quand on ne sait pas si on aura toujours un toit sur la tête à la fin de  la semaine ou si on n’est pas sûr de pouvoir se nourrir correctement,  comment peut-on étudier convenablement ou bien suivre la scolarité de  son enfant ? Ce n’est certainement pas Luc Ferry qui pourra répondre à  cette question, lui qui balaie d’un revers de main la remarque qui lui  est faite sur les inégalités sociales. C’est pourtant bien plus prégnant  que des différences culturelles que nous pouvons rencontrer, oui, et  parfois source d’incompréhension mutuelle, mais rarement insurmontable. 

(...)

Où sont vos propositions concrètes M. Ferry?

Luc Ferry, en guise de proposition,  tente de lancer l’idée d’une école des parents, qui aurait sans doute  été mieux reçue s’il n’avait pas auparavant tenu les propos cités  ci-dessus. En l’état actuel des choses, bien des parents et des enfants  de ces quartiers, qui ne sont pas des “cas sociaux”  contrairement aux affirmations d’Éric Brunet, pourraient lui donner de  vraies leçons de vie. Parmi ces leçons, nous sommes nombreux à avoir  croisé la route d’élèves non francophones, réfugiés, qui arrivent  parfois traumatisés, et qui en quelques semaines ou mois d’école  réapprennent à sourire, rire, apprennent la langue et s’intègrent très  bien au reste de la classe. Tout cet engagement nous oblige souvent à  repousser les limites de notre profession, mais nous ne pouvons pas  décemment laisser dire que dans les quartiers pauvres “on ne peut pas faire cours“.

Mais cela importe peu aux Luc Ferry de tout bord, qui considèrent  qu’enseigner ne consiste qu’à déverser un savoir et à maîtriser sa  discipline. Rien de plus faux, pourtant : si la maîtrise disciplinaire  est un prérequis indispensable, elle ne prépare ni à la réalité du  terrain, ni aux situations sociales rencontrées dans les quartiers  pauvres. Il est certes plus simple de vouloir rayer d’un trait de plume  ces quartiers pour tenter de rendre nos statistiques et classements PISA  présentables (ça ne marcherait pas, du reste), mais il serait bien plus  responsable et courageux de s’attaquer aux inégalités sociales et  scolaires pour permettre aux enfants de nos quartiers de suivre une  scolarité avec les mêmes moyens humains et matériels qu’ailleurs. Il est  de la responsabilité des anciens ministres comme de tous les autres de  ne pas propager des images discriminatoires de ces quartiers, qui  poussent beaucoup de personnels à les fuir et de passer plus de temps à  nous apporter une aide concrète !

Aurélie GASCON, professeure d’allemand au lycée Jean-Jacques Rousseau de Sarcelles

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22 Novembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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