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Vivement l'Ecole!

La nouvelle idéologie scolaire...

18 Octobre 2017 , Rédigé par La Vie Des Idees Publié dans #Education, #Politique

La nouvelle idéologie scolaire...

EXTRAITS

(...)

Une politique conservatrice

Jean-Michel Blanquer fut un des hommes-clés de la politique scolaire de Nicolas Sarkozy et, depuis trois mois, nombre de ses déclarations flattent volontiers la droite et les corporations enseignantes les plus conservatrices : critique de « l’égalitarisme », rencontre amicale avec « Sens commun », apologie du mérite et de l’élitisme républicain, défense du latin, retour des classes bilingues et des sections européennes au collège, soulèvent l’enthousiasme des éditorialistes les plus conservateurs. La dénonciation des « pédagogues » qui auraient, depuis trente ans, détruit l’école, le retour d’un cours préparatoire à la fois exigeant et traditionnel, les appels au « rétablissement de l’autorité » et du redoublement, la critique du Conseil supérieur des programmes, la défense de la chronologie et du roman national en histoire et en littérature situent la politique de Jean-Michel Blanquer dans une filiation conservatrice toujours convaincue que « c’était mieux avant ». Elle ne déplaît pas non plus à de nombreux enseignants, favorables à ce qu’ils perçoivent comme un retour à la sagesse et au bons sens.

(...)

Jean-Michel Blanquer est plus sensible à la question de l’efficacité qu’à celle des inégalités scolaires. Il semble indifférent à la structure des inégalités scolaires elle-même et déclare sa foi dans « l’excellence » et le modèle élitiste français, ignorant que le recrutement des élites scolaires est de plus en plus endogène du point de vue social. Dans le meilleur des cas, grâce aux « Cordées de la réussite » initiées par l’ESSEC dont il a été le directeur, on permettra à quelques élèves méritants des lycées populaires de prétendre à l’élite. Mais la structure des inégalités, elle, ne bougera pas. Plus exactement, Jean-Michel Blanquer pense que l’augmentation de l’efficacité scolaire réduira mécaniquement les inégalités en diminuant le nombre des élèves en échec, d’où l’effort porté sur le CP. Mais les inégalités ne se jouent pas toutes entre 6 et 7 ans, elles se déploient et se creusent bien après et les classes bilingues du collège y contribueront certainement, comme la faible mixité sociale de nombreux établissements. N’est-il pas dangereux de mobiliser le thème de la « diversité des intelligences » quand on sait combien cette rhétorique a toujours conduit à naturaliser les inégalités sociales et culturelles et à hiérarchiser les enseignements bien plus qu’à les diversifier et à les individualiser ? En élargissant le choix des établissements par les parents, Jean-Michel Blanquer prend aussi le risque d’accentuer les inégalités entre les établissements, notamment entre les collèges. Pourtant, il n’ignore pas que l’école française se caractérise, à la fois, par de fortes inégalités entre les établissements et par l’impact particulièrement élevé du niveau culturel et social des parents sur la réussite des élèves.

(...)

Si l’on en croit les déclarations de Jean-Michel Blanquer, il suffirait d’établir l’égalité des chances aux premiers âges de la scolarité pour que les inégalités scolaires deviennent ensuite acceptables ; l’élitisme républicain du ministre ne s’attaque pas aux hiérarchies scolaires elles-mêmes. Dès lors que quelques élèves d’origine modeste parviennent à se glisser dans les classes de latinistes et dans les grandes écoles, peu importe que se creusent les écarts entre les élites et les plus faibles. Il suffirait qu’un nombre infime d’enfants de migrants fréquentent la rue Saint Guillaume (ce qui est une bonne chose), alors que dans certains lycées professionnels il n’y a que des enfants issus des immigrations venues du Sud, pour que fonctionne l’élitisme républicain au prix de grandes inégalités scolaires.

Alors qu’Emmanuel Macron avait porté la promesse d’une politique surmontant le clivage entre la droite et la gauche, force est de reconnaître que les paroles et les actes de Jean-Michel Blanquer le situent à droite sur la question scolaire. À l’automne 2017, les lecteurs du Figaro et de Valeurs actuelles ont été mieux entendus que les électeurs de gauche qui ont voté pour Emmanuel Macron.

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On pourra toujours discuter des recherches et des leçons de la science dont s’inspire Jean-Michel Blanquer, remarquer qu’il tient pour acquis des résultats qui ne le sont pas toujours, comme l’effet positif automatique de la diminution du nombre d’élèves par classes si elle n’est pas suivie d’une transformation des pédagogies, qu’il ignore que les groupes de niveaux maintiennent ou accroissent les écarts plus qu’ils ne les réduisent, que l’efficacité du redoublement n’a guère été démontrée, que le « tout se joue avant 6 ans » ne signifie pas que rien ne se passe après, que les succès scolaires de la Finlande et de Singapour ne reposent ni sur les mêmes philosophies scolaires, ni sur les mêmes sociétés… Mais l’essentiel est que ces détours par les recherches, les comparaisons ad hoc et les plaidoyers pro domo dessinent un modèle d’école dont il faut prendre la mesure.

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Pour qui connaît l’histoire, les traditions, les coutumes et l’imaginaire de l’Éducation nationale française, l’affirmation aussi nette de ces principes annonce une révolution. Le recrutement des enseignants par les établissements mettra à mal la conception traditionnelle de l’autonomie professionnelle des enseignants et privera les syndicats d’une de leurs principales ressources, celle de la « cogestion » des carrières. Le transfert de l’inspection vers un système d’audit et de renforcement du pouvoir des chefs d’établissement sera, lui aussi, perçu comme une révolution : au pouvoir lointain du Ministère et de l’inspecteur se substituera un pouvoir proche. Enfin, le système modulaire du lycée et la réforme du baccalauréat bousculeront la hiérarchie des disciplines, entre celles qui resteront nationales et celles qui tomberont dans le contrôle continu.

(...)

Comment faire pour que l’école efficace soit aussi une école juste ? Si l’efficacité des apprentissages est une des fonctions essentielles de l’école, elle n’en définit pas pour autant toute la vocation éducative, les valeurs, la morale, le sujet démocratique qu’elle veut promouvoir. Sur ce point, on ne saurait se satisfaire des seuls appels à la confiance et à la tradition. L’école efficace ne peut, à elle seule, fonder le projet éducatif dont nous avons besoin.

François Dubet

Le billet est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Lecture et écriture - Giflée - Réforme professionnelle - Supérieur - (…)

18 Octobre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Lecture et écriture - Giflée - Réforme professionnelle - Supérieur - (…)

Temps calme sur l’actualité éducative. Quelques interrogations sur la lecture et l’écriture, quelques mots à propos d’une enseignante giflée mais semble-t-il silence du ministre. La réforme professionnelle est en débat ainsi que le supérieur.

Lecture et écriture

Roland Goigoux : Lecture : Répondre aux interrogations du moment. “L’enseignement de la lecture est-il menacé par la rue de Grenelle ? C’est une question que l’on peut se poser après les déclarations pro syllabique de JM Blanquer et les échos qui nous sont parvenus des conférences tenues avec les inspecteurs. Roland Goigoux, auteur du récent rapport Lire Ecrire, revient sur cet enseignement dans une conférence filmée, diffusé e par le Centre A Savary, qui fait date. Il y fait le point sur les savoirs concernant l’enseignement du lire-écrire au cycle 2 qui font consensus, sur les points en discussion et sur les pistes utilisables par les enseignants. Roland Goigoux fait notamment la part du mythe et de la réalité autour de la méthode syllabique. Il revient pour le Café pédagogique sur la genèse de cette publication et l’état des lieux du débat.”

Sur le site de l’IFE, il faut voir la vidéo : Roland Goigoux, enseigner la lecture et l’écriture au cours préparatoire : questions vives.

Finalement, Jean-Michel Blanquer est contre l’écriture inclusive dans les manuels scolaires. “"Je trouve que ça ajoute une complexité qui n’est pas nécessaire", plaide le ministre de l’Education. Il n’y aura pas de manuels scolaires pour tous et toutes. Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, s’est déclaré lundi contre l’emploi de l’écriture dite "inclusive" à l’école, estimant que cette méthode de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes créait "des polémiques inutiles".”

Giflée

Prof giflée dans un lycée : "Il y a un climat scolaire tendu en Seine-Saint-Denis". “Alors qu’une enseignante a été giflée par un élève dans un lycée professionnel de Seine-Saint-Denis (une scène diffusée sur les réseaux sociaux), Maxime Besselièvre, enseignant et secrétaire départemental CGT Éduc’Action, était l’invité du Grand Matin Sud Radio pour évoquer le climat actuel.”

Et le Café pédagogique annonce : Professeure giflée : Les auteurs jugés.

Réforme professionnelle

Le gouvernement remet l’apprentissage sur le métier par Emmanuelle Réju. “Le premier ministre, Édouard Philippe, reçoit à son tour à partir d’aujourd’hui les syndicats et les organisations patronales. Au menu : la réforme de l’apprentissage, considérée comme une solution au chômage des jeunes.”

L’apprentissage, le parcours mal-aimé des Français que le gouvernement souhaite réenchanter. “Le premier ministre s’entretient cette semaien avec les partenaires sociaux pour attirer davantage de jeunes vers une filière dont les effectifs stagnent.”

Étienne Gless propose une mise en perspective : Alternance : de Giscard à Macron, 40 ans de plan de relance de l’apprentissage. “Comment revaloriser l’apprentissage et lutter contre le chômage des jeunes ? Depuis quarante ans, les gouvernements successifs multiplient les initiatives. Emmanuel Macron ne déroge pas à la règle : le président de la République veut, à son tour, développer l’alternance en France. Décryptage.”

Et en prospective, L’industrie du futur : progrès technique, progrès social ? Regards franco-allemands. “Cette note constitue la synthèse d’une série de séminaires franco-allemands réunissant industriels, représentants des pouvoirs publics et des syndicats, universitaires et experts, organisés conjointement par la Fondation Jean Jaurès, la Fondation Friedrich-Ebert et La Fabrique de l’industrie.”

Supérieur

Post-bac : la ministre de l’Enseignement supérieur promet un calendrier début novembre. “Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a confirmé la fin de la sélection des étudiants par tirage au sort. Le nouveau calendrier des étapes pour l’orientation post-bac sera communiqué au retour des vacances de la Toussaint.”

Sondage APB : deux bacheliers sur trois favorables aux prérequis en licence, par Natacha Lefauconnier. “Comment imagineriez-vous le futur APB ? Selon notre sondage, vous êtes favorables en majorité à des prérequis nationaux et indicatifs pour l’entrée à l’université, et à une plate-forme qui recense toutes les formations avec un nombre de vœux libre. Quant au nouveau nom de la procédure, vous ne manquez pas d’idées !

Tous à bac + 5 ? par Bruno Magliulo. “Ce titre se veut bien sûr très provocateur. Il résulte de la décision prise en 2017 par la Ministre de l’Education nationale alors en fonction, d’ouvrir toutes grandes les portes permettant l’accès aux masters, créant de facto un droit d’accès pour tous les étudiants parvenant à se doter d’une licence.”

#Blockchain : une révolution pour le secteur de l’enseignement supérieur ? par Cyril Perez. “Vous avez certainement déjà entendu parler des bitcoins et des cryptomonnaies susceptibles de transformer fondamentalement les transactions faites en ligne… Si la plupart des utilisateurs ne réaliseront pas de transactions importantes en bitcoins dans un avenir proche, la technologie sur laquelle cette monnaie repose (appelée la blockchain) pourrait avoir un impact profond sur notre quotidien, et notamment dans le secteur de l’enseignement supérieur. Bien que cette technologie existe depuis près de 10 ans, de nombreuses institutions peinent encore à la définir et, par extension, à évaluer son impact potentiel sur l’enseignement supérieur.”

Bernard Desclaux

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Coup de coeur... 17 écrivains se souvenaient, en 2011, du 17 octobre 1961 à Paris...

17 Octobre 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Histoire

Coup de coeur... 17 écrivains se souvenaient, en 2011, du 17 octobre 1961 à Paris...

En octobre 1986, à l'occasion des 25 ans de la répression de la manifestation de 1961, j'écrivais ce qui suit dans la presse algérienne :

« J'ai dix ans. Devant moi, un homme marche sur le trottoir au milieu d'autres hommes, avenue de la République à Aubervilliers. Il porte un sac sur l'épaule, un de ces sacs bon marché, imitation cuir, dans lesquels on rangeait sa gamelle. Plus loin, deux policiers immobiles scrutent les visages. Ils arrêtent l'homme, fouillent son sac sans ménagement. L'homme baisse la tête et se laisse bousculer sans réagir. Il lève maintenant les bras au ciel. L'un des policiers le palpe, ouvre sa veste, soulève le chandail puis ses mains descendent, desserrent la ceinture. Le pantalon tombe aux pieds de l'homme pétrifié. Des gens rient, d'autres baissent la tête à leur tour.

Je n'ai jamais oublié cet Algérien inconnu, pas plus que l'humiliation, l'impuissance qui nous rendaient solidaires.

J'ai onze ans. Sous nos fenêtres, un soir, un barrage de police. Deux jeunes gens en Vespa tentent d'échapper au contrôle. Une rafale arrose la façade. Les deux jeunes ne se relèveront pas. Trop mats de peau... On apprendra plus tard qu'il s'agissait d'enfants d'immigrés italiens.

J'ai douze ans. Un visage sur les murs, celui de l'innocence assassinée. Le visage d'une gosse de cinq ans, Delphine Renard, défigurée par la bombe que l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS) destinait à André Malraux, le ministre de la Culture du général de Gaulle. Puis la manifestation de Charonne, deux jours plus tard, Charonne où Suzanne Martorell, une voisine, amie de ma mère, perdra la vie. J'étais dans la rue, le 12 février 1962, un point minuscule dans la foule immense venue lui rendre hommage. Vingt années plus tard, j'ai voulu revenir sur ces émotions vives d'enfant de banlieue, me souvenir de cette peur, le soir, quand notre mère nous quittait, mes sœurs et moi, pour retrouver d'énigmatiques personnages qui participaient au comité anti-OAS du quartier. Le bouquin que je projetais d'écrire devait s'appeler «Delphine pour mémoire». J'ai commencé par lire tout ce qui s'était publié à propos de « Charonne », puis, consultant les archives des journaux à la Bibliothèque nationale, je suis tombé sur la date du 17 octobre 1961, qui marque le plus grand massacre d'ouvriers, à Paris, depuis la répression de la Commune, en 1871. Il m'a fallu du temps pour prendre la mesure de l'événement, pour comprendre l'ampleur du refoulement. Peu à peu, la station de métro « Charonne » a laissé la place à la station « Bonne Nouvelle ». Une correspondance qu'il m'aura fallu vingt années pour la parcourir.

J'ai suivi dans les journaux du temps passé la litanie des morts anonymes. Chaque jour de ces terribles mois de septembre, d'octobre et novembre 1961, à la page des faits divers, quelques lignes non signées :

« Les cadavres de trois Algériens ont été repêchés au pont de Bezons. La police a ouvert une enquête ».
« Un promeneur a découvert le corps d'un Algérien dans un taillis au bois de Vincennes ».

Articles anonymes sur des anonymes. On leur avait ôté la vie, on effaçait leur nom. Et c'est en réaction à cette amnésie volontaire, organisée, que les premiers chapitres de mon livre titré

Meurtres pour mémoire se sont appelés Saïd Milache, Kaïra Guelanine, Lounès Tougourd.

Au métro Charonne, le 8 février 1962, la police du préfet Maurice Papon n'a pas tué neuf manifestants anonymes. Non, elle a tué Daniel Féry, Anne Godeau, Jean-Pierre Bernard, Suzanne Martorell, Edouard Lemarchand, Raymond Wintgens, Hyppolite Pina, Fanny Dewerpe, Maurice Pochard.

Le 17 octobre 1961, la police du préfet Maurice Papon n'a pas assassiné, cent, deux cents Algériens anonymes. Elle a assassiné:

Belaïd Archal, pour mémoire
Achour Boussouf, pour mémoire
Fatima Bédar, pour mémoire

Des dizaines d'autres encore, des dizaines de lignes à remplir pour rendre leur identité à chacune des victimes, afin que l'oubli ne soit plus possible ».

Ces noms, je les avais trouvés en consultant les archives des journaux, à la Bibliothèque nationale ou à Beaubourg.

Quelques semaines après la parution de ce texte dans le mensuel Actualités de l'Émigration et d'un résumé dans le journal l'Humanité du 17 octobre 1986, je reçus une lettre signée de Louisa Bédar. L'une de ses collègues de bureau lui avait fait lire mon article, et Louisa s'étonnait de découvrir le nom de sa sœur, Fatima, en conclusion de mon article. Elle me demandait ce qui m'avait conduit à le faire figurer dans la liste des victimes de la répression policière alors qu'elle pensait que son aînée avait volontairement mis fin à ses jours. La douleur était toujours présente, mais depuis un quart de siècle, le silence s'était fait sur son souvenir. Je me mis aussitôt en rapport avec Jean-Luc Einaudi qui travaillait à son livre La Bataille de Paris consacré à cette journée portée disparue, et que les éditions du Seuil éditeront cinq ans plus tard, en 1991. L'enquête qu'il entreprit permit à la famille de Fatima de percer le mystère qui entourait la mort de cette jeune fille de quinze ans.

Fatima Bédar est née à Tichy en Kabylie le 5 août 1946 et a vécu les cinq premières années auprès de sa mère, tandis que son père, Hocine, travaillait sur les gazomètres de Saint-Denis, là où aujourd'hui s'élève le Stade de France. Il quitte une première fois son village pour venir faire la cuisine dans un restaurant de Bejaïa. Il traverse la Méditerranée pour aller se battre contre les Allemands avec ses camarades du 3e Régiment de Tirailleurs Algériens. Fait prisonnier le 17 juin 1940, il s'évade du camp de Chevagnes, près de Moulins avant d'être rapatrié en Algérie d'où il repart, en février 1943, sous l'uniforme des forces de libération. Campagne de Tunisie, campagne d'Italie, débarquement à Saint-Tropez, remontée vers les Vosges enneigées, prise de Stuttgart. Médailles militaires épinglées à la vareuse, il revient, pour se marier cette fois, dans une Kabylie qui enterrait les milliers de morts de la répression menée par les troupes françaises, le 8 mai 1945, le jour même de la capitulation de l'Allemagne nazie. De retour en métropole, il apprend le métier de chauffe-four, au Gaz de France, tout en préparant l'accueil de son épouse et de son enfant. La famille se retrouve dans un bidonville, près du quartier Pleyel, avant de déménager dans un immeuble en dur, rue du Port à Aubervilliers. Au mois d'avril 1961, alors qu'une sœur, Louisa, ainsi qu'un frère, Djoudid, ont rejoint Fatima, tout le monde s'installe dans un pavillon de Stains. Fatima rêve de devenir institutrice, elle en a les capacités, mais les préjugés de l'époque la dirigent vers le Collège d'enseignement commercial féminin de la rue des Boucheries, à Saint-Denis. L'économie a besoin de sténodactylos, de mécanographes. Hocine soutient le combat pour l'Indépendance. Lorsqu'il se rend aux réunions clandestines, il a pris l'habitude d'emmener Fatima. La présence d'une gamine tenant son père par la main détourne la suspicion des gardiens de la paix. Fatima comprend le berbère et ne perd rien des arguments qui s'échangent. Sûrement est-ce lors de ces rencontres que s'éveille sa volonté d'être utile. Le 17 octobre, Fatima demande à sa mère l'autorisation de se joindre aux manifestants. Une dispute éclate quand elle se voit opposer un refus. Elle noue ses cheveux comme on l'exige au collège, met sa plus belle robe, sa ceinture rouge, sa veste en daim, emplit son cartable de ses livres de cours, puis elle quitte la maison pour la dernière fois. Pendant près de quinze jours, sa mère, enceinte de sa troisième fille, Zohra, ne cessera de sillonner les rues de Stains et de Saint-Denis, emmenant Djoudid dans ses marches sans fin. Le 31 octobre, un ouvrier qui travaille sur la septième écluse du canal de Saint-Denis, près de la gare, découvre le cadavre de Fatima et ses longs cheveux dénoués. Hocine se déplace à la morgue où il reconnaît sa fille au milieu de quinze autres noyés. Terrassé par la douleur, il se rend ensuite au commissariat où, alors qu'il ne sait ni écrire ni lire, on lui fait signer un procès verbal attribuant le décès de Fatima à un suicide, comme pour amplifier le malheur de l'absence. «On n'en parlait plus», se souvient Louisa. «Son nom dans le journal, c'était un bouleversement, comme un tremblement de terre». Interrogée par ses enfants vingt-cinq années plus tard, la mère évoque Fatima en ces termes «J'ai une fille qui est morte quand les policiers français jetaient les Algériens à la Seine». Hocine est tout aussi précis: «Eh oui, qu'est-ce que tu veux, elle voulait aller à la manifestation».

A l'automne 2006, la dépouille de Fatima Bédar a quitté le cimetière de Stains où elle reposait depuis quarante-cinq ans et ses restes ont été déposés le 17 octobre de cette année-là dans le carré des Martyrs de son village natal, non loin de la tombe de sa mère. «On a ramené ta fille, elle est revenue près de toi», a simplement dit Zohra alors que le vent de Kabylie emportait ses mots vers les montagnes.

Didier Daeninckx

Et 16 autres textes ci-dessous

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Réforme du bac: pour éviter le bis repetita... Par Claude Lelièvre...

17 Octobre 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

Réforme du bac: pour éviter le bis repetita... Par Claude Lelièvre...

A l'adresse d'abord du redoublant Jean-Michel Blanquer, afin qu'il n'échoue pas sur les obstacles qui ont mis François Fillon à genoux. La répétition est généralement mortifère. On n'y échappe pas en ignorant le passé (ce qui est souvent de l'ordre de la dénégation plus ou moins apeurée), mais au contraire en le connaissant au mieux.

Au début de l'année 2005, la réforme du baccalauréat est inscrite dans le rapport annexé de la future loi d'orientation de l'éducation (dite loi ''Fillon''). Sa préparation est confiée à un « groupe de travail comprenant des représentants des personnels, des parents d'élèves et des lycéens ». Ses conclusions sont attendues pour le 15 avril. Et la réforme doit rentrer en vigueur dès la session 2007. Le ministre de l'Education nationale François Fillon fixe le cadre lors de l'installation du groupe de travail le 17 janvier : reprofilage de l'examen autour de six épreuves terminales (au lieu d'une douzaine) qui pourront être différentes selon les séries ; évaluation sous d'autres formes des autres matières (contrôle continu ou en cours de formation ) ; et préservation de la valeur nationale du diplôme.

Pour justifier cette réforme, François Fillon met en avant « l'immense tâche » que représente chaque année l'organisation du baccalauréat, le nombre d'épreuves « excessif » qui « génère un stress souvent contre-productif et incite au bachotage », l'amputation d'un mois du troisième trimestre pour tous les lycéens, et le risque « d'un fort dérapage qui affecterait alors la légitimité même de l'examen ».

L'Unsen-CGT se retire du groupe de travail avant même la tenue de la seconde réunion -le 24 janvier- en déplorant que le rôle du groupe soit « singulièrement limité par la décision unilatérale de réduire le nombre d'épreuves finales à six ». Trois autres syndicats : le SNES-FSU (principal syndicat des enseignants du second degré), le SNEP (éducation physique) et le Snuep (enseignement professionnel) annoncent dès le début de la seconde journée de travail du groupe qu'ils n'y participeront plus dans ces conditions. Pour le SNES, le développement du contrôle continu ou en cours de formation encourt le risque d'aboutir à un « bac maison qui n'aura pas la même valeur suivant l'établissement du candidat ». L'Union nationale lycéenne (UNL) et l'autre organisation lycéenne (la FIDL) s'interrogent sur la pérennité de leur présence, et affirment qu'il ne saurait être question de participer à la mise en place d'un « bac par établissement » dont la valeur serait différente selon qu'il soit passé dans un lycée de centre-ville ou un lycée de banlieue.

Le SGEN (syndicat d'enseignants, favorable à un allégement des épreuves terminales), déclare qu'il ne participera pas pour autant à la troisième réunion prévue le 7 février : il avait demandé d' « ouvrir de réelles négociations sur le baccalauréat en donnant le temps de la réflexion » ; mais il n'a reçu aucune réponse du ministère alors qu'il avait précisé « ne pas accepter que la modernisation du bac se résume à une simple division par deux du nombre d'épreuves terminales ».

Pas hostiles à « l'introduction d'une dose de contrôle en cours de formation » (à la manière des ''partiels'' à l'université) le SE-Unsa (syndicat d'enseignants), le SNPDEN-Unsa (principal syndicat des chefs d'établissement) et la FCPE (principale organisation de parents d'élèves) déclarent que le problème à poser « ne saurait se limiter à déterminer quelles seraient les six épreuves terminales à conserver dans chaque série » et menacent de quitter le groupe de travail si François Fillon ne tient pas compte de leurs propositions : définition des méthodes et du calendrier des travaux du groupe par le groupe de travail lui-même, et « mise en œuvre des éventuelles modifications seulement à la session 2008 du bac ».

Des manifestations de lycéens ont lieu, qui regroupent plusieurs milliers d'entre eux, puis des dizaines de milliers. Ils sont estimés à 100000 dans la rue le 10 février 2005, lors d'une journée nationale à l'appel de la FIDL et de l'UNL, contre le projet de loi Fillon , et notamment contre l'introduction de contrôles continus au baccalauréat. « Non au bac à deux vitesses » ; « Fillon, serre les fesses, on arrive à toute vitesse » ; « Fillon, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue »

Le soir de cette manifestation, Luc Ferry (le ministre de l'Education nationale précédent ») déclare qu'il laisse son successeur François Fillon « se débrouiller » avec son projet de loi sur l'Ecole, en estimant que la réforme du bac est « absolument indispensable […]. La réforme se fera cette fois-ci ou une autre fois. Je vous garantis qu'en terme de maîtrise de l'examen, le bac n'est plus maîtrisable, cela prend trop de temps, cela mobilise trop de monde »

Le 14 février 2005, François Fillon annonce le dépôt d'un amendement gouvernemental retirant toute mention du bac dans le projet de loi . La mesure inscrite dans le rapport annexé qui prévoit de réduire de douze à six le nombre de matières à l'examen final (moyennant une dose de contrôle continu ou de ''partiels'') sera supprimé. Quant aux discussions du groupe de travail, il est prévu qu'elles « repartiront à zéro», à une date non fixée : « le cahier des charges des négociations qui vont s'ouvrir sera le plus souple possible ». Le 15 février, sur « France Inter », le ministre de l'Education nationale explique que son projet de loi va être débattu au Parlement sans la partie sur le bac « car cette question n'est pas centrale. Elle ne permet pas aux jeunes de mieux réussir, mais elle consiste seulement à faciliter l'organisation de l'examen et à le rendre moins stressant pour les jeunes »

Deux semaines plus tard, lors d'une interview au journal « VSD », le ministre de l'Education nationale François Fillon déclare : « Dès le soir de la première manifestation, j'ai dit qu'on ne réformerait pas le bac si on ne trouvait pas le moyen d'apaiser les craintes. Un baccalauréat qui ne reposerait pas totalement sur le contrôle terminal serait plus juste et plus efficace. Réviser et passer douze matières en quelque jours, c'est excessif. L'idée qu'il y aurait un bac différent selon qu'on est à ''Sarcelles'' ou à ''Henri IV'' n'a aucun sens. On ne peut pas vous dire ; vous n'entrez pas à l'université parce que vous avez un bac passé en ZEP, car en France, l'université est ouverte à tous. En revanche, aujourd'hui, la sélection existe pour entrer dans les écoles préparatoires. Elle se fait sur le livret scolaire, sur le contrôle continu. Il faut attendre que les esprits s'apaisent ».

Eh bien (''manifestement'', si l'on peut dire) on a attendu longtemps. Et encore, rien n'est moins sûr...

Claude Lelièvre

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Non, le niveau en lecture et en écriture n’a pas baissé depuis 12 ans (dit une étude passée inaperçue)...

17 Octobre 2017 , Rédigé par France Info - l'instit'Humeurs Publié dans #Education, #Politique

Non, le niveau en lecture et en écriture n’a pas baissé depuis 12 ans (dit une étude passée inaperçue)...

EXTRAITS

Forcément, sortir une étude sur l’école en plein milieu des vacances d’été, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour son retentissement. C’est dommage, car l’étude CEDRE publiée par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) à la mi-juillet est particulièrement intéressante : elle établit que le niveau de maitrise de la langue des élèves n’a pas baissé entre 2003 et 2015, il a même progressé en éducation prioritaire.

Pourquoi CEDRE est intéressant

Tout le monde connait PISA, certains ont entendu parler de PIRLS, peu savent ce qu’est CEDRE (Cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon). Il s’agit pourtant d’une des études les plus intéressantes sur le niveau des élèves français.

CEDRE évalue le niveau  des acquis des élèves en maitrise de la langue (compréhension écrite et étude de la langue, grammaire, orthographe, vocabulaire), à la sortie de l’école (CM2) et du collège (3ème), de manière fine et étendue.  L’étude « considère la compréhension de l’écrit comme la capacité à se construire une représentation cohérente et unifiée des informations délivrées par le texte. Cela suppose notamment d’être capable d’établir des relations de référence entre les éléments du texte (connecteurs, unités anaphoriques, interprétation des pronoms personnels) et de produire des inférences. En outre, il convient d’être capable d’extraire l’essentiel du texte (le thème). Cela implique aussi de pouvoir exercer un contrôle sur sa compréhension, par exemple par la vérification de la pertinence et des interprétations effectuées. La connaissance du lexique et le traitement de la syntaxe influent aussi directement sur la compréhension du texte. L’évaluation, se fondant sur ce modèle, propose donc aux élèves un panel représentatif du questionnement relatif à l’activité de compréhension en lecture : dégager le thème d’un texte, repérer des informations explicites, inférer des informations nouvelles, repérer les effets de choix, réfléchir sur le texte » ;

Point fort de CEDRE, le panel de supports utilisés est varié et complet : « Pour évaluer la compréhension en lecture, une sélection de différents types d’écrits (littéraire, scolaire, vie courante), de modalités variées (lecture d’un ou plusieurs documents) et de divers genres de textes (narratif, explicatif, poétique) a été opérée. Dix-huit supports écrits (dont la longueur varie de 60 à 900 mots) sont utilisés, dont neuf accompagnés d’iconographie »

Par ailleurs, le nombre d’élèves et d’écoles ayant pris part à l’étude est important : 7 400 élèves de CM2 de 270 écoles, 9 000 élèves de 3ème de 360 collèges, de quoi donner du poids à l’étude. Enfin, pour la première fois, CEDRE propose une mise en perspective portant sur 12 années et 3 études (2003, 2009, 2015).

(...)

Pourquoi l’étude est-elle passée inaperçue ?

Voilà donc une étude fiable, sérieuse et circonstanciée, qui vient nuancer le sempiternel constat de baisse du niveau en indiquant clairement que celui-ci n’a pas baissé depuis 2003, qu’il y a moins d’élèves en grande difficulté, que l’école française cesserait enfin de renforcer les inégalités, une étude qui donne de surcroit des pistes très concrètes de progression, or, quasiment personne n’en a parlé, hormis les médias spécialisés (Café Pédagogique, VousNousIls). Dans un contexte de morosité concernant l’école, où les mauvais classements succèdent aux enquêtes alarmistes, on devrait accueillir avec intérêt, si ce n’est soulagement, une étude aussi nuancée que CEDRE. Comment se fait-il qu’elle ait suscité aussi peu d’intérêt ?

On l’a dit, publier une étude de cette ampleur en plein été constitue une excellente manière de la passer sous silence : les médias sont trop occupés à filmer les touristes sur la plage pour (faire mine de) s’intéresser à des sujets un peu pointus. De ce point de vue, on peut tout de même s’interroger sur la stratégie de la DEPP et du ministère.

Mais au-delà, on peut aussi se demander si les médias, le grand public, y compris les enseignants, ont vraiment envie d’entendre que tout n’est pas si noir, que l’école ne va pas si mal que cela. Les rares médias qui ont relayé l’étude l’ont fait avec la moue et des réserves voire carrément à contresens, tirant vers le noir (« Au collège, 15% des élèves n’ont aucune maitrise du français »). Au fond, tout se passe, dans ce pays, comme si tout le monde semblait non seulement accepter mais même, se satisfaire de lire/entendre/voir que l’école se porte mal. Cela permet de regretter l’école d’antan, celle qu’on a connue, celle du « c’était mieux avant », et tant mieux, finalement, parce qu’avant, c’était nous. A cet égard, le sondage BVA de rentrée scolaire (qui devient un marronnier au moins aussi navrant que le poids des cartables) en dit long : 75% des Français interrogés pensent que l’enseignement était meilleur avant, 65% sont favorables au rétablissement de l’uniforme. Un sondage mené auprès de 1009 personnes par téléphone. Méthodologiquement, c’est nettement moins costaud que CEDRE, mais bon, tout le monde a parlé du sondage.

Lucien Marboeuf

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Revue de Presse Education... Politique - Pédagogie - Numérique...

17 Octobre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Politique - Pédagogie - Numérique...

Une belle brassée d’articles sur la politique éducative, la pédagogie et le numérique récoltée par Géraldine Duboz.

Politique

Inquiétudes sur l’indépendance de la fabrique des programmes. "Après la démission de son président, le Conseil supérieur des programmes attend d’être fixé sur son sort. Une rencontre a lieu au ministère de l’éducation lundi 16 octobre."

Politique éducative : "populisme éducatif" plutôt que résultats de la recherche ? "Les orientations de politique éducative sont elles fondées sur la science et les résultats, comme se plait à l’affirmer le ministre de l’éducation nationale ? A observer certaines orientations dessinées depuis le mois de juin, on pourrait en douter : le « populisme éducatif » pourrait-il être à la manœuvre ?"

Le pré-recrutement, une solution à la crise de recrutement des profs ? "Le nombre de candidats au concours de profs des écoles a été divisé par 2 en 12 ans, selon le SNUIPP. Le syndicat propose de pallier la crise en instituant un pré-recrutement."

La chronique de Véronique Soulé : L’Ecole, l’orientation et la ségrégation. “Le débat sur le thème " Orientation ou ségrégation scolaire ? " organisé dimanche 15 octobre par ATD Quart Monde sur la place de la République, a fait salle comble. Avec finesse, la sociologue Agnès Van Zanten a analysé les mécanismes qui conduisent l’école française à reproduire la ségrégation sociale par des mécanismes d’orientation biaisés. Récit.” “En conclusion, Agnès Van Zanten appelle à une évolution raisonnable de l’école française : " Plutôt que les réussites spectaculaires ou que les internats d’excellence qui profitent à un petit nombre, l’école devrait se centrer sur les réussites ordinaires afin de faire progresser tous les enfants. "

"Reste à savoir si le ministre Jean-Michel Blanquer, fervent partisan de l’excellence et du mérite, est prêt à prendre cette voie-là. Il est permis d’en douter.”

Macron promet la transformation des savoirs à l’école. “Mis en difficulté par ses propos sur les "fainéants" et autres "fouteurs de bordel" lors de son entretien télévisé du 15 octobre, le président de la République s’est justifié en faisant appel à sa politique éducative. Quelques minutes plus tard il nuançait ce tableau en assumant la sélection dans le supérieur et l’apprentissage comme voie de réussite. Mais on retiendra aussi ses propos sur la transformation des savoirs fondamentaux à l’école. Une formule qui semble annoncer une réforme des programmes.”

Ni révolution ni restauration  : une nouvelle version du DNB pour 2018. “Faut-il, pour le diplôme national du brevet (DNB), privilégier l’acquisition du «  socle commun  », issu de la loi de 2005, ou la maîtrise des programmes disciplinaires classiques  ? Le projet du ministère va dans la seconde direction, sans renier la première.

Les élèves moyens réussissent mieux dans leur carrière. "Étiez-vous un premier de classe lorsque vous étiez au secondaire ? Si c’est le cas, il y a de bonnes chances que votre carrière soit plutôt ordinaire. C’est le résultat auquel parvient une étude menée par la professeure Karen Arnold, de l’université de Boston. Elle a suivi pendant 14 ans un groupe de 81 premiers de classe du secondaire afin de savoir si leurs succès 
scolaires conduiraient à des succès similaires dans la vie professionnelle."

Une question venue d’ailleurs : Le système éducatif de Singapour est-il vraiment le meilleur et va-t-il le rester ?En 2016, le rapport PISA a classé Singapour en tête de son classement qui évalue les performances des systèmes éducatifs mondiaux. La cité-état attire même les étudiants étrangers qui souhaitent suivre une formation d’excellence. Pourtant, l’enseignement de Singapour est rigoureux et compliqué. Qu’est-ce qui fait sa spécificité, et peut-il vraiment rester le meilleur ?

Pédagogie

Langage : tout se joue avant trois ans. "Un récent rapport du think tank Terra Nova démontre, force statistiques à l’appui, que ces inégalités sociales prennent racine très tôt, avant même l’entrée en maternelle. Au moment où nos bambins, tout intimidés, accrochent pour la première fois leur sac à doudou au portemanteau de leur classe de petite section, l’écart est bel et bien déjà creusé. En matière de langage, notamment."

Goigoux : La méthode syllabique et l’enseignement de la lecture-écriture au cours préparatoire. "Quels sont les savoirs sur l’enseignement du lire-écrire au cycle 2 qui font consensus ? Où sont les discussions ? Peut-on proposer des pistes utilisables pour les enseignants ? Roland Goigoux fait le point sur le site de l’Ifé à partir des fruits de la recherche Lire-Ecrire qu’il a dirigée."

LA MÉMORISATION EN CLASSE : UN FACHEUX OUBLI. “La mémorisation est le parent pauvre des activités réalisées en classe. Dommage ! Car la phase de mémorisation initiale massée est déterminante pour toute la suite de la rétention.”

Eirick Prairat : Enseignez avec tact !Doit-on réhabiliter le tact à l’Ecole ? Si la pratique est bien vivante, le mot est tout neuf dans l’Education nationale. Dans un nouvel ouvrage (Eduquer avec tact, ESF Sciences Humaines), Eirick Prairat défend avec efficacité la vertu du tact en éducation. Le mot semble vieillot, un peu hypocrite. Mais ce "toucher du langage", pour Eirick Prairat, est bien un art pédagogique et une vertu éthique. Un art pédagogique car le tact nécessite un à-propos qui renvoie à l’expérience du maitre. Une vertu éthique car la finalité du tact se justifie dans une éthique éducative. Au final, cette apologie du tact en éducation rappellera de bons moments de classe aux enseignants tout comme il fera réfléchir à leur formation et au sens profond du métier. Car comment apprendre le tact ?

La classe inversée, une piste pour la pédagogie du futur. "Frank Niedercorn “Savoir mémoriser et calculer ne suffit plus. Dernière-née des méthodes de pédagogie active, la classe inversée se distingue par sa facilité de mise en œuvre pour les enseignants.”

Sylvain Connac : « La pédagogie différenciée se heurte aux carences de la formation des enseignants ». Auteur d‘Enseigner sans exclure  (ESF), Sylvain Connac est enseignant-chercheur en sciences de l’éducation à l’université Paul-Valéry de Montpellier.

Enseigner et apprendre à enseigner : un « double emploi », désormais ? Par Jean-Pierre VERAN. “Il est beaucoup question de la formation des enseignants. Mais quels sont les principes pouvant garantir son succès auprès des élèves, en terme de réussite ? Une étude québécoise propose une synthèse des recherches internationales sur le sujet, travail utile pour penser la formation continue, et qui incite à redéfinir le métier d’enseignant aujourd’hui.”

Numérique

« L’intelligence artificielle nous dépasse de plus en plus ». “Dans son ouvrage « La guerre des intelligences » paru le 4 octobre aux éditions JC Lattès, l’essayiste et cofondateur du site web « Doctissimo » Laurent Alexandre s’attaque à l’intelligence artificielle (IA). Il aborde notamment les mutations qu’elle va provoquer dans nos modes de vie et en particulier dans notre conception de l’éducation.”

Françoise Cahen : Et si on codait Molière ? "Faut-il enseigner la programmation ? La question, sujette à controverses, mérite d’être abordée par l’exemple. Professeure de français dans un lycée d’Alfortville, Françoise Cahen a invité ses élèves à utiliser le logiciel Scratch pour réaliser un dialogue animé mettant en scène un extrait de « L’Ecole des femmes ». L’activité, originale, s’avère plaisante et formatrice. Elle montre aussi combien, à l’âge des humanités numériques, littérature et informatique peuvent faire bon ménage : en se frottant aux claviers et aux écrans, la littérature à l’Ecole peut être revitalisée ; la programmation elle-même peut trouver davantage sens en devenant un mode d’expression et de créativité. Par-delà la question du codage, c’est alors celle de l’enfermement disciplinaire qui nous est ici posée : « Les professeurs qui tiennent le coup sont ceux qui pratiquent l’échange de savoirs, qui sortent du solipsisme » (Philippe Meirieu, journée AFEF, 14-10-2017)."

Bernard Desclaux

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A mercredi...

16 Octobre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

A mercredi...

Chers amis,

Une longue journée et plusieurs obligations m'obligent à vous donner rendez-vous demain, voire même mercredi.

Car demain soir, c'est la réunion parents-professeurs...

A très vite!

Christophe Chartreux

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Angelo Branduardi...

15 Octobre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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