Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Ovide...

15 Octobre 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Ovide...

Je l'ai tenue dans mes bras, et je suis resté impuissant ; honte à moi ! qui ne fus qu'une masse inerte sur son lit paresseux. Pleins des désirs qui l'enflammaient elle-même, je n'ai pu réveiller chez moi l'organe du plaisir, hélas ! épuisé. Elle eut beau passer autour de mon cou ses bras d'ivoire, plus blancs que la neige de Sithonie ; elle eut beau, de sa langue voluptueuse, prodiguer des baisers à la mienne, glisser sous ma cuisse sa cuisse lascive, me donner les noms les plus tendres, m'appeler son vainqueur, me dire tout ce qui peut exciter la passion ; mes membres engourdis, comme s'ils eussent été frottés de la froide ciguë, ne me rendirent aucun office. Je suis demeuré comme un tronc sans vigueur, comme une statue, comme une masse inutile, et je pouvais douter si j'étais un corps ou bien une ombre.

Quelle sera donc ma vieillesse, si j'y parviens jamais, quand ma jeunesse me fait ainsi défaut ? Hélas ! je rougis de mon âge ! Je suis jeune, je suis homme, et ma maîtresse n'a trouvé en moi ni la jeunesse ni la virilité ! (…) Quelque sorcière a-t-elle écrit contre moi, sur la cire de Phénicie, de redoutables noms ; ou bien m'a-t-elle enfoncé dans le foie ses aiguilles acérées ? Les trésors de Cérès, frappés par un enchantement, ne sont bientôt plus qu'une herbe stérile : soumises à un enchantement, les eaux d'une fontaine se tarissent ; alors, on voit aussi le gland se détacher du chêne, la grappe tomber de la vigne, et les fruits s'échapper de l'arbre, sans qu'il soit agité ; qui empêche que la magie ne puisse aussi engourdir le corps ? Peut-être a-t-elle ôté au mien sa sensibilité ? A cela joignez la honte ; oui, la honte me devint aussi fatale, et elle fut la seconde cause de mon impuissance.

Ovide - Amours, Livre 3, Elégie VII, in Œuvres Complètes, Trad. M. Nisard, Firmin Didot Frères et Fils, 1869, par Georges Claisse

Lire la suite

Education - La moue prémonitoire et annonciatrice d'une école faussement rassurante mais réellement réactionnaire...

15 Octobre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Education - La moue prémonitoire et annonciatrice d'une école faussement rassurante mais réellement réactionnaire...

Ce soir, à 20h, sur TF1 - les temps ne changent pas autant qu'il fut annoncé - le Président de la République répondra aux questions de trois journalistes.

L'éducation fera-t-elle partie des sujets de "conversation"? Rien n'est moins sûr tant le terrain est glissant, dangereux pour tous les gouvernants.

Si toutefois L’École - au sens large du terme - venait par hasard à être abordée, n'oublions pas que le Ministre de l’Éducation Nationale actuelle, qui déteste être classé à droite, n'est pas non plus un homme de gauche.

"L’École dépasse les clivages"... "Ni droite ni gauche"... Autant de slogans et éléments de langage entendus et répétés. Promis, juré: l’École ne sera plus un enjeu politicien.

Hélas, dès l'arrivée du nouveau locataire de la rue de Grenelle, l'accusation de "pédagogisme" et d' "égalitarisme" (donc de nivellement par le bas et de "C'était mieux avant") eut tôt fait de montrer d'un doigt vengeur celles et ceux qui estiment que "socle commun", "école émancipatrice" et "réductions des inégalités par l'excellence démocratique plutôt que dynastique" ne mettent pas en danger le "niveau" des élèves ni l'exigence des savoirs.

Ce soir, à 20h, sur TF1, gardons en mémoire cette École "ni de droite ni de gauche", quand même dirigée par un Ministère très attaché à des "valeurs"  fort bien accueillies à droite.

Fort bien accueillies aussi par des parents "rassurés". Rassurés par une politique éducative populiste bien plus que courageuse.

Mais une Ecole ayant, par le passé, fait la preuve de ses échecs.

Mais une Ecole qui n'est imitée par aucun pays dans le monde.

Les quelques liens ci-dessous illustreront parfaitement ce penchant pour tribord...

Quand Sens Commun consulte SOS Education

Extrait:

"Jean-Paul Mongin, du syndicat SOS éducation, qui a été consulté par l’équipe du pôle éducation de Sens Commun, a pour sa part incité chacun à s’engager personnellement, dans le soutien scolaire, en devenant soi-même professeur, ou en menant des projets éducatifs, tels que celui d’Anne Coffinier, qui crée des écoles hors contrat avec sa Fondation pour l’école. "

Voir ci-dessous

Cette école livrée à des apprentis-sorciers passés maîtres dans l' "art" de la "pédagogie-business"...

Je me souviens avec tristesse de ce moment, multi diffusé, où la Ministre de l'Education Nationale Najat Vallaud-Belkacem fit la moue en apprenant le nom de son successeur.

Cette moue, raillée parfois même à gauche, était prémonitoire.

Beaucoup aujourd'hui la font à leur tour...

La vie n'étant pas faite de regrets mais toujours d'espoirs, préparons l'avenir...

Nos élèves en ont et en auront besoin...

Pour ne plus jamais faire la moue...

Christophe Chartreux

Lire la suite

Education - Monsieur le Ministre, développerez-vous l'enseignement de l'arabe (et de l'amazigh) dans nos établissements publics ou le laisserez-vous à d'autres influences?...

15 Octobre 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

EXTRAIT

« Il est temps de ramener l’enseignement de l’arabe à l’école de la République »

Plutôt que de renvoyer les élèves vers les mosquées, l’éducation nationale devrait répondre à cette demande sociale, estiment Marwan Lahoud et Hakim El Karoui.

Par Marwan Lahoud, directeur général délégué, international, stratégie et affaires publiques d’Airbus Group ; et Hakim El Karoui, ancien conseiller à Matignon et fondateur du Club XXIe siècle

(...)

L’éducation nationale rechignait à enseigner l’arabe aux enfants d’origine arabe : l’enseignement secondaire compte seulement 9 000 élèves en cours d’arabe. Au nom de l’assimilation républicaine probablement : « On a empêché les Bretons d’apprendre le breton au début du XXsiècle, on ne va pas permettre aux “Arabes” d’apprendre l’arabe ! » Les proviseurs renâclaient par ailleurs à ouvrir des classes d’arabe dans leur établissement, car ils craignaient d’attirer des enfants d’immigrés… et donc, selon eux, des problèmes.

Enfin, argument ultime, l’arabe favoriserait le « communautarisme », ce qui fait franchement sourire quand on connaît la surreprésentation des enfants d’immigrés dans les banlieues. Pas besoin de classes d’arabe pour avoir des écoles-ghettos.

Et pourtant, la demande est là. Et si l’éducation nationale n’y répond pas, qui en profite, depuis longtemps déjà ? Les pays d’origine, d’abord, qui financent des professeurs détachés (les ELCO), qui viennent hors temps scolaire apprendre la « langue et la culture d’origine » aux enfants venus du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, de Turquie.

Cette politique, conçue au moment où l’on pensait que les travailleurs immigrés allaient rentrer chez eux, est devenue obsolète : les enfants et petits-enfants des travailleurs venus reconstruire la France dans les années 1950 et 1960 sont français et bien français. L’éducation nationale a heureusement pris conscience du problème, a professionnalisé cet enseignement avec des professeurs mieux formés, plus contrôlés et bientôt intégrés à l’enseignement général par la création d’une filière « internationale ». Mais, cela ne suffit pas. D’autant que le nombre d’enfants qui apprennent l’arabe au primaire (environ 50 000) dépasse très largement l’offre proposée dans les collèges.

(...)

En laissant le champ libre aux associations religieuses, la République leur donne des moyens, puisque l’enseignement de l’arabe est devenu pour elle une source importante de revenus. En n’assumant pas l’enseignement de l’arabe, elle envoie ses enfants dans les mosquées : c’est une drôle de conception du projet laïc et républicain. Il est temps de ramener l’enseignement de l’arabe à l’école de la République.

A lire dans sa totalité en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Politique éducative : "populisme éducatif" plutôt que résultats de la recherche?...

15 Octobre 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Politique éducative : "populisme éducatif" plutôt que résultats de la recherche?...

EXTRAITS

Les orientations de politique éducative sont elles fondées sur la science et les résultats, comme se plait à l’affirmer le ministre de l’éducation nationale ? A observer certaines orientations dessinées depuis le mois de juin, on pourrait en douter : le « populisme éducatif » pourrait-il être à la manoeuvre ?

(...)

Les rythmes scolaires ? Les travaux de recherche comme les comparaisons internationales attestent la nocivité du rythme scolaire français, et la nécessité de réduire la longueur de la journée d’école et d’élargir le nombre de journées d’école. Quand M. Blanquer était directeur général de l’enseignement scolaire, s’est tenue, à l’initiative du ministre Luc Châtel, une conférence nationale sur les rythmes scolaires, qui a proposé le 4 juillet 2011 dix orientations[7], la première consistant à préconiser « plus de jours d’école par an pour une année et une journée scolaire plus équilibrées ». Rien ne fut décidé par M. Châtel pour changer la donne. En septembre 2009, un sondage IPSOS pour le ministère avait établi que 69% des français jugeaient positive la suppression des cours le samedi matin dans les écoles… Si l’alternance de 2012 a permis à MM. Peillon puis Hamon d’allonger la semaine d’une demi-journée, devenu ministre en 2017, J-M Blanquer autorise aussitôt de revenir à la semaine de quatre jours au lieu de quatre jours et demi[8]. Il est vrai que selon une enquête BVA Opinion publiée le 16 novembre 2013[9], 69% des français ont contesté le passage de la semaine de 4 jours à quatre jours et demi[10].

(...)

Jean-Pierre Véran

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Il n'est de "culture" que celle qui s'apprend, s'apprivoise et se maîtrise. Puis libère!...

15 Octobre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Culture

Il n'est de "culture" que celle qui s'apprend, s'apprivoise et se maîtrise. Puis libère!...

Edouard Philippe, Premier Ministre, a publié un livre intitulé Des hommes qui lisent chez Lattès. Le chef du gouvernement y livre sa vision de la culture. Celle-ci permettrait, c'est la thèse sous-tendue par le contenu de l'ouvrage, d'assurer à la génération présente et à celles à venir un futur étincelant dont l'illustration se trouve sous nos yeux: le quinquennat actuel. Il fallait y penser.

Comme si la culture et ses pratiques diverses, notamment la lecture, suffisaient à bâtir les structures d'une politique.

Comme si la culture, la lecture, la musique suffisaient à donner envie d'échafauder une société sans haine ni violence.

Comme si - et je ne parle plus ici du livre d' Edouard Philippe mais ne m'en éloigne pas vraiment - une "rentrée en musique" suffisait à créer du lien dans une école tout à coup bienheureuse. Par la magie de la baguette d'un chef.

Comme si la promotion des arts et de la culture, notamment par "le goût du livre et la pratique musicale", suffisait à faire d'un enfant un être épanoui, complet et ouvert au monde. Un enfant "libre" en quelque sorte.

Comme s'il suffisait de chanter ou de pratiquer un instrument pour "créer du bonheur". Je cite le Ministre de l' Education Nationale dans un entretien donné au magazine Le Point :

"Le théâtre ou les pratiques musicales collectives, qu'il s'agisse de chorale ou d'orchestre, sont très importants, car ils supposent l'écoute de l'autre pour atteindre une harmonie collective. La musique crée tout simplement du bonheur. Et son bienfait cognitif est démontré."

On ne peut s'empêcher, tant en lisant Edouard Philippe que le ministre de l'Education Nationale, de soupçonner une forme d'instrumentalisation de la culture à des fins uniquement politiques.

Comment peut-on croire, et surtout faire croire, que la seule apparition "magique" du bonheur à l'écoute d'un concerto ou à la lecture de Proust permettrait à n'importe quel élève de s'emparer des clefs de compréhension du monde qui l'entoure et, souvent, l'agresse ? C'est oublier très et trop aisément que la lecture, l'écoute d'un morceau musical, la pratique d'un instrument, le jeu d'un acteur disant un grand texte sont D'ABORD affaire d'éducation.

C'est exactement ce qu'en dit la philosophe et historienne Perrine Simon-Nahum dans Libération, page 17, en date du 18 août 2017 :

"La culture est semblable à la démocratie. Pas plus que cette dernière n'est le régime du consensus, mais bien, comme le montrait l'historien François Furet, celui de la crise, la culture ne saurait se résumer au seul sentiment de plaisir et de facilité qu' Edouard Philippe se plait à décrire. Les livres sont, certes, les compagnons indispensables d'une vie mais ils se gardent d'être toujours dociles et sympathiques. Ils peuvent aussi être violents, voire hostiles, se dérober et nous échapper".

J'engage vivement  le Premier Ministre, le Ministre de l'Education Nationale - et celle de la Culture - à cesser de croire pouvoir transformer un peuple d'enfants en peuple apaisé par une pratique culturelle détachée de tous pré-requis éducatifs.

N'oublions jamais que les allemands composaient l'un des peuples les plus érudits d'Europe avant de se donner à l'enfer du nazisme.

N'oublions jamais que les idéologues Khmers Rouges firent leurs études dans les plus prestigieuses universités françaises. Pour quels résultats?...

Il n'existe aucune "culture magique". La culture à elle seule, détachée de tout et offerte à la seule pratique, ne sera jamais un viatique suffisant. Chanter, lire, jouer, quoi qu'en disent les "sciences cognitives", ne suffisent pas ex-nihilo à rendre un enfant "libre"! Encore moins à servir de marchepied à une politique! 

Il n'est de "culture" que celle qui s'apprend, s'apprivoise et se maîtrise. Puis libère! Toutes les autres approches ne peuvent rien entraîner de positif.

Bien au contraire...

Christophe Chartreux

Lire la suite

Pourquoi la violence faite aux femmes?... (Vidéo enregistrée en 2014)

15 Octobre 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Femme, #Société

Lire la suite

Vous avez dit "pédagogisme"?...

15 Octobre 2017 , Rédigé par P Meirieu - P Kahn Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

Résultat de recherche d'images pour "pedagogue"

Puisque notre Ministre de l'Education Nationale a récemment utilisé le terme "pédagogisme" (Site LePoint.fr en date du 23 mai), lui offrant une vitrine institutionnelle, je vous engage à lire les définitions comparées des deux termes ainsi que l'excellente analyse de Pierre Kahn sur le site du CAIRN.

                                      _______________________________

Pédagogisme et pédagogie

Pédagogisme, n. f. néologisme attribué à Montaigne (1595) qui désignait ainsi l’enseignement de Platon. Sa systématisation dans le langage courant est récente (1984 ?) : ensemble de lieux communs éducatifs issus du gauchisme libertaire et du christianisme social qui mettent en avant le respect absolu de l’enfant. Le pédagogisme, au prétexte de rendre l’enfant constructeur de son propre savoir et auteur de son développement, discrédite a priori toute autorité éducative et tout apport culturel. Il laisse ainsi se développer les inégalités qu’il prétend combattre.

Concrètement, le pédagogisme promeut des pratiques composites articulées, d’une part, à une non-directivité bienveillante – où l’écoute de l’autre est censée résoudre tous ses problèmes – et, d’autre part, à une technologie sophistiquée et jargonnante qui relève du béhaviorisme (théorie psychologique qui ne considère que le couple stimulus – réponse). Il associe ainsi la direction de conscience et le dressage, alors qu’éduquer consiste à convoquer une intelligence et à transmettre à l’individu une culture lui permettant de s’exhausser au-dessus de sa condition, d’assumer et de transformer le monde qui l’accueille.

Synonymes : démission éducative, illusion libertaire, barbarie douce, etc.

Texte fondateur de la critique du pédagogisme : Hannah Arendt, « La crise de l’éducation », La crise de la culture, 1954.


Pédagogie, n. f., terme dérivé du grec apparu en 1495 pour désigner les méthodes d’éducation des enfants : désigne la réflexion concrète (« théorie pratique » selon Durkheim) sur les conditions de possibilité de l’éducation des enfants. La pédagogie est accessible principalement à travers un ensemble de textes issus du patrimoine culturel, émanant de figures éducatives majeures qui se caractérisent par leurs efforts pour faire accéder à la culture et à la liberté des êtres humains jusque-là réputés inéducables et voués à l’exclusion. Ces textes s’efforcent de penser les situations éducatives et de surmonter dans la temporalité les contradictions inévitables entre la nécessité de l’engagement du sujet dans ses apprentissages (« On n’apprend rien que l’on a appris soi-même. ») et l’obligation de lui imposer ses objets d’apprentissage (si l’individu pouvait vraiment les choisir, c’est qu’il serait déjà éduqué).

Les efforts pour surmonter ces contradictions se traduisent par des propositions plus ou moins originales et habiles visant à articuler, d’une part, la recherche du sens et la finalisation des apprentissages (pédagogie de l’intérêt, du projet, des situations-problèmes…) et, d’autre part, la formalisation des acquisitions (construction de modèles et de systèmes, évaluation et transfert des connaissances…). La pédagogie cherche, par ailleurs, à associer l’instruction (transmission des savoirs et des valeurs) et l’émancipation (capacité de chacun à penser par soi-même). En cela elle vise à développer chez le sujet l’exigence de précision, de justesse et de vérité afin de lui permettre d’échapper à toute forme d’emprise et de cléricature. Elle travaille, enfin, sur les conditions de développement du sujet dans un collectif où il doit apprendre à s’intégrer tout en exerçant sa liberté.

Par extension, le mot pédagogie peut désigner une discipline de recherche qui travaille sur les textes éducatifs et s’efforce d’identifier comment ils sont construits, ce qui les structure, en quoi ils diffèrent et se ressemblent, ce qu’ils peuvent nous apprendre aujourd’hui. Cette discipline n’est pratiquée que de manière extrêmement marginale dans les universités françaises, y compris dans les départements de sciences de l’éducation.

Synonyme : roman de formation

Faux ami :  didactique (souvent identifiée à la pédagogie qui, malgré leur intérêt commun pour l’élaboration de dispositifs, s’en démarque radicalement en plaçant la question du sujet au cœur de ses préoccupations).

Textes fondateurs de la pédagogie : Lettre de Stans de Johan-Heinrich Pestalozzi, 1799, et De l’éducation d’un homme sauvage, de Jean-Marc Gaspard Itard, 1801 (mémoire sur la tentative d’éducation de Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron) : ces deux textes décrivent et théorisent un travail exemplaire pour éduquer des enfants que l’on considérait alors comme perdus pour « l’humaine condition »…

Philippe Meirieu

J'invite les lecteurs à se plonger également dans la lecture du texte ci-dessous:

La critique du « pédagogisme » ou l’invention du discours de l’autre

 
https://www.cairn.info/revue-les-sciences-de-l-education-pour-l-ere-nouvelle-2006-4-page-81.htm
                                           _________________________
 
Je reproduis ci-dessous sa conclusion:
 
Que l’antipédagogisme actuel persiste dans l’ignorance ou la méprise des positions réelles de ceux-là mêmes dont il revendique l’héritage ne peut que jeter le doute sur la valeur objective de ses analyses. J’espère l’avoir montré dans cet article : il suffirait bien souvent de cacher la signature de leurs auteurs pour que bien des écrits pédagogiques de l’école républicaine historique passent aujourd’hui pour du « pédagogisme ». Cela incite à penser que la critique du pédagogisme n’a pas d’objet, ou plus exactement qu’elle procède de la rhétorique de la construction de l’adversaire. Les pédagogues théoriciens d’hier et d’aujourd’hui, quelles que soient les différences, évidemment remarquables, de leurs discours, ont en commun deux thèses :
 
1  – il existe une culture et des connaissances pédagogiques distinctes des savoirs disciplinaires enseignés ;
2 – cette culture et ces connaissances aident à la construction d’une compétence sans laquelle l’acte d’enseigner est plus difficile.
 
On peut bien entendu contester ces deux thèses. Mais en faire les fers de lance d’une entreprise de destruction de l’école, croire et faire croire qu’elles sont propres à une décadence post-républicaine de l’institution scolaire, les réduire à la caricature en transformant l’énoncé d’une condition nécessaire (les connaissances pédagogiques aident à enseigner) en l’affirmation d’une condition suffisante (la pédagogie peut remplacer les savoirs), dénoncer, avec Jean Lechat, ceux qui voudraient qu’on puisse être « professeur de rien » (Lechat, 2005, p. 31) quand il est impossible d’exhiber un seul texte « pédagogique » soutenant une telle idée : tout cela décrédibilise cette contestation. Si le « ressort principal » du pédagogisme « consiste à affirmer que le souci de la pédagogie doit l’emporter sur celui du savoir » (Jaffro & Rauzy, 1999, p. 177), alors le pédagogisme n’existe pas, en tout cas pas là où ses pourfendeurs s’alarment de le trouver, dans les départements de sciences de l’éducation et les écrits de ceux qui s’efforcent aujourd’hui de prendre la pédagogie comme objet de leurs recherches – quelle que soit au demeurant la qualité, qu’on peut juger variable, de ces recherches. Le discours antipédagogique pourrait être tenu plus sérieusement s’il précisait son corpus et étayait ses thèses par une analyse de ce corpus. Revues professionnelles, plans de formation des IUFM et politiques de recrutement de leurs personnels, rapports de visites des professeurs stagiaires par leurs conseillers pédagogiques… : il y a là un champ qu’il serait intéressant de labourer et dont on ne peur préjuger des récoltes, mais que les philippiques contre la « bruyante pédagogie » (Muglioni, 1993, p. 38) se croient en général dispensées de connaître. Cette ignorance volontaire fait de la plainte antipédagogique une pure construction idéologique : l’invention du discours de l’autre.
 
Pierre Kahn
Lire la suite

Inquiétudes sur l’indépendance de la fabrique des programmes...

15 Octobre 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

Inquiétudes sur l’indépendance de la fabrique des programmes...

EXTRAIT

Après la démission de son président, le Conseil supérieur des programmes attend d’être fixé sur son sort. Une rencontre a lieu au ministère de l’éducation lundi 16 octobre.

Le Conseil supérieur des programmes (CSP) a déjà survécu à plus d’une démission, à commencer par celle de son premier président, Alain Boissinot qui, en jetant l’éponge en juin 2014, demandait au ministre de l’éducation de l’époque, Benoît Hamon, de prendre le relais d’une mission qu’il estimait de son ressort. L’instance créée par la gauche pour réécrire intégralement les contenus d’enseignement, de nouveau privée de pilote depuis le départ, le 26 septembre, de Michel Lussault, peut-elle se faire une place aux côtés d’un ministre de l’éducation qui, jusqu’à présent, a semblé en ignorer l’existence ?

C’est ce que veulent croire les douze membres toujours actifs sur les dix-huit nommés initialement. Ils espèrent être fixés sur leur sort à l’issue d’une rencontre avec Jean-Michel Blanquer, lundi 16 octobre au soir. « La structure me semble difficile à éliminer du paysage de l’éducation nationale, souffle Denis Paget, professeur de lettres et ancien dirigeant syndical. Le ministre devrait en passer par la loi. Or, dès sa nomination, il a dit qu’il ne le ferait pas. »

« Peut-il mettre le CSP en hibernation ou au service minimum ?, interroge Eric Favey, président de la Ligue de l’enseignement. Aucun d’entre nous, vraisemblablement, n’entend participer à un comité Théodule. »

Sans se désolidariser de leur ancien président – brocardé comme le « porte-drapeau des pédagos » par ses détracteurs , les membres espèrent en avoir fini avec la « personnalisation excessive » des débats et pouvoir se remettre au travail. « Il est plus que temps », plaident-ils : pour mettre en place un nouveau baccalauréat à l’horizon 2021, comme s’y est engagé le gouvernement, il faut s’atteler aux programmes du lycée. La concertation sur le devenir du bac doit s’ouvrir d’ici à la fin octobre ; celle sur l’accès à l’enseignement supérieur touche à sa fin. « Le chantier est explosif, souligne une source proche du dossier. Le ministre aurait tout intérêt à en confier le pilotage à une instance extérieure pour ne pas s’y brûler les ailes. »

(...)

Mattea Battaglia

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Sophie Hunger...

14 Octobre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Virginia Woolf...

14 Octobre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« J'ai déchiré tout mai et juin, dit Susan, et vingt jours de juillet. Je les ai déchirés, roulés en boule, pour qu'ils n'existent plus, il reste une lourdeur en moi. C'étaient des jours mutilés, comme des phalènes aux ailes rognées incapables de voler. Il ne reste que huit jours. Dans les huit jours, je descendrai du train, je serai sur le quai à six heures vingt-cinq. Je déroulerai ma liberté, et les restrictions qui froissent et qui plissent - temps, ordre et discipline, être ici et là à l'heure précise - exploseront. Le jour jaillira quand, ouvrant la porte, je verrai mon père avec ses guêtres, son vieux chapeau. Je tremblerai. J'éclaterai en sanglots. Le lendemain je me lèverai à l'aurore. Je sortirai par la porte de la cuisine. Je marcherai dans la lande. Les grands chevaux des cavaliers fantômes tonneront derrière moi et s'arrêteront soudain. Je verrai l'hirondelle raser l'herbe. Je me jetterai au bord de la rivière et je regarderai le poisson plonger et reparaître dans les roseaux. J'aurai les paumes des mains marquées par les aiguilles de pin. Je déferai, j'ôterai ce qui s'est formé ; la dureté d'ici. Car quelque chose a grandi en moi, au fil des hivers et des étés, sur les escaliers, dans les chambres. Je ne veux pas être admirée comme Jinny. Quand j'arrive, je ne veux pas que les gens lèvent les yeux avec admiration. Je veux donner, qu'on me donne, je veux la solitude, et découvrir ce que j'ai.

Je reviendrai par les sentiers frissonnants sous les voûtes des feuilles de noisetiers. Je passerai devant une vieille femme qui pousse un landau rempli de petit bois ; et devant le berger. Nous ne nous dirons rien. Je reviendrai par le jardin de la cuisine, et je verrai les feuilles de choux recourbées perlées de rosée, et la maison dans le jardin aux fenêtres aveuglées de rideaux. Je monterai jusqu'à ma chambre, et je prendrai mes affaires, enfermées avec soin dans l'armoire : mes coquillages ; mes œufs ; mes herbes rares. Je nourrirai mes colombes et mon écureuil. J'irai au chenil peigner mon épagneul. Et peu à peu, j'arriverai à la chose qui a grandi en moi. Mais la cloche sonne ; on passe son temps à traîner les pieds. »

Lire la suite
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>