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Vivement l'Ecole!

L'impasse... Hamon et Mélenchon à la rue!

28 Septembre 2017 , Rédigé par L'Obs - Matthieu Croissandeau Publié dans #Politique

L'impasse... Hamon et Mélenchon à la rue!

En se mêlant samedi à la foule insoumise, Benoît Hamon s'est enfermé au pire dans une impasse, au mieux dans une voie de garage.

Un soupçon de barbe, le regard dans le vide, au milieu des "insoumis" de Jean-Luc Mélenchon, il faisait presque peine à voir, Benoît Hamon. Bras dessus, bras dessous avec son bourreau, celui-là même qui lui reprochait il y a quelques jours encore de lui avoir fait manquer son rendez-vous avec l’histoire et comparait ses anciens camarades à des animaux de zoo. Les plus naïfs pourront toujours y voir les prémices d’une recomposition à gauche, les plus cyniques un placement à long terme pour pouvoir prétendre, le jour venu, à la succession. Il n’empêche. Plus que les défaites électorales à répétition, plus que la vente du siège rue de Solférino, ce spectacle restera dans la mémoire des socialistes comme une nouvelle humiliation : celle de voir l’homme qu’ils s’étaient choisi comme champion pour la présidentielle réduit au rang de vassal de son rival.

Que diable allait-il faire dans cette galère ? En se mêlant à la foule insoumise et à son projet de contestation totale, Benoît Hamon s’est enfermé au pire dans une impasse, au mieux dans une voie de garage. Car, enfin, que faut-il retenir du rassemblement de la place de la République ? Une erreur historique au détour d’une anaphore lourdingue ? Non, Mélenchon s’est trompé, ça arrive à tout le monde. Qu’il y avait du peuple sur la place ? Certes, mais beaucoup moins qu’à quelques rues de là, pour la Techno Parade.

Que la bataille commence contre la "chienlit libérale" ? N’est pas de Gaulle qui veut… Que les Français refusent ce "coup d’Etat social" ? Ils refusent surtout de gober ce mot d’ordre caricatural. On rappellera au passage aux "insoumis", qui répètent en boucle qu’Emmanuel Macron n’aurait pas été élu pour ça, que la réforme figurait noir sur blanc dans son programme. Et qu’après cette présidentielle hors norme les électeurs ont choisi de doubler la mise en envoyant une très large majorité de députés En Marche ! à l’Assemblée nationale.

Colère d’estrade

Non, au-delà des effets de manche et de la colère d’estrade, il n’y avait en fait pas grand-chose de notable. Le tribun a fait – une fois n’est pas coutume – un mauvais discours. Pour une simple raison : il n’avait rien d’autre à proposer dans l’immédiat à ses partisans que de descendre dans la rue pour taper en rythme sur des casseroles en attendant la prochaine élection… Tu parles d’un débouché politique, camarade !

On touche là les limites de la stratégie adoptée par le député de Marseille pour contester les ordonnances sur la réforme du marché du travail. Lui qui refusait tout compromis, toute tambouille politique, ouvre désormais grand les bras aux autres formations de son bord. Lui qui croyait pouvoir se passer des syndicats les appelle maintenant à la rescousse pour faire descendre un million de personnes sur les Champs-Elysées, rien que ça… Le voilà même réduit à implorer les jeunes, lycéens ou étudiants, à se mettre en mouvement et à passer à l’action pour jouer les supplétifs de leurs parents. La vérité, c’est que Mélenchon n’est pas seulement dans la rue, il est à la rue. Et que cela commence à se voir.

Matthieu Croissandeau

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Rachid Taha...

27 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Tahar Ben Jelloun...

27 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Je montai dans le car et fermai les yeux pour ne plus voir ce pays qui n'était plus le mien.

Depuis ce matin, je réalisais peu à peu qu'un pays, c'est plus qu'une terre et des maisons. Un pays , c'est des visages, des pieds ancrés dans la terre, des souvenirs, des parfums d’enfance, un champs de rêves, un destin avec au bout un trésor caché au pied de la montage.

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Peut-on être nuancé sur les réseaux sociaux?...

27 Septembre 2017 , Rédigé par Enseigner au XXIe siècle Publié dans #Education, #Pédagogie, #Politique

Peut-on être nuancé sur les réseaux sociaux?...

EXTRAITS

La mode est aux tweets et aux messages type Facebook sentencieux et définitifs ou outranciers, renforcés par une typographie insupportable et parfois des fonds de couleur agressifs. Il est demandé de réagir vite et lorsque la réponse à telle déclaration, à tel évènement, semble tarder, on interpelle la personne concernée sur son absence de réaction. Ainsi, on évoque le silence du ministre de l’éducation nationale au message stupide du MEDEF « si l’école faisait son travail, j’aurai du travail », alors que celui-ci faisait part de sa consternation dans la journée (mais il a donné le mauvais exemple en réagissant par tweets sur de multiples sujets). De même ne se préoccupe-t-on pas vraiment de ce qui est à la base de toute lecture d’un message informatif : à quelle date est-il émis ? D’où provient-il ? Qui est précisément l’émetteur ? À qui est-il destiné ?  C’est ainsi que dans le cas du message cité issu du MEDEF, on ne connaissait pas vraiment son statut, et c’est de plus en plus fréquent (ce qui permet ensuite plus facilement les démentis d’ailleurs, de façon hypocrite). De même circulent de manière loufoque des messages sur facebook faisant allusion à des événements vieux parfois de trois ou quatre ans : très récemment, j’ai vu annoncer la mort d’Albert Jacquard (qui date de 2013) ou on reprend des phrases de personnalités qui peuvent remonter à dix ans sans que cela soit précisé.  Ne parlons même pas des extraits sortis de leur contexte : ce n’est pas spécifique des messages sur les réseaux sociaux, mais c’est amplifié dans ce cas. Je sais bien que si j’écris la phrase : « l’important n’est pas de transmettre des connaissances, mais de veiller à ce que l’élève s’approprie vraiment ces connaissances », je risque de ne voir reproduit que le début, preuve d’un éloge de l’ignorance par les « pédagogistes ». Je sais bien que si j’écris : « Il n’est pas forcément essentiel d’étudier la langue latine, en revanche, il est indispensable de s’approprier des éléments de la culture romaine », on ne retiendra que le début, etc.

(...)

Un cas d’école : en ce jour on apprend la démission de Michel Lussault de la présidence du Conseil des programmes et défilent les messages haineux sur les réseaux sociaux  ainsi que les cris de joie d’un Dupont-Aignan ou d’un Philippot (qui se console ainsi de ses déboires présents), mais aussi les messages de soutien envers un grand intellectuel qui a mené à bien une œuvre colossale et salutaire de transformation de programmes éclatés en un ensemble cohérent et « curriculaire » (ouh là, mais ce mot est du jargon vont dire les défenseurs des idées simples et du « bon sens près de chez vous »). Il faut noter que ceux-là mêmes qui fustigent la pensée lapidaire sont les premiers à l’appliquer dans certains domaines.

(...)

Jean-Michel Zakhartchouk

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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400 webdocs toutes disciplines à consulter et utiliser...

27 Septembre 2017 , Rédigé par Canopé 85 Publié dans #Education, #Pédagogie

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Le ministère de l'éducation est secoué par une crise idéologique... Mediapart

27 Septembre 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

Le ministère de l'éducation est secoué par une crise idéologique... Mediapart

Le géographe Michel Lussault a annoncé, mardi 26 septembre, sa démission de la présidence du Conseil supérieur des programmes (CSP). Il évoque de profonds désaccords avec la politique du ministre Jean-Michel Blanquer. « Je n’ai pas l’habitude de faire de la figuration ou d’être une plante verte sur l’estrade », dit-il à Mediapart. L'ancien ministre socialiste Benoît Hamon dénonce de son côté « une remise en cause idéologique et archaïque par Blanquer ».

Ce n’était qu’une question de jours. La démission de Michel Lussault de la présidence du Conseil supérieur des programmes (CSP) apparaissait inéluctable. C’est désormais chose faite. Le géographe a annoncé dans Le Monde et sur France Inter qu’il quittait ses fonctions dès ce 26 septembre. Pourtant inamovible — légalement, le ministre n’a pas le pouvoir de démettre le président du CSP de ses fonctions —, Michel Lussault a choisi de partir de son propre chef et a surtout profité de ce départ pour exposer ses profonds désaccords avec Jean-Michel Blanquer.

Au micro de France Inter, il a déclaré : « Je démissionne pour envoyer, peut-être, un message au ministre, au ministère. » Selon lui, Jean-Michel Blanquer a franchi « quelques limites ». Il espère aussi ainsi « essayer d'arrêter le jeu qui est lancé depuis quelques semaines, qui consiste à agiter un certain nombre de sujets et à satisfaire ce que je crois être quelques bas instincts d'une clientèle politique ».

Michel Lussault raconte à Mediapart ce qui a présidé à cette décision : « J’ai fait le choix de démissionner car j’avais très nettement le sentiment que le ministre ne tenait pas particulièrement à activer le CSP tant que je le dirigeais. Je n’ai décelé aucun signe de sa volonté de nous faire travailler. Je n’ai pas l’habitude de faire de la figuration ou d’être une plante verte sur l’estrade. Je n’ai que faire d’une distinction honorifique. »

Il faut dire que depuis la nomination de Jean-Michel Blanquer à la tête du ministère de l’éducation nationale, les relations entre les deux hommes étaient exécrables. Contrairement à ce qui était à l’œuvre avec l’équipe précédente, les contacts avec lui ou son directeur de cabinet, Christophe Kerrero, ont été inexistants. Ce dernier s’est seulement fendu d’un appel lapidaire la semaine dernière.

Le géographe relate encore un échange qui s’est produit lors de l’unique rencontre que le ministre de l’éducation nationale a concédée à l’ex-président du Conseil supérieur des programmes, le 1er août, au creux de l’été. « Blanquer ne voulait pas que je reste. Je lui avais dit lors de notre unique rencontre : “Si ma présence est une entrave au travail confiant du ministère avec le CSP, je suis prêt à partir pour que le CSP continue.” Il ne m’a pas démenti. » Dès lors, la rupture était consommée.

La brouille s’est poursuivie. 

Par voie de presse, Jean-Michel Blanquer a, à mots couverts, dénoncé le jargon des nouveaux programmes concoctés par Michel Lussault. Ce dernier n’est pas en reste puisqu’il a critiqué, à la mi-septembre, dans L'Alsace, la méthode du ministre. « Il fait cela tout seul, comme un ministre “omnicompétent”, alors qu’à l’inverse les programmes mis en œuvre en 2016 ont été élaborés après deux ans de consultation d’une centaine de personnes. Sur la forme encore, les programmes d’aujourd’hui n’ont pas été évalués, le Conseil supérieur n’a pas été consulté. Je note que le ministre de l’éducation nationale avait dit qu’il ne préparait pas de grande réforme, or on assiste au détricotage de tout ce qui a été fait auparavant. » Ambiance.

De fait, Jean-Michel Blanquer n’est pas peiné de ce départ. Il a réagi sur RTL et n’a même pas essayé de donner le change en jouant l’apaisement. « C'est le choix de M. Lussault, de démissionner. J'ai entendu qu'il l'avait fait dans des termes outranciers. Le simple fait qu'il utilise des termes outranciers le disqualifie pour la fonction qu'il exerçait, donc il en tire les conséquences. Cela ne me gêne pas du tout, ce n'est pas un problème. Je suis dans un travail d'organisation de l'Éducation nationale pour que tous les enfants sachent lire, écrire, compter et respecter autrui à la sortie de l'école primaire. Si ça gêne M. Lussault, c'est vraiment pas grave qu'il s'en aille. » Ambiance (bis).

Ce qui fait dire à un ancien du ministère de l’éducation nationale, choqué de la « violence et du mépris » de Jean-Michel Blanquer : « Il s’en fiche de tout car il se dit “j’ai l’opinion publique avec moi” et “je définis seul l’intérêt général”, ce qui est très prétentieux. Il conforte encore et toujours une frange facile à flatter. Finalement, c’est une victoire pour le ministre, mais au moins, comme dans La chèvre de monsieur Seguin, Michel Lussault s’est battu ; il s’est rendu au loup avec dignité. » 

Pour sa part, l'historien de l'éducation Claude Lelièvre regrette cette démission : « Je comprends que Michel Lussault s’en aille. Mais il aurait pu rester pour embêter Jean-Michel Blanquer. Il aurait pu légalement se saisir de quelques sujets et jouer ainsi le rôle de contre-pouvoir. » 

Les divergences entre les deux hommes sont béantes. Sur le fond, une interview dans L’Express dans laquelle Blanquer explique par exemple que le prédicat « a vocation à disparaître » a froissé Michel Lussault. La notion de prédicat permet de décomposer une phrase en deux grands éléments : le sujet – de qui ou de quoi on parle – et le prédicat – ce qu’on affirme à son propos. Introduite dans les programmes de primaire et de collège en vigueur depuis 2016, cette notion grammaticale a fait l’objet d’un intense psychodrame, dont l’Éducation nationale a le secret, alors qu'il ne s'agit que d'un détail qui ne remet pas en cause l'apprentissage de la grammaire, comme l'explique par exemple Sylvie Plane, vice-présidente du CSP.  

Le CSP a eu une naissance et parfois une existence complexes. Son premier président, Alain Boissinot, avait aussi quitté sa présidence dans des circonstances compliquées, expliquant que la « structure » de cet organe n'est pas assez solide. La députée LR Annie Genevard a démissionné en 2015 après avoir toutefois participé à la conception des programmes et n'avoir pu ne pas endosser la responsabilité de ceux-ci, expliquent plusieurs acteurs de l’époque. L'un d'entre eux raconte que le Conseil supérieur des programmes a fait l'objet d'une « campagne malveillante ».

« Nous croyons juste aux valeurs de l’instruction comme moyen d’émancipation »

Michel Lussault le préside depuis 2014. Cette instance, qui a remplacé le Haut Conseil de l'éducation, a été créée par Vincent Peillon dans la loi de refondation de l'école de juillet 2013 afin de donner plus de transparence dans la conception des programmes et, surtout, soustraire cette tâche aux inspecteurs généraux, à la direction centrale de l'éducation nationale ou à la direction générale de l'enseignement scolaire (Dgesco). La charte qui régit sa création est claire : le CSP doit participer « à la définition de ce que les élèves, tous les élèves, doivent apprendre » et vise « à la recherche d’une cohérence globale des programmes ». L'idée force étant d'introduire, pour résumer à gros traits, un apprentissage progressif de certaines notions fondamentales avant de les approfondir. 

« Les passions politiques s’en sont mêlées, hélas, avec la démission d’Annie Genevard par exemple, mais on a fait ce qu’on a pu. On n’a pas la science infuse, on a essayé de produire du consensus sans être consensuels. On a essayé de dessiner ce socle commun et cette culture commune », explique Roger-François Gauthier, inspecteur général et membre actuel du CSP.

Fort de dix-huit membres, avec des experts et des parlementaires de toutes tendances politiques, le CSP a revu l'intégralité des programmes depuis la maternelle jusqu'au collège. Ceux-ci sont entrés en vigueur à la rentrée 2015 et 2016. Voilà pour les éléments philosophiques et administratifs. 

Benoît Hamon, ancien ministre de l’éducation nationale, explique à Mediapart que l’idée « de soustraire les programmes de la mainmise du politique et des lubies de tel ou tel ministre était bonne. Il y a une remise en cause idéologique et archaïque par Blanquer du CSP. Il ne fait pas confiance à un processus qui associe des experts et des politiques de tous bords ».

Claude Lelièvre considère de son côté que Michel Lussault et son équipe peuvent se targuer d’un bilan positif. « Au début, le CSP a pu un peu patiner. Puis ils ont fait quelque chose d’inédit dans l’histoire. Ils ont réussi à réformer les programmes de la maternelle au collège, en même temps. Ce n’est pas un détail, car tout a toujours été fait dans le désordre. Jamais cela n’a été fait par cycles. Ce qui donne plus de cohésion et de cohérence. » En effet, le Conseil supérieur des programmes a travaillé par cycles de trois ans : CP-CE1-CE2 pour le cycle 2, CM1-CM2-6e pour le cycle 3, 5e-4e-3e pour le cycle 4. 

Roger-François Gauthier,  membre du CSP, préfère ne pas se prononcer sur la démission de Michel Lussault et refuse de « juger une décision individuelle », mais explique avoir aimé travailler avec lui, même s'il confie ne pas partager toutes ses idées. Il reste néanmoins « serein » pour l'avenir et reste persuadé de la nécessité de sortir la rédaction des programmes de « la clandestinité ». Il considère nécessaire ce mélange d’expertises. Et de citer les contributions de la cancérologue Agnès Buzyn, aujourd’hui ministre de la santé, sur le corps des enfants par exemple. 

Cette querelle, au-delà des personnes, raconte aussi le débat qui agite l’école et sa supposée débâcle. Le Snalc, le syndicat classé à droite, a titré son communiqué cinglant dans lequel il se félicite de la démission de Michel Lussault : « Bon débarras ! » Du côté du SE-Unsa, le ton est différent. Le syndicat, de gauche, salue son action à la tête du CSP et son engagement dans le débat scolaire. 

Michel Lussault assume, il renonce aussi à ses fonctions pour des raisons idéologiques. « Il s’est commis dans certains journaux comme Valeurs actuelles ou Causeur [des magazines très à droite – ndlr]. Pour moi, c’est un geste politique, il se dit pacificateur mais parle à ceux qui hurlent sans cesse contre l’école et ceux qui la font au quotidien. »

Le président démissionnaire a aussi fait les frais d’une campagne de presse plutôt agressive de la part de certains organes de presse comme ceux cités plus haut. La polémiste Natacha Polony, dans le numéro de rentrée de Causeur, l’a classé dans la catégorie de ceux qui, crime suprême en matière d’éducation, nivellent l’école par le bas à cause, dit-elle, de « programmes aux intitulés délicieusement orwelliens », et il serait coupable d'avoir déclaré que « la grammaire n’est pas un dieu ».

Le géographe rit jaune. « Je suis le chef des pédagos alors que je n’ai jamais écrit une ligne sur la pédagogie ou les sciences de l’éducation. Je suis si fort que j’ai réussi à bouleverser le système en trois ans. Mais ces attaques sont les symptômes d’une bataille culturelle que nous, la gauche progressiste à laquelle je me rattache, avons perdue. Nous croyons juste aux valeurs de l’instruction comme moyen d’émancipation. » Du reste, Michel Lussault, déplore la « pauvreté » du débat général sur l’éducation en France. « Notre parole est démonétisée, si on tient un autre discours que de glorifier l’école du passé, on est inaudible », déplore-t-il. L'un de ses proches regrette qu'il ait « cristallisé ce type de fantasmes et représentations ».

L'ex-président du CSP regrette seulement de ne pas avoir eu de temps et aimerait que le ministre de l’éducation évalue réellement l’efficacité de ces nouveaux programmes.

Sur le site du ministère de l'éducation nationale Sur le site du ministère de l'éducation nationale

Du côté du ministère, on assure que « le travail continue avec le CSP ». La vice-présidente du CSP, Sylvie Plane, va assurer l’intérim jusqu’à la nomination d'un successeur, dans les prochaines semaines. En attendant, sur le site du ministère, la page est déjà tournée. Le nom de Michel Lussault a été effacé de la section dédiée au CSP.

À la place, il reste un espace vierge.

Par
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« Jean-Michel Blanquer, un retour à l’école d’hier » François Dubet

27 Septembre 2017 , Rédigé par La Croix Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

« Jean-Michel Blanquer, un retour à l’école d’hier » François Dubet

Alors que le président du Conseil supérieur des programmes Michel Lussault a démissionné, mardi 26 septembre, pour protester contre la politique éducative du gouvernement, le sociologue François Dubet (1) porte un regard critique sur les premières mesures du ministre de l’éducation national.

La Croix : Comment analysez-vous les premiers pas du ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer ?

François Dubet : Avant d’entrer au gouvernement, Jean-Michel Blanquer a écrit deux livres qui semblaient annoncer un ministre très réformateur, audacieux notamment en matière de formation des enseignants et d’autonomie des établissements. Mais on découvre aujourd’hui un autre Jean-Michel Blanquer en train de répéter le vieux couplet conservateur : « L’école d’autrefois marchait et il n’y a qu’à faire ce qui marchait autrefois ». Or il est faux d’affirmer que l’école allait forcément mieux hier…

Jean-Michel Blanquer a été l’homme des politiques scolaires des années Sarkozy (NDLR : il était alors recteur, puis directeur général de l’enseignement scolaire, sorte de n° 2 du ministère), ce qui ne constitue pas à mes yeux un péché capital ; et il est aussi un technocrate éclairé, au fait de la recherche internationale. Mais pour l’heure, on ne retrouve que le premier de ces personnages.

Le ministre dit pourtant s’appuyer sur les travaux en neurosciences pour bannir la méthode de lecture globale ou avancer en CP-CE1 l’apprentissage des quatre principales opérations mathématiques, y compris la division…

François Dubet : C’est vrai, mais Jean-Michel Blanquer entretient un rapport à la recherche très instrumental. Il n’en retient que ce qui va dans le sens de son projet. Il entend « mettre le paquet » sur le CP et va ainsi à l’encontre de 30 ans d’une politique de cycles visant à mieux respecter les rythmes d’apprentissages, différents d’un enfant à l’autre.

À mes yeux, ses premières mesures et déclarations relèvent largement de la communication, comme ses propos sur la nécessité d’abandonner la méthode globale, dont on sait en réalité qu’elle n’est pas utilisée aujourd’hui en classe. Ces annonces visent à satisfaire une assez grande partie de l’opinion publique, plutôt conservatrice sur le plan scolaire. D’ailleurs, elles ne déplaisent pas à de nombreux enseignants, qui éprouvent le besoin d’être rassurés.

Revient-on à une conception plus élitiste de l’école, comme le suggère le président démissionnaire du Conseil supérieur des programmes Michel Lussault ?

François Dubet : Ce serait aller un peu vite en affaire. Car, avec le retour des études surveillées (NDLR : le dispositif Devoirs faits, qui doit s’appliquer après les vacances de la Toussaint), le ministre a pris une bonne mesure susceptible de bénéficier au plus grand nombre. Mais c’est vrai que le rétablissement des classes bilangues et des classes européennes, qui profitent avant tout aux élèves des couches sociales favorisées, va sinon dans le sens de l’élitisme, du moins participe d’un retour vers le passé. Et le ministre ne dit pas un mot de la régression terrible de la mixité sociale à l’école.

Rythmes scolaires, évaluations de CP et de 6e, réforme du collège… Jean-Michel Blanquer s’est jusqu’ici beaucoup employé à supprimer des mesures prises sous la précédente majorité ou à rétablir des dispositifs que cette dernière avait supprimés. Faut-il parler de « réformite » ?

François Dubet : Oui, c’est là une maladie à laquelle Jean-Michel Blanquer participe, bon gré, mal gré. On est face à un système qui se réforme tout le temps et qui ne change jamais. Cela a pour effet de fatiguer inutilement les professeurs. Ce n’est pas en détricotant ce qui a été fait, pour revenir à l’école d’hier, que l’on améliorera l’état de notre système éducatif.

Recueilli par DENIS PEIRON

(1) Parmi ses nombreux ouvrages, 10 propositions pour changer d’école, avec Marie Duru-Bellat, Éd. Le Seuil, 2016.

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Les quatre opérations au CP, « le » manuel de Singapour et la réussite à l’école...

27 Septembre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

Les quatre opérations au CP, « le » manuel de Singapour et la réussite à l’école...

EXTRAIT

Quel lien entre l’annonce du ministre de l’Éducation nationale d’un retour de l’enseignement des quatre opérations mathématiques en CP et CE1 en France et la méthode dite « de Singapour » ? Pour répondre, le chercheur Rémi Brissiaud remonte à la période où Gilles de Robien était ministre de l’Éducation et Jean-Michel Blanquer son directeur de cabinet adjoint. Il montre finalement que la pédagogie du calcul en France ne peut pas être un copié-collé de celle de Singapour.

En cette rentrée scolaire 2017, les grands médias nationaux ont largement relayé le contenu d’une interview que Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a accordée au journal l’Express et dans laquelle le ministre évoque le contenu des programmes scolaires en mathématiques. Par exemple, sur le site de BFM TV, on lit : « Le ministre de l’Éducation nationale souhaite que les quatre opérations mathématiques de base, addition, soustraction, multiplication et division, soient maîtrisées par les élèves dès le CP et le CE1. Jean-Michel Blanquer s’inspire là de la méthode dite "de Singapour".

Cet extrait est très représentatif parce que, de façon quasi-systématique, les médias ont associé l’idée d’enseigner la division au CP et au CE1 aux ouvrages d’une méthode élaborée à Singapour, faisant entrer celle-ci dans le débat national. Soulignons que l’usage des manuels correspondants fait consensus à Singapour et que cette cité-état est souvent classée au premier rang dans les comparaisons internationales. L’ouvrage original, rédigé en anglais, a été traduit en français une première fois en 2007 (1re édition) et une seconde fois en 2016 (2de édition).

On ne se livrera pas ici à une revue exhaustive du contenu de ces ouvrages. Dans un premier temps, nous rappellerons les circonstances de leur parution et, dans un second temps, nous reviendrons sur le slogan utilisé par l’éditeur qui les présente comme « le manuel utilisé par les meilleurs élèves en mathématiques ».

Une polémique lancée par Gilles de Robien

Restituons le contexte de la parution de la première traduction française de « la » méthode de Singapour. On était en 2007, c’est-à-dire en pleine polémique concernant l’enseignement des quatre opérations au CP. En effet, en 2006 déjà, alors que Gilles de Robien était ministre et Jean-Michel Blanquer son directeur de cabinet adjoint, l’idée d’enseigner les quatre opérations dès le CP était dans l’air. J’ai d’ailleurs à cette époque rédigé un très long article consacré à cette question [1]. Dans le cadre de la préparation des futurs programmes de 2008, l’enjeu était de répondre aux questions suivantes : qu’est-ce qu’enseigner la division à l’école et quelles sont les différentes étapes de cet enseignement ?

La plupart des enseignants et des chercheurs dans le domaine répondaient, et répondent toujours, qu’il faut procéder en deux temps. Dans un premier temps il convient de faire comprendre aux enfants les situations qui donnent du sens à la division en résolvant d’une part des problèmes de partage équitable (« quinze gâteaux partagés en trois parts égales : combien de gâteaux dans chaque part ? », autrement dit : trois fois combien font quinze ?) et, d’autre part, des problèmes où l’on cherche « un nombre de fois » (« on a quinze gâteaux, on dispose d’assiettes et l’on met trois gâteaux par assiettes : combien d’assiettes faut-il ? », autrement dit : en quinze combien de fois trois ?). Quand la taille des nombres est limitée et quand l’élève dispose de matériel (ou s’il peut dessiner), il n’est évidemment pas nécessaire qu’il ait étudié la division pour résoudre de tels problèmes. Par ailleurs, durant cette première phase du travail, ces problèmes sont résolus sans que l’enseignant fasse le lien entre les deux types de situations.

C’est seulement dans un second temps que ce lien est fait, au moment où l’enseignant définit explicitement la division. Alors que les deux types de problèmes énoncés précédemment sont à priori très différents, il fait alors découvrir qu’ils peuvent être résolus de la même manière, en utilisant la même opération : la division.

L’enseignant explique aux élèves que l’écriture « a : b ? » se lit « a divisé par b » et que cette opération, contrairement à l’addition, la soustraction et la multiplication, conduit à chercher deux nombres : le quotient et le reste (le résultat s’écrit : « q=… » et « r=… »). Pour faciliter l’obtention du quotient et du reste ainsi que la résolution des problèmes de division, l’enseignant fait souvent reformuler l’écriture « a : b ? » sous la forme : « a partagé en b » ou encore « en a, combien de fois b ? ». Cette reformulation relie entre eux les deux types d’usage de la division.

Contrairement à ce qu’espéraient Gilles de Robien et, vraisemblablement, Jean-Michel Blanquer, les programmes de 2008 ont tranché de la manière suivante : le premier temps se déroulera durant tout le CP et le CE1 et le second temps (l’introduction du formalisme de la division) n’interviendra qu’en CE2. Ce fut une décision très raisonnable. Comparons en effet les deux formulations : « trois fois combien font quinze ? » et « En quinze, combien de fois trois ? ». Dans la première, trois désigne un « nombre de fois » et l’autre facteur du produit est l’inconnue. Dans la seconde, le « nombre de fois » est l’inconnue et trois est le facteur connu.

Comprendre que ces deux types de problèmes peuvent être résolus de la même manière revient donc à s’approprier le fait que « trois fois l’inconnue = l’inconnue fois trois », c’est-à-dire la commutativité de la « multiplication par une inconnue ». Or, on sait qu’actuellement, à l’entrée au CE2, de nombreux élèves ne se sont pas encore approprié la commutativité de la multiplication toute simple (a fois b est égal à b fois a) [2]. Les résultats scientifiques disponibles aujourd’hui appuient donc la décision de 2008.

(...)

Rémi Brissiaud

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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A Voir... Un Beau Soleil Intérieur...

27 Septembre 2017 , Rédigé par Youtube - Liberation Publié dans #Cinéma

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Revue de Presse Education... Polémiques - Pédagogie - Divers....

27 Septembre 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Polémiques - Pédagogie - Divers....

Ce mardi, il est beaucoup question de polémiques, dont notre ministre est rarement très loin, mais aussi de pédagogie. Nous terminerons par quelques informations diverses.

Polémiques

Les Echos font le point sur les trois principales polémiques qui occupent le ministère : « Cinq mois après son entrée au gouvernement, son nom suscite à lui seul des crispations. Jean-Michel Blanquer, le 33e ministre de l’Éducation nationale, a su se faire connaître avant même sa première rentrée scolaire.
Qualifié par le syndicat d’enseignants SE-Unsa de ministre « hyper polémique », Jean-Michel Blanquer est accusé de “passer son temps à ressusciter des idées du passé”. »

Agathe Cagé met en perspective les enjeux de l’enseignement de l’histoire, enseignement régulièrement la cible de polémiques provoquées la plupart du temps par des personnes qui n’y connaissent pas grand chose : « Les polémiques sur l’enseignement de l’histoire doivent être l’occasion de poser les questions essentielles du rôle social et politique de cette dernière et des usages que l’on en fait, à l’École et au-delà, par exemple dans le champ politique. »

Enfin, le sujet principal de la journée, relayé par Libération, est la démission de Michel Lussault de la tête du Conseil supérieur des programmes (CSP) : « Le président du Conseil supérieur des programmes, Michel Lussault, démissionne. Libération rapporte sa déclaration : “J’ai eu le sentiment qu’il ne connaissait pas vraiment ce que nous avions fait et n’avait pas la volonté de nous confier quoi que ce soit. Je lui ai dit que le CSP permettait notamment de sortir des débats partisans. Je n’ai pas réussi à le convaincre. Dans ces conditions, il devenait difficile pour moi d’envisager un maintien, ce que je n’ai pas caché au ministre.” »

Évidemment, M. Blanquer n’a pas tardé à réagir à cette annonce, comme lerapporte RTL et le moins que l’on puisse dire est qu’il ne se montre pas vraiment chagriné par cette décision : « Jean-Michel Blanquer a réagi à cette démission, au micro de RTL : "C’est le choix de M. Lussault, de démissionner. J’ai entendu qu’il l’avait fait dans des termes outranciers. Le simple fait qu’il utilise des termes outranciers le disqualifie pour la fonction qu’il exerçait donc il en tire les conséquences. Cela ne me gêne pas du tout, ce n’est pas un problème. Je suis dans un travail d’organisation de l’Éducation nationale pour que tous les enfants sachent lire, écrire, compter et respecter autrui à la sortie de l’école primaire. Si ça gêne M. Lussault, c’est vraiment pas grave qu’il s’en aille", s’est-il exclamé. »

S’il semble déjà singulier de parler de termes outranciers concernant les déclarations de Michel Lussault, il paraît encore plus étrange de s’adonner soi-même ensuite à l’outrance en affirmant de Michel Lussault qu’il est indigne de ses fonctions. En tout état de cause, M. Lussault n’a pas à rougir de son travail à la tête du CSP, qui avait pour but, rappelons-le, de détacher un peu la rédaction des programmes scolaires de la mainmise du politique, dans l’intérêt même des élèves. La reprise en main du CSP par M. Blanquer, qui a déjà montré avec le détricotage des rythmes scolaires que l’intérêt des enfants n’était pas sa priorité, annonce une volonté de satisfaire une frange de la population, au détriment, il faut le craindre, de l’intérêt général.

Pédagogie

Le Café pédagogique s’intéresse à une étude de l’université d’Oxford concernant l’accès aux savoirs scientifiques : « Comment réduire les inégalités d’accès aux savoirs scientifiques ? L’Université d’Oxford publie une étude qui pointe trois facteurs essentiels pour gommer l’écart social de réussite et améliorer le niveau des élèves des milieux populaires : enseigner le raisonnement scientifique, améliorer la littératie et enfin améliorer les compétences métacognitives. Trois conclusions qui s’appuient sur un volume important de recherches et qui invitent à enseigner autrement. »

Paul Devin poursuit sur son blog sa série d’articles sur la déformation politique des études scientifiques concernant la pédagogie : « Quand l’argument de la validation scientifique apparaît à nouveau comme une stratégie de communication pour défendre des choix idéologiques sans que réellement on puisse en tirer quelque conclusion que ce soit pour légitimer les méthodes prônées. »

Enfin, signalons un article de blog hébergé par Le Monde concernant l’innovation pédagogique : « L’innovation a le vent en poupe à l’université. Depuis un an ou deux, il n’est pas d’établissement qui ne dédie un café informel, une journée banalisée, un appel à projets, voire, de plus en plus, un service entier à l’innovation pédagogique – l’innovation technologique, elle, a toujours eu sa place et continue tranquillement de se développer dans les laboratoires de recherche. Le ministère lui-même organise, ces 26 et 27 septembre, la deuxième édition des Jipes, les Journées nationales de l’innovation pédagogique dans l’enseignement supérieur. »

Divers

Terminons cette revue de presse par quelques informations diverses. LCI a suivi une classe de sixième pendant une journée pour ses premiers pas aux collège : « Le 4 septembre dernier, 800.000 élèves ont fait leur rentrée en sixième. Une étape charnière dans la vie de l’enfant. Nouvel établissement, nouveaux cours, nouvelles amitiés dans la cours d’école : une entrée dans la cours des grands. A Grasse, dans les Alpes-Maritimes, nous avons suivi une classe pendant une journée. »

Enfin, Libération se penche sur le cas d’un collège grenoblois, en grève depuis trois semaines : « Les personnels de l’établissement, classé en réseau d’éducation prioritaire, s’élèvent contre la suppression de contrats aidés, qui leur assurait auparavant six postes pleins de surveillants pour 425 élèves, “le strict minimum”. »

Aurélie Gascon

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