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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Wendy Guerra...

4 Septembre 2017 , Rédigé par Christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Wendy Guerra...

Tu essaies de t’installer progressivement dans le fond transparent, tu passes la ligne trouble, les courants froids ou tièdes, tu répartis l’air dans tes poumons et tu repousses, par intervalles, la surface hyperréaliste, tant que ton corps supportera l’immersion, tu n’as pas besoin de remonter à la surface. Tu te propulses, tu cherches la phosphorescence initiale, tu te projettes vers le haut comme une balle égarée… et voilà la réalité au soleil, tu brasses l’eau, tu inspires l’air, et tu descends, tu descends, tu descends pour, de nouveau, tout abandonner. Certains cris t’avertissent que, là-haut, il peut y avoir de la vie, mais en fait tu ne t’en soucies pas, la vraie vie se produit dans ta poitrine, loin de la scène illusoire de Cuba, cette île démente qui navigue autour de ta tête.

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En Seine-Saint-Denis, seuls 56 % environ des classes de CP en REP + sont « physiquement » divisées en deux...

4 Septembre 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Rentrée2017

En Seine-Saint-Denis, seuls 56 % environ des classes de CP en REP + sont « physiquement » divisées en deux...

EXTRAITS

(...)

« Désormais, tout est centré sur le CP »

Les trois institutrices de CP de l’an dernier sont rejointes par une nouvelle recrue qui assurait, jusqu’alors, des remplacements. Et par Nadia, leur ex-« maître supplémentaire ». Depuis la rentrée 2015, celle-ci venait en renfort de l’équipe en CP, CE1 et CE2 – parfois pour prendre en charge des petits groupes d’élèves, parfois pour « co-enseigner » – dans le cadre du dispositif « plus de maîtres que de classes » mis en place par le précédent gouvernement.

Et à l’entendre, le « CP à 12 » n’est pas une aussi « bonne nouvelle » que ce que le ministre veut le laisser penser.

« Pour moi, c’est une mauvaise nouvelle, estime-t-elle. L’an dernier, on s’était beaucoup investi dans le dispositif “plus de maîtres”, on y croyait. Il était une richesse à la fois pour les enseignants, car il nous a permis d’engager une réflexion collective sur nos pratiques, et pour les élèves, qui se sentaient davantage soutenus par la présence de deux adultes en classe. Voilà encore un projet qui tombe à l’eau sans même qu’on ait pris le temps d’en mesurer les effets ! »

« Désormais, tout est centré sur le CP. Les CE1 et CE2 qui bénéficiaient du “plus de maîtres que de classes” vont perdre beaucoup cette année, regrette de son côté Alexandra Gouzien. On mesurera dans quelques années les bénéfices du CP à 12. »

(...)

D’un côté, 12 élèves en classe, ça fait rêver ! Et cela peut effectivement faciliter la tâche pour individualiser notre enseignement. D’un autre côté, ça s’est fait très vite et au détriment du dispositif “plus de maîtres que de classes”. »

« On va encore se retrouver seul, chacun avec sa classe, quand le maître supplémentaire nous avait permis de nous enrichir mutuellement des pratiques des uns et des autres », ajoute Cristelle, qui enseigne en CE2.
(...)
Aurélie Collas
L'article entier est à lire en cliquant ci-dessous

 

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Rentrée 2017. Vers le triomphe de l’école à deux vitesses?...

4 Septembre 2017 , Rédigé par Chronik - Agathe Cagé Publié dans #Education, #Politique

Rentrée 2017. Vers le triomphe de l’école à deux vitesses?...

EXTRAIT

Comment la patrie de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, notamment dans son article 6*, a-t-elle pu devenir de championne du monde du déterminisme social ?

De manière récurrente désormais, les enquêtes PISA, qui mesurent dans 72 pays (dont 35 pays de l’OCDE), les capacités des élèves à mobiliser leurs connaissances scolaires et à les appliquer dans des situations variées, proches de celles rencontrées dans la vie réelle, montrent que les résultats de la France sont le plus fortement corrélés, par rapport à ceux de l’ensemble des pays de l’OCDE, avec le niveau socio-économique et culturel des familles.

La performance des élèves français, autrement dit, dépend fortement de leur niveau socio-économique. La France est ainsi aujourd’hui le pays de la reproduction sociale, dans lequel une bonne part du destin scolaire est lié à l’origine sociale. Depuis le fameux monologue de Figaro – « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus » –, les privilèges ont été officiellement abolis mais la situation a malheureusement peu évolué. L’École française, organisée en voies hiérarchisées, fonctionne depuis des dizaines d’années au service de la reproduction sociale.

L’École de la reproduction sociale

Quand une société se convainc que l’égalitarisme avance masqué devant la recherche d’égalité ; que la méritocratie est la première étape du nivellement par le bas ; que l’équité consiste à soutenir davantage ceux qui font la course en tête que ceux qui cumulent les handicaps ; que la cruelle réalité du déterminisme social ne signifie pas qu’il y ait un lien entre la réussite scolaire des enfants grandissant dans les familles socialement et économiquement favorisées et ce cadre d’évolution privilégié… Quand une société se convainc de tout cela, alors elle ne propose plus une seule et même École à tous ses enfants, mais deux. L’École de la reproduction sociale des catégories socioprofessionnelles dites supérieures, et l’École des autres, vis-à-vis de laquelle les premières ont un discours bien rôdé : la réussite scolaire et la poursuite d’études ne sont pas un horizon légitimement accessible à tous. La France est en train de devenir une telle société. À ses propres dépends.

(...)

Agathe Cagé

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Quand l'école française maintient les inégalités en avantageant systématiquement les plus aisés.... (Vidéo)

4 Septembre 2017 , Rédigé par Alternatives Economiques Publié dans #Education, #Inegalites

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Blanquer : un ''formidable'' ministre ; ça craint!... Par Claude Lelièvre...

4 Septembre 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Blanquer : un ''formidable'' ministre ; ça craint!... Par Claude Lelièvre...

C'est du moins ce que le Président de la République a affirmé dans son interview au « Point » : « Jean-Michel Blanquer est un formidable ministre de l'Education nationale ». On ne peut que lui donner raison, car il y a beaucoup à craindre de la part de Blanquer.

Emmanuel Macron est marié à une professeure de lettres classiques et il est lui-même un fin lettré. Il ne saurait ignorer la définition du dictionnaire ''Littré''. « Formidable : capable d'inspirer la plus grande crainte. Du latin ''formidabilis'', venu lui-même de formidare, redouter ; et de formidus, crainte ».

Et, en effet, n'y a-t-il pas beaucoup à craindre d'un ministre de la République qui prétend mettre fin à une « interdiction » du redoublement qui n'existe pas, ou qui s'en prend à une « méthode globale » qui a disparu (de son propre aveu finalement) ?

N'y a -t-il pas beaucoup à craindre de quelqu'un qui se vante par avance d'être exceptionnellement un ministre de l’Éducation nationale qui ne donnera pas son nom à une loi (alors que c'est le cas déjà de plus des trois-quarts de la trentaine des ministres de l’Éducation nationale qui se sont succédé sous la cinquième République) ? Et un ministre qui prend immédiatement avec beaucoup de précipitation deux décrets de ''détricotage'' : le décret (à interprétation à géométrie variable) pour le collège, et le décret ''Ponce Pilate'' sur les rythmes scolaires dans le primaire. Laisser-faire voire laisser-aller. Serait-ce cela l'horizon de sa ''confiance'' proclamée envers les enseignants ?

N'y a-t-il pas beaucoup à craindre d'un ministre qui enjoint ( ''en même temps'' et tout de go) à tous les établissements scolaires de « rentrer en musique », et aussi à tous les CM2 de trois académies de promouvoir la lecture des « Fables de La Fontaine » (sans craindre lui-même la contradiction avec ses professions de foi envers la confiance à accorder aux établissements, aux enseignants) ? Un ministre qui annonce au dernier moment la mise en place (non concertée avec les intéressés) d' « évaluations » en début de sixième et même de CP ?

N'y a-t-il pas beaucoup à craindre d'un ministre qui déclare avoir la préoccupation de fonder autant que faire se peut sa politique sur des données scientifiquement établies et qui ne craint pas de déclarer urbi et orbi sur BFM : « Si vous prenez le cas des vacances de la Toussaint, qui durent deux semaines, ça m’a toujours semblé un peu long. D’autant plus que j’ai constaté que c’était un facteur de décrochage pour certains élèves au cours du premier trimestre ». Il a « constaté » ! Quand, comment ? Mystère (d'autant qu'il n'a jamais été professeur autrement qu'à l'université). Jean-Michel Blanquer (alias Raymond la science) disait fonder ses décisions sur le pragmatisme et la science. Maintenant il la fait !

Oui, il y a beaucoup à craindre de lui ! Et on n'a pas tout dit ; et ce n'est pas fini ! « Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer est formidable ». Un grand merci, monsieur le président de la République, pour avoir trouvé le mot juste.

Claude Lelièvre

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En direct de l'Europe. Rythmes scolaires : la France recule et s'isole...

4 Septembre 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education, #Politique, #Rentrée

En direct de l'Europe. Rythmes scolaires : la France recule et s'isole...

C'est la rentrée ce lundi 4 septembre pour plus de 12 millions d'élèves. Les communes peuvent revenir à la semaine de 4 jours et un tiers d'entre elles ont fait ce choix. Un retour en arrière, selon l'OCDE.

En Europe, c'est cinq jours partout

La France était déjà le dernier pays à pratiquer la semaine de 4 jours et demi. Le fait de permettre de revenir à 4 jours de classe est un retour en arrière incompréhensible pour nos partenaires et observateurs.

La règle est de 5 jours dans toute l'Europe et dans les 35 pays de l'OCDE; Israël et l'Italie pratiquent même les 6 jours, certains Länder allemands partiellement. Or la France, qui s'est toujours illustrée par de piètres résultats dus notamment à des journées de travail trop chargées, semblait engagée sur la bonne voie. La dernière réforme avait été accueillie très favorablement: la 5ème matinée devait permettre un apprentissage dans de meilleures conditions, nous rappelle Corinne Heckmann, analyste à la direction de l'éducation et des compétences de l'OCDE*. Sauf qu'elle n'avait pas fait ses preuves, d'où la décision de laisser le choix.

Les inégalités risquent de se creuser

Les premières évaluations ne montrent pas effectivement de réels progrès au niveau des résultats, mais comme le souligne l'OCDE, la réforme était récente, il fallait lui laisser le temps de faire ses preuves : le fait de la rendre optionnelle ne le permettra plus, creusera le fossé entre les communes qui ont les moyens ou la volonté d'investir dans des activités, et les autres.

On va faire dépendre les rythmes scolaires de considérations pécuniaires plutôt que du bien-fondé pour les élèves. Et risque d'augmenter encore plus les inégalités sociales, déjà si criantes dans le système éducatif français.

Sur la question du redoublement, l'OCDE est également très critique. Là aussi, la France a longtemps été le pays avec le plus de redoublements, ils avaient fortement diminué sous le précédent gouvernement : nous restions encore parmi les cinq premiers, avec notamment la Belgique.

Satisfecit pour les dédoublements en CP*

Dans les pays nordiques le redoublement n'existe pas. Or une étude PISA montre que les jeunes qui ont redoublé ont des résultats beaucoup moins bons que les autres, ils s'arrêtent de travailler plus tôt, bien avant l'été, s'y remettent plus tard après la rentrée, et surtout leurs difficultés spécifiques n'ont pas pu être prises en main par l'équipe éducative. D'où l'intérêt de lutter contre l'échec avec moins d'élèves : l'OCDE considère comme une excellente décision le fait de dédoubler les classes dès le CP, même si la mesure ne concerne pour l'instant que les "réseaux prioritaires renforcés", à savoir les quartiers très défavorisés.

*Corinne Heckmann élabore la note consacrée à la France du rapport Regards sur l'éducation: Les indicateurs de l'OCDE, Editions OECD, dont l'édition 2017 sera présentée le 12 septembre prochain.

Anja Vogel

                                        __________________________

* Note du webmaster:

L'OCDE, qui peut-être ne connait pas toutes les subtilités de notre système, oublie néanmoins de dire que:

- ces dédoublements ne pourront se faire dans tous les secteurs REP+ faute de moyens matériels;

- ces dédoublements assèchent (comme dans le Rhône par exemple mais partout ailleurs aussi) le dispositif "Plus de maîtres que de classes". Pierre est nu pour habiller Paul;

- ces dédoublements entraînent une surcharge d'élèves pour les autres niveaux;

- ces dédoublements oublient les cycles. Un élève qui entre au CP a trois ans (CP/CE1/CE2) pour réussir en "cycle 2". Il convient de le rappeler toujours.

Que les choses soient claires:

Oui à des classes aux effectifs allégés, évidemment, à condition:

- d'accompagner les enseignants en les formant à d'autres pédagogies car enseigner les mêmes programmes de la même manière à 12 comme à 24 ne servira pas à grand-chose;

- de ne pas affaiblir d'autres élèves sous prétexte de "mesures slogans" sans garantie aucune de réussite (Singapour a expérimenté cet allègement. Au bout de 5 ans, les évaluations ont démontré que le gain pour les élèves passés dans ces classes était proches de zéro).

Nos élèves ne sont pas des cobayes;

- de ne pas croire qu'il suffit de savoir que B-A font BA pour maîtriser la lecture.

Bonne rentrée à toutes et à tous!

Christophe Chartreux

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Les Ogres de Barback...

3 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Pierre Bordage...

3 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Pierre Bordage...

Helaïnn l'ancienne retroussa sa robe, s'agenouilla au bord de la cuve, trempa l'index dans l'eau pendant quelques instants puis, avec d'infinies précautions, l'approcha de ses lèvres rainurées. Comme tous les sourciers, elle ne pouvait se fier qu'à son goût pour détecter la présence éventuelle d'ultra-cyanure.

Solman le boiteux, qui se tenait en arrière avec les apprentis, la vit effleurer de la pointe de la langue la pulpe de son doigt. Le poison foudroyant des anguilles GM aurait pu la tuer en une poignée de secondes. Enfouie une cinquantaine de mètres sous terre, l'eau répandait une odeur tenace de chlore - plutôt bon signe ... - et de rouille. D'imperceptibles secousses telluriques hérissaient sa surface noire balayée par les faisceaux des torches. Les quinze membres de la troupe s'étaient glissés l'un après l'autre dans un anneau de béton étroit, raide, fissuré, puis, bloqués par un éboulement trente mètres plus bas, ils avaient dégagé le passage à l'aide de pioches, de pelles, et remonté les gravats, la terre et les pierres dans les sacs en toile. Le déblaiement des boyaux d'accès aux nappes phréatiques ou aux cuves artificielles était l'aspect le moins plaisant du travail de sourcier : tant qu'ils ne l'avaient pas goûtée, ils ne pouvaient pas savoir si l'eau détectée par les baguettes était potable, et il leur arrivait souvent de tomber sur une nappe ou une cuve contaminée après avoir passé trois ou quatre jours entiers à nettoyer une galerie.

C'était la première fois que Solman participait à une rhabde, une quête d'eau. Et la dernière, sans doute, car son infirmité avait retardé à plusieurs reprises le groupe d'Helaïnn l'ancienne, et même s'ils ne lui avaient adressé aucun reproche, il avait lu dans leurs yeux que sa place n'était pas parmi eux. Sa place était avec les enfants, avec les vieillards, avec ceux que la maladie ou l'impotence condamnait à demeurer dans le camp sous la garde des chauffeurs. Les autres le vénéraient, raison pour laquelle ils n'avaient pas osé lui refuser cette faveur, mais leur respect était également une façon de le confiner dans son rôle de clairvoyant, de le tenir à l'écart des activités quotidiennes du peuple aquariote. Pourtant il avait aimé sortir de l'enceinte étouffante des tentes dressées à l'intérieur du cercle des camions-citernes, marcher à travers la plaine jonchée de rochers gris et arrondis, partager leurs repas, leurs rituels, leurs rires, il avait frémi avec eux lorsque le vent avait colporté les aboiements d'une meute de chiens sauvages ou le bourdonnement d'une nuée de hannetons-GM venimeux, il s'était réjoui avec eux lorsque les baguettes avaient vibré dans la même harmonique et que les apprentis avaient coupé les ronces pour découvrir le tampon de la gaine d'accès à la cuve.

Helaïnn se redressa et réprima une grimace avant de rabattre sa robe sur ses jambes. Agée de soixante-douze ans, la doyenne des sourciers poussait son corps usé dans ses derniers retranchements. Ignorant la douleur aigüe qui montait de ses os et de ses articulations, elle retardait jusqu'à l'inéluctable le moment de passer la main. Jamais personne ne l'avait entendu se plaindre, jamais personne n'avait eu l'occasion de se repaître de sa faiblesse, si bien que les pères et les mères du peuple ne l'avaient pas encore relevée de sa charge bien qu'elle eût depuis longtemps passé la limite d'âge. Seul Solman savait quel calvaire elle endurait chaque minute, chaque seconde de son existence. Il enviait presque cette souffrance, cette rançon d'une vie de labeur et de mouvement que lui interdisaient sa jambe tordue et sa condition de donneur.

Un sourire se creusa comme une ride supplémentaire sur la face de la vieille femme sculptée par les rayons convergents des torches. Elle prononça les paroles d'usage :

"Que deux d'entre vous courent annoncer aux pères et aux mères du peuple que l'eau nous est donnée."

Les parois et le plafond métallique réverbérèrent sa voix et, pendant quelques secondes, entretinrent l'illusion qu'un bataillon de femmes se chamaillaient dans le ventre de la terre. Des cris de joie éclatèrent comme des déflagrations dans la pénombre de la cuve. Au bout de cinq semaines de recherches infructueuses, ils avaient enfin trouvé de l'eau potable, le plus précieux des trésors, le fondement de toute vie. Le peuple aquariote pourrait lever le camp avant l'arrivée de l'hiver, traverser les terres désertiques de l'Europe centrale en direction du soleil couchant, gagner les régions plus clémentes de la côte atlantique, se rendre au grand rassemblement où il distribuerait une partie de son eau aux autres peuples nomades en échange de nourriture et de produits de première nécessité.

Appuyé contre la paroi de la cuve, la jambe douloureuse, Solman regrettait à présent d'avoir accompagné les sourciers dans leur rhabde : cette expédition avait eu pour seul résultat d'accentuer son sentiment d'être exclu du monde réel, de passer au large de la vraie vie. Son don le condamnait à la solitude davantage que son infirmité. On ne recherche pas la complicité, et encore moins l'amour, d'un être qui lit dans l'esprit humain comme dans un livre ouvert. Seule Raïma la guérisseuse acceptait de partager son intimité parce que, comme lui, elle était née avec un don et une malédiction physique et que, contrairement aux autres, elle se fichait totalement de ce qu'on pensait d'elle.

Deux apprentis, un garçon et une fille se faufilèrent en souplesse dans la bouche de la gaine d'accès qui vomissait une colonne inclinée de lumière sale.

"Elle a un fichu goût de rouille mais elle est saine", reprit Helaïnn.

Les membres du groupe s'accroupirent à leur tour au bord de la cuve et goûtèrent l'eau avec circonspection, non qu'ils doutassent du jugement de l'ancienne, mais la hantise de l'empoisonnement avait développé en eux une prudence, une méfiance de tous les instants. Selon les anciens, qui eux-mêmes tenaient l'histoire de leurs propres anciens, les anguilles génétiquement modifiées avaient été introduites par les biologistes de la coalition IAA (indo-arabo-américaine) au cours de la troisième guerre mondiale. Déversant leur poison dans les fleuves, dans les rivières, dans les lacs, dans les étangs, dans les ruisseaux, dans les marais, elles avaient infecté la plupart des nappes phréatiques, des réserves artificielles, et avaient entraîné l'extinction de milliers d'espèces animales et végétales. La pollution n'avait épargné que les cuves étanches enterrées par les soldats de la ligne PMP (Paris-Moscou-Pékin) et disséminées sur un territoire qui s'étendait de la côte atlantique jusqu'à la mer de Chine. Les sourciers dénichaient de temps à autre une retenue naturelle d'une pureté inégalable, mais c'étaient ces citernes, initialement prévues pour le ravitaillement des armées pendant le conflit, qui couvraient l'essentiel des besoins du peuple aquariote et des autres peuples nomades.

"Bois."

La voix d'Helaïnn tira Solman de ses pensées. Elle s'était approchée en silence, les lèvres étirées en un sourire qui dévoilait ses dents supérieures, des stalactites jaunes, poreuses et tremblantes dans une cavité aux bords noirs et crevassés. Sous la broussaille grise de ses cheveux et sourcils, ses yeux ternes bâillaient comme des puits asséchés. Il prit le gobelet d'argent qu'elle lui tendait et but une gorgée d'eau dont la saveur à la fois acide et amère lui donna un début de nausée. Cependant, conscient que l'offrande de la première eau était une forme d'hommage - et une manière détournée de lui signifier que l'expérience ne se renouvellerait pas -, il s'astreignit à vider le gobelet jusqu'à la dernière goutte.

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J'ai regardé le Ministre de l'Education Nationale hier chez Ruquier...

3 Septembre 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

J'ai regardé le Ministre de l'Education Nationale hier chez Ruquier...

J'ai regardé le Ministre hier chez Ruquier...

Quelle pauvreté, aussi bien dans les questions que les réponses! On ne parle plus d'éducation... Avec Vincent  Peillon et Najat Vallaud-Belkacem (Benoit Hamon me pardonnera de ne le placer qu'entre parenthèses), on pouvait évidemment discuter telle ou telle mesure, mais il y avait un bouillonnement d'idées... Dans les salles des profs, nous parlions d'éducation, de pédagogie. Nous nous disputions sur les réseaux sociaux, parfois excessivement, souvent passionnément.

Aujourd'hui on n'a plus envie... 

Le Ministre fait des annonces décousues, sans "lien", ce lien cher à Edgar Morin... Tout semble tellement déconnecté du terrain. Tout semble tellement éloigné des véritables immenses enjeux de l'Ecole.

Il fait plaisir à quelques-uns. Se fait plaisir peut-être à lui-même avec les neurosciences qu'il croit pouvoir imposer. Je suis bien incapable, sans une formation longue et pointue, de pouvoir utiliser les travaux des neurosciences pour mettre les résultats de ces travaux au service de ma pédagogie et de mes élèves. Sans cette formation poussée, des catastrophes vont arriver, provoquées par des enseignants pleins de bonne volonté mais qui vont se tromper à leur corps défendant. On ne touche pas à ce qui à trait au cerveau d'un enfant sans l'assurance d'emprunter le bon chemin.

S'il suffit de distribuer des Fables dans trois académies, de faire croire qu'on ressuscite les options, de faire apprendre la Marseillaise quand la loi impose de l'enseigner, ce qui n'a rien à voir et ce qui est fait tout au long de la scolarité obligatoire, de saupoudrer ses interventions médiatiques de "scientisme" - "Organiser scientifiquement l'humanité" selon la définition de Renan - de revenir à la semaine aberrante et unique au monde de 4 jours, alors je pense sincèrement pouvoir être ministre de l'Education Nationale un jour. 

Mais dans de telles conditions, je n'en éprouverais aucun plaisir.

Christophe Chartreux

PS: Christine Angot, nouvelle chroniqueuse de l'émission On n'est pas couché, sans que le Ministre ni qui que ce soit sur le plateau ne corrigent, a affirmé que la chronologie n'était pas respectée en Histoire à l'Ecole.

C'est évidemment faux mais ce mensonge est désormais ancré.

Tragique!

Pour ceux que cela pourrait intéresser, voir ci-dessous

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Deux enseignants dans une même salle pour dédoubler les classes de CP, l’impossible rentrée...

3 Septembre 2017 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education, #Politique

Deux enseignants dans une même salle pour dédoubler les classes de CP, l’impossible rentrée...

EXTRAITS

RENTREE SCOLAIRE - Sur le papier, l'idée faisait rêver: une classe de 12 élèves où chacun pourrait recevoir le temps et l'attention dont il a besoin. Comme Emmanuel Macron l'avait promis pendant sa campagne, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a annoncé le 26 juin le dédoublement des classes de CP.

Le dispositif, qui ne concerne pour la rentrée de septembre 2017 que les établissements du réseau d'éducation prioritaire renforcée REP+, devrait également englober les REP l'année prochaine et s'étendre aux CE1 en 2019. Selon le ministère de l'Education nationale, cette mesure qui concerne 2500 classes a pour objectif 100% de réussite à la fin de l'année.

Cependant, dans 14% des cas, les locaux disponibles ne permettent pas de doubler le nombre de salles et les enseignants sont contraints de travailler côte à côte, avec 24 élèves dans une même pièce.

Un cas prévu par l'Education Nationale, mais qui, dans les faits, se révèle quasi impossible pour les enseignants. Dans un établissement REP+ de Vénissieux dans le Rhône, le dispositif pose de nombreuses contraintes.

L'une des six enseignant(e)s de CP est confrontée à cette situation. Contactée par Le HuffPost, elle se dit "très angoissée" par ce début d'année et avoue encore "tâtonner" pour préparer ses cours.

Perdus, les enseignants se posent encore beaucoup de questions

C'est l'organisation de toute l'école qui s'est retrouvée chamboulée. Pour appliquer le dispositif, celle-ci a dû fermer un CM1 pour avoir un enseignant de plus en CP. Malgré cet ajustement, il a été impossible de faire des classes de 12 élèves comme le voulait le ministre. Ils seront finalement 13 dans les 6 classes de CP.

(...)

La fin du dispositif "plus de maîtres que de classes"

Un constat alarmant partagé par Francette Popineau, secrétaire générale du syndicat enseignant SNUipp-FSU, qui regrette que les maîtres soient à nouveau livrés à eux-même: "C'est à eux de trouver leurs propres réponses". Syndicats et professeurs dénoncent une mise en application "précipitée et qui n'a pas été suffisamment budgétée."

Sans compter qu'un autre dispositif en pâtit fortement. "Plus de maîtres que de classes" a été créé par le précédent gouvernement en 2013. Il avait permis d'affecter dans les écoles un enseignant supplémentaire qui intervenait de façon ponctuelle sur tous les niveaux pour aider les autres professeurs. Et si Jean-Michel Blanquer avait promis que la mesure ne serait pas abandonnée, le ministre avait admis que l'Education nationale puiserait dans cette réserve de professeurs pour répondre aux besoins des classes deux fois plus nombreuses en CP.

Une décision qui met les enseignants et le SNUipp-FSU très en colère. "Ça fait trois ans que les enseignants cherchent, réajustent et avancent sur ce dispositif. Ils commençaient à en récolter les fruits auprès des élèves et là on le casse pour mettre un autre dispositif à la place", se désole Francette Popineau du syndicat.

Coline Vazquez

Article à lire entièrement en cliquant ci-dessous

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