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Vivement l'Ecole!

Finkielkraut: l'élitisme à contre-sens... Par Claude Lelièvre...

30 Août 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Finkielkraut: l'élitisme à contre-sens... Par Claude Lelièvre...

Dans le dernier NouvelObs, et en soutien à Blanquer, il prétend que «sous couleur de se démocratiser, l'école a subrepticement changé de finalité. Le but n'est plus, comme pour le plan Langevin-Wallon à la Libération, de promouvoir ''une élite véritable, non de naissance, mais de mérite'', en offrant à tous ''la possibilité d'accéder à la culture la plus développée'' ». Un contresens historique

D'abord, parce que les citations attribuées (négligemment ou machiavéliquement?) par Alain Finkielkraut au « Plan Langevin-Wallon » ne lui appartiennent pas du tout, mais figurent dans un texte qui lui est bien antérieur. Le 15 mars 1944, le Conseil national de la Résistance adopte un programme de gouvernement comprenant une grande réforme globale de l'enseignement à qui est assignée notamment l'objectif suivant :« La possibilité effective, pour les enfants français, de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance, mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires. »

Ensuite, parce que le plan Langevin-Wallon n'est pas du tout construit selon cette problématique-là, bien au contraire. C'est même là que le ''virage'' incriminé par Alain Finkielkraut a eu lieu (dans ce texte, sinon dans la réalité - loin s'en faut à cet égard). Il est d'ailleurs remarquable que le terme « élite » n'apparaît pas une seule fois dans le texte du « Plan Langevin-Wallon » (ni a fortiori l'expression bien plus récente d' « élitisme républicain »).

Henri Wallon s'en est expliqué très explicitement et très clairement dans sa célèbre conférence à Besançon du 23 mars 1946 :« Il y a deux façons de concevoir l’enseignement démocratique. Il y a d’abord une façon individualiste qui a prédominé dans la période d'entre les deux guerres : c’est poser que tout enfant, quelle que soit son origine sociale, doit pouvoir, s’il en a les mérites, arriver aux plus hautes situations […]. C’est en fait une conception qui reste individualiste en ce sens que, si les situations les plus belles sont données aux plus méritants, il n’y a pas, à tout prendre, une élévation sensible du niveau culturel pour la masse du pays. Aujourd’hui, nous envisageons la réforme démocratique de l’enseignement sous une forme beaucoup plus générale […]. Car même si c’est un enfant du peuple qui est passé au lycée et a pu accéder à l’enseignement supérieur, il entre dans une société qui n’est plus celle de ses origines. Il bénéficie de ses aptitudes intellectuelles et de son zèle au travail, mais en se déclassant, je veux dire en se déclassant vers le haut. Il y a, par conséquent, une sorte d’écrémage progressif, continu, des classes populaires, qui donnent leurs meilleurs sujets pour occuper les situations les plus élevées, les plus rémunératrices ou seulement les plus propres à rendre fiers ceux qui les occupent. La conception démocratique de l’enseignement qui envisage une élévation totale de la nation quelle que soit la situation occupée, ou plutôt quel que soit le travail et quelles que soient les fonctions qu’auront à accomplir tous les individus de la société, exige – elle - que, selon ses aptitudes, chacun ait accès à la culture la plus élevée ».

En définitive, selon le plan Langevin-Wallon, « l’enseignement doit offrir à tous d’égales possibilités de développement, ouvrir à tous l’accès à la culture, se démocratiser moins par une sélection qui éloigne du peuple les plus doués que par une élévation continue du niveau culturel de l’ensemble de la nation »

L'intellectuel approximatif Alain Finkielkraut et le nouveau ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer apparaissent en l'occurrence comme des hommes d'avant-guerre ; mais nullement comme des hommes de la Libération, des ambitions et des espérances du « Plan Langevin-Wallon » . On ne leur fera cependant pas l'injure, en dépit des risques de dérives rétroactives qui les menacent, de voir dans leurs déclarations des échos affaiblis d'Abel Bonnard (le dernier ministre de l'Education nationale du régime de Vichy) qui stigmatisait dès 1941, dans le journal de triste mémoire « Je suis partout », « l'égalité fallacieuse » qui n'est que « la haine de toute supériorité »

PS : le vendredi 15 septembre aura lieu une journée d'étude : « Le Plan Langevin-Wallon. 70 ans », de 10 heures à 15 heures à « l'Ecole supérieure de physique et de chimie industrielle de la Ville de Paris » (10, rue Vauquelin, 75005, Paris). Elle est organisée par l' « Association des descendants et amis d'Henri Wallon », qui m'a par ailleurs invité à participer à la première table ronde de l'après-midi.

Claude Lelièvre

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Blanquer invente une nouvelle matière scolaire: le respect...

30 Août 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

Blanquer invente une nouvelle matière scolaire: le respect...

C'est officiel : l'activisme débridé de Blanquer a trouvé un nouveau terrain de prédilection. A la rentrée, les élèves de CP devront travailler une nouvelle «matière fondamentale»: le respect, avec obligation de «100 % de réussite».

Redoublement, promotion des « bonnes vieilles méthodes », abrogation de la réforme du collège, évaluation frénétique des élèves, surveillance accrue des enseignants par les chefs d’établissement (ce que le ministre appelle l’ « autonomie des établissements »), internats ruraux, Fables de La Fontaine comme lectures obligatoires de vacances etc : l’imagination de Blanquer est sans limites, entretenue par la complicité malsaine de médias dans l’attente d’ « annonces » sans cesse renouvelées, propres à remplir la séquence rentrée des journaux. L’une d’entre elles, toutefois, n’a pas retenu l’attention qu’elle mérite : l’élévation du « respect » à la dignité de « savoir fondamental ». Aux traditionnels objectifs fixés à la classe de CP – maîtrise de la lecture, de l’écriture, du calcul – Blanquer en a effectivement rajouté un quatrième : « respecter autrui », avec comme objectif « 100 % de réussite ». C’est une révolution : à la fin du CP, tous les élèves sauront moucher leur nez et dire bonjour à la dame. Et pour arriver à ce but, le ministère en fait même une priorité du plan de formation 2017-2018.

Cette pitrerie administrative peut se comprendre de diverses façons : saturer le terrain médiatique, certes, amuser la galerie, détourner l’attention avec un mot – le respect - dont on peut toujours espérer que le halo éblouissant atteindra le ministre ; un ministre qui confirme qu’à défaut d’être un spécialiste des méthodes de lecture il est d’abord un grand communicant. Accessoirement, comme il semble s’en faire une ligne de conduite, c’est aussi l’occasion pour lui de remettre en cause le travail quotidien des enseignants du primaire, accusés à demi-mots – c’est la lecture qu’en fera le grand public – de ne pas se préoccuper suffisamment de l’acquisition des règles de vie par les élèves. Une accusation après tout moins délirante, quoiqu’appartenant au même registre, que celle portée en janvier 2015 par un ancien chef de gouvernement et reprise en chœur par la classe politique quasi unanime, par une large partie de l’opinion également qui voyait dans les attentats terroristes le signe de la « faillite de l’école » : « à l’école – déclarait Valls – on a laissé passer trop de choses. »  C’est entendu : l’enfer, c’est toujours les autres et les autres, ce sont souvent les enfants ou les élèves.

(...)

B Girard

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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Cette école ou "Egalité" et "Pédagogie" n'étaient pas insultées... Bonne rentrée...

28 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Pédagogie

C'est la fin des vacances scolaires...

Ou presque...

J'espère vous avoir accompagnés en vous apportant quelques outils de réflexion et d'autres de plaisir.

J'espère aussi vous avoir provoqués, offusqués, mis en colère...

Rien de plus ennuyeux que les consensus permanents...

Comme tous les collègues, je vais retrouver les élèves avec bonheur. Hélas, je crains pour l'Ecole qu'on nous prépare.

Si c'est celle des évaluations permanentes, des critères à respecter pour être dans les "bonnes" cases, alors ce ne sera plus "mon" Ecole... Cette école, non du passé mythifié, mais qui se projetait dans l'avenir. Cette école ou "Egalité" et "Pédagogie" n'étaient pas insultées...

Hier nous parlions interdisciplinarité, seconde langue vivante pour tous, "Plus de maîtres que de classes", création de postes...

Aujourd'hui nous parlons d'autre chose mais certainement pas d'école... Nos dirigeants actuels sont bien trop politiciens pour être raisonnables...

Dans deux ans, je partirai... J'ai l'impression désagréable de l'être déjà un peu...

Heureusement, les élèves sont là pour me "secouer"!

Vive l'Ecole!

Christophe Chartreux

PS: le blog reprendra sa route mercredi...

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Jane Birkin...

28 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jules Verne...

28 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Jules Verne...
CHAPITRE XVIII - LES POULPES.

Pendant quelques jours, le Nautilus s’écarta constamment de la côte américaine. Il ne voulait pas, évidemment, fréquenter les flots du golfe du Mexique ou de la mer des Antilles. Cependant, l’eau n’eût pas manqué sous sa quille, puisque la profondeur moyenne de ces mers est de dix-huit cents mètres ; mais, probablement ces parages, semés d’îles et sillonnés de steamers, ne convenaient pas au capitaine Nemo.

Le 16 avril, nous eûmes connaissance de la Martinique et de la Guadeloupe, à une distance de trente milles environ. J’aperçus un instant leurs pitons élevés.

Le Canadien, qui comptait mettre ses projets à exécution dans le golfe, soit en gagnant une terre, soit en accostant un des nombreux bateaux qui font le cabotage d’une île à l’autre, fut très-décontenancé. La fuite eût été très praticable si Ned Land fût parvenu a s’emparer du canot à l’insu du capitaine. Mais en plein Océan, il ne fallait plus y songer.

Le Canadien, Conseil et moi, nous eûmes une assez longue conversation à ce sujet. Depuis six mois nous étions prisonniers à bord du Nautilus. Nous avions fait dix-sept mille lieues, et, comme le disait Ned Land, il n’y avait pas de raison pour que cela finît. Il me fit donc une proposition à laquelle je ne m’attendais pas. Ce fut de poser catégoriquement cette question au capitaine Nemo : Le capitaine comptait-il nous garder indéfiniment à son bord ?

Une semblable démarche me répugnait. Suivant moi, elle ne pouvait aboutir. Il ne fallait rien espérer du commandant du Nautilus, mais tout de nous seuls. D’ailleurs, depuis quelque temps, cet homme devenait plus sombre, plus retiré, moins sociable. Il paraissait m’éviter. Je ne le rencontrais qu’à de rares intervalles. Autrefois, il se plaisait à m’expliquer les merveilles sous-marines ; maintenant il m’abandonnait à mes études et ne venait plus au salon.

Quel changement s’était opéré en lui ? Pour quelle cause ? Je n’avais rien à me reprocher. Peut-être notre présence à bord lui pesait-elle ? Cependant, je ne devais pas espérer qu’il fût homme à nous rendre la liberté.

Je priai donc Ned de me laisser réfléchir avant d’agir. Si cette démarche n’obtenait aucun résultat, elle pouvait raviver ses soupçons, rendre notre situation pénible et nuire aux projets du Canadien. J’ajouterai que je ne pouvais en aucune façon arguer de notre santé. Si l’on excepte la rude épreuve de la banquise du pôle sud, nous ne nous étions jamais mieux portés, ni Ned, ni Conseil, ni moi. Cette nourriture saine, cette atmosphère salubre, cette régularité d’existence, cette uniformité de température, ne donnaient pas prise aux maladies, et pour un homme auquel les souvenirs de la terre ne laissaient aucun regret, pour un capitaine Nemo, qui est chez lui, qui va où il veut, qui par des voies mystérieuses pour les autres, non pour lui-même, marche à son but, je comprenais une telle existence. Mais nous, nous n’avions pas rompu avec l’humanité. Pour mon compte, je ne voulais pas ensevelir avec moi mes études si curieuses et si nouvelles. J’avais maintenant le droit d’écrire le vrai livre de la mer, et ce livre, je voulais que, plus tôt que plus tard, il pût voir le jour.

Là encore, dans ces eaux des Antilles, à dix mètres au-dessous de la surface des flots, par les panneaux ouverts, que de produits intéressants j’eus à signaler sur mes notes quotidiennes ! C’étaient, entre autres zoophytes, des galères connues sous le nom de physalies-pélagiques, sortes de grosses vessies oblongues, à reflets nacrés, tendant leur membrane au vent et laissant flotter leurs tentacules bleues comme des fils de soie ; charmantes méduses à l’œil, véritables orties au toucher qui distillent un liquide corrosif. C’étaient, parmi les articulés, des annélides longs d’un mètre et demi, armés d’une trompe rose et pourvus de dix-sept cents organes locomoteurs, qui serpentaient sous les eaux et jetaient en passant toutes les lueurs du spectre solaire. C’étaient, dans l’embranchement des poissons, des raies-molubars, énormes cartilagineux longs de dix pieds et pesant six cents livres, la nageoire pectorale triangulaire, le milieu du dos un peu bombé, les yeux fixés aux extrémités de la face antérieure de la tête, et qui, flottant comme une épave de navire, s’appliquaient parfois comme un opaque volet sur notre vitre. C’étaient des balistes américains pour lesquels la nature n’a broyé que du blanc et du noir, des gobies plumiers, allongés et charnus, aux nageoires jaunes, à la mâchoire proéminente, des scombres de seize décimètres, à dents courtes et aiguës, couverts de petites écailles, appartenant à l’espèce des albicores. Puis, par nuées, apparaissent des surmulets, corsetés de raies d’or de la tête à la queue, agitant leurs resplendissantes nageoires ; véritables chefs-d’œuvre de bijouterie consacrés autrefois à Diane, particulièrement recherchés des riches Romains, et dont le proverbe disait : « Ne les mange pas qui les prend ! » Enfin, des pomacanthes-dorés, ornés de bandelettes émeraude, habillés de velours et de soie, passaient devant nos yeux comme des seigneurs de Véronèse ; des spares-éperonnés se dérobaient sous leur rapide nageoire thoracine ; des clupanodons de quinze pouces s’enveloppaient de leurs lueurs phosphorescentes ; des muges battaient la mer de leur grosse queue charnue ; des corégones rouges semblaient faucher les flots avec leur pectorale tranchante, et des sélènes argentées, dignes de leur nom, se levaient sur l’horizon des eaux comme autant de lunes aux reflets blanchâtres.

Que d’autres échantillons merveilleux et nouveaux j’eusse encore observés, si le Nautilus ne se fût peu à peu abaissé vers les couches profondes ! Ses plans inclinés l’entraînèrent jusqu’à des fonds de deux mille et trois mille cinq cents mètres. Alors la vie animale n’était plus représentée que par des encrines, des étoiles de mer, de charmantes pentacrines tête de méduse, dont la tige droite supportait un petit calice, des troques, des quenottes sanglantes et des fissurelles, mollusques littoraux de grande espèce.

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Oui, le niveau baisse!...

28 Août 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Politique

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La piètre prestation du Premier ministre dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur RMC révèle un amateurisme qui touche toute la classe politique.

C’est donc la rentrée, et la rentrée est «à hauts risques», soulignent (comme chaque rentrée) les manchettes de presse. L’heure étant décisive, Edouard Philippe, Premier ministre de la France, est descendu dans l’arène face à Jean-Jacques Bourdin, sur RMC. Pour résumer les données de «l’équation gouvernementale», les mêmes depuis trois ou quatre quinquennats, il s’agit pour le gouvernement français de montrer à Bruxelles et à l’Allemagne que l’on «serre les boulons», et que l’on va «enfin faire les réformes», tout en assurant aux futurs pressurés qu’ils ne vont pas (trop) souffrir. Chacun dans son coin du ring, les deux boxeurs connaissent les règles de la partie. On va parler chiffres. Et plus particulièrement, pouvoir d’achat. «Je sais que vous aimez les chiffres, monsieur Bourdin.»

Et commence la dégelée. Les pensions d’invalidité vont-elles augmenter ? «Alors pour les pensions d’invalidité… S’agissant des pensions… Je vous ai dit que euh, les pensions… euh, si vous m’autorisez à vérifier ça pendant la pause, je vous réponds après la pause.» Bourdin, magnanime : «Il y a tellement de chiffres, remarquez !» Philippe, tentant de retourner la situation : «J’avoue bien humblement que parfois ils peuvent m’échapper.» «Question corollaire, est-ce que les pensions de retraite vont augmenter le 1er octobre ?»«Il y aura… euh… un processus de revalorisation des pensions de retraite, euh…» «…le 1er octobre ?» «Je ne sais pas si c’est le 1er octobre ou le 1er janvier. Je vais revenir vers vous.» Bourdin : «Théoriquement, c’est le 1er octobre.»«Alors ce sera le 1er octobre.» «Du montant de l’inflation ?» «Ça, on verra. Je ne peux pas vous dire.» Et, tentant de confirmer sa contre-offensive : «Je n’ai aucune feuille devant moi. Je n’ai pas tous les chiffres en tête. Je ne suis pas un surhomme. Moi, je suis un gars sérieux. J’essaie de faire les choses sérieusement. Quand je sais, je dis. Quand je sais pas, je dis pas.» Passons à la prime d’activité. «Elle va augmenter ?» «Elle va augmenter. Le président de la République s’y est engagé.» «De combien ?» «Vous verrez ça au moment du budget.» «Et le minimum vieillesse ?» «Euh…[regard prim-ministériel paniqué vers la coulisse]… il augmentera également.» «En 2018 ?» Regard au ciel : «A partir de… Allez, encore une fois vous me laissez vérifier pour ne pas vous dire d’inexactitude.» C’est un massacre.

Le comble étant atteint par une erreur de l’invité sur la réforme de la taxe d’habitation : «30 % des Français, je pense, vont bénéficier de cette mesure», assure Edouard Philippe. Avant que les services de Matignon ne rectifient dès la fin de l’émission auprès des agences de presse : en fait, «la taxe d’habitation baissera de 30 % l’an prochain pour 17 millions des foyers» (ce qui devrait représenter 80 % des foyers qui l’acquittent). Et ce massacre est une manne. Si la presse traditionnelle se contente de quelques formules atténuatrices («rentrée en demi-teinte», «rentrée hésitante» du Premier ministre), les chasseurs de buzz (Le Huffington Post, le média en ligne Brut, le site de RMC lui-même) s’empressent de réunir les manifestations d’incompétence de Philippe en montages vidéos jubilatoires et accablants. Et de fait, une grande partie du public n’aura connaissance de l’émission qu’à travers ces montages. Les citoyens atteignant un certain âge peuvent parfois se demander comment, en quelques décennies, on est passé d’une classe politique nationale apparemment lettrée et compétente (Mitterrand, Rocard, Barre, Balladur, etc.), en tout cas drapée dans sa dignité et sa compétence, à la collection d’amateurs qui occupent la scène aujourd’hui, de Philippe séchant sur les mesures phares du gouvernement, à Marine Le Pen bafouillant lors du débat de second tour sur les modalités de la sortie de l’euro, en passant par François Hollande piégé comme un bleu par le duo Davet-Lhomme* (l’amateurisme attesté et revendiqué des nouveaux députés LREM étant considéré comme un cas à part). Le niveau a-t-il si drastiquement baissé en vingt-cinq ans ? Ou bien, pris dans l’essoreuse des médias en ligne, des méta-médias, de la dérision omniprésente, de l’info continue qui tympanise chaque bourde, des montages et des buzz, les dirigeants politiques se révèlent-ils simplement comme on aurait toujours dû les voir ? Question ouverte.

Daniel Schneidermann    

* "Piégé"... Cela pourrait être débattu longuement... Qui a piégé qui?...

Note du webmaster         

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Rentrée 2017 : le casse-tête du dédoublement des classes de CP en secteur défavorisé...

27 Août 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

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La réforme, applicable à la rentrée scolaire pour les écoles des quartiers les plus défavorisés, inquiète le Snuipp-FSU. Le premier syndicat des enseignants du primaire s’appuie sur l’exemple de Vaulx-en-Velin, près de Lyon.

La rentrée scolaire, le 4 septembre, sera marquée par une mesure phare de la promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le dédoublement des classes de CP dans les quartiers les plus défavorisés (REP+). La mise en œuvre de cette mesure, appelée à s'étendre, suscite des critiques de la part du premier syndicat enseignant, le Snuipp-FSU, exemple à l'appui dans le Rhône.

Une année "sous le sceau de l'urgence"

Le co-secrétaire Snuipp-FSU du Rhône et instituteur à Vaulx-en-Velin, Benjamin Grandener estime que l'application des CP dédoublés relève de l'improvisation. Dans cette ville proche de Lyon, l’une des plus pauvres de l’agglomération, la mairie a dû créer quelque 32 classes en quelques semaines, pour limiter les effectifs à 12 élèves. 

À certains endroits, la mairie a réhabilité des salles qui n’étaient pas destinées à l’enseignement. À d’autres endroits, elle a installé de véritables cloisons.

Benjamin Grandener, enseignant à Vaulx-en-Velin et représentant du Snuipp

Toutes les classes de CP ne seront pas logées à la même enseigne, précise le responsable syndical : "Des équipes ont fait le choix de faire classe à 24 élèves avec deux enseignants". Il redoute une année scolaire, placée "sous le sceau de l'urgence".

Des inquiétudes sur la finalité de la réforme

L'heure est aux préparatifs dans les écoles. Ici, on pousse les meubles. Là, on réquisitionne la salle réservée aux activités périscolaires. Certaines classes n’ont pas encore de bureaux, ni de livres dans la bibliothèque. Mais pour Benjamin Grandener, le plus grave n'est pas forcément lié aux contraintes matérielles. "C’est la fin d’un dispositif auquel on tenait énormément, celui des maîtres supplémentaires, présents dans les écoles de REP+, les secteurs de l’éducation prioritaire renforcée. Ce dispositif est supprimé pour financer les CP à 12 élèves."

Par ailleurs, le secrétaire du Snuipp dénonce une simple redistribution des moyens, sans véritable création de postes. Benjamin Grandener est pourtant favorable à une baisse des effectifs dans les classes. "On apprend mieux quand il y a moins d’élèves, mais pourquoi que le CP ? Si 100% de réussite en CP signifie 20% de réussite en CM2, ce n’est vraiment pas juste pour nos élèves", déclare-t-il. Le Snuipp- FSU du Rhône a lancé un appel à la grève pour le 4 septembre, en raison notamment de "la mise en place calamiteuse" des CP à 12 élèves dans le département. 

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Alain Bashung... La nuit je mens... Bashung et autres...

27 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... La Prisonnière...

27 Août 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Sa vie m'était soumise, exhalait vers moi son léger souffle.

J'écoutais cette murmurante émanation mystérieuse, douce comme un zéphir marin, féerique comme ce clair de lune, qu'était son sommeil. Tant qu'il persistait, je pouvais rêver à elle, et pourtant la regarder, et quand ce sommeil devenait plus profond, la toucher, l'embrasser. Ce que j'éprouvais alors, c'était un amour devant quelque chose d'aussi pur, d'aussi immatériel dans sa sensibilité, d'aussi mystérieux que si j'avais été devant les créatures inanimées que sont les beautés de la nature. Et, en effet, dès qu'elle dormait un peu profondément, elle cessait seulement d'être la plante qu'elle avait été ; son sommeil, au bord duquel je rêvais, avec une fraîche volupté dont je ne me fusse jamais lassé et que j'eusse pu goûter indéfiniment, c'était pour moi tout un paysage. Son sommeil mettait à mes côtés quelque chose d'aussi calme, d'aussi sensuellement délicieux que ces nuits de pleine lune dans la baie de Balbec devenue douce comme un lac, où les branches bougent à peine, où, étendu sur le sable, l'on écouterait sans fin se briser le reflux.

En entrant dans la chambre, j'étais resté debout sur le seuil, n'osant pas faire de bruit, et je n'en entendais pas d'autre que celui de son haleine venant expirer sur ses lèvres, à intervalles intermittents et réguliers, comme un reflux, mais plus assoupi et plus doux. Et au moment où mon oreille recueillait ce bruit divin, il me semblait que c'était, condensée en lui, toute la personne, toute la vie de la charmante captive, étendue là sous mes yeux. Des voitures passaient bruyamment dans la rue, son front restait aussi immobile, aussi pur, son souffle aussi léger, réduit à la simple expiration de l'air nécessaire. Puis, voyant que son sommeil ne serait pas troublé, je m'avançais prudemment, je m'asseyais sur la chaise qui était à côté du lit, puis sur le lit même.

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A l'école d'Emmanuel Macron... Ou comment "Agir pour l'école" tente d' imposer sa "pédagogie"...

27 Août 2017 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education, #Politique, #Lecture

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A Calais, l’école primaire telle que la conçoivent le président Emmanuel Macron, et le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer, existe déjà. Voyage au coeur d’une «expérimentation » destinée à devenir un modèle pour d’autres.

Les tablettes, c'était trop bien ! » lance Sam. « C'était comme un jeu », ajoute Kalvyn. 

Et pourtant, ces élèves de CP sont bien en train d'apprendre, observe Christophe Gomes,directeur adjoint d'Agir pour l'école. C'est donc que le pari est gagné. » « L'ambition » de cette association est de « trouver des solutions contre l'échec et les inégalités scolaires ». Elle a été créée en 2010 par l'Institut Montaigne, un think tank libéral... qui inspire Emmanuel Macron.

Nous sommes à l'école élémentaire Oran-Constantine de Calais. Dans ce quartier de béton gris du Fort-Nieulay, décrit par les travailleurs sociaux comme « l'un des plus pauvres de France », vivent environ 7.000 personnes. Devant l'école se dressent des tours très dégradées datant du milieu des années 1960. « Ici, on est chômeur de génération en génération, témoigne un acteur très impliqué dans la vie locale. Les familles, souvent nombreuses, souvent monoparentales, vivent avec trois francs six sous, de système D et de petits trafics qui relèvent plus d'une stratégie de survie que de la délinquance. »

L'école, classée en éducation prioritaire renforcée (REP +), accueille quatre classes de CP. Elle est depuis six ans l'un des terrains de prédilection d'Agir pour l'école... dont le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, était encore il y a peu membre du comité directeur. L'association y pratique une méthode inspirée du programme « PARLER », objet, en 2013, d'un rapport très critique de l'Inspection générale de l'Education nationale, considérant que « les classes ne sont pas des laboratoires [et que] les élèves ne peuvent être réduits à un statut de cobayes ». Elle a investi 10 millions d'euros, issus de soutiens publics (Investissements d'avenir, Fonds d'expérimentation pour la jeunesse, projets de La France s'engage) et surtout privés (fondations Bettencourt, HSBC, entreprises Dassault, AXA ou encore Eurazeo). « Calais est notre territoire le plus ancien et le plus intéressant », confie Christophe Gomes.

Ici, les élèves apprennent à lire à partir d'une méthode développée aux Etats-Unis il y a vingt ans et enrichie des apports des neuro sciences. Celles-ci s'appuient sur ce que l'on connaît du fonctionnement du cerveau pour mettre au point des méthodes d'apprentissage, ce qui fait bondir certains syndicats. En plongeant au coeur de l'école Oran-Constantine, on comprend cette « forme de nouvelle étape pédagogique » que le ministre appelle de ses voeux, pour s'attaquer à « la racine » du mal en matière d'échec scolaire.

(...)

Marie-Christine Corbier - Les Echos

Suite et fin à lire ci-dessous

http://www.agirpourlecole.org/wp-content/uploads/2017/07/Les-Echos_20170704_A-l%E2%80%99e%CC%81cole-d%E2%80%99Emmanuel-Macron.pdf

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On pourra lire aussi avec intérêt l'évaluation de cette "méthode" -  Rapport de l'Inspection Générale

http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/31/1/2012-129_254311.pdf

Ainsi que le billet ci-dessous

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