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Vivement l'Ecole!

Vacances scolaires : le syndicat enseignant de l'UNSA pointe un timing "étrange"...

25 Juillet 2017 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Education

Vacances scolaires : le syndicat enseignant de l'UNSA pointe un timing "étrange"...

INTERVIEW

Le syndicat des enseignants de l'UNSA juge "curieux" d'ouvrir la question de la réduction des vacances scolaires peu après le retour de la semaine de 4 jours de classe par semaine au primaire.

Alors que le ministre de l’Éducation nationale veut ouvrir un débat sur la durée des vacances scolaires, en vue de les réduire, le syndicat des enseignants de l’UNSA pointe un timing "étrange". "Je trouve assez curieux d’ouvrir la question des vacances scolaires et du nombre de jours de classe dans l’année aux élèves du primaire quand on vient de permettre aux communes de supprimer 36 mercredis matins" dans l’année, a relevé Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-UNSA, sur Europe 1 dimanche. Le gouvernement a en effet acté mi-juillet la possibilité pour les communes de revenir à la semaine de 4 jours de classe par semaine au primaire.

"Réaliser les apprentissages de façon régulière". "La question (des vacances scolaires, ndlr) est celle du nombre du jours de classe donnés aux élèves pour que les élèves puissent réaliser leurs apprentissages de façon régulière", note encore Stéphane Crochet, en expliquant : "Du coup, avoir permis à chacun de choisir s’il y aura 144 ou 180 jours de classe dans l’année et dans le même temps, ouvrir un débat sur les vacances scolaires - qui est un grand serpent de mer puisqu’il s’agit aussi d’harmoniser les vacances entre le primaire, le collège et le lycée et permettre aux familles de prendre leurs vacances ensemble -, c’est assez étrange d’ouvrir ce nouveau chantier."

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Quand le Ministre de l'Education Nationale se fourvoie gravement...

24 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Quand le Ministre de l'Education Nationale se fourvoie gravement...

Lire le JDD dimanche fut, pour moi comme pour de très nombreux enseignants/collègues, à la fois une curiosité, une série de "chocs" et un sourire.

Jean-Michel Blanquer répondait aux questions des journalistes pour évoquer, affirmait le titre, tout ce qui allait changer dans l'école à la rentrée 2017.

Rien de très nouveau à ce sujet puisque les annonces passées n'étaient que confirmées:

- division par deux des CP en REP+;

- "retour" (je tiens aux guillemets) de l'enseignement du latin/grec et des classes bilangues;

- la création du "devoirs faits" permettant aux élèves volontaires de faire leurs devoirs avant de rentrer chez eux;

- création d' "internats ruraux";

- utilisation du redoublement;

- la liberté laissée aux communes et écoles primaires de revenir à la semaine de 4 jours;

- une réflexion sur les vacances;

Et, comme le rappelle le JDD:

  • Face aux errements du système admission post-bac, le ministre promet une politique d'orientation profondément revisitée dès le début du lycée et une concertation dès l'automne sur le baccalauréat. 
  • La prime de 3.000 euros pour les professeurs allant exercer en REP+ (quartiers défavorisés) verra ses modalités définies "au cours du quinquennat".
  • Jean-Michel Blanquer veut relancer une politique volontariste des internats à la rentrée 2018, pour passer de "l'internat prison" à "l'internat liberté".
  • Les EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) resteront l'objet d'une épreuve au brevet, mais avec une modulation possible des thématiques pour les établissements.

Autant d'annonces dont la traduction sur le terrain sera pour partie TRES difficile.

Je pense par exemple:

-  à la division des CP en REP+ - quels locaux? Quels personnels? A-t-on la certitude d'une quelconque efficacité de la mesure une fois ces CP passés dans des CE1 à 25 ou plus? 

- à la prime de 3000 euros pour les professeurs allant exercer en REP+ - primes qui "verra ses modalités définies au cours du quinquennat". Que de flou!

- au système "devoirs faits" dont personne ne sait par qui seront encadrés les élèves: faire des devoirs, apprendre ses leçons sont des actes pédagogiques qui ne peuvent être remplacés par une simple surveillance.

Mais les lecteurs eurent aussi droit à ces quelques déclarations qui tonnent comme autant de messages:

"L’ennemi du service public, c’est l’égalitarisme";

"Najat Vallaud-Belkacem, ce fut quand même une catastrophe";

Le ministre veut restaurer les cours de latin et de grec "chaque fois que c'est possible", ce qui est selon lui "un enjeu de civilisation";

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale";

Reprenons, point par point:

"L’ennemi du service public, c’est l’égalitarisme";

Le mot est une fois de plus lâché. "Egalitarisme". Un terme qui appartient au corpus des droites les plus traditionnalistes. Il faut se méfier des mots en "isme". Surtout lorsqu'un Ministre s'en sert pour accabler et dénaturer l'égalité. Car c'est bien de cela dont il s'agit.

L' "égalitarisme" est le terme trouvé par la droite, historiquement,  lui ayant permis de toujours justifier les injustices et inégalités à venir. "Donnons plus à ceux qui ont déjà plus. L' égalitarisme ne passera pas!".

Des mots d'ordre entendus chez SOS Education et dans les collectifs Racine, bras armé du Front National en matière de politique éducative.

Tristesse!

"Najat Vallaud-Belkacem, ce fut quand même une catastrophe"

Au détour de l'entretien, nous dit le JDD, Jean-Michel Blanquer glisse donc ce "tacle" à l'encontre de la Ministre qui l'a précédé. Ce n'est là que son point de vue, une prise de position idéologique fondée sur aucune étude, aucune évaluation, aucun recul lorsqu'on sait - lui le premier - qu'une réforme en matière d'éducation ne peut porter de fruits qu'après une période de cinq années minimum.

Non, le travail de Najat Vallaud-Belkacem (comme des deux autres ministres de l'éducation du quinquennat de François Hollande), n'a pas été une "catastrophe". Bien au contraire!

Certaines décisions auraient pu être prises plus tôt ou plus tard? Certaines autres auraient pu être plus ou mieux expliquées? Peut-être.

Mais au moins, avec elle, parlait-on d'EDUCATION!

Mais au moins avec elle s'est-on ENFIN penché sur le sort des plus faibles! 

Mais au moins avec elle y avait-il un réel intérêt pour les enseignants et les élèves!

Mais au moins avec elle, les inégalités étaient-elles les véritables ennemies!

(Lire à ce sujet le billet de Claude Lelievre dans Médiapart/Voir lien en bas de page)

Je n'ai pas aperçu, dans l'entretien au JDD, une ligne où il soit question d'EDUCATION. On y fait de la petite politique, on y manie un discours idéologique et l'on semble oublier que si catastrophe il y a, elle est à venir et, pire encore, a DEJA eu lieu entre 2007 et 2012, sous la présidence de Monsieur Sarkozy:

- 80 000 postes supprimés;

- mort de la formation initiale ("Prof, ce métier qui ne s'apprend pas");

- semaine de 4 jours en primaire;

Et j'en passe.

Le Directeur Général de l'Enseignement Scolaire qui mit en musique, avec zèle, cette politique de casse de l'école s'appelait... Jean-Michel Blanquer.

Pas Najat Vallaud-Belkacem!

Le ministre veut restaurer les cours de latin et de grec "chaque fois que c'est possible", ce qui est selon lui "un enjeu de civilisation".

Le "retour" de l'enseignement du latin/grec (qui n'a pas disparu. Il suffit pour cela de se rendre sur le terrain) est donc placé par le Ministre sous le signe d'un "enjeu de civilisation". Et il ajoute:

"Nous ne venons pas de nulle part. Nos racines sont gréco-latines".

Je ne vais pas ici, par manque de place et de temps, mais aussi je l'avoue, par immense lassitude, revenir trop lourdement sur ces affirmations. Elles sont tout simplement fausses, historiquement. Fausses par l'emploi du "Nos". J'imagine mes collègues et moi-même affirmant "nos" racines gréco-latines devant des classes composées d'élèves très surpris de l'apprendre car absolument pas "gréco-latins".

Quant à l'utilisation du mot "civilisation", il illustre lui aussi, comme l' "égalitarisme", l'idéologie véhiculée par les officines de droite et d'extrême droite, dont "Sens Commun" entre autres. D'après Jean-Michel Blanquer, hors le latin-grec, "preuve" irréfutable de civilisation - concept TRES large et affirmation discutable - hors ces racines-là, il n'y aurait que le "nulle part".

C'est tout simplement gravissime!

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale"

Cette dernière affirmation pourrait sembler anecdotique, voire ridicule et appartenant au registre de Gala et de la presse people en général.

Sauf qu'elle est tenue dans un média connu par un Ministre de la République.

Brigitte Macron n'est ici absolument pas en cause. Je la suppose d'ailleurs davantage gênée que flattée par la sortie étonnante de Monsieur Blanquer.

Que nous dit la phrase du ministre? Rien au sujet de la personne citée. Beaucoup au sujet de ce qu'elle incarne dans l'esprit du locataire de la Rue de Grenelle.

Madame Macron a été enseignante, sans doute excellente - je n'en sais strictement rien - et a accompli toute sa carrière dans l'enseignement privé. Ce qui, en soi, n'a rien d'un crime.

Mais Madame Macron est aujourd'hui "première dame" et Monsieur Blanquer est aujourd'hui Ministre de l'Education Nationale. La parole de ce dernier n'est pas, n'est jamais neutre. Si le Ministre choisit de citer en exemple la "première dame" et d'en faire un "exemple" pour tous les enseignants de France, il va falloir que cette désignation soit motivée. En quoi Madame Macron est-elle cet "exemple"?

J'attends avec impatience - car il serait criminel de nous priver des compétences supposées d'une telle enseignante désignée comme "exemplaire" - les conférences pédagogiques que le Ministre ne manquera pas d'organiser et au cours desquelles les enseignants en exercice pourront bénéficier des "leçons" que Madame Macron viendra dispenser pour le bien de tous les élèves de France, de Navarre et du lointain...

Christophe Chartreux

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Coup de coeur... La Fontaine...

23 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Education

Coup de coeur... La Fontaine...

"Je perçois Brigitte Macron comme la prof idéale"

Jean-Michel Blanquer, Ministre de l'Education Nationale, JDD 23/07/2017

                              _________________________________________

LE CORBEAU ET LE RENARD

       Maître Corbeau, sur un arbre perché,
           Tenait en son bec un fromage.
       Maître Renard, par l'odeur alléché,
           Lui tint à peu près ce langage :
       Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
    Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
           Sans mentir, si votre ramage
           Se rapporte à votre plumage,
     Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
           Et pour montrer sa belle voix,
   Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
   Le Renard s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
              Apprenez que tout flatteur
     Vit aux dépens de celui qui l'écoute.

   Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
           Le Corbeau honteux et confus
   Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

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M. Macron, est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous ?... Par Laurent Cantet...

23 Juillet 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Politique, #Refugies

M. Macron, est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous ?... Par Laurent Cantet...

« Est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous au second tour des élections présidentielles ? » Dans cette lettre ouverte à Emmanuel Macron, le cinéaste Laurent Cantet fait part de son « profond écœurement » sur le sort fait aux migrants, après une tentative de suicide en rétention.

Monsieur le Président,

Après avoir tenté de m'adresser à vous par des voies officielles, j'ai pris la décision de vous adresser cette lettre ouverte qui, je l'espère, sera plus efficace que mes tentatives plus discrètes.

Le 14 juillet, le jour où, au côté de Monsieur et Madame Trump, vous commémoriez la prise de La Bastille et l'avènement d'un monde plus juste, l'avant-veille veille du jour où, au côté de Monsieur Netanyahou, vous rendiez hommage aux victimes du Vel d’hiv, affirmant que Vichy était bien la France et reconnaissant la responsabilité de la nation dans la rafle, Madame Cao, une jeune femme d'origine chinoise, mère d'une fillette de 10 ans scolarisée en France et enceinte de 4 mois, était conduite à l'aéroport pour être expulsée vers la Chine qu'elle avait quitté il y a deux ans avec sa famille.

Ce jour là, elle a refusé d'embarquer, et a été replacée au centre de rétention du Palais de Justice de Paris, celui-là même où elle venait de passer trois semaines et où elle avait perdu 8 kilos, mettant en danger l'enfant qu'elle attend.

Dans la lettre que je vous ai adressée alors (lire sur Mediapart L'expulsée du 14 juillet), je décrivais l'angoisse de sa fille qui se préparait à grandir sans sa mère, celle de son mari qui n'allait pas connaitre son enfant à naître. Je vous rappelais aussi vos déclarations sur le traitement humaniste que vous appeliez de vos vœux face à l'immigration. Dix jours plus tard, il semblerait que tout ça soit resté lettre morte. Madame Cao est toujours en centre de rétention et attend le jour où elle sera remise, de force cette fois, dans un avion en partance pour la Chine.

L'histoire pourrait s'arrêter là, elle ne serait qu'un exemple parmi tant d'autres de l'acharnement dont sont victimes tant de réfugiés et sans papiers.

Mais hier, le 22 juillet, toujours plus affaiblie par ce séjour prolongé en centre de rétention, Madame Cao a tenté de mettre fin à ses jours en s'ouvrant le poignet. Conduite d'urgence à l'hôpital, elle a été soignée, puis sitôt hors de danger, reconduite en rétention !

Je vous écris aujourd'hui pour vous faire part de mon profond écœurement. Est-ce pour en arriver là que j'ai voté pour vous au second tour des élections présidentielles, espérant faire barrage aux idées nauséabondes du Front National ? Depuis longtemps, l'indignité de notre nation grandit de gouvernement en gouvernement. Je crains que ce ne soit pas le vôtre qui mette un terme à cette escalade.

Mais aujourd'hui, je ne suis pas seul à m'indigner. Nous somme nombreux à réclamer un traitement décent pour tous les réfugiés. Une campagne en faveur de la régularisation de Mme Cao à inondé de mails les secrétariats des ministères et de l’Elysée, des coups de téléphone ont occupé les standards. La seule chose que nous puissions faire, c'est dénoncer par tous les moyens l'indignité de ce que vous faites en notre nom à tous. Comptez sur nous pour ne pas y renoncer de si tôt.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments républicains.

Laurent Cantet

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Coup de coeur... William Faulkner...

22 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... William Faulkner...

J'étais par hasard en train de verser du chocolat derrière l'armoire aux médicaments quand Jody est venu me dire: " Dis donc, Skeet, il y a une femme à la porte qui veut voir le docteur. Quand je lui ai dit: Quel docteur voulez-vous voir ? elle m'a dit qu'elle voulait voir le docteur qui travaille ici, et quand je lui ai dit : II n'y a pas de docteur qui travaille ici, elle est restée plantée, les yeux tournés de ce côté.

- Quel genre de femme? dis-je. Dis-lui de monter au cabinet d'Alford.

- Une paysanne, dit-il.

- Envoie-la au tribunal, dis-je. Dis-lui que tous les médecins de la ville sont allés à Memphis pour un congrès de barbiers.

- Bon, dit-il en s'éloignant. Pour une fille de la campagne, elle n'est pas mal.

- Attends" , dis-je. II a attendu et je suis allé regarder par la fente. Mais je ne pouvais rien voir, si ce n'est qu'elle avait de jolies jambes à contre-jour. "Est-ce qu'elle est jeune ? dis-je.

- Pour une fille de la campagne elle a l'air d'avoir le feu au cul, dit-il.

- Tiens ça", dis-je en lui passant le chocolat. J'enlève mon tablier et je m'amène. Elle n'était pas mal. Une de ces petites aux yeux noirs qui vous flanqueraient un coup de couteau comme rien si vous les trompiez. Elle n'était pas mal. II n'y avait personne d'autre dans le magasin. C'était l'heure du déjeuner.

"Que puis-je faire pour vous ? dis-je.

- C'est vous le docteur ? dit-elle.

- Parfaitement", dis-je.

Elle détourna les yeux comme si elle cherchait autour d'elle.

"Est-ce que nous pourrions aller là-bas, dans le fond ? "

II était juste midi et quart. Je suis allé dire à Jody de surveiller et de siffler au cas où le patron arriverait, bien qu'il ne revienne jamais avant une heure.

"Tu ferais mieux de ne pas faire ça, dit Jody. II te fichera dehors à coups de pied dans les fesses sans te laisser le temps de dire ouf.

II ne revient jamais avant une heure, dis-je. Tu pourras le voir entrer à la poste. Ouvre l'œil et siffle un coup.

- Qu'est-ce que tu vas faire?

- Ouvre l'oeil. Je te dirai ça plus tard.

- Tu ne me laisseras pas prendre la suite ? dit-il.

- Non, mais des fois ! Où c'est-il que tu te crois, dans un haras ? Fais le guet. Je vais engager les pourparlers."

Là-dessus, je retourne dans le fond. Je m'arrête devant la glace pour lisser mes cheveux, et je passe derrière l'armoire aux médicaments où elle m'attendait. Elle regarde l'armoire, puis elle me regarde.

- Alors, madame, dis-je exposez-moi votre affaire.

- C'est justement rapport à mes affaires, dit-elle en m'observant. J'ai l'argent.

- Ah, dis-je. C'est-il que vous les avez ou que vous voudriez les avoir ? Dans ce cas vous vous êtes adressée au médecin qu'il vous fallait." Ces gens de la campagne. La moitié du temps ils ne savent pas ce qu'ils veulent et le reste du temps ils ne peuvent pas l'expliquer. La pendule marquait midi vingt.

" Non, dit-elle.

- Non quoi ? dis-je.

- J'les ai pas, dit-elle, c'est justement ça." Elle me regardait. "J'ai l'argent", dit-elle.

Alors, j'ai compris ce qu'elle voulait dire.

"Oh, dis-je. Vous avez quelque chose dans le ventre que vous aimeriez mieux ne pas avoir ?" Elle me regarde. "Vous voudriez bien en avoir un peu plus ou un peu moins, hé ?

- J'ai l'argent, dit-elle. II m'a dit que je trouverais quelque chose à la pharmacie.

- Qui vous a dit ça ? dis-je.

- Lui, dit-elle en me regardant.

- Vous ne voulez pas nommer la personne, dis-je. C'est celui qui vous a semé la graine dans le ventre? C'est lui qui vous a dit ça ?" Elle ne dit rien. "Vous n'êtes pas mariée, hein ?" Je n'avais pas vu d'alliance, mais il n'y aurait rien d'extraordinaire à ce que l'usage des alliances fût inconnu dans son pays.

"J'ai l'argent", dit-elle. Elle me le montra, noué dans son mouchoir. Un billet de dix dollars.

"Je ne doute pas que vous l'ayez. C'est lui qui vous l'a donné ?

- Oui, dit-elle.

- Lequel ?" dis-je. Elle me regarde. "Lequel d'entre eux ?

- J'en ai qu'un", dit-elle. Elle me regarde.

"Allons donc !" dis-je. Elle ne dit rien. L'inconvénient de la cave c'est qu'il n'y a qu'une sortie, par-derrière, près de l'escalier intérieur. La pendule marquait une heure moins vingt-cinq. "Une jolie fille comme vous !" dis-je.

Elle me regarde. Elle s'apprête à renouer son argent dans son mouchoir. "Excusez-moi une minute" disj-je. Je passe de l'autre côté de l'armoire aux médicaments. Je dis : "Dis donc, t'as jamais entendu raconter l'histoire du type qui s'est foulé l'oreille au point qu'il ne pouvait même plus s'entendre roter?

- Tu ferais mieux de la faire sortir avant l'arrivée du patron, dit Jody.

- Si tu veux me faire le plaisir de rester là-bas, à l'entréee du magasin, la où tu es payé pour te tenir, il n'y aura que moi de pincé."

I1 s'éloigna lentement vers l'entree :

- Qu'est-ce que tu es en train de lui faire, Skeet ? dit-il.

- Je ne peux pas te le dire, dis-je. Ca ne serait pas moral. Va faire le guet.

- Dis donc, Skeet, dit-il.

- Oh ! assez, dis-je. J'exécute une ordonnance, tout simplement.

- II ne dira peut-être rien au sujet de la femme, mais s'il te trouve en train de batifoler avec l'armoire aux médicaments il pourrait bien te botter les fesses jusqu'au bas de l'escalier de la cave.

- Mes fesses ont été bottées par de plus grands cornards que lui, dis-je. Allons, retourne monter la garde."

Je reviens. La pendule disait une heure moins le quart. Elle noue son argent dans son mouchoir.

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Sélection à l'entrée de l'université - APB n'est pas le problème...

22 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Sélection à l'entrée de l'université - APB n'est pas le problème...

APB est depuis quelques mois la cible de celles et ceux favorables à une "sélection" à l'entrée de l'Université. Sous quelque forme que ce soit.

Ceux-là, sous prétexte d'empêcher les échecs dès la première année à l'université, souhaitent instituer des "pré-requis" (qui dans certaines filières existent déjà sans interdire le moins du monde les abandons dès la première année).

Cette solution est certainement la plus paresseuse et surtout celle qui, en des temps où l'obligation de faire des économies est particulièrement prégnante, permettra au gouvernement de dépenser le moins possible, notamment en ressources humaines supplémentaires. Oubliant, comme souvent, qu'en matière d'éducation, un euro dépensé est d'abord un investissement.

Oubliant que d'autres filières, pourtant très sélectives, connaissent aussi - sans qu'on n'en parle jamais - ce phénomène d'abandon précoce. Je pense aux classes préparatoires aux grandes écoles.

Ce n'est pas l'outil APB qui crée, en amont, des élèves fragilisés par des orientations souvent plus imposées que choisies, entraînant de fait des inscriptions dans des filières ne correspondant pas aux attentes ni au niveau pour des étudiants très rapidement... "désorientés".

Ce n'est pas l'outil APB qui crée, en aval, l'engorgement des filières "sur-demandées".

En revanche, c'est bien un choix politique délibéré qui, par la seule instauration d'une sélection, veut interdire l'accés des études supérieures à des bacheliers presque considérés comme indignes et encombrants: bacheliers technologiques et bacheliers professionnels. L'immense majorité appartenant à des classes sociales moyennes et défavorisées.

Depuis des années, d'autres choix sont faits, souvent imposés aux gouvernements successifs, par les universités elles-mêmes:

- pas de créations de postes d'enseignants;

- restriction des effectifs des premiers cycles post-bac;

- pas d'investissement dans le renouvellement des locaux. Encore moins dans la création.

APB semble donc être un prétexte fort utile à celles et ceux ne souhaitant pas s'engager dans une politique d'investissements destinés à rendre à l'université française ses "habits" historiques. Ceux qui faisaient d'elle la dispensatrice d'une culture générale de très haut niveau appuyée sur un esprit critique tellement nécessaire dans une société dite "de la connaissance".

Enfin, rappelons avec Sophie Orange et Romuald Bodin - L'Université n'est pas en crise. Les transformations de l'enseignement supérieur: enjeux et idées reçues. Ed Le Croquant, Paris 2013 - que le taux d'abandon en premier cycle est très ancien, qu'il remonte au milieu du XXe siècle et qu'il est stable: environ 30%.

La France, comme tous les pays, développés ou pas, a un besoin pressant de professionnels diplômés. Plus la base sera importante en effectifs, plus nos élites seront faciles à former.

Restreindre l'accès à l'université et ne croire qu'en cette seule solution sans en imaginer d'autres, sans même s'en donner les moyens, c'est prendre le risque de voir notre pays, 5e puissance mondiale, se priver de ces élites indispensables.

Christophe Chartreux

Cette réflexion m'est inspirée:

- par le livre cité

- par les propos de Sophie Orange recueillis dans Le Monde, page 27 en date du 21 juillet 2017

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Semaine de quatre jours à l’école : « Les parents ont préféré leur confort à celui de leurs enfants »...

21 Juillet 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Semaine de quatre jours à l’école : « Les parents ont préféré leur confort à celui de leurs enfants »...

EXTRAITS

(...)

Le Monde.fr a demandé aux parents concernés par ce nouveau changement de témoigner. Les opposants à la semaine de quatre jours, les plus nombreux à avoir apporté leurs témoignages, mettent en avant un intérêt de l’enfant remisé aux oubliettes et les problèmes d’organisation et de garde le mercredi.

« Des enfants sacrifiés au bénéfice des adultes », dénonce Pierre M., père d’une fillette en CM1. « Pourquoi un enfant serait-il moins fatigué quand il apprend sur quatre jours au lieu de cinq, quand le nombre d’heures d’apprentissage par jour est plus important ? », questionne-t-il.

(...) Maguy P., retraitée et grand-mère :

« A quoi ont servi tous les conseils des chronobiologistes préconisant des apprentissages sur cinq matinées, avec des après-midi allégés en activités et en temps passé à l’école ? (…) Les parents de ma petite-fille travaillent : le mercredi, ce sera donc centre de loisirs (qui n’est rien d’autre, ici, qu’une garderie) ou longue journée avec grands-parents un peu fatigués. »

Marc V., dont les enfants de 8 et 9 ans retournent à la semaine de quatre jours à la rentrée, renchérit :

« J’ai le sentiment que les parents ont préféré leur confort personnel à celui de leurs enfants. Certes, la semaine de quatre jours et demi nécessitait une organisation particulière. (…) Mais au moins, l’étalement des horaires offrait aux enfants un temps de repos que maintenant ils auront beaucoup moins ».

(...)

Nine S., maman de deux petites filles, pointe le problème de garderie le mercredi dans sa commune où la semaine de quatre jours va être réinstaurée à la rentrée et déplore « des journées beaucoup trop longues » pour les enfants :

« Le problème est, et reste, pour les parents qui travaillent, la garde des enfants le mercredi. Et, dans notre commune, rien n’est fait pour les parents qui travaillent… La municipalité propose le mercredi une garderie de 7 heures à 9 heures, puis le centre aéré de 9 heures à 12 h 15 et de 13 h 30 à 18 heures, mais rien entre 12 h 15 et 13 h 30 ! Le maire nous explique, en effet, que mettre en place la cantine coûterait trop cher, car il doit faire face à la diminution des dotations de l’Etat. C’est donc aux parents de pallier cette non-continuité de service. »

(...)

Florence C., déléguée de parents d’élèves, favorable au maintien de la semaine de quatre jours et demi et pour laquelle « les APS [activités physiques et sportives] dont bénéficiaient nos enfants étaient de qualité et coordonnées avec le corps enseignant ». Elle déplore que la communauté de communes (CDC) dont elle dépend :

« ait engagé un recours contre la décision de maintenir la semaine de quatre jours et demi contre l’avis du conseil d’école qui était unanime pour protéger l’intérêt des enfants et en accord avec le corps enseignant. L’académie a fait droit au recours de la CDC en validant le retour à la semaine de quatre jours le 11 juillet ».

(...)

Les parents favorables au retour à la semaine de quatre jours sont ceux qui ont pu prendre leurs dispositions et ne pas travailler le mercredi. « J’ai la chance de ne plus travailler le mercredi matin l’année prochaine, j’ai pris un 80 % pour pouvoir profiter de mes enfants, écrit Clément M. Ravi de pouvoir permettre à mon fils d’évoluer à un autre rythme le mercredi matin. (…) Nous récupérons aussi le mardi soir sans stress du lendemain… »

(...)

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Coup de coeur... Albert Camus...

21 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Albert Camus...

Il n'y a plus de déserts. Il n'y a plus d'îles. Le besoin pourtant s'en fait sentir. Pour comprendre le monde, il faut parfois se détourner, pour mieux servir les hommes, les tenir un moment à distance. Mais où trouver la solitude nécessaire à la force, la longue respiration où l'esprit se rassemble et le courage se mesure? Il reste les grandes villes. Simplement, il y faut encore des conditions.

Albert Camus - L'Eté

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Rythmes scolaires : le grand retour en arrière...

21 Juillet 2017 , Rédigé par Parti Socialiste Publié dans #Education, #Politique

Rythmes scolaires : le grand retour en arrière...

C’est le premier revers de la Contre-réforme Blanquer : en dépit d’un décret taillé sur mesure, seul un quart des élèves de France reviendra à la semaine de 4 jours à la rentrée prochaine.

C’est un échec pour le ministre de l’éducation nationale qui avait choisi d’imposer ce décret sans évaluation, concertation ou discussion parlementaire et sans jamais faire la preuve du bénéfice pour les élèves de ce retour en arrière. Trop souvent, ce n’est donc pas l’intérêt de l’enfant qui a primé mais bien celui de certains adultes et de municipalités, très majoritairement de droite, trop contentes de faire des économies dans le budget de leurs activités périscolaires.

Le Parti socialiste s’inquiète des conséquences de la mise en oeuvre de ce décret. La France devient en effet le seul pays européens à infliger à ses élèves des journées aussi nombreuses et aussi longues alors qu’on sait qu’elles encouragent l’échec scolaire, en particulier des enfants issus de milieux défavorisés.

Elle prive concrètement les élèves et les enseignants d’une demi-journée d’enseignement, détricote le cadre national de la journée scolaire, et accentue les inégalités territoriales que le Président de la République, la veille, appelait pourtant à résorber. A la rentrée, dans de nombreuses communes, des milliers d’enfants ne pourront plus pratiquer d’activités artistiques et culturelles et les intervenants seront réduits au chômage.

Le Parti socialiste exhorte le gouvernement à ne pas supprimer l’aide de l’Etat aux communes qui souhaitent poursuivre la semaine de 4,5 jours afin que leur choix ne soit pas dicté par les coupes budgétaires imposées par la rue de Grenelle mais par leur seul souci de faire réussir tous les élèves.

Secrétaire nationale à l'Éducation et à la formation, et vice-présidente du Conseil national

Secrétaire national adjoint à l'éducation et aux lycées professionnels

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Coup de coeur... Rosa Montero...

20 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Rosa Montero...

Au début, elle était résolue à ne plus jamais le revoir. Mais, à mesure que les jours passaient, une sorte de trou avait grandi à l'intérieur d'elle, une sensation de faim ou d'asphyxie, la certitude désolante d'être incomplète. Avec le temps, la folie de l'amour, du désir d'amour, avait commencé à s'allumer dans sa tête.

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