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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Walt Whitman...

27 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Walt Whitman...

Ne fermez pas vos portes...

Ne fermez pas vos portes, orgueilleuses bibliothèques,
Car ce qui manquait sur vos rayons bien remplis, mais dont on
a bien besoin, Je l’apporte,
Au sortir de la guerre, j’ai fait un livre
Les mots de mon livre, rien; son âme, tout;
Un livre isolé, sans attache, avec les autres, point senti avec l’entendement.
Mais à chaque page, vous allez tressaillir de choses qu’on n’a pas dites.

Walt Whitman, Feuilles d’herbes (Traduction de Jules Laforgue)

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Une femme m'attend...

Une femme m’attend, elle contient tout, rien n’y manque;
Mais tout manquerait, si le sexe n’y était pas, et si pas la sève de l’homme qu’il faut.

Le sexe contient tout,
Corps, âmes, Idées, preuves, puretés, délicatesses, fins, diffusions,
Chants, commandements, santé, orgueil, le mystère de la maternité, le lait séminal,
Tous espoirs, bienfaisances, dispensations,
Toutes passions, amours, beautés, délices de la terre,
Tous gouvernements, juges, dieux, conducteurs de la terre,
C’est dans le sexe, comme autant de facultés du sexe, et toutes ses raisons d’être.

Sans douté, l’homme, tel que je l’aime, sait et avoue les délices de son sexe,
Sans doute, la femme, telle que je l’aime, sait et avoue les délices du sien.

Ainsi, je n’ai que faire des femmes insensibles,
Je veux aller avec celle qui m’attend, avec ces femmes qui ont le sang chaud et peuvent me faire face,
Je vois qu’elles me comprennent et ne se détournent pas.
Je vois qu’elles sont dignes de moi. C’est de ces femmes que je veux être le solide époux.

Elles ne sont pas moins que moi, en rien;
Elles ont la face tannée par les soleils radieux et les vents qui passent,
Leur chair a la vieille souplesse divine, le bon vieux ressort divin;
Elles savent nager, ramer, monter à cheval, lutter, chasser, courir, frapper, fuir et attaquer, résister, se défendre.
Elles sont extrêmes dans leur légitimité, – elles sont calmes, limpides, en parfaite possession d’elles-mêmes.

Je t’attire à moi, femme.
Je ne puis te laisser passer, je voudrais te faire un bien;
Je suis pour toi et tu es pour moi, non seulement pour l’amour de nous, mais pour l’amour d’autres encore,
En toi dorment de plus grands héros, de plus grands bardes.
Et ils refusent d’être éveillés par un autre homme que moi.

C’est moi, femme, je vois mon chemin;
Je suis austère, âpre, immense, inébranlable, mais je t’aime;
Allons, je ne te blesse pas plus qu’il ne te faut,
Je verse l’essence qui engendrera des garçons et des filles dignes de ces Etats-Unis; j’y vais d’un muscle rude et attentionné,
Et je m’enlace bien efficacement, et je n’écoute nulles supplications,
Et je ne puis me retirer avant d’avoir déposé ce qui s’est accumulé si longuement en moi.

A travers toi je lâche les fleuves endigués de mon être,
En toi je dépose un millier d’ans en avant,
Sur toi je greffe le plus cher de moi et de l’Amérique,
Les gouttes que je distille en toi grandiront en chaudes et puissantes filles, en artistes de demain, musiciens, bardes;
Les enfants que j’engendre en toi engendreront à leur tour,
Je demande que des hommes parfaits, des femmes parfaites sortent de mes frais amoureux;
Je les attends, qu’ils s’accouplent un jour avec d’autres, comme nous accouplons à cette heure,
Je compte sur les fruits de leurs arrosements jaillissants, comme je compte sur les fruits des arrosements jaillissants que je donne en cette heure.
Et je surveillerai les moissons d’amour, naissance, vie, mort, immortalité, que je sème en cette heure, si amoureusement.

Walt Whitman, Feuilles d’herbes (Traduction de Jules Laforgue)

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A un historien

Vous qui chantez les choses d’autrefois,
Vous qui avez exploré le dehors, la surface des races, la vie qui se montre,
Qui avez traité de l’homme comme créature des politiques, sociétés, législateurs et prêtres,
Moi, citoyen des Alleghanies, traitant de l’homme tel qu’il est en soi, en ses propres droits,
Tâtant le pouls de la vie qui s’est rarement montrée d’elle-même (le grand orgueil de l’homme en soi),
Chantre de la Personnalité, esquissant ce qui doit encore être,
Je projette l’histoire de l’avenir

Walt Whitman, Feuilles d’herbes (Traduction de Jules Laforgue)

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Vers le retour d' une école à l’image de la société qui l’entoure : élitiste et inégalitaire?

27 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Vers le retour d' une école à l’image de la société qui l’entoure : élitiste et inégalitaire?

En 2009, déjà, paraissait L’élitisme républicain, L’école française à l’épreuve des comparaisons internationales, de Christian Baudelot et Roger Establet, Seuil, Paris 2009.

Ce livre n'a hélas pas perdu une once d'actualité au moment où s'installe Rue de Grenelle un nouveau Ministre dénonçant d'abord les "pédagogistes", l' "égalitarisme" et vantant les mérites d'une discipline optionnelle - le latin/grec - donc par définition ouverte aux seuls volontaires.

Cette école, qui commençait à entamer sa mue, risque de s'imposer à nouveau.

Depuis les chocs pétroliers des années 1970, les parents savent que le diplôme compte, que l’échec scolaire conduit à des impasses, que certaines orientations précoces sont des voies de garage. Ces mêmes parents veulent que l’école prépare au monde du travail. Nous sommes entrés dans la culture anxieuse du résultat.

De fait, l’école devient elle aussi l’objet de jugements de la part des élèves et des parents. La mondialisation, à travers les délocalisations ou les expériences Erasmus, pousse à comparer son école à celle des pays voisins. Pour que ces comparaisons, devenues légitimes, soient utiles, encore faut-il les apprécier en étudiant les mesures sérieuses de compétences acquises par les élèves du monde entier sur les bancs de leurs écoles respectives.

Ce livre proposait d’analyser ces compétences en s’appuyant sur les enquêtes menées par le programme PISA. La plupart des difficultés du système éducatif français est soulignée par ce travail :

- élitisme républicain;

- culture du classement;

- élimination précoce;

- tolérance aux inégalités et leur reproduction.

Sous le masque d’un « égalitarisme » républicain, c’est bien une aristocratie inavouée qui fait tourner le moteur de notre école. L’école française est très et trop tôt, sélective. Elle demeure prisonnière, au XXIème siècle, de ses objectifs hérités du XIXème : distinguer une petite élite sans se soucier d’élever significativement le niveau des autres. La méritocratie reste une course aux meilleures positions pour certains. Pour d’autres, les plus nombreux, elle se traduit par une relégation rapide et coûteuse sur le marché du travail.

Et les résultats, incontestables quoique contestés, sont peu brillants, comparativement aux autres pays riches et développés, pour cette France qui a longtemps cru - croit toujours ? - que son école est la meilleure du monde :

- elle compte un taux très élevé de jeunes en échec;

- elle ne fournit pas des élites assez étoffées pour répondre aux besoins de la nouvelle donne économique;

- elle n’est ni juste ni efficace.

En somme, une école à l’image de la société qui l’entoure : élitiste et inégalitaire. Une société où l’on continue de croire que les intérêts de l’élite ne sont pas ceux de la masse quand, partout ailleurs, tout porte à penser que l’élite est novatrice et abondante si la masse est bien formée et l’échec le plus rare possible. Ironie de l’Histoire de l’école en France : elle risque de ne même plus parvenir à former cette élite pour laquelle elle est pourtant en cours d'organisation depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir.

Les enquêtes PISA, on le sait, ne font pourtant pas l’unanimité. Les responsables politiques les maintiennent dans une semi confidentialité ; les enseignants se méfient de la culture de l’évaluation, qu’ils pratiquent pourtant quotidiennement ; les médias n’en publient que le classement général, spectaculaire et simplificateur. Mais le fond des enquêtes PISA reste confidentiel et seulement connu des experts. Ce livre rendait enfin publics les résultats complets de ces enquêtes, résultats absents du débat public.

Il permettait aussi un détour par l’étranger quand le débat français sur l’école reste une « affaire de famille », un huis-clos prisonnier des passions politiques et des héritages idéologiques hexagonaux.

Enfin, les analyses des comparaisons établies par les enquêtes PISA permettaient de constater et de comprendre pourquoi et comment d’autres pays font autrement et mieux que nous. Sans conclure qu’il suffit de les imiter, la France n’étant ni la Finlande ni la Corée du sud, on peut en revanche identifier les principes généraux qui pourraient présider à l’amélioration de notre système éducatif.

Que nous apprend PISA de ce point de vue ?

1- Les efforts de démocratisation sont payants. La massification de l’enseignement a abouti à une réduction des inégalités sociales;

2- Malgré la crise économique, la valorisation des titres scolaires est loin d’être mauvaise;

3- Les pays les meilleurs sont les plus riches et ils sont les plus riches parce qu’ils sont scolairement les meilleurs;

4- Le niveau a monté ! (Sans quoi la crise serait bien pire). Les écarts ont diminué dans l’accès au sommet même s’il demeure une masse d’échecs initiaux trop importante;

5- En ce début de XXIème siècle, justice et efficacité sont condamnées à marcher main dans la main ou à décroitre de concert. Les pays qui occupent les premiers rangs en matière d’efficacité sont ceux qui limitent le plus les inégalités.

Que faut-il en déduire pour le système éducatif français ? Un ordre de priorités en haut duquel se situent le sort de l’école obligatoire et la définition du tronc commun. Ceci sans passer sous silence les problèmes persistants et ce à tous les étages :

- en haut, la dichotomie entre Grandes Ecoles et Universités. Obstacle corporatiste à une vraie recherche fondamentale. Or seule la recherche peut sortir de l’impasse un pays aussi riche en capital économique et culturel que la France.

- au milieu et « en bas », les orientations dans l’enseignement technique sont en contradiction avec les sanctions économiques. Ce sont les formations industrielles qui permettent d’entrer dans une véritable carrière professionnelle. Les formations « tertiaires » obligent en revanche les jeunes à inventer des itinéraires sans rapport avec leur formation de départ. Or ces formations sont aujourd’hui en France les plus nombreuses.

On pourrait pointer bien d’autres problèmes encore. Mais ce que montre PISA, c’est que la France n’a pas su se doter d’un véritable tronc commun assurant une formation élevée au plus mauvais élève sortant du plus mauvais de nos collèges. Elle s’accommode d’un modèle produisant des bataillons d’élèves en échec et d’une élite trop rare quand les transformations de l’économie exigent des élites plus nombreuses et des qualifications plus élevées pour l’ENSEMBLE de la population.

Aujourd'hui, l’école française prend le risque de devenir la meilleure du monde pour une infime minorité d' élèves et l’une des plus mauvaises pour tous les autres. On tutoie la Finlande et la Corée du sud pour les meilleurs. On voisine avec la Turquie et le Mexique, dans les profondeurs des classements, pour les plus mauvais.

C’est en s’attaquant à la définition du tronc commun et à l’ambition de l’école obligatoire qu’on mettra fin au gâchis de « capital humain » qui caractérise notre système éducatif. Gâchis alimenté par l’élitisme républicain mais aussi par le sexisme : gagnantes au premier étage, les filles se placent très mal au troisième. Dans le palier médian, elles sont, beaucoup plus que les garçons, victimes des orientations tertiaires.

Christophe Chartreux

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"Nous sommes encore sourds au grand cri de la révolte humaine"... Albert Camus

27 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

"Nous sommes encore sourds au grand cri de la révolte humaine"... Albert Camus

Que signifie Prométhée pour l’homme d’aujourd’hui ? On pourrait dire sans doute que ce révolté dressé contre les dieux est le modèle de l’homme contemporain et que cette protestation élevée, il y a des milliers d’années, dans les déserts de la Scythie, s’achève aujourd’hui dans une convulsion historique qui n’a pas son égale. Mais, en même temps, quelque chose nous dit que ce persécuté continue de l’être parmi nous et que nous sommes encore sourds au grand cri de la révolte humaine dont il donne le signal solitaire.

L’homme d’aujourd’hui est en effet celui qui souffre par masses prodigieuses sur l’étroite surface de cette terre, l’homme privé de feu et de nourriture pour qui la liberté n’est qu’un luxe qui peut attendre ; et il n’est encore question pour cet homme que de souffrir un peu plus, comme il ne peut être question pour la liberté et ses derniers témoins que de disparaître un peu plus. Prométhée, lui, est ce héros qui aima assez les hommes pour leur donner en même temps le feu et la liberté, les techniques et les arts. L’humanité, aujourd’hui, n’a besoin et ne se soucie que des techniques. Elle se révolte dans ses machines, elle tient l’art et ce qu’il suppose pour un obstacle et un signe de servitude. Ce qui caractérise Prométhée, au contraire, c’est qu’il ne peut séparer la machine de l’art. Il pense qu’on peut libérer en même temps les corps et les âmes. L’homme actuel croit qu’il faut d’abord libérer le corps, même si l’esprit doit mourir provisoirement. Mais l’esprit peut-il mourir provisoirement ? En vérité, si Prométhée revenait, les hommes d’aujourd’hui feraient comme les dieux d’alors : ils le cloueraient au rocher, au nom même de cet humanisme dont il est le premier symbole. Les voix ennemies qui insulteraient alors le vaincu seraient les mêmes qui retentissent au seuil de la tragédie eschyléenne : celles de la Force et de la Violence.

(...)

Mieux que la révolte contre les dieux, c’est cette longue volonté de ne rien séparer ni exclure qui a toujours réconcilié et réconciliera encore le coeur douloureux des hommes et les printemps du monde.

1946

Albert Camus - Prométhée aux Enfers.

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Barbara...

26 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Joseph Conrad...

26 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Joseph Conrad...

Le vapeur peinait lentement à longer le bord d'une noire et incompréhensible frénésie. L'homme préhistorique nous maudissait, nous implorait, nous accueillait – qui pouvait le dire ? Nous étions coupés de la compréhension de notre entourage; nous le dépassions en glissant comme des fantômes, étonnés et secrètement horrifiés, comme des hommes sains d'esprit feraient devant le déchaînement enthousiaste d'une maison de fous. Nous ne pouvions pas comprendre parce que nous étions trop loin et que nous ne nous rappelions plus , parce que nous voyagions dans la nuit des premiers âges, de ces âges disparus sans laisser à peine un signe et nul souvenir.« La terre semblait  plus terrestre. Nous avons coutume de regarder la forme enchaînée d'un monstre vaincu, mais là – on regardait la créature monstrueuse et libre. Ce n'était pas de ce monde , et les hommes étaient - Non, ils n'étaient pas inhumains. Voilà, voyez-vous, c'était le pire de tout – ce soupçon qu'ils n'étaient pas inhumains. Cela vous pénétrait lentement. Ils braillaient, sautaient, pirouettaient, faisaient d'horrible grimaces, mais ce qui faisait frissonner, c'était la pensée de leur humanité – pareille à la nôtre - la pensée de notre parenté lointaine avec ce tumulte sauvage et passionné. Hideux; Oui, c'était assez hideux. Mais si on se trouvait assez homme, on reconnaissait en soi tout juste la trace la plus légère d'un écho à la terrible franchise de ce bruit, un obscur soupçon qu'il avait un sens qu'on pouvait – si éloigné qu'on fût de la nuit des premiers âges – comprendre. Et pourquoi pas ? L'esprit de l'homme est capable de tout – parce que tout y est, aussi bien tout le passé que tout l'avenir. Qu'y avait-il là, après tout ? - Joie, crainte, tristesse, dévouement , courage, colère – qui peut dire ? - mais vérité, oui - vérité dépouillée de sa draperie de temps. Que le sot soit bouche bée et frissonne – l'homme sait, et peut regarder sans ciller. Mais il faut qu'il soit homme, au moins autant que ceux-là sur la rive. Il faut qu'il rencontre cette vérité-là avec la sienne, - avec sa force intérieure. Les principes ne collent pas. Les acquis ? Vêtements, jolis oripeaux, - oripeaux qui s'envoleraient à la première bonne secousse. Non : il faut une croyance réfléchie. Un appel qui me vise dans ce chahut démoniaque – oui ? Fort bien. J'entends. J'admets, mais j'ai une voix, moi aussi, et pour le bien comme pour le mal elle est une parole qui ne peut être réduite au silence. Naturellement, le sot - c'est affaire de peur panique aussi bien que de beaux sentiments – est toujours sauf. Qui grogne par là ? Vous vous demandez pourquoi je n'ai pas gagné la rive pour être du cri et de la danse ? Eh bien non, je ne l'ai pas fait. Beaux sentiments, dîtes-vous ? Au diable les beaux sentiments ! Je n'avais pas le temps. Il fallait que je tripote céruse et bandes de couvertures de laine pour aider à bander ces conduites qui fuyaient – je vous dis. Il fallait que je surveille la barre, et que je déjoue les obstacles, et que je fasse marcher mon pot de fer-blanc vaille que vaille. Il y avait dans tout ça assez de vérité de surface pour sauver un homme plus sage. Et entre temps il fallait que je m'occupe du sauvage qui était chauffeur. C'était un spécimen amélioré : il savait mettre à feu une chaudière verticale. Il était là, au-dessous de moi, et, ma parole, le regarder était aussi édifiant que de voir un chien, en une caricature de pantalons et chapeau à plumes, qui marche sur ses pattes de derrière.

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Dédoublement des CP en REP+?... Une belle idée aux conséquences inattendues...

26 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Dédoublement des CP en REP+?... Une belle idée aux conséquences inattendues...

Donner la possibilité aux élèves et aux enseignants de Cours préparatoires en REP+ de travailler ensemble en étant entre 10 et 15 dans la même classe est en soi une idée généreuse. Utile pédagogiquement même puisque cela permettra aux professeurs des écoles de pratiquer la différenciation dans des zones dites "difficiles".

Hélas toutes les idées généreuses ont leurs revers lorsqu'elles se veulent seulement l'illustration d'une politique en "rupture" avec les politiques précédentes.

Quelles peuvent être les conséquences néfastes d'une décision prise sans toutes les réflexions nécessaires avant son application sur le terrain?

J'en distingue trois:

1- les élèves de CP (REP+) seront une petite quinzaine, parfois moins. Pendant un an. Au CE1 également à partir de 2018 (Si possible - Voir ci-après). Mais en CM1/CM2, tous se retrouveront dans des classes à effectifs traditionnels.

Qui peut garantir aujourd'hui que cette rupture dans la continuité des habitudes ne sera pas néfaste aux apprentissages?

2- la mesure va entrer en application en septembre 2017. Au-delà des difficultés matérielles - on ne dédouble pas des salles de classe en claquant dans les doigts, encore moins en utilisant des paravents - si l'année scolaire 2017/2018 peut a priori ne pas connaître de problèmes insurmontables, l'élargissement aux CE1 et à toutes les écoles en éducation prioritaire dès septembre 2018; va se heurter aux restrictions budgétaires annoncées par le Ministère. Il manquera des milliers de postes que le Gouvernement a d'ores et déjà prévu de NE PAS créer.

3- la décision de dédoubler les CP en REP+ aura aussi pour conséquence de grossir les effectifs des autres niveaux. Certains directeurs d'école savent déjà que leurs CM1/CM2 verront "mécaniquement" leurs effectifs augmenter de 5 à 8 éléments. Ils savent aussi déjà, et les professeurs d'école également, qu'ils devront changer de niveaux dans un jeu de chaises musicales toujours gênants.

4- enfin, si le Ministère annonce la "création" de 4000 postes à la rentrée, celle-ci ne satisfera - et encore - le besoin d'enseignants qu'en cette année scolaire. "Créer" des postes en affaiblissant le "Plus de maîtres que de classes" pour annoncer "triomphalement" le succès des dédoublements, aura pour seule conséquence le "dédoublement du gâchis":

- échec de la réduction des effectifs par manque de moyens matériels et humains;

- échec du "Plus de maîtres que de classes" par le fait de son détricotage.

Christophe Chartreux

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A Lire... Sors, la route t'attend... Slimane Zeghidour...

26 Juillet 2017 , Rédigé par France Inter / Youtube Publié dans #Histoire, #Littérature

A Lire... Sors, la route t'attend... Slimane Zeghidour...

«Selon la métaphore maoïste, recyclée ici par l’état-major, nous étions l’eau où les gros poissons de l’ALN ont pu se vautrer à l’abri de tout raid inopiné. En nous déplaçant d’El Oueldja à Erraguene, l’état-major a voulu priver de bain ces poissons que sont les maquisards, réduisant du coup nos mechtas à des «bocaux» vides. L’impératif du regroupement obéit à un objectif concret alors conceptualisé sous le nom de «Doctrine de guerre révolutionnaire» (DGR), vouée, d’abord, à dissocier les moudjahidine des fellahs, puis, si possible, à enrôler ceux-ci pour lutter contre ceux-là. Lancée en l’air par le général Georges Parlange, l’idée sera happée au vol, courant 1957, par des officiers venus d’Indochine, où des milliers d’entre eux ont connu les camps du Viêt-minh et subi les affres du lavage de cerveau, version chinoise. Aux militaires se joindra bientôt Maurice Papon, fervent partisan de la DGR et préfet d’un département du Constantinois à la fois populeux, indigent et quasi ingérable en raison de son relief tout en bourrelets boisés, tailladé de ravins, truffé de cavernes.Le préfet Papon se propose de piloter la mise en œuvre de la doctrine dans son fief, le djebel, au profil idéal pour réaliser un test grandeur nature. L’impératif n’est plus de reconquérir ni de pacifier un territoire mais de conquérir les esprits, de subjuguer les âmes, de se rallier des cœurs et des corps. Aux moyens triviaux avions, canons et autres chars et grenades , il faut désormais ajouter les écoles, les dispensaires, les routes, l’eau courante et, s’il y en a, le courant électrique. Il s’agit bel et bien d’une guerre d’un autre type, qui ne vise plus tant à éliminer l’ennemi qu’à le déshumaniser, ou à le civiliser. Et pour un objectif aussi moral, aucun moyen ne sera immoral. Un premier camp est ainsi ouvert à Khenchela, début 1957, au moment où le FLN, bousculé dans les maquis, fait basculer le champ de bataille des montagnes aux quartiers d’Alger.L’évacuation de milliers de paysans qui laissent derrière eux troupeaux, champs, vergers, récoltes sur pied, marabouts et cimetières s’achève sans trop de dégâts, aux yeux de l’état-major s’entend. Le général Salan, ancien d’Indochine, et, depuis peu, chef suprême des forces armées en Algérie, avalise l’opération qu’il décide alors d’amplifier et de généraliser, en prévision de quoi il met sur pied des Equipes médico-sociales itinérantes (EMSI), afin de suivre les déplacés. S’ébranle alors la grande migration, aux allures de péplum biblique à la Cécil B. DeMille, un chassé-croisé en tous sens de gigantesques cohortes de fellahs, dévalant leur djebel pour le plat pays du camp.Jamais le Maghreb, sinon la Méditerranée, à travers un passé pourtant si tourmenté, n’ont connu un exode intérieur aussi abrupt et massif : 2 350 000 fellahs, arrachés à leur terroir, vont atterrir dans un millier de camps de regroupement choisis par les militaires, soit au bilan un paysan sur deux ! Bientôt, d’un bout à l’autre du pays, on verra des mechtas se vider en un matin et des camps s’animer en un jour, peuplés plutôt qu’habités, par des ruraux hagards. Cet exode qui a «déssouché» tout un peuple, désertifié le djebel, ce repaire millénaire, et, au final, annihilé l’univers paysan, reste un tabou absolu, ici et là-bas, car autant l’Etat français n’aura lésiné sur aucun moyen pour le parachever, autant l’Etat algérien, une fois proclamé, ne fera rien pour y remédier, et toujours pas un seul geste pour réparer le drame en aidant chacun à retourner en ses foyers. J’éprouve, à cet égard, un lourd malaise rien qu’à l’idée de rappeler que je suis un des très rares, et au vrai, je n’en connais nul autre, ex-habitant d’un camp, à y opérer un retour, en narrateur. Jusqu’à l’instant où je couche ces lignes, il n’y aura pas eu un colloque ni un acte officiel, encore moins un monument pour commémorer, rappeler ou témoigner de ce saut abrupt de tout un pays hors de lui-même».

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Ecouter l'auteur en cliquant ci-dessous

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Cours non assurés: "C’est une situation qui ne peut plus durer" - Liliana Moyano/FCPE

26 Juillet 2017 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Cours non assurés: "C’est une situation qui ne peut plus durer" - Liliana Moyano/FCPE

Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a condamné l’État à une peine symbolique pour des heures de cours non remplacées au collège Lakanal de Colombes (Hauts-de-Seine), vendredi 21 juillet. Il devra verser 96 euros, soit 1 euro par heure non assurée lors de l'année 2014-2015. La justice a reconnu un préjudice "certain" et "direct" pour un élève de 3e dont le père avait porté plainte.

"C’est une situation qui ne peut plus durer" a réagi mardi 25 juillet sur franceinfo Liliana Moyano, présidente de la Fédération des Conseils des Parents d'Élèves (FCPE) qui réclame plus de "transparence" de la part de l'Éducation nationale.

Il y a deux choses qui sont absolument intolérables : c'est le manque de transparence quant aux absences, et le fait que, alors que l'État a vraiment l'obligation d'assurer les cours, qu'ils ne le soient pas.

Liliana Moyano, présidente de la Fédération des Conseils des Parents d'Elèves à franceinfo

"Dans les années précédentes, 6 000 jours d'enseignements" ont été "perdus" a-t-elle assuré. La FCPE a mis en ligne le dispositif 'Ouyapascours' pour que les parents signalent les absences non remplacées."C'est juste la partie visible car le dispositif 'Ouyapascours' est déclaratif et toutes les personnes ne le font pas. C'est un véritable fléau" a-t-elle ajouté. 

Liliana Moyano estime que certaines des absences "sont prévisibles" et qu'elles "doivent être organisées".

Une gestion des ressources humaines problématique

La FCPE soutient les "démarches" judicaires des parents d'élèves et a "mis en place un kit pour accompagner tous les parents qui souhaiteraient s'engager dans une telle démarche", a-t-elle précisé.

"L'Éducation nationale a beaucoup de marge de progrès quant à la gestion des ressources humaines. (...) C'est un métier qui n'attire pas qui a une vraie difficulté. Nous connaissons cette situation mais il faut faire un effort considérable et surtout faire un effort de transparence", a estimé Liliana Moyano.

Commentaire:

Les cours non assurés sont évidemment un scandale.

Ce ne sont pas les décisions prises par le gouvernement d'Edouard Philippe qui vont arranger les choses, en primaire notamment.

- pas de créations de postes;

- déshabillage de Pierre (Le "Plus de Maîtres Que de Classes" par exemple) pour habiller Paul (trouver des enseignants pour le dédoublement - très difficilement réalisable - des CP en REP+)

Tous les directeurs-trices d'école savent dès aujourd'hui, les IEN également, que les absents seront TRES difficiles à remplacer dès septembre.

Christophe Chartreux

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Sibylle Baier...

25 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Montesquieu...

25 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Philosophie

Coup de coeur... Montesquieu...

Nous avons dit que les lois étaient des institutions particulières et précises du législateur, et les mœurs et les manières des institutions de sa nation en général. De là, il suit que, lorsque l’on veut changer les mœurs et les manières, il ne faut pas les changer par les lois, cela paraîtrait trop tyrannique : il vaut mieux les changer par d’autres mœurs et d’autres manières.

Ainsi, lorsqu’un prince veut faire de grands changements dans sa nation, il faut qu’il réforme par les lois ce qui est établi par les lois, et qu’il change par les manières ce qui est établi par les manières : et c’est une très mauvaise politique, de changer par les lois ce qui doit être changé par les manières.

La loi qui obligeait les Moscovites à se faire couper la barbe et les habits, et la violence de Pierre Ier qui faisait tailler jusqu’aux genoux les longues robes de ceux qui entraient dans les villes, étaient tyranniques. Il y a des moyens pour empêcher les crimes, ce sont les peines : il y en a pour faire changer les manières, ce sont les exemples.

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