Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

« Devoirs faits » : beaucoup de questions et quelques craintes...

8 Juillet 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Pédagogie

« Devoirs faits » : beaucoup de questions et quelques craintes...

EXTRAIT

Le dispositif « devoirs faits » annoncé par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, sera bel et bien mis en place en collège à la rentrée 2017, avec différents intervenants (enseignants, volontaires du service civique, assistants d’éducation...). Mais de nombreuses questions restent en suspens, sur les conditions de mise en place du dispositif comme sur la nature des « devoirs », terme auquel on préférerait substituer celui de « travail personnel ».

Difficile d’être hostile au projet « devoirs faits » du ministre quand on a toujours pensé que le travail des élèves devait se faire avant tout dans l’établissement, encore mieux dans la classe. De nombreux enseignants limitent ainsi le travail à la maison à la mémorisation des leçons et aux travaux de recherche. Tout le reste, les élèves le font en classe. C’est en effet important de ne pas créer des inégalités entre les élèves par le biais des devoirs. C’est important aussi de penser aux conflits entre parents et enfants que peut engendrer le temps de « devoirs à la maison ».

Mais c’est, surtout, important que les apprentissages se fassent avec l’accompagnement du professeur. Le numérique a d’ailleurs apporté une possibilité supplémentaire puisqu’on peut désormais, via les ENT (environnements numériques de travail) par exemple, continuer à aider nos élèves après 17 heures. Ces nouvelles tâches pourraient d’ailleurs être reconnues par l’institution.

C’est donc davantage sur les modalités du projet que l’on peut avoir des réserves et surtout sur l’absence de débat sur le bien-fondé de ces devoirs.

Évoquons le coût pour commencer : deux heures par jour pour chaque classe. Il va être difficile de financer cela quand on annonce la suppression de postes de fonctionnaires. La solution semble avoir été trouvée en mobilisant notamment le service civique…

Enchaînons avec la faisabilité : quid par exemple des collèges avec un ramassage scolaire ? Les contrats entre les départements et les compagnies de bus sont négociés pour des périodes de plusieurs années, impossible donc de demander à ceux-ci de revoir leur heures de ramassage du soir pour septembre !

Passons à l’essentiel, les conditions de mise en œuvre.

(...)

Laurent Fillon Professeur d’histoire-géographie en collège

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

À lire également : (Cahiers Pédagogiques)

Sortir de la métaphysique des devoirs à la maison par Patrick Rayou

Faire ses devoirs. Enjeux cognitifs et sociaux d’une pratique ordinaire recension de l’ouvrage de Patrick Rayou aux Presses Universitaires de Rennes (2009)

Enjeux du travail personnel de l’élève : dans ou hors la classe par Annie Feyfant et Rémi Thibert

Familles populaires - L’accompagnement du travail scolaire à l’épreuve de l’entrée au collège par Séverine Kakpo

Lire la suite

The Cardigans...

7 Juillet 2017 , Rédigé par christophe

Lire la suite

Coup de coeur... Anne Berest...

7 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Parfois, vos amis vous règlent votre compte, avec des paroles violentes qui vous blessent. Mais parce qu'ils visent juste, parce qu'ils voient en vous ce qu'il y a de plus caché, vos amis vous disent :

" C'est parce que je t'aime que je vois le visage que tu voudrais dissimuler. Et tout en voyant ce visage, je continue de t'aimer. De t'aimer mieux peut-être, t'aimer en meilleure connaissance de cause. Parce que toi et moi nous sommes pareils, des frères et sœurs d'actes inavouables."

Lorsqu'ils agissent ainsi, vos amis vous attachent à eux d'une façon bien plus forte que ne le feraient toutes les déclarations d'amour.

Lire la suite

Semaine de quatre jours à l'école... Le syndrome de l’apprenti-sorcier...

7 Juillet 2017 , Rédigé par Europe1 Publié dans #Education

Les réformes de l’Éducation se succèdent et pénalisent les enfants

Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer revient sur la réforme des rythmes scolaires. Une habitude en politique quand on arrive dans un ministère. 

Dès la rentrée prochaine, les communes qui le souhaitent pourront revenir à la semaine de quatre jours dans les écoles. Et pour cause, le nouveau ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a choisi de revenir sur la réforme des rythmes scolaires, quatre ans seulement après sa mise en place.

Le syndrome de l’apprenti-sorcier. A peine arrivé, Jean-Michel Blanquer s’empresse de défaire ce que ses prédécesseurs ont fait. Et pourtant, le même Jean-Michel Blanquer signait en 2010 un rapport contre ce maudit passage aux quatre jours, rythme adopté "pour le confort des adultes sur  le dos des enfants". Il a visiblement changé d’avis, sans doute comme les experts de tous poils qui se contredisent sur le sujet depuis des années.

Les réformes se succèdent, sans recul. Alors pourquoi fait-il ça, le retour aux quatre jours ? Pour imprimer sa marque, ne pas se voir reprocher de n’avoir rien fait ? Les ministres de l’Education se succèdent et réforment chacun leur tour au pas de charge un système éducatif qui s’évalue sur le temps long. Le classement PiSA mesure la qualité de l’enseignement à l’âge de 15 ans. Il faudrait donc laisser du temps à une réforme systémique comme celle des rythmes scolaires pour l’évaluer sérieusement.

Des inégalités devant ce rétropédalage. En même temps, ce n’est pas le retour automatique aux quatre jours. Le ministre laisse la liberté aux communes de choisir, rester à quatre jours et demi ou revenir à quatre jours. Mais cet entre-deux est pire ! La liberté de choix créé les conditions de l’inégalité. Pourquoi ? Parce qu’en 2019, les aides de l’Etat aux communes pour les activités périscolaires vont s’arrêter. Du coup, les communes riches pourront effectivement rester à la semaine de quatre jours et demi. Et les communes pauvres s’empresseront de revenir à la semaine de quatre jours.

Et les enfants dans tout ça ? L’association des maires de France (AMF) a déjà annoncé la couleur en 2018 : une majorité de communes repassera à la semaine de quatre jours. Le choix sera donc économique, financier mais pas pédagogique ni dirigé vers l’intérêt de l’enfant. Comme le disait Jean-Michel Blanquer en 2010, "la réforme se fera pour le confort de tous mais sur le dos des enfants". Les ministres de l’Education réforment à la chaîne et au pas de charge, les enfants trinquent.

Lire la suite

Comment l’apprentissage de la lecture transforme notre cerveau...

7 Juillet 2017 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Lecture

Comment l’apprentissage de la lecture transforme notre cerveau...

En ce moment même, vous êtes en train de lire ces mots sans avoir à y réfléchir, ni même à en être conscients. Dans un enchaînement extrêmement rapide, vos yeux se lancent de gauche à droite sur votre écran, décelant un sens dans ce qui apparaîtrait autrement comme une succession de gribouillis noirs.

Pour vous, la lecture n’est pas seulement facile, elle est automatique. Regarder un mot sans le lire vous est quasiment impossible, étant donné que les rouages du langage écrit se mettent en marche dès qu’un lecteur qualifié aperçoit des caractères.

Et pourtant, bien qu’il soit tentant de penser que la lecture nous soit inné, ne vous y trompez pas. Apprendre à lire n’est ni facile, ni naturel.

Les premières traces du langage écrit dont nous disposons datent d’il y a environ 5 000 ans, ce qui représente une part infime des 60 000 années (ou plus) que les humains ont passées à utiliser le langage oral.

Cela signifie que notre espèce n’a pas eu suffisamment de temps pour développer des réseaux cérébraux à même de nous prédisposer à apprendre la lecture. Ainsi, ce n’est que grâce à des années de pratique et d’apprentissage que nous façonnons nous-mêmes ces réseaux.

Comment le cerveau apprend à lire

Le cerveau se réorganise constamment. À chaque fois que nous apprenons une nouvelle compétence, les connections neuronales qui nous permettent de la réaliser se renforcent. Cette plasticité est maximale lors de l’enfance, ce qui explique pourquoi nous avons tendance à surcharger les enfants d’apprentissage, avant qu’ils ne deviennent adolescents.

Lorsqu’un enfant apprend à lire, aucun « centre de lecture » n’apparaît magiquement dans son cerveau. À la place, c’est en fait un réseau de connexions qui se développe, liant des zones qui n’étaient pas reliées auparavant.

La lecture devient alors un moyen d’accéder au langage par la vue, ce qui signifie qu’elle utilise une architecture qui est déjà utilisée pour la reconnaissance de structures visuelles ainsi que pour la compréhension du langage oral.

(...)

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Baccalauréat : 200 ans de "C'était mieux avant"...

7 Juillet 2017 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Baccalaureat

Baccalauréat : 200 ans de "C'était mieux avant"...

EXTRAIT

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé une réforme du baccalauréat qui tiendra compte du contrôle continu. Depuis Jules Ferry en passant par la démocratisation du secondaire jusqu'au logiciel APB, aucune réforme n'aura fait consensus et on continue à entendre que le niveau baisse.

Chaque année, c’est la même musique : le diplôme du baccalauréat a-t-il encore de la valeur ? En somme, est-ce que le bac "c'était mieux avant" ? Après 200 ans de réformes successives, le bac a toujours ses détracteurs et la polémique émerge à chaque nouveau lifting ou à la simple annonce des résultats, comme ce mercredi.

Car le baccalauréat a bel et bien 200 ans : il est à l’origine instauré sous Napoléon Ier en tant que diplôme d’entrée à l’université. L'Empereur veut alors former les élites dédiées au fonctionnement du pays et, pour ce faire, crée les lycées. La première session du baccalauréat, en juillet 1809, n’accueille ainsi que 39 candidats, tous issus de la haute bourgeoisie. Il n’existe pas encore d’épreuve écrite, il ne s'agit que d'un simple entretien oral. L'examen est quasiment donné.

A la moitié du XIXe siècle, le baccalauréat devient de plus en plus difficile, mais attire toujours peu de monde : sur 100 000 candidats arrivant en terminale, seuls 4600 d’entre eux s’essayent à passer le baccalauréat. C'est au début du XXe siècle, avec les réformes de Ferry et l’école laïque et obligatoire, que le nombre de bacheliers augmente considérablement : de 7 000 en 1890, ils passent à 37 000 en 1926. Un chiffre qui ne cesse d'augmenter au cours du siècle, à mesure que réformes et décrets viennent préciser les conditions d'obtention, rendant au passage le baccalauréat accessible aux femmes.

Dès ses premières réformes, le baccalauréat est remis en question : "Il a toujours été contesté, soit certaines de ses formes, soit le baccalauréat en lui-même, expliquait l'historien de l'éducation française Claude Lelièvre dans "Lieux de mémoire" en 1998. On lui reproche alors de figer l'enseignement secondaire, de l'organiser autour de quelques épreuves écrites et orales, d'empêcher les professeurs d'élargir la forme de leur enseignement, parce qu'ils prépareront moins bien les élèves au baccalauréat, etc."

Par exemple, le discours latin qui est imposé au baccalauréat de 1853 jusqu'en 1881... Ce discours latin qui est une forme aberrante de formation des enfants au XIXe siècle, joue un rôle considérable dans le maintien de la France intellectuelle à l'intérieur de cadres de pensée traditionnels. Ce n'est pas un hasard si on a pu accuser l'enseignement public français d'être responsable de la défaite de 1870-1871 [ndlr : la guerre franco-prussienne].

(...)
 
Pierre Ropert
 
Suite et fin à lire et écouter en cliquant ci-dessous
Lire la suite

Annie Lennox...

6 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Yasushi Inoué...

6 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Yasushi Inoué...

« Il va me tirer dessus ? » me demandai-je. Bien sûr, le fusil n’était pas chargé, mais il m’intéressait de voir si tu voulais me tuer. Je pris un air indifférent et fermai les yeux.

« Vise t-il mon épaule, mon dos, ou ma nuque ? » pensai-je.

J’attendis impatiemment d’entendre le claquement sec de la gâchette dans la quiétude de la pièce, mais il ne retentit jamais. Si je l’avais entendu, je serais tombé raide, car j’avais envisagé d’agir ainsi si j’avais été la cible chérie de celui qui avait été toute ma vie pendant des années…

A la longue, la patience m’abandonna, et précautionneusement, j’ouvris les yeux afin de te regarder en train de me viser. Je restai ainsi un certain temps. Mais, tout à coup, cette comédie me parut ridicule, et je fis un mouvement. Et quand mon regard se porta vers toi, tu détournas vivement de moi le canon du fusil. Tu te mis à viser les roses alpestres que tu avais rapportés du mont Amagi et qui avaient fleuri cette année pour la première fois, et enfin tu pressas la détente. Pourquoi ne pas avoir tué ta volage épouse ? Je méritais, assez, je pense, à cette époque, d’être abattue. Tu avais clairement l’intention de m’assassiner et pourtant tu n’as pas pressé la détente.

Lire la suite

Arcade Fire...

5 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Liu Xiaobo...

5 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Littérature

Coup de coeur... Liu Xiaobo...

Puisque, pour le libéralisme orthodoxe, le meilleur gouvernement est celui qui s’occupe du moins de choses, la politique dont les masses populaires s’occupent le moins est la meilleure politique ; puisque la liberté négative c’est « la liberté de ne pas intervenir dans les affaires d’autrui ou de ne pas forcer autrui à faire quelque chose » et ce n’est pas « la liberté… de faire quelque chose de sa propre initiative », nous n’avons pas besoin de nous battre pour obtenir quelque chose. Ainsi, la philosophie du retrait du monde de Laozi et Zhuangzi est gratifiée par les prétendus intellectuels libéraux du nom de libéralisme, ce qui est de la philosophie du porc à 100% – ceux qui ont été chassés vers la porcherie ou qui s’y sont enfuis attendent qu’on vienne les nourrir, voilà tout.

Or, l’histoire montre que partout où règne la liberté, que ce soit la « liberté négative » ou la « liberté positive », elle ne serait jamais advenue si quelqu’un n’avait pas pris l’initiative de se battre, d’agir pour l’obtenir. Même la liberté à l’anglaise, dont ces intellectuels parlent avec délectation, n’a été possible que parce qu’il y a eu la « glorieuse révolution ».

Et les intellectuels libéraux ? Leur mode d’action correspond à la mise en œuvre dans la pratique du prétexte de la « liberté négative ». Leur mode de vie respecte les règles, il n’a rien de libéral, certains d’entre eux sont même obsédés par leurs intérêts, ils ne font pas preuve du minimum de sincérité et de sens moral et ne risquent pas de provoquer leurs supérieurs.

Aussi, les milieux intellectuels libéraux soumis à des pressions répétées du gouvernement ne sauraient-ils ouvertement défier le pouvoir pour défendre leur droit à la liberté d’expression, et encore moins créer des groupes de pression de la société civile organisés ou para-organisés ; ils ne sauraient non plus lancer des appels collectifs en faveur des jeunes paysans auxquels on a coupé la langue, afin de défendre l’équité sociale. Leur libéralisme est cantonné dans leur bureau, chacun pour soi, et ils mènent une résistance par l’écrit, sur les bandes, en ordre dispersé ; il n’y a aucune chance, quitte à perdre la face, que, par leurs actions, ils brisent ouvertement le mur de verre que les deux parties connaissent bien. Pour parler franchement, dans leur jeu avec le système existant qui dure depuis longtemps, ils ont, en leur for intérieur, établi une ligne rouge, qu’ils savent ne pas devoir franchir s’ils veulent que leur sécurité physique et leurs intérêts matériels soient garantis. Pourvu qu’il n’y ait pas d’appel public à l’action ni de résistance collective, le pouvoir ne réagira pas. Cette ligne rouge observée par les élites intellectuelles libérales est une auto-limitation provoquée par l’intériorisation de la terreur externe, et équivaut à un engagement tacite envers le pouvoir.

La philosophie du porc, caractérisée par la polarisation sur l’économie et la primauté de l’intérêt, a entamé, sous prétexte d’introspection, une critique du radicalisme et l’élimination de l’idéalisme.

Le problème ne vient pas de l’importance de l’économie et de la richesse matérielle dans le monde réel, parce que la modernisation comporte en elle-même de fortes tendances à la sécularisation – ce que Max Weber a qualifié de « désenchantement » de la modernité. Il est tout à fait normal et rationnel, conforme au besoin naturel des personnes ordinaires et aux dispositions de la nature humaine elle-même, qu’après avoir vécu la période de Mao Zedong caractérisée par une extrême pénurie matérielle, digne de l’ascétisme des moines bouddhistes, et « une révolution violente allant jusqu’au fond de l’âme », les Chinois se tournent vers une vie fondée sur l’intérêt économique et la jouissance matérielle. Il n’y a pas si longtemps, on nous a privés par la force du droit de poursuivre le bonheur séculier ; or nul n’a le droit de dépouiller les gens ordinaires de ce droit. Toutefois, l’apparition dans les élites chinoises de l’hédonisme, qui accorde la primauté à l’économie, n’est pas le produit naturel de difficultés d’existence, mais la conséquence de leur soumission à la terreur institutionnalisée.

Aujourd’hui l’indignité de la Chine, c’est précisément la belle union de la laideur de la terreur totalitaire, de l’horreur de la lâcheté humaine et de la hideur de la cupidité, c’est un summum de médiocrité jamais atteint auparavant et qui ne sera jamais dépassé. Bien sûr, je ne veux pas dire qu’il n’y a absolument aucun libéral qui ose briser ce mur de verre, mais qu’une personne comme le vieux Li Shenzhi représente un cas isolé, et que les élites libérales dans leur ensemble n’osent pas s’inspirer de son exemple. Je ne veux pas non plus dire que ces dernières années les intellectuels libres n’ont rien accompli, mais simplement souligner la situation concrète dans laquelle ils se trouvent. Ces dernières années, ils ont remporté des succès indéniables en ce qui concerne l’écriture de l’histoire, la mise en évidence des problèmes actuels et la propagation des idées libérales.

Si tragique que soit l’échec du 4 Juin, il a tout de même révélé la bonté, le sens de la justice et l’esprit de sacrifice des gens ordinaires ; car, enfin, la fin d’une jeune vie de dix-sept ans a éveillé la conscience profondément endormie de deux intellectuels ayant grandi sous l’enseignement du PCC, et les a conduits à rassembler un groupe de victimes; elle a au fond permis aux gens de comprendre la nature du pouvoir despotique et de ne plus croire à la légitimité morale du PCC ni à sa propagande idéologique ; elle a tout de même abouti à la création d’un mouvement d’opposition de la société, public et durable ; elle a, pour la première fois depuis que le PC est au pouvoir, suscité l’apparition d’un vieux communiste qui, de son plein gré et pour des raisons morales, a abandonné sa position de secrétaire général, le pouvoir et les privilèges qui lui sont associés, et a conduit un grand nombre de membres des élites au sein du système sur la voie de la révolte. Tout cela deviendra une mémoire éternelle de la ferveur de la lutte pour la liberté et la dignité ; ou, en d’autres termes, jusqu’à ce jour et à l’avenir, elle représentera le plus précieux encouragement moral de notre vie, car elle a enfin fourni à notre nation lâche et médiocre une occasion de se comporter avec courage, dignité et noblesse.

On ne peut se résoudre à une vie de porc, l’homme a besoin de liberté

Sous la dictature du parti unique où le pouvoir fort peut toujours priver les citoyens de leurs droits fondamentaux, pour établir un système libre où chacun a le droit d’être égoïste et de poursuivre le bonheur séculier, il faut s’appuyer sur la noblesse et l’altruisme et sur le sens de la justice de l’humanité. Pour gagner la liberté négative qui permet d’éviter les interventions et la contrainte de la part d’autrui, il faut avoir un esprit libre consistant à prendre l’initiative et à se battre pour arriver à ses fins. Nous avons besoin de pain mais, en tant qu’êtres humains, nous avons encore plus besoin de liberté. Ces hommes qui ne se résignent pas à la vie de porc, ces passionnés qui veulent encore rassembler les ressources morales de la Chine avec leur sens moral et leur courage, doivent être dotés d’une noblesse innée, et conserver l’espoir face à une situation presque désespérante de ruine de la morale.

La Philosophie du Porc, collection Bleu de Chine, Gallimard

Lire la suite
<< < 10 11 12 > >>