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Vivement l'Ecole!

Radioscopie... Jacques Chancel... Jeanne Moreau...

31 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Cinéma, #Jeanne Moreau

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Jeanne Moreau...

31 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique, #Jeanne Moreau

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Coup de coeur... Octave Mirbeau... Le Journal d'une Femme de Chambre... (+ vidéo)

31 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ah ! qu'une pauvre domestique est à plaindre, et comme elle est seule !... Elle peut habiter des maisons nombreuses, joyeuses et bruyantes, comme elle est seule, toujours !... La solitude, ce n'est pas de vivre seule, c'est de vivre chez les autres, chez des gens qui ne s'intéressent pas à vous, pour qui vous comptez moins qu'un chien, gavé de pâtée, ou qu'une plante, soignée comme un enfant de riche... Des gens dont vous n'avez que les défroques inutiles ou les restes gâtés :

- Vous pouvez manger cette poire, elle est pourrie... Finissez ce poulet à la cuisine, il sent mauvais...

Chaque mot vous méprise, chaque geste vous ravale plus bas qu'une bête... Et il ne faut rien dire ; il faut sourire et remercier, sous peine de passer pour une ingrate ou un mauvais coeur... Quelquefois, en coiffant mes maîtresses, j'ai eu l'envie folle de leur déchirer la nuque, de leur fouiller les seins avec mes ongles...

Heureusement, on n'a pas toujours de ces idées noires... On s'étourdit et on s'arrange pour rigoler de son mieux, entre soi.

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Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

31 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Macron

Je n'aime pas cette France qu'on nous construit...

Je n'aime pas, mais alors pas du tout, cette France qui se construit...

J'écris ces mots et ces phrases comme ils me viennent à l'esprit. La France que j'appelle "macronienne" ne me dit rien qui vaille et ne m'attire pas. Elle a le visage d'un pays que je ne connais pas et ne veux pas connaître.

Celui d'une grande bourgeoisie - ce n'est pas péjoratif - dictant au reste du "bon peuple" ce qu'il convient de penser, de dire, de faire. Celui d'une France urbanisée mais urbanisée autour de quatre ou cinq grands pôles dont évidemment Paris. Paris intra muros. Celui d'un espace fracturé mais artificiellement "rassemblé" par la seule volonté d'un discours présidentiel croyant pouvoir effacer les différences quand il faudrait au contraire les constater pour les réduire par l'action bien plus que par les mots ou les phrases simplistes et vidées de tout sens. Celui d'un champ politique dont on voudrait éliminer les clivages et le débat d'idées. Bruno Bonnell, candidat "La République En Marche" à Villeurbanne face à Najat Vallaud-Belkacem, n'affirmait-il pas, sans rire ou avec ce sourire des cyniques certains de leur triomphe : "Le débat entre la droite et la gauche c'est vintage". (Libération). 

"Vintage"... Comme si la politique devenait soudain un produit de consommation courante. 

Une France sans débat d'idées, aseptisée, qui commence déjà à mourir d'ennui. A mourir d'ennui et à souligner le danger qui s'annonce: celui d'une majorité présidentielle écrasante qui aura choisi, construit son opposition formée par la France Insoumise et le Front National. L'objectif tellement visible étant d'obtenir des victoires électorales grâce aux futurs millions de votes par défaut. Ceux-là même qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. L'invention d'une "dictature douce".

Celui d'une France d'où la gauche serait absente. Je parle ici de la gauche de gouvernement, celle qui a, par le passé très récent, exercé le pouvoir avec courage et opiniâtreté, réussissant parfois, échouant parfois. La tragique absence - ou l'extrême rareté -  de ses représentants élus à l'Assemblée Nationale confirmerait alors mes craintes. La France ne serait plus celle qui a porté si haut la confrontation des idées, le débat raisonné et argumenté. Devrons-nous dire à nos élèves: "Plus de débat! Soyons dogmatiquement consensuels!"? 

Relisant récemment Spectrum de Perry Anderson, je fus arrêté par cette phrase : « L’art n’est vivant que si l’on se dispute à son sujet. » Il en va de même pour la politique... Sans dispute, point de vie...

Si la France d'Emmanuel Macron et de son parti - qui désormais en est un, quoi qu'il en dise - est celle qui imposerait aux français le concept de "la seule ligne possible", telle une évidence qu'il serait outrecuidant, voire blasphématoire, de nier, alors refusons absolument cette vision-là et combattons-la. Elle défigure Marianne!

Si la France d'Emmanuel Macron est celle qui imposerait à toutes et à tous le fait que seul le parti présidentiel est capable de défendre l'intérêt général, alors combattons cet "idéal" illustré par des des phrases aussi convenues que banalement médiocres :

"Il faut du renouvellement!". Qui n'est, si l'on y songe, que la variante édulcorée du "Virez-les tous" de Jean-Luc Mélenchon. Il existe parfois des complicités involontaires...

"Vous ne pouvez être objectifs puisque que vous appartenez à un parti!". Le "parti" étant LE repoussoir brandi par les militants marcheurs. Eux qui participent pourtant à la construction d'un ultra-parti...

"Le Président DOIT avoir une majorité pour appliquer les réformes". Oubliant que ce Président fut élu, non par consentement large, mais par l'apport de voix destinées uniquement à faire barrage au Front National. 

Si la France d'Emmanuel Macron est celle d'une école fabriquée pour les meilleurs et éliminant les plus faibles, oubliant jusqu'au principe d'éducabilité, revenant en - marche -  arrière pour appliquer de vieilles recettes ayant toutes échoué, passant à coté des enjeux véritables, autonomisant les collèges et lycées dans un ultra libéralisme dangereux, n'hésitant pas à tolérer des mouvements pour le moins douteux quant à leurs motivations laïques - je pense à Sens Commun, à Espérance Banlieues - alors luttons pied à pied contre cette politique-là...

Si la France d'Emmanuel Macron est celle de la pensée unique, autoritaire et sans contradiction possible, alors disons-le haut et fort. Sinon:

l'économie aura pris le pas sur la raison;

l'esprit d'entreprise triomphera de toute sagesse;

la rentabilité sera, même à l'école, partout la norme;

l'évaluation de tout, y compris de l'individu, sera le seul et redoutable instrument de mesure;

la bourgeoisie "CSP++++" détiendra les clefs du pouvoir et du savoir. Le sien.

Pour toutes ces raisons, j'appelle chacun et chacune à donner à la France une VERITABLE opposition, pour des débats d'idées, pour construire un pays aux sensibilités multiples et respectées !

Christophe Chartreux

Publié également ci-dessous

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La « bonne pioche » Blanquer invoque l'«esprit Montessori »... Par Claude Lelièvre...

31 Juillet 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique, #Pédagogie

La « bonne pioche » Blanquer invoque l'«esprit Montessori »... Par Claude Lelièvre...

La semaine dernière, le nouveau ministre de l'Education nationale s'en est encore pris ouvertement à ''l'égalitarisme'' et mezzo voice au ''pédagogisme'' tout en invoquant avec ferveur ''l'esprit Montessori''...

Jean-Michel Blanquer n'a pas manqué de recevoir pour cela les encouragements empressés de « Valeurs actuelles » (un hebdomadaire qui s'affiche comme ''libéral et conservateur'' ; et qui s'était déjà réjoui de sa nomination à la tête du ministère de l'Education nationale) : « Jean-Michel Blanquer apparaît de plus en plus être la bonne pioche du gouvernement Philippe. Critiquant à mots couverts le pédagogisme qui prévaut dans l'Éducation nationale depuis plusieurs décennies et qui a connu son acmé avec Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Michel Blanquer précise sa pensée : "Le vrai ennemi du service public, c'est l'égalitarisme ; son ami, c'est la liberté. La liberté bien conçue favorise l'égalité'' »

A vrai dire, la charge du ministre de l'Education nationale contre « l'égalitarisme » n'a rien de bien nouveau. Elle est apparue chaque fois qu'il y a eu des tentatives pour mettre vraiment en place un « collège unique », et dès ses débuts. Jean-Michel Blanquer était encore en culotte courte au collège quand, par exemple, Jean-Marie Benoist s'en est pris avec une verve toute particulière à la création du collège unique voulu personnellement par le président de la République Giscard d'Estaing. Il accuse cette réforme  d' «aller vers le règne de l’uniformité, digne des démocraties populaires et vers la dépersonnalisation absolue, celle des steppes et des supermarchés ». Il condamne cet « égalitarisme absurde, forcené, uniformisateur ». « Ce mythe égalitaire précise-t-il est digne de ce peuple de guillotineurs que nous sommes depuis 1793, et se traduit par la culpabilisation de tout aristocratisme, de tout élitisme dans le savoir : raccourcir ce qui dépasse, ce qui excelle, voilà le mot d’ordre » (« La génération sacrifiée ; les dégâts de la réforme de l’enseignement », 1980).

En revanche l'invocation de « l'esprit Montessori » appartient en propre à Jean-Michel Blanquer : un signe des temps, de notre temps ?  « Je suis pour la créativité, la diversité des expériences. Je ne dis pas que Montessori doit être appliqué partout. D'ailleurs c'est plus l'esprit Montessori, qui doit être revisité, dans des modalités qui doivent évoluer. Au-delà du génie pédagogique qu'était Montessori, c'est sa démarche qui est importante [...]. Au lieu de voir ces expériences menées dans l'école privée comme bizarres, voire inquiétantes, j'aimerais à l'avenir qu'elles puissent être inspirantes pour le service public » ( « Matins de France Culture », 27 juillet 2017). Et le nouveau ministre de l'Education nationale précise : « Mon fil directeur, c'est d'abord une philosophie de l'éducation, qui mène à la liberté. Ce qui donne sens à toute éducation, c'est de donner plus de liberté, d'émancipation, à l'enfant. Une liberté de construction [...]. Les conceptions universalisantes de l'égalité vont à l'encontre de l'égalité réelle […]. C'est par plus de liberté que l'on peut aller vers plus d'égalité ».

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le choix « Montessori » peut paraître surprenant de la part d'un ministre de l'Education nationale. En effet, si l'on envisage de prendre en compte des expériences réelles mises en œuvre par des mouvements pédagogiques existants, pourquoi prendre appui sur la mouvance ''Montessori'' (pour l'essentiel en établissements privés) plutôt que sur la mouvance ''Freinet'' (qui existe bel et bien au sein de l'Education nationale) ? L'une comme l'autre ont des ''choses à dire'' (à nous dire) en matière de « liberté », de « liberté de construction » , d' « émancipation » . Il existe certes des différences. Mais c'est sans doute ce qui fait vraiment problème en l'occurrence...

Célestin Freinet loue Maria Montessori d’ « avoir rendu pratique, au moins dans une certaine mesure, l’auto-éducation des jeunes enfants [...] Mme Montessori a voulu placer ses élèves dans un milieu favorable à l’auto-éducation. […] Dans ce milieu, l’influence directe de l’institutrice est réduite au minimum. Chaque enfant s’occupe de l’objet choisi, le temps qu’il veut, et cette volonté correspond à la nécessité de la maturité intime de l’esprit, maturité qui demande un exercice constant, prolongé dans le temps. Aucun guide, aucun maître ne pourrait deviner l’exigence intime de chaque élève et le temps de maturation nécessaire à chacun ; mais c’est l’enfant lui-même qui nous les révèle dans la liberté. » (« Ecole émancipée » n°29, 19 avril 1925, pp 379-380)

En définitive, Célestin Freinet partage avec Maria Montessori un même ''matérialisme pédagogique'' ; mais il porte un jugement contrasté sur le matériel de la pédagogue au regard de la liberté de l’enfant. Et cela parce que, chez Freinet, il y a non seulement des ''outils physiques'', mais aussi des ''outils sociaux'' (correspondance interscolaire, responsabilité d'ateliers, conseils de coopérative...). Le maître mot revient en définitive à la ''coopération''. Et ce n'est pas un détail  pour ce qui concerne la conception de la liberté qui est effectivement mise en œuvre (découverte et ''expérimentée'' par les élèves eux-mêmes) .

C'est vraiment fondamental, pour Freinet et les siens, aussi bien dans le domaine politique que pédagogique. La première tâche assignée à l'Ecole de la troisième République était de faire des ''républicains''. Pour Freinet et les siens, il faut préparer à une ''République sociale'', voire ''socialiste'', en tout cas ''démocratique''. Et un vecteur majeur pour cela est la « coopération ». La « coopération » entre les élèves, en vue d'une responsabilisation progressive par le collectif, dans le collectif, pour le collectif. Mais aussi une « coopération » entre les instituteurs eux-mêmes pour qu'ils partagent leurs valeurs, leurs outils , leurs expériences «  afin que la libération pédagogique soit l'oeuvre des éducateurs eux-mêmes », et soit pleinement et effectivement une libération à la fois pédagogique et politique.

Mais on est là, à l'évidence, aux antipodes de « la liberté » versus Jean-Michel Blanquer (ou « Valeurs actuelles ») qui prend « une drôle de liberté » en tant que ministre de l'Education nationale.

Claude Lelièvre

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Lilicub...

30 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jean-Marie Gustave Le Clézio...

30 Juillet 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Jean-Marie Gustave Le Clézio...

C'était comme s'il n'y avait pas de noms, ici, comme s'il n'y avait pas de paroles. Le désert lavait tout dans son vent, effaçait tout. Les hommes avaient la liberté de l'espace dans leur regard, leur peau pareille au métal. La lumière du soleil éclatait partout. Le sable ocre, jaune, gris, blanc, le sable léger glissait, montrait le vent. Il couvrait toutes les traces, tous les os. Il repoussait la lumière, il chassait l'eau, la vie, loin d'un centre que personne ne pouvait reconnaître. Les hommes savaient bien que le désert ne voulait pas d'eux: alors ils marchaient sans s'arrêter, sur les chemins que d'autres pieds avaient déjà parcourus, pour trouver autre chose. L'eau, elle était dans les aiun, les yeux, couleur de ciel, ou bien dans les lits humides des vieux ruisseaux de boue. Mais ce n'était pas de l'eau pour le plaisir, ni pour le repos. C'était juste la trace de sueur à la surface du désert, le don parcimonieux d'un dieu sec, le dernier mouvement de la vie. Eau lourde arrachée au sable, eau morte des crevasses, eau alcaline qui donnait la colique, qui faisait vomir. Il fallait aller encore plus loin, penché un peu en avant, dans la direction qu'avaient donnée les étoiles. Mais c'était le seul, le dernier pays libre peut être, le pays où les lois des hommes n'avaient plus d'importance. Un pays pour les pierres et pour le vent, aussi pour les scorpions et pour les gerboises, ceux qui savent se cacher et s'enfuir quand le soleil brûle et que la nuit gèle.

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"La grande violence que prépare Macron"... Par Aude Lancelin et Juan Branco, avocat de Julian Assange...

30 Juillet 2017 , Rédigé par Là-bas si j'y suis Publié dans #Politique, #Macron

"La grande violence que prépare Macron"... Par Aude Lancelin et Juan Branco, avocat de Julian Assange...

Voici la transcription de l’émission "La guerre des idées" du 18 juillet 2017 : « Macron ou la tentation autoritaire ». Un entretien d’Aude LANCELIN avec Juan BRANCO, l’avocat français du fondateur de Wikileaks, Julian Assange. A lire et à relire à tête reposée.

Extrait

(...)

AL : Il y a toujours eu des forces capitalistiques derrière les candidats, des intérêts oligarchiques même. On pense évidemment au précédent Nicolas Sarkozy. Mais qu’est-ce qui fait la spécificité de Macron à vos yeux ? Effectivement, on sent que ce n’est pas tout à fait la même chose. A cet égard, certains ont pu aller jusqu’à invoquer un coup d’Etat démocratique, un putsch du CAC 40. Ce type de scénario qui n’a rien à voir avec le complotisme, qui naît simplement d’une analyse des forces en présence complètement légitimes. Qu’est-ce qui fait cette différence dans le ressenti ?

JB : C’est un être qui s’est constitué politiquement à travers les réseaux d’influence, c’est la grande différence avec Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac. Jacques Chirac, par exemple, a une position un peu plus ambiguë, mais quand même. C’est quelqu’un qui va se mettre au service de l’Etat pour le bien ou pour le mal, et qui va avoir un parcours sacrificiel de rapport au politique, avec toutes les jouissances que peut apporter le politique, mais dans lequel il va tenir une ligne d’engagement qui est la sienne, qui est plus ou moins corrompue, tout ce qu’on pourra penser. Mais qui va faire qu’il va passer par toutes les étapes de l’élection, de la mise au service d’autres hommes politiques, du gouvernement, de la constitution d’un parti, de la prise de pouvoir de ce parti, pour arriver à terme à s’imposer comme une figure qui puisse revendiquer sa légitimité politique dans l’exercice du pouvoir. Macron arrive à ce pouvoir porté par des forces qui sont étrangères au politique, c’est-à-dire étrangères au bien commun. En effet, quoi qu’on pense de Chirac et des modalités de son exercice du pouvoir, ce sont des forces qui à la base sont servies par rapport aux citoyens et à la constitution politique dans le sens démocratie libérale le plus classique du terme. Au contraire, Macron est quelqu’un qui va sauter toutes ces étapes pour s’imposer d’en haut dans l’espace politique à travers cette campagne-éclair, après avoir été nommé ministre de l’Economie, après avoir été secrétaire général de l’Elysée, sans fonction élective. C’est-à-dire qu’il va créer une tension qui va faire que sa légitimité, et du coup sa fidélité, ne tient pas tant au peuple, qui a été utilisé pour valider sa mise sur le trône, pour lui donner une onction, qu’aux forces qui l’ont propulsé jusque-là. La force du parcours de Macron c’est l’ENA, c’est Rothschild, c’est le réseau de la technocratie, les réseaux d’affaires qui vont le porter jusque-là. Ce n’est pas un rapport au politique, ce n’est pas un rapport au peuple, ce n’est pas un rapport à l’élection qui vont fonder son pouvoir. Nicolas Sarkozy, certes, devient maire de Neuilly pour constituer un réseau avec tout l’affairisme neuilléen et après avoir rencontré toutes ces personnes qu’il va marier et qui vont lui permettre d’accélérer son parcours, de permettre à cette personne très banale de devenir président de la République. Mais avec toujours principalement cette idée d’élection. C’est-à-dire d’abord cette légitimation par le rapport au populaire, le rapport au politique, le rapport pour finir au service de l’Etat. Là, au contraire, on puise de l’Etat immédiatement, pour ensuite, utiliser cette puissance accumulée et la déverser à travers les réseaux médiatiques, oligarchiques, etc. sur le peuple et s’imposer à lui. Il y a un vrai rapport d’imposition à la France, d’imposition au peuple chez Macron. Dans la façon dont il agit il y a une grande cohérence. Que ce soit au Louvre ou dans tout ce qu’il a déployé depuis, il y a une grande volonté de mise en scène de son autorité qui vise à écraser l’autre – non pas tant l’opposition, ce n’est pas intéressant, mais la France tout simplement – et qui s’explique par cette trajectoire venue d’en haut. Et là, pour moi, il y a une vraie rupture parce que c’est une création de ces milieux-là. A partir de là, il ne peut rien leur opposer, il en fait parfaitement partie. Il est là pour défendre complètement leurs intérêts parce qu’il les considère comme légitimes. Il n’a pas de rapport au peuple.

AL : C’est un fondé de pouvoir d’une certaine façon.

JB : L’élection présidentielle ne résout rien à ça. La façon dont elle a été menée fait qu’il n’y a pas de rapport organique qui se crée. On est sur une vraie distinction qui, encore une fois, ressemble un peu à ce qui est arrivé à Poutine au début de son mandat ; avec toutes les différences qui existent qui font que Poutine arrive là pour combler un vide (en l’occurrence c’était Eltsine, on pourrait comparer Eltsine et Hollande). Cette sorte de chose où on met quelqu’un là pour sauver la France, où ça n’allait plus, où on était en pleine dérive avec un incompétent, etc. Et enfin on a un soulagement parce qu’on a quelqu’un qui a une certaine autorité, une certaine prestance, qui va s’imposer là sans être vraiment passé vraiment par une quelconque initiation. Je pense qu’il y a quelque chose qui a été ressenti par beaucoup de personnes : quand on le voit remonter les Champs-Elysées sur cet appareil militaire, j’ai l’impression qu’il y a peu de personnes (en tout cas je ne l’ai pas ressenti) qui aient senti une forme de sens à ce geste, toute sa symbolique. Vous voyez Chirac, vous voyez Mitterrand, y compris Sarkozy, vous voyez un destin qui s’accomplit, qui après vingt, trente, quarante ans, finit par arriver là et du coup porte en lui un rapport au politique très déployé. Là, on voit quelqu’un qui a pris ce pouvoir comme ça, sans que personne comprenne trop comment ça s’est fait, et qui ne charrie rien derrière lui – si ce n’est ses discours managériaux sur l’excellence, la qualité, mais on pourrait placer n’importe qui à cette place-là. Sans que toute la fonction d’incarnation que le pouvoir politique doit porter soit existante.

AL : Le nombre de gardes républicains ce jour-là sur les Champs-Elysées était inversement proportionnel au nombre de passants agglutinés pour le voir.

JB : Oui, il y a un besoin de surinvestissement de ces espaces-là, parce qu’on sent qu’il n’y a rien derrière. La seule façon qu’a Macron de compenser tout ça, c’est par la force, par une forme d’autoritarisme marqué qui va écraser toute contestation qui, naturellement, pourrait dire : mais qui est ce type, qu’est-ce qu’il fait là, d’où sort-il, comment se fait-il qu’on l’ait placé dans cet espace-là ?

(...)

Propos recueillis par Aude Lancelin

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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A Lire... Bonnes nouvelles de l'école - Sortie le 23 août...

30 Juillet 2017 , Rédigé par Ed JC Lattes Publié dans #Education, #Pédagogie, #Innovation

A Lire... Bonnes nouvelles de l'école - Sortie le 23 août...
L’école va mal, il faut la réformer… Cette rengaine envahit depuis des années tous les débats sur l’éducation en France. Or, loin des discours dominants sur la déliquescence scolaire, des milliers d’enseignants et de chefs d’établissements imaginent, expérimentent et renouvellent leurs manières de faire classe, de donner envie aux élèves d’apprendre, de les évaluer et les faire progresser sans rien perdre de leurs exigences.
 
Pendant près de deux ans, l’auteur a réalisé un tour de France des initiatives qui se mettent en place dans des établissements ordinaires de l’Education nationale. Cette enquête est une plongée dans une trentaine d’établissements publics, écoles primaires, collèges et lycées, à la campagne, en banlieue ou dans les centres villes, pour raconter très concrètement ce qui s’invente, sans bruit, dans le quotidien des classes.
 
Méthodes, modes d’évaluation, espaces scolaires, alliances avec les acteurs éducatif  : il se passe quelque chose à l’école et on ne le sait pas, ou si peu. A rebours des controverses idéologiques, du pessimisme et des clichés sur le «  mammouth  », cette enquête s’appuie sur des initiatives concrètes qui ont fait leurs preuves avec les élèves et témoignent de la vivacité de «  l’école d’en bas  », là où s’invente demain.
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