Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Jean Tardieu...

23 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Image associée

OFFERTE A LA NUIT

Offerte à la nuit qui de toutes parts nous déborde et envahit le jour lui-même à cette nuit qui nous dessine et nous allonge ici toute chose se tient debout sur son ombre entre un envol toujours futur toujours déçu et la chute vertigineuse ici c'est ici que les solitaires qui se cherchent les peuples déchirés les astres volant en éclats se rejoignent et se passent le mot sans le comprendre ici sur le seuil de ce temple au fronton écroulé autrefois résonnant de conseils aujourd'hui plus éloquent encore d'être muet nous savons qu'il n'y a rien à connaître sinon l'enchaînement fatal des questions lancées à tous les murs d'où ne revient que leur écho et que tout est à redouter des ruses de l'espace car ce triomphe à l'horizon étincelant ce gage l'espérance enfoui dès l'origine au fond de notre espèce n'est plus qu'un vaste oubli d'or et de feu où les poussières de la vie et de la mort pareilles aux nombres-tourbillons dans le creuset des machines géantes ont enfin démasqué cet ordre illusoire ce séjour inutile et superbe sans raison condamné à retourner toujours et toujours sur lui-même cendre et brasier fuite et fureur comme une phrase ressassée.

HENNISSEMENT DE L'INCONNU

Cependant que s'obscurcissent et se mélangent à qui mieux mieux l'erreur le vrai le songe et la raison dans le grenier des accessoires hors d usage el de sens démentiel désordre le hasard implacable prend place et s'impose partout amplement fourni (selon le déroulement d'une suite sans logique et sans freiN) de mouvements opposés variables et insensibles qui ne se peuvent traduire qu'en termes de douleur car il est devenu évident que l'aigle et sa proie font de leur couple horrible et de leur inséparable agonie la seule clé pour nos mains talonnantes d'aveugles et la seule mesure possible de ce qui comble à tout casser ce lieu sans lieu ce dôme autrefois transparent mais qui pour jamais s'est voilé de conjectures furibondes ce ciel sonore et infaillible ce recours cet abri peuplé de protecteurs de démons et d'oracles figures familières jouant leur rôle et portant leur nom même insulté veilleurs toujours reconnaissables et toujours prêts à nous défendre aux frontières sauvages où piaffe où hurle où hennit l'imprévisible l'inconnu.

LES VOLETS

Pendus aux murs de la maison comme feuilles aux branches mobiles mais tenus comme les feuilles au grand marronnier de la place par une matinée tournante incertaine triste et joyeuse d'orage et d'éclaircies les volets les uns ouverts les autres clos ou bien les mêmes tour à tour le vent les ouvre et les rabat comme autant d'oreilles de lapins famille de lapins famille de volets poursuivis immobiles par le vent qui va-vient par le soleil qui s'endort dans un nuage et se réveille dans un courant d'air le bruit des oreilles de bois de lapins toujours battant les volets de la maison jamais lassés d'indiquer l'heure qui s'ouvre et l'heure qui se ferme la présence ou l'absence des habitants de la maison le temps qu'il fait le temps qui passe qui toujours va qui toujours vient toujours revient sinon pour nous qui partirons mais pour tous ceux qui reviendront.

UN REGARD POUR UN SOUFFLE

Tombé soudain là sous mes pas du plus lointain de cet espace et de ce temps coalisés pour nous confondre ce faible souffle sur le sol entre le mur et le buisson me fait trembler d'effroi de joie de gratitude et de vertige car il contient mais inversée la même charge sans mesure que mon regard lorsque l'été lorsque la nuit droit vers le ciel s'élance et plane vidé de poids et de pensée mon esprit simple et démuni qui ne croit rien que ce qu'il touche et se sent proche des points d'or disséminés ici et là même de l'astre le plus pâle et le plus seul à peine vu ni reconnu sur le gravier et pas à pas franchi le seuil où rien n'est plus qui nous réponde je m'aventure hors de moi-même vers ma fin sans adresser à tant d'énigmes torturantes à ce soleil à cet amour qui m'ont fait naître et m'ont fait vivre à ces splendeurs qui vont s'éteindre à ces horreurs qui vont cesser à cet espoir qui va dormir à toute main que j'ai serrée à toute lèvre que j'ai bue aucun reproche ni regret car la souffrance est dépassée car la mémoire est en deçà du pur instant du seul regard navigateur qui ma quitté pour le voyage sans retour.

Lire la suite

Nouveau! Le Magazine de l'Education...

23 Avril 2017 , Rédigé par Le Magazine de l'Education Publié dans #Education

Voici le numéro zéro du Magazine de l’éducation... Edité par la plateforme TECHEDULAB de l’Université de Cergy-Pontoise, il s’adresse aux professionnels, décideurs des politiques de l’éducation mais aussi à qui veut comprendre les faits éducatifs. Le numéro zéro décrypte les programmes éducation des candidats à la présidentielle. "Mettons l'éducation au coeur des débats politiques" ! Philippe Meirieu

L’enjeu du Magazine de l'éducation est d’étudier et de permettre de comprendre ce que sont les phénomènes éducatifs en mutation, de les faire comprendre afin de construire des conditions d’évolution.

NUMERO 0

Le premier numéro s’intéresse aux programmes des candidats à l’élection présidentielle ainsi qu'à l’architecture et l’environnement scolaire.

Quels enjeux éducatifs pour 2017 ? Quelle politique pour l'école et l'éducation ? Comment construire l'école de demain ? Les conceptions des salles de classe et des écoles ont-elles de l’importance dans le bien-être à l’école et dans la qualité d’apprentissage ? Retrouvez toutes les réponses dans ce numéro !

Télécharger le numéro zéro :

LE MAGAZINE DE L'EDUCATION - NUMERO 0 - MARS 2017

Bonne lecture !

Lire la suite

Pour qui voteraient les 12-18 ans?...

23 Avril 2017 , Rédigé par La Dépêche du Midi Publié dans #Education, #Politique

Image associée

L'association Électeurs en herbe France est composée pour moitié de personnels de l'Éducation nationale et de professionnels de l'éducation populaire, réunis au sein d'un comité pédagogique chargé de piloter un projet d'éducation à la citoyenneté non partisan, à travers le pays. Le collectif s'appuie également sur un conseil scientifique composé d'expert(e)s apportant leur expérience. Ce programme, «Électeurs en herbe», est né au Québec en 2001. Il vise à favoriser la socialisation politique et citoyenne des jeunes participants, à travers l'organisation d'une simulation d'élection dans les établissements scolaires dans le contexte de vraies échéances électorales. Les élections présidentielles de dimanche ont été choisies. À travers toute la France, 10 établissements pilotes, 1 200 électeurs en herbe, participent à cette expérience. Pour l'Aveyron, le lycée Raymond-Savignac, avec deux classes, l'une du lycée général et l'autre du lycée professionnel, participe. Le scrutin fictif qui se déroulait hier, à 17 heures, a permis l'organisation d'un débat fort intéressant dirigé par la conseillère principale d'éducation, Corinne Sabatier.

Après avoir examiné quels sont les pouvoirs du président de la République dans notre pays, les 70 élèves concernés ont pu donner leurs points de vue sur divers aspects des programmes des onze candidats.

Il a surtout permis la mise en œuvre d'un parcours pédagogique innovant ayant beaucoup intéressé les jeunes concernés qui ont préféré cette méthode aux traditionnels cours d'éducation civique.

La Dépêche du Midi

Lire la suite

A voté... Incroyable campagne...

23 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Résultat de recherche d'images pour "a voté"

A voté...

A voté en me remémorant les "grands moments" de cette incroyable campagne présidentielle.

Incroyable par les très importantes différences de projets de société offerts aux choix des citoyens.

Incroyable hélas aussi et surtout par la déception qu'a engendré le "vol" de véritables débats. Car de débats, il n'y eut pas.

Qu'on se souvienne de ces échanges à cinq candidats, éliminant les six autres. Un scandale passé comme une lettre à la poste.

Qu'on se souvienne de cette longue soirée à onze ne permettant à aucun de développer utilement - utilement pour le citoyen - son ou ses quelques-s idée-s majeure-s. Une chaîne de télévision, BFM TV je crois, il y a quelques jours avait envoyé un journaliste au milieu d'une foule de sympathisants - je tairai le nom du candidat afin de ne pas être trop sévère - en leur demandant de citer une idée majeure du projet de leur "champion". Sur quelques cent personnes interrogées, cinq avaient été capables de répondre. Les autres ne savaient pas.

Cette campagne présidentielle ne fut pas celle des programmes - pourtant intéressants par bien des aspects pour la plupart - mais celle des personnalités dissimulant leurs idées, les transformant de semaine en semaine, de peur d'être trop clivants. Le champion en la matière étant Emmanuel Macron dont l'électeur serait bien en peine de dire quelle mesure phare éclaire nos consciences sur le chemin qu'il nous proposait. "Une bulle de savon gonflée à l'hélium" pour reprendre la magnifique formule du politologue Thomas Guénolé.

Qu'on se souvienne de cette dernière et pitoyable longue, très longue procession des candidats lors de cette soirée maintenue par France 2. Pas de débat. Trois des "grands" - on se croirait à la Cour d'Espagne - n'en voulaient pas pour diverses raisons dont la peur de commettre LA bourde qui eût détruit le fragile édifice construit patiemment pour faire illusion. Alors, la presse a dit "Amen". Et le citoyen n'eut plus qu'à subir un défilé verbeux.

Qu'on se souvienne de ces grandes envolées, dites, assénées, hurlées. De grandes envolées pour des idées simplistes. La démagogie se nourrit plus facilement du simple que du compliqué. Et de la démagogie nous en eûmes au kilomètre.

Qu'on se souvienne de cette campagne, dévorée par les affaires. Le plus "extraordinaire", si je puis dire, étant que les deux plus concernés par ces "affaires", très graves sur le plan judiciaire si les faits sont avérés, Madame Le Pen et Monsieur Fillon, font partie des favoris pour la qualification au second tour. Je n'ose imaginer le message envoyé au monde si les français présentaient deux "mis en examen" à départager pour occuper l'Elysée.

Qu'on se souvienne de cette campagne qui, privant le citoyen de véritable débat et l'obligeant à des synthèses impossibles, vit les rumeurs, les fausses nouvelles, les "fake" et autres "intox" prendre davantage de place dans les réseaux sociaux que la réflexion fondée sur l'analyse du "vrai", du "désirable". Sur ces réseaux dits "sociaux", nous ne communiquons plus. Nous participons parallèlement, sans vraiment nous rencontrer, à entretenir la croyance que "nous avons raison", chacun dans notre sphère. Tout le monde vit donc dans le "semblant du vrai". Le pire des mensonges.

Qu'on se souvienne de cette campagne, "gardiennée à 90% par le CAC 40" comme le rappelle Aude Lancelin dans "Le1" du 19 avril. Oui, rappelons-nous toujours que la France est fort mal classée en matière de liberté d'expression. 45e! Et ceci pour trois raisons: concentration des médias, manque d’indépendance, protection insuffisante. Faut-il rappeler que la presse française appartient à une dizaine de personnes. Et je suis large.

Comment dans ces conditions peut-on être certain d'une véritable variété des lignes éditoriales?

Comment dans ces conditions peut-on être certain de l'indépendance d'un candidat quand ce dernier est lié, personnellement et/ou professionnellement, à tel ou tel propriétaire de médias?

Qu'on se souvienne de cette campagne qui efface quasi totalement l'Education. Quand pendant tout le quinquennat il en fut énormément question. Sujet "glissant" pour candidats prudents. Quelle tristesse! Et, quand il fut - un tout petit peu - question quand même du sujet, ce fut pour promettre le retour au passé le plus poussiéreux ou un statu quo à peine retouché. Les véritables enjeux des réformes profondes entamées pendant ces cinq dernières années ne furent pas abordés.

Je me souviens tout particulièrement de ce scandale soulevé par la possibilité offerte en option d'apprendre la langue arabe. Ceci afin - aussi - d'ôter à des officines plus ou moins louches, la possibilité de radicaliser quelques jeunes esprits naïvement abusés. Tollé! Tollé qui eût été absent s'il avait été question de n'importe quelle autre langue. Mais non! Il s'agissait de l'arabe.

Pourtant, pour de très nombreux enfants, cette langue est un capital précieux, qu'il conviendrait de développer. Pourquoi priver une partie de notre jeunesse d'un tel atout? Quand de très nombreuses grandes entreprises demandent l'expertise des arabisants. Le bilinguisme est un capital. Parfois, dans certaines zones urbaines, c'est le seul. Priver ces jeunes de ce capital, c'est les précipiter dans les bras des "extrêmes"! N'allons pas jusqu'à commettre l'ânerie de fabriquer nous-mêmes les futurs frontistes ou islamistes.

Oui, qu'on se souvienne de cette triste et médiocre campagne présidentielle dont le vainqueur quel qu'il soit sera, dès le lendemain du triomphe, très fragilisé. Sans oublier les législatives qui délivreront sans doute un autre verdict.

"Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à paraître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres"

Antonio Gramsci

Qu'on y songe...

Christophe Chartreux

Lire la suite

"Je fais le choix de la cohérence, de la loyauté et de la fidélité à tout ce qui fait mon engagement au service de la France..."

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique, #Hamon

 

Mes chers ami.e.s,

Jamais une élection présidentielle n’aura été aussi incertaine à deux jours du premier tour. Rien n’est joué, tout est entre vos mains.

L’enjeu de ce premier tour, c’est d’exprimer vos convictions, de choisir le projet qui s’accorde le mieux avec l’idée que vous vous faites de l’intérêt du pays, de désigner le candidat qui défend le mieux vos valeurs, les idées en lesquelles vous croyez.

Je fais le choix de la cohérence, de la clarté, de la loyauté et de la fidélité à tout ce qui fait mon engagement politique depuis quinze ans, au service de la France. Je voterai pour Benoît Hamon dont j’estime que le projet est celui qui répond le mieux aux enjeux des années à venir.

Benoît Hamon a fait campagne avec honnêteté, dignité, inventivité, force et courage. Une campagne collective, renouant avec les intellectuels, s’appuyant sur les chercheurs, sur les idées nouvelles, en donnant toute leur place à la jeunesse et à la société civile.

Il est le candidat de la gauche qui veut rassembler. Le candidat d’une gauche ouverte, sociale, écologiste, européenne, laïque, respectueuse de la France, de son histoire et de sa diversité. Le candidat d’une économie moderne qui prend soin des femmes et des hommes qui travaillent. Le candidat d’une démocratie profondément renouvelée. Le candidat de l’ambition éducative, de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la culture. Le candidat de la continuité dans une longue et belle histoire de la gauche qui assume ses responsabilités sans renoncer à aucun de ses idéaux.

Une gauche qui doit continuer à penser la société et ses évolutions pour la transformer et la rendre plus juste et plus durable. Une gauche qui n’oublie pas que sa mission historique est de se battre pour les plus fragiles, les oubliés, les exclus. Une gauche lucide qui assume que le travail évolue, et que des jeunes mieux formés, des salariés bien protégés, des chômeurs mieux accompagnés sont les conditions de la réussite économique. Une gauche qui combat le terrorisme par tous les moyens, en France et dans le monde, pour la paix et et pour notre sécurité. Une gauche qui prend la mesure de l’urgence écologique, et qui sait faire preuve de courage face à toutes les résistances pour protéger notre planète, et préparer un monde meilleur pour nos enfants.

Une gauche qui est ma gauche.

Je souhaite que nous soyons une majorité à faire ce choix : je vous appelle à vous rendre massivement aux urnes dimanche prochain, et à voter pour Benoît Hamon. Pour vous, pour nos enfants, pour la République et pour la France.

Najat Vallaud-Belkacem

Résultat de recherche d'images pour "najat vallaud belkacem villeurbanne"

Lire la suite

Dimanche... Une journée particulière...

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Résultat de recherche d'images pour "urne 2017"

Chers amis,

Le blog s'arrête jusqu'à dimanche... Une journée particulière...

Demain les mille kilomètres du retour en Normandie m'attendent...

J'appelle modestement chacune et chacun à bien réfléchir, à ne pas voter par ressentiment mais par conviction.

J'ai soutenu et je soutiens François Hollande.

J'ai voté pour Manuel Valls lors de la primaire.

J'ai respecté l'engagement qui liait les membre du Parti Socialiste à soutenir le vainqueur, quel qu'il fut.

Je voterai pour le projet de Benoit Hamon dimanche, sans l'ombre d'un doute. Il est le meilleur dans tous les domaines. Le plus équilibré. Le plus enthousiasmant. Le plus réalisable rapidement. Le plus écologique. Le plus européen dans une Europe utile.

Quel que soit le résultat final, je suis et resterai fier d'avoir mené campagne pour ce candidat, issu des urnes et fidèles à ses idées.

Tout autre vainqueur nous mènera soit dans l'enfer de l'extrême droite, soit dans le mur d'une droite très à droite; dans les deux cas avec des gens dont le présent judiciaire est pour le moins quelque peu encombré.

Quant aux autres, je ne crois pas une seconde à l'efficacité de leurs propositions. Soit parce qu'elles ont été appliquées et ont échoué, soit parce qu'elles sont irréalisables.

Bon week-end et à lundi...

En attendant l'espoir...

Christophe Chartreux

Lire la suite

Georg Philipp Telemann...

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Cop de coeur... Albert Camus... "Oui, c’est peut-être ça le bonheur, le sentiment apitoyé de notre malheur. "

21 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "l'envers et l'endroit camus"

S’il est vrai que les seuls paradis sont ceux qu’on a perdus, je sais comment nommer ce quelque chose de tendre et d’inhumain qui m’habite aujourd’hui. Un émigrant revient dans sa patrie. Et moi, je me souviens. Ironie, raidissement tout se tait et me voici rapatrié. Je ne veux pas remâcher du bonheur. C’est bien plus simple et c’est bien plus facile. Car des heures, que du fond de l’oubli, je ramène vers moi, s’est conservé surtout le souvenir intact d’une pure émotion, d’un instant suspendu dans l’éternité. Cela seul est vrai en moi et je le sais toujours trop tard. Nous aimons le fléchissement d’un geste, l’opportunité d’un arbre dans le paysage. Et pour recréer tout cet amour, nous n’avons qu’un détail mais qui suffit : une odeur de chambre trop longtemps fermée, le son singulier d’un pas sur la route.  Ainsi de moi. Et si j’aimais alors en me donnant, j’étais moi-même puisqu’il n’y a que l’amour qui nous rende à nous-même.

Lentes, pénibles et graves, ces heures reviennent, aussi fortes, aussi émouvantes – parce que c’est le soir, que l’heure est triste et qu’il y a une sorte de désir vague dans le ciel sans lumières. Chaque geste retrouvé me révèle à moi-même. On m’a dit un jour : « C’est si difficile de vivre. » Et je me souviens du ton. Une autre fois, quelqu’un a murmuré :  " La pire erreur, c’est encore de faire souffrir. " Quand tout est fini, la soif de vie est éteinte. Est-ce là ce qu’on appelle le bonheur ? En longeant ces souvenirs, nous revêtons tout du même vêtement discret et la mort nous apparait comme une toile de fond aux tons vieillis. Nous revenons sur nous-mêmes. Nous sentons notre détresse et nous en aimons mieux. Oui, c’est peut-être ça le bonheur, le sentiment apitoyé de notre malheur.

Lire la suite

« Les programmes de Le Pen et Mélenchon pourraient nuire gravement à la science »

21 Avril 2017 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

Résultat de recherche d'images pour "recherche scientifique"

EXTRAIT

Un collectif de chercheurs de renommée internationale s’alarme de certaines propositions de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon qui, si elles étaient appliquées, nuiraient, selon eux, au développement et au rayonnement de la recherche française.

(...)

Une France qui serait coupée de ses partenaires

C’est le cas d’abord de celui de Marine Le Pen, au demeurant extrêmement impopulaire dans le monde de la recherche. En stigmatisant l’Union européenne comme elle le fait, en appelant à un repli national, elle contribuerait à couper la France de ses partenaires étrangers, alors que la recherche est une activité fondamentalement internationale. L’un d’entre nous, directeur d’institut, doit signaler que certaines de ses subventions internationales sont déjà suspendues à l’élection, les bailleurs de fonds étant effrayés par la perspective d’une victoire de Marine Le Pen.

C’est aussi le cas du projet de Jean-Luc Mélenchon. Ses promesses généreuses sont peut-être une raison du soutien dont il jouit auprès d’une partie de l’enseignement supérieur français : gratuité complète des diplômes universitaires, doublement des crédits en cinq ans… Cependant, à supposer que de telles promesses soient réalisables, si l’on entre dans les détails de son programme, on ne peut que déchanter devant la violence destructrice des réformes qu’il propose.

On y trouve la suppression de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) ; le financement sur projets et l’évaluation indépendante sont pourtant des fonctions vitales, parmi bien d’autres, de la recherche. L’interdiction pour les chercheurs de recevoir toute rémunération issue du secteur privé, et la suppression pure et simple du crédit d’impôt recherche (CIR), nuiront gravement aux liens entre recherche et industrie, à une époque où cette articulation, conçue dans le respect de l’indépendance scientifique, est pourtant jugée comme une priorité, en France et ailleurs.

C’est aussi le cas du projet de Jean-Luc Mélenchon. (...)

On y trouve la suppression de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) ; le financement sur projets et l’évaluation indépendante sont pourtant des fonctions vitales, parmi bien d’autres, de la recherche. L’interdiction pour les chercheurs de recevoir toute rémunération issue du secteur privé, et la suppression pure et simple du crédit d’impôt recherche (CIR), nuiront gravement aux liens entre recherche et industrie, à une époque où cette articulation, conçue dans le respect de l’indépendance scientifique, est pourtant jugée comme une priorité, en France et ailleurs.

(...)

Mais la mesure la plus stupéfiante du programme de Jean-Luc Mélenchon est la suppression de l’autonomie des universités, venant avec l’instauration d’un concours de recrutement national et une planification globale de la mobilité des enseignants-chercheurs, niant aux universités toute possibilité de développer une quelconque politique scientifique dans la durée…

(...)

L’équipe de Jean-Luc Mélenchon propose de détruire purement et simplement tous ces acquis, replongeant la recherche française dans l’illusion anachronique d’un Etat omniscient capable de planifier l’ensemble du monde universitaire dans son incroyable diversité.

Pour une recherche de qualité, un financement généreux est nécessaire, mais ne suffit pas : l’ouverture internationale, le bon dosage des institutions, l’évaluation sans complaisance, la confiance accordée aux acteurs du système, sont tout aussi importants. Les institutions d’enseignement supérieur et de recherche françaises continuent, en dépit de bien des difficultés, à tenir leur rang de belle manière sur la scène internationale, pour la fierté de la nation et son bien-être à long terme : ce serait un cauchemar que de les voir soumises à une réforme autoritaire aux conséquences potentielles catastrophiques.

Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de médecine 2012 ; Claude Cohen-Tannoudji, Prix Nobel de physique 1997 ; Albert Fert, Prix Nobel de physique 2007 ; Serge Haroche, Prix Nobel de physique 2012 ; Jules Hoffmann, Prix Nobel de médecine 2011, Jean Jouzel, Prix Vetlesen (sciences de la Terre) 2012 et membre de l’équipe de campagne de Benoît Hamon; Jean-Marie Lehn, Prix Nobel de chimie 1987, Jean-Pierre Sauvage est Prix Nobel de chimie (2016); Cédric Villani, médaille Fields (mathématique) 2010 et membre du comité de soutien d’Emmanuel Macron.

Le texte entier est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Vous aimez Mélenchon? Lisez-le vraiment...

21 Avril 2017 , Rédigé par Slate Publié dans #Politique, #Melenchon

Résultat de recherche d'images pour "attention"

EXTRAIT

Il faut lire et analyser le programme du candidat de la «France insoumise».

Voilà des semaines que je regarde la montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et que je tourne en rond à la recherche d’arguments pour conjurer les (é)lecteurs de s’en détourner. Les attaques contre lui ne portent pas ou pire, elles se retournent en boomerang.

Dire par exemple qu’il tient exactement le même discours populiste que Marine Le Pen – «le peuple contre l’élite», ou plutôt «le peuple contre l'oligarchie» – ne trouble pas une seconde ses afficionados. Que les mesures économiques qu’il propose sont encore plus fortes que celles du parti communiste avant 1981 (en % de PIB), non plus. Pointer qu’il est devenu très ambigu sur l’immigration, ce qui est étrange pour un candidat d’extrême-gauche, ne marque pas. Son projet d’adhésion à l’ALBA, l’alliance bolivarienne d’Amérique latine alors qu’il veut «sortir des traités européens» est quand même un peu fort de café colombien, mais ses amis en rient. Son attirance pour les Chavez ne lui porte pas tort. Le PIB du Venezuela s’est effondré de 19% en 2016 et la chute devrait être de 6% en 2017, mais personne dans ses rangs ne doute que le modèle reste une inspiration.

(...)

(...) La faille de Jean-Luc Mélenchon, c’est son projet, les 83 réponses qu’il apporte. La seule attaque qui porte contre Jean-Luc Mélenchon, je l’ai finalement trouvée, elle vient de lui-même. Lisez-le. Ne vous contentez pas des principes, des effets de manche, des grandiloquences, lisez le détail. Regardez les mesures une à une. La lecture provoque tantôt une franche rigolade, tantôt elle fait froid dans le dos à toutes les pages. Rien n’est étudié, calculé, faisable. Une inégalité? «J’éradique». Un pouvoir? «J’abolis». Les droits? «J’en donne» autant que tu veux. Des fuites de capitaux ? «Je terrasse». Une guerre? «Je convoque l’ONU» pour faire la paix. Tout est énoncé comme un enfant d’Audiard qui ferait sa liste de Noël. «Il a des facilités qui tombent quelques fois dans le simplisme», a mis en garde François Hollande. Il dit vrai. Ah Hollande forcément, diront les «Insoumis». Le président sortant a raison: s’il-vous-plait lisez le texte.

Lisez encore

Tout est en effet ultra-simpliste. Chacun peut s’en rendre compte facilement. Je n’en prends que quelques exemples.

«Il faut qu’on rediscute de toutes les frontières issues de l’ancienne Union soviétique», écrit-il. Ouch! C’est donner un quitus bien rapide à l’expansionnisme de Vladimir Poutine. Surtout, la question des frontières en Europe, comme en Afrique ou dans la mer de Chine, a été, est et sera toujours le facteur des guerres. M. Mélenchon est bien léger et son initiative très dangereuse pour la paix.

En matière économique, le manque du «sérieux» qu’il s’attribue surgit à toutes les lignes. Par exemple, de prévoir de s’endetter encore («la dette n’est pas un problème») tout en préparant une renégociation de cette dette. Qui sera assez sot pour nous prêter en sachant qu’il ne sera pas remboursé? Ou bien encore, «en cas de chômage de longue durée, l'État doit proposer un emploi au chômeur en lien avec sa qualification, sur une mission d'intérêt général». Qui peut penser que l’emploi public pour tous c’est «du sérieux», comme dirait l’autre?

Lisez. Lisez ce qui est dit sur l’entreprise. «Accorder de nouveaux droits de contrôle aux comités d'entreprise sur les finances de leur entreprise. Instaurer le droit pour les salariés à un vote de défiance à l'égard des dirigeants d'entreprise ou des projets stratégiques.» Quel est le patron qui, passant au dessus de çà, va encore embaucher? Jean-Luc Mélenchon réquisitionnera-t-il toute l’économie?

 Chaque mesure est totalement, définitivement, absolument inapplicable. Mais le candidat l’a prévu, son programme est «cohérent» comme il le revendique. Et, en effet, les mesures s’emboîtent les unes dans les autres, elle ne sont (éventuellement) possibles qu’en imaginant une mise en œuvre générale et complète. Mais pour aboutir à une mise sous tutelle étatique très rapide de l’ensemble. Chaque mesure est sympathique mais impossible et elle n’est possible que dans un ensemble qui lui n’est pas du tout sympathique. Il nous promet l’ALBA, nous irons en Albanie.

M. Mélenchon promet la lune. Beau voyage, beau prospectus. Le péril est qu’il veut vraiment nous y emmener, tous entassés dans une vieille fusée idéologique bricolée. Lisez, vous en descendrez.

Eric Le Boucher

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>