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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Andreï Makine...

29 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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À cet instant de ma jeunesse, le verbe « vivre » a changé de sens. Il exprimait désormais le destin de ceux qui avaient réussi à atteindre la mer des Chantars. Pour toutes les autres manières d'apparaître ici-bas, « exister » allait me suffire.

Je m'éloignais du rivage quand un hélicoptère rompit la somnolence brumeuse du matin. Le seul vol de la semaine pour la petite localité de Tougour, ce coin perdu de l'Extrême-Orient. Les passagers descendirent, chargés de valises, de cabas, de rouleaux de tapis... Un bref chaos se forma entre ceux qui venaient de débarquer et ceux qui, groupés sur le lieu d'atterrissage, s'apprêtaient à monter dans l'appareil. Une femme racontait sa sortie au cinéma (un événement !), un homme calait dans son side-car un lit pliant, une nouvelle venue, frissonnant sous ses vêtements légers, se renseignait auprès des autochtones...

Je décidai d'attendre que tout le monde soit parti avant de me remettre en marche. Et c'est alors que j'aperçus cet arrivant-là.

Assis au pied d'un rocher, il vérifiait son paquetage dont les sangles fixaient des skis de chasseur, très courts et larges, recouverts de kamouss – la peau dure des pattes de renne. Ici, la neige pouvait happer le voyageur même en été. Voyageur... Je devinais qu'il ne resterait pas au village ni ne poursuivrait le vol. Son but était ailleurs.

Cette pensée m'unit à lui, tel un secret partagé. Nous voyions le même dessin cendré des monts, le soleil dans des éclats de coquillages et, sous un amas d'algues, ce bloc de glace qui bravait la tiédeur de juillet... Je me sentis très proche de cet inconnu. Pourtant, son mystère résista – une identité plus complexe que celle d'un simple trappeur de la taïga.

L'hélicoptère vrombit, souffla une volée d'aiguilles de pin, s'envola, devenant vite une petite encoche au-dessus de la mer.

L'homme se leva, endossa son fardeau, dansota pour mieux l'équilibrer. Sans remarquer mon guet, au creux d'une dune...

Se détournant de la bande côtière, si utile dans ces contrées sans routes, il rejoignit la forêt, cherchant à se rendre tout de suite invisible. Je suivis le sillage de ses pas – le craquement d'une branche, une tige couchée. Il laissait peu de traces.

Mon arrivée à Tougour, une semaine auparavant, semblait confirmer le jugement que les « soviétologues » portaient, à l'époque, sur la Russie et son communisme vieillissant qui coïncida avec notre jeunesse.

À la fin de l'année scolaire, notre classe fut coupée en deux et l'annonce tomba : le premier groupe recevrait une formation de grutiers, le second – celle de géodésistes... Âgés de quatorze ans, nous manifestions des aptitudes inégales et, malgré le nivellement de la vie en orphelinat, on trouvait parmi nous des surdoués et des cancres, des stakhanovistes teigneux et des fainéants convaincus. Un oukase du Parti aplanit ces différences. De la Sibérie centrale, on nous expédia à trois mille kilomètres à l'est, en Extrême-Orient, où un chantier avait besoin d'apprentis grutiers et de géodésistes débutants.

« Embrigadement totalitaire, glosaient les soviétologues. La dictature qui nie l'individualité humaine. » Oui, sans doute... Sauf que nous le vivions non pas en théorie, mais dans la chair de nos âmes, pleines d'insouciance et de chagrins, de soif amoureuse et d'espoirs blessés. Notre départ se confondit avec l'éblouissement du ciel et les senteurs de la taïga renaissante. Rétifs aux doctrines, nous n'avions qu'une envie : nous enivrer de ce nouveau printemps, le meilleur de notre vie, pensions-nous.

L'apprentissage débuta à Nikolaïevsk, sur la rive gauche de l'Amour, « à une heure du Pacifique », nous informa-t‐on avec une pointe de fierté. La chance de voir l'océan ne se présenta pas, nous restions sur les berges de l'estuaire.

De la géodésie, j'avais la vision d'un couple d'hommes, l'un tenant une barre graduée, l'autre collant son œil à un appareil d'optique fixé sur un trépied. Le stage enrichit peu cette idée sommaire. Négligeant la précision du vocabulaire, nos maîtres désignaient leurs outils comme « truc », « bidule » ou, plus emphatiquement, « toutes ces conneries ». Ce flou didactique nous laissa le temps d'explorer le port, humant son air marin – si doux, comparé aux rudes effluves continentaux de la Sibérie.

Après le travail, il nous arrivait de voir nos formateurs dans une buvette à ciel ouvert, face aux docks. Un soir, nous les y surprîmes en galante compagnie : une femme à la chevelure d'un blond luminescent embellissait leur binôme que nous croyions indéfectible. Or, visiblement, elle venait de le briser, car le Grand et le Petit (selon leurs surnoms) s'affrontaient. Deux bouteilles vides traînaient par terre, à côté des « bidules » et du trépied... C'était une joute hautement professionnelle : l'un comme l'autre vantaient leurs exploits géodésiques. À les entendre, chacun aurait accompli des « levés topographiques » partout en Russie. Des sites défilaient, de plus en plus improbables : d'un palais des sports à une base navale, d'un stade olympique à un stand de lancement de fusées... L'invitée sirotait son vin, avec un sourire énigmatique. Et nous, enfin, nous apprenions la terminologie ! Dans leur mâle émulation, nos pédagogues mentionnaient le goniomètre, le tachéomètre, le théodolite...

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Sortir... la Grande Sophie et Delphine de Vigan... L'une et l'autre...

29 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Culture

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Phobie scolaire : pourquoi tant d'angoisse ? Rencontre avec Nicole Catheline...

29 Avril 2017 , Rédigé par Sciences Humaines Publié dans #Education

Résultat de recherche d'images pour "Les Phobies scolaires aujourd’hui. Un défi clinique et thérapeutique, Lavoisier/Médecine Sciences, 2016."

EXTRAIT

Les enfants « malades de l’école » seraient de plus en plus nombreux… Submergés par le stress et la peur, ils préfèrent rester à la maison plutôt que de poursuivre leur scolarité. Quels sont les mécanismes qui conduisent à la phobie scolaire ?

Comment définit-on la phobie scolaire ?

Personne ne s’entend sur ce qu’est la phobie scolaire, c’est un vrai méli-mélo… On met sous ce vocable des choses très diverses. Au sens strict, le terme « phobie » renvoie à la psychanalyse qui le définit comme le déplacement d’une crainte sur quelque chose d’autre. Mais maintenant, il est tombé dans le domaine courant et la phobie scolaire est assimilée au refus anxieux de l’école, ou encore au décrochage qui n’a pas grand-chose à voir (les décrocheurs sont selon l’Éducation nationale les jeunes de 16 ans sortis du système scolaire sans qualification ni diplôme). De manière générale, ce terme de phobie scolaire se rapporte aux enfants qui n’en peuvent plus de l’école, mais pour des raisons très variables. En l’espace de cinq ou six ans, j’ai vu leur nombre multiplié par trois lors de mes consultations. C’est donc vraisemblablement un phénomène lié à la société et aux structures scolaires.

Les causes de ce rejet s’expliquent-elles par les expériences vécues à l’école ?

C’est vrai pour une partie de ces jeunes pour qui la scolarité incarne l’objet de la difficulté. Certains d’entre eux sont déficitaires ou ont des troubles d’apprentissage spécifiques « dys » (dyslexie, dysphasie, dyscalculie…), détectés trop tardivement. Ils parviennent à compenser assez longtemps et se maintiennent au niveau, mais au bout d’un moment ils lâchent. D’autres enfants vivent une maltraitance pédagogique, du fait de méthodes qui ne leur conviennent pas. Certains encore entretiennent une relation au savoir compliqué, ou sont élevés dans des familles qui n’éprouvent pas un grand intérêt pour la connaissance. Ils perdent le sens des apprentissages et décrochent au bout d’un moment. Or, quand un enfant n’arrive plus à suivre, cela l’angoisse. Mais il faut décortiquer son anxiété pour se rendre compte si c’est l’école qui en est à l’origine. Des élèves peuvent aussi être victimes de harcèlement par des pairs ou de la part d’un enseignant. À leurs yeux, le seul moyen de ne plus être harcelés, c’est de ne plus aller à l’école.

À côté des difficultés liées à l’école, quelles sont les autres sources de phobie scolaire ?

Certains enfants ont des raisons personnelles de ne pas aller bien et transportent avec eux leurs problèmes. L’école sert de révélateur de leur fragilité, car elle appuie là où cela fait mal, en les obligeant à se socialiser et à se séparer. Un parent peut rencontrer une situation difficile et l’enfant se dit qu’il doit rester à la maison pour le protéger. Par exemple, la phobie scolaire peut commencer lorsque la mère ou le père tombe malade ou se retrouve au chômage.

D’autres parents sont « collés » à leur enfant et ne le préparent pas à la séparation. Ils ne le laissent pas aller au centre aéré ou dormir chez des personnes étrangères par exemple. L’enfant est privé de relations sociales, ce qui ne l’encourage pas à faire comme les autres. Il reste scotché aux adultes et ne développe pas de raisonnement personnel, ce qui a des conséquences sur sa réussite scolaire. S’il manque de pensée hypothético-déductive, il peut s’effondrer en classe de quatrième. Quant aux parents, ils sont « responsables, mais pas coupables », car ils sont eux-mêmes pris dans des histoires compliquées. Ils ont pu vivre des choses difficiles, voire traumatisantes, dont ils veulent protéger leurs enfants. Dans mes consultations, j’aborde souvent la dimension transgénérationnelle en recevant les grands-parents : ils m’apprennent parfois que les parents ont eux aussi vécu une phobie scolaire…

(...)

Propos recueillis par Diane Galbaud

Nicole Catheline            

Pédopsychiatre, elle a récemment publié Souffrances à l’école. Les repérer, les soulager, les prévenir, Albin Michel, 2016, et, avec Jean-Philippe Raynaud, Les Phobies scolaires aujourd’hui. Un défi clinique et thérapeutique, Lavoisier/Médecine Sciences, 2016.

L'entretien complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

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Lire, c'est résister, proclament les libraires...

29 Avril 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

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Les librairies présentent 80 titres d'ouvrages labellisés «Lire/Penser/Résister», pour lutter contre le fatalisme et donner à penser.

Plus d’une soixantaine de librairies en France, mais aussi en Belgique et en Angleterre, ont décidé de mettre en avant certains titres sous le slogan Lire/Penser/Résister. «C’est une sélection de lectures qui donnent à penser, à appréhender le monde qui nous entoure, ses dangers et ses vertus, et à résister au fatalisme qui le guette», dit la page Facebook de l’opération, lancée par le Centre de diffusion de l’édition (CDE), qui diffuse une centaine de maisons.

Si on y trouve des nouveautés, ce sont majoritairement des livres de fonds, romans, essais, bandes dessinées et beaux livres : Un lieu à soi de Virginia Woolf (Denoël), Violence de Slavoj Žižek (Diable Vauvert), L’homme au marteau de Jean Meckert (Joëlle Losfeld), La Question, d’Henri Alleg (Minuit), Survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman (Minuit), JR: l’art peut-il changer le monde? (Phaidon), Chère Brigande de Michel Lesbre (Sabine Wespieser), ou encore Le Monde des hommes de Pramoedya Ananta Toer (Zulma).

Cette liste de 80 titres a été établie avec une vingtaine d’éditeurs (Christian Bourgois, Buchet-Chastel, Corti, Denoël, Diable Vauvert, Gallmeister, Joëlle Losfeld, La Table Ronde, Liana Levi, Libretto, Mercure de France, Minuit, Noir sur Blanc, Nouveau Monde, Phaidon, Phébus, P.O.L, Tallandier, Sabine Wespieser, Zulma) qui ont conseillé entre deux et six titres chacun. Elle a ensuite été soumise aux libraires début avril. Chaque jour, des librairies rejoignent le mouvement, et pas seulement pour participer au concours. Ainsi de Calligrames à La Rochelle qui a posté une photo de son étal ce vendredi 28 avril (photo ci-dessous), de la Boîte à Livres à Tours et de WH Smith à Paris la veille, du Marque Page à Quintin, du Brouillon de Culture à Caen ou de la librairie Pax à Liège (Belgique) le 26 avril.

«C’est la première fois que nous organisons une opération multiéditeurs, explique Adrien Servières, du CDE. Nous avons décidé d’exploiter toute la richesse des catalogues pour décider à notre modeste échelle de lutter contre le fatalisme ambiant.»

Frédérique Roussel

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Emmanuel Macron: ce qu'il a (vraiment) en tête pour l'école + commentaire

29 Avril 2017 , Rédigé par christophe - Liberation Publié dans #Education, #Politique, #Macron

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Vous trouverez ci-après les principaux points du "projet" Macron en matière d'Education.

J'en tire trois enseignements:

1- Emmanuel Macron et son équipe semblent profondément méconnaître le monde de l'Education;

2- la quasi totalité du "projet" est construit sur l'annonce de PROPOSITIONS que les établissements (et surtout leur Conseil d'Administration respectif) accepteront de mettre en place en totalité, en partie ou pas du tout.

En clair: "Faites ce que vous voulez". Réflexion subsidiaire: l'Education conserve-t-elle un caractère national?

3- Tout cela laisse augurer des débats certes passionnants mais des décisions TRES différentes d'un établissement à l'autre.

On voudrait mettre les établissements scolaires - notamment les collèges - en concurrence par des offres différentes qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Avec toutes les conséquences néfastes que cette concurrence ne manquera pas d'entraîner.

Les places dans les Conseils d'Administration vont être très prisées lors de leur mise en place à la rentrée 2017.

Pas certain du tout que les élèves y gagnent...

Christophe Chartreux

PS: les collègues qui n'apprécient pas plus que ça les audits, contrôles, évaluations et autres remontées statistiques ne redescendant jamais risquent fort de souffrir beaucoup...

Votons Macron le 7 mai... Vigilance ensuite...

Car tout conserver en l'état en cognant dessus ne peut être une politique pour l'école.

La refondation doit être poursuivie, amplifiée. Certainement pas plus ou moins détricotée!

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EXTRAIT (Le surlignage est réalisé par le webmaster)

Après un passage au crible des propositions de Marine Le Pen sur l’éducation, voici le même exercice avec le programme d’Emmanuel Macron.

(...)

Une équipe de quinze personnes travaille sur la partie éducation de son programme. Fanny Anor est la seule à rendre son nom public (et depuis peu), «les autres, explique-t-elle, occupent des postes ne leur permettant pas de se dévoiler, nous ne sommes pas un parti.» Prof d’histoire-géo en détachement, elle était jusqu’à peu salariée de l’Institut Montaigne (un think tank d’inspiration libérale), avant de rejoindre l’équipe Macron à plein-temps il y a quelques semaines. A l’écouter, si Emmanuel Macron est élu le 7 mai prochain, des changements pourraient se produire vite. Dès septembre.

«Nous diviserons par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en éducation prioritaire»

C’est sa mesure phare, peut-être la seule que les électeurs ont retenue du programme Macron.

(...)

Deux questions se posent dans la mise en œuvre pratique de cette mesure. Les moyens humains d’abord. Macron évalue à 12 000 le nombre d’enseignants supplémentaires nécessaires. Où va-t-il les trouver ? D’abord en affectant, dès le mois de septembre prochain, les 5000 enseignants du dispositif «Plus de maître que de classe» de François Hollande - il s’agit d’un enseignant en renfort dans les écoles en difficulté pour permettre de dédoubler certaines classes et de monter des projets. Si Macron est élu, à compter de septembre, ce bataillon de profs sera affecté en priorité dans les CP les plus défavorisés (les REP+). «Nous monterons en charge les rentrées suivantes, explique Fanny Anor. 5000 postes d’enseignants seront créés, et les 2000 restant seront des "redéploiements" Redéployés d’où ? «Nous ferons un audit précis, ce point n’est pas encore défini.»

Deuxième question pratico-pratique que pose cette mesure: les locaux. La construction et l’entretien des écoles sont du ressort des communes. Si certaines écoles ont des salles en rab, beaucoup sont étriquées. Dédoubler une classe suppose deux salles. «Nous avons préparé une enveloppe de 200 millions d’euros pour aider les communes, précise Fanny Anor. Le temps des travaux, quand il n’y aura pas de solution, deux enseignants feront classe dans la même salle.»

«Nous n’affecterons plus aucun professeur en zone prioritaire pendant ses trois premières années»

Les règles d’affectation des enseignants pourraient changer, mais seulement à la marge.

(...)

Macron veut accompagner cette mesure d’une autre, qui existe déjà dans les textes: permettre à certains chefs d’établissement de collège et lycée de recruter eux-mêmes leurs enseignants. «Cette autonomie de recrutement sera possible pour les postes à profil et à condition que l’établissement ait un projet construit», précise Fanny Anor. L’idée est de permettre aux responsables d’établissement, notamment en éducation prioritaire, de constituer une équipe motivée. Et si personne ne postule, comme cela arrive aujourd’hui ? Macron mise sur le porte-monnaie. Il s’engage à augmenter de 3000 euros par an (250 euros/mois) la prime accordée aux professeurs en REP+, en plus des 2300 déjà accordés par la ministre sortante.

«Nous donnerons davantage de liberté aux établissements…»

Emmanuel Macron utilise plusieurs tournures pour formuler cette même idée, fil conducteur dans son programme. Il parle alternativement de «donner l’initiative», de «plus d’autonomie» ou encore de «stimuler l’innovation» des acteurs de terrain. Dans la tête de Macron, ça veut d’abord dire: donner le choix d’appliquer ou non les réformes en vigueur.

• A l’école, la réforme des rythmes scolaires ne sera plus obligatoire. Un décret, publiable dès cet été, doit redonner le choix aux communes, après concertation avec les écoles. Toutes les options seront possibles: revenir à la semaine de quatre jours d’école. Conserver le rythme des quatre jours et demi, avec - ou sans !- les activités périscolaires. Le fonds d’aides aux communes continuera d’exister, mais seulement pour les plus pauvres.

Au collège, la réforme du collège pourrait aussi prendre du plomb dans l’aile. «Elle ne sera pas abrogée en tant que telle. On conserve les textes», indique Fanny Anor. Ainsi, sera conservée la deuxième langue vivante pour tous dès la cinquième (et non comme avant en quatrième). En revanche, les choses pourraient changer sur les 20% dégagés dans l’emploi du temps des élèves pour les enseignements interdisciplinaires (les fameux EPI), ces projets transversaux montés par deux ou trois profs qui font classe autrement. «Ce volume horaire de 20% demeure mais chaque établissement pourra décider de ce qu’il en fait: continuer les EPI, ou remettre en place des parcours bilingues (deux langues vivantes dès la sixième), ou bien des enseignements de langues anciennes», explique Fanny Anor. Qui tranchera? Le conseil d’administration de l’établissement.

(...)

«…En contrepartie d’une responsabilisation accrue et d’une évaluation plus régulière»

Quand il parle d’autonomie, Macron case tout de suite un autre mot «évaluation», les deux allant de pair dans son esprit. Il souhaite instaurer «un audit très complet» de chaque collège et lycée tous les trois ans. Tout serait alors passé au peigne fin: les projets pédagogiques mis en place, les résultats des élèves, le ressenti des uns et des autres (y compris des parents), mais aussi l’état des infrastructures même si leur entretien est du ressort des collectivités territoriales. Une «agence du diagnostic et de l’évaluation», sans que l’on sache son statut, formulerait des recommandations pour chaque établissement. «Il s’agira d’objectiver pour nous permettre de mieux accompagner les équipes en fonction des besoins réels», sous-titre Fanny Anor. Elle donne un exemple: «envoyer le temps nécessaire un renfort dans l’équipe de direction.» Ces évaluations seront-elles publiques au risque d’augmenter encore plus les stratégies des parents de contournement de la carte scolaire ? La réponse est oui, par souci de transparence «même s’il n’y aura évidemment pas de classement. Ce n’est pas l’idée. De toute façon, aujourd’hui, la situation est pire puisque la réputation d’un établissement se base sur des rumeurs.»

En parallèle de cet audit, chaque élève fera un «bilan personnalisé», en début d’année scolaire, de la grande section maternelle à la troisième.

«Il ne faut pas imposer la mixité. Elle naît de la possibilité pour tous d’accéder à la réussite»

On est allé piocher cette citation dans une interview dans la Voix du Nord de janvier dernier, où Macron avait brossé à gros traits pour la première fois sa vision de l’éducation. L’objectif de mixité sociale, alors affiché, ne figure pas dans le programme officiel. Est-ce à penser que rien ne sera fait sur ce terrain s’il accède à l’Elysée. Réponse de Fanny Anor: «Nous continuerons les expérimentations déjà lancées, et en associant l’enseignement privé par le dialogue.» Pas question d’utiliser la contrainte, en passant par la loi, «nous ne voulons pas rouvrir la guerre scolaire».

(...)

Marie Piquemal

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Second tour...

29 Avril 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

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EXTRAIT

Second tour

Les programmes des deux candidats sont étudiés, notamment en ce qui concerne l’éducation.

Pour le Front national, c’est Alain Avello, membre du comité stratégique de la campagne et en charge du volet éducation et fondateur du collectif Racine qui développe. En voici deux qui feront bondir nombre d’enseignants.

"« Il faut centrer la formation sur les savoirs disciplinaires seulement, et ne plus enseigner la pédagogie. Cela est un non-sens qui fait perdre du temps à tout le monde, car la pédagogie n’est pas une science. C’est un art. »

Une nouvelle discipline : « civisme et droit « Il faut donner aux élèves des raisons d’aimer la France, il faut que l’école remplisse son rôle d’"assimilatrice". »"

Du côté de Macron, on essaie de concilier autonomie et solidarité. Le Café pédagogique étudie ce programme à la loupe.

"Peut on concilier solidarité et responsabilité ? Autonomie et pilotage par l’évaluation ? C’est tout le pari du programme éducatif d’Emmanuel Macron. Etoffé et précisé par une équipe de 15 experts, le pari éducatif de Macron prend forme. On y trouve beaucoup de continuité avec la politique menée sous le quinquennat Hollande, notamment l’engagement d’appliquer les accords PPCR de revalorisation. Et des inflexions qui tentent d’injecter dans l’Education nationale plus d’autonomie, d’évaluation, de responsabilité."

Toujours pour Macron, du côté du SNES on "regrette un “programme pas assez détaillé”, et quelques “méconnaissances du système éducatif”

Quelques articles comparent les deux programmes. :

à lire chez Orange Actu et chez RTL

VousNousIls s’interroge sur le devenir des réformes quand l’un des deux candidat sera élu.

"Leurs programmes sont très différents, mais convergent sur un point : la remise en cause des réformes de Najat Vallaud-Belkacem, toujours ministre de l’Education jusqu’à la fin des élections."

Toujours des appels à faire barrage à l’extrême droite : l’UNSA, le SNES-FSU, l’AFEV.

Hier des lycéens sont ont manifesté à Paris, Rennes et Nantes : « Ni Le Pen, ni Macron »

"Près de 3000 personnes se sont rassemblés à Paris, Rennes ou Nantes ce jeudi pour protester contre les candidatures en présence au second tour de la présidentielle, provoquant des tensions avec les forces de l’ordre."

(...)

Géraldine Duboz

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

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Big Bill Broonzy...

28 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jean Rouaud...

28 Avril 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Le crachin n'a pas cette richesse rythmique de l'averse qui rebondit clinquante sur le zinc des fenêtres, rigole dans les gouttières et, l'humeur toujours sautillante, tapote sur les toits avec un talent d'accordeur au point de distinguer pour une oreille familière, les matériaux de couverture: ardoise, la plus fréquente au Nord de la Loire, tuile d'une remise, bois et tôles des hangars, verre d'une lucarne. Après le passage du grain de traîne qui clôt la tempête, une voûte de mercure tremblote au-dessus de la ville. Sous cet éclairage vif-argent, les contours se détachent avec une précision de graveur: les accroche-cœur de pierre des flèches de Saint-Nicolas, la découpe des feuilles des arbres, les rémiges des oiseaux de haut vol, la ligne brisée des toits, les antennes-perchoirs. L' acuité du regard repère une enseigne à 100 mètres- et aussi l'importun qu'on peut éviter. Les trottoirs reluisent bleu comme le ventre des sardines vendues au coin des rues, à la saison. Les autobus passent en sifflant, assourdis, chassant sous leurs pneus de délicats panaches blancs. Les vitrines lavées de près resplendissent, le dôme des arbres s'auréole d'une infinité de clous d'argent, l'air a la fraîcheur d'une pastille à la menthe, la ville repose comme un souvenir sous la lumineuse clarté d'une cloche de cristal.

Son dernier livre

zoom

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"Lycéens et lycéennes, ne vous trompez pas de combat", par Philippe Torreton...

28 Avril 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique

Le comédien s'adresse aux lycéens et étudiants ayant manifesté ce jeudi, contre l'affiche du second tour à la présidentielle.

Lycéens et lycéennes,  

Vous vivez un choc et vous le faites savoir ; vous vivez en 2017 ce que nous, plus anciens, avons vécu en 2002.

Il y a quinze ans, nous étions comme vous choqués et en colère, et nous voulions nous aussi le faire savoir haut et fort. Aujourd'hui, beaucoup d'entre nous ont pris acte d'un Fait National, qui fait front sans personne en face. Excepté vous.

Vous manifestez votre rage d'être ainsi pris en otage, et je vous comprends car se sentir poussé à voter pour quelqu'un que l'on n'a pas choisi, parce que l'on craint un plus grand danger, est énervant et c'est un euphémisme. Je le sais, j'étais comme vous en 2002. Et comme vous, j'en ai marre de voter par défaut. Et pourtant, il faut voter Macron sans hésiter, je reprends les mots de Jean-Luc Mélenchon en 2002 : "Pincez-vous le nez" si vous voulez mais votez Macron, comme on a voté Chirac.

Si je vous interpelle, c'est que, pour moi, ne pas appeler à voter Macron revient à supposer que l'abstention ou voter Le Pen est une possibilité que l'on admet. Il ne sert à rien de tortiller du croupion pour dire que je ne rendrai pas mon vote public, que j'invite à ne pas donner une voix au FN, ce qui est clair s'exprime clairement. Il faut voter Macron et il faut le faire savoir.

Le Front national n'en revient pas du cadeau que lui font certains responsables politiques et syndicaux, Marine le Pen jubile, sa campagne de second tour, commencée d'ailleurs sur les chapeaux de roue, est le signe qu'elle entend bien profiter des bouderies adolescentes de La France insoumise, de la consigne floue de LR, des atermoiements de la CGT et consorts, des appels au boycott ou aux votes nuls.

Leçon d'intransigeance

Oui, gloire à vous lycéennes et lycéens, vous donnez au pays une leçon d'intransigeance, mais il faut appeler à voter Macron. Vous n'êtes pas des politiques, vous n'avez pas de fonds de commerce, vous ne pouvez pas craindre que votre jeunesse s'abîme en appelant à voter Macron. Votre jeunesse est plus forte que cela, votre jeunesse n'a pas de déceptions électives à caresser dans le sens du poil, votre jeunesse n'a rien à marchander, votre jeunesse n'a pas de plan B européen, votre jeunesse n'est pas souverainiste, votre jeunesse en cela est dans le sens de l'histoire. Elle sait que l'Union européenne n'est que le fruit de ce que les présidents français ont signé et approuvé. Votre jeunesse ne veut pas supprimer le football après un mauvais match.

Votre jeunesse n'a aucun gage de pureté à présenter en vitrine, votre jeunesse ne prépare pas les législatives, votre jeunesse n'a que des coups à prendre et un avenir à construire et rien de bien ne peut se construire sur le nationalisme, rien de bien ne peut se construire en se coupant des autres, en rejetant l'étranger, en contrôlant la culture, en refusant la mixité. Essayez d'imaginer deux secondes ce que donnerait une France repliée sur elle-même, ça devient un tout petit pays, un territoire rabougri, une France comme un ongle incarné qui se blesse à chaque pas.

Se taire, c'est voter Le Pen.

Appeler à l'abstention, c'est voter Le Pen.

Appeler à voter blanc, c'est voter Le Pen.

Ne pas donner de consigne de vote, c'est voter Le Pen.

Ne pas dire que l'on va voter Macron, c'est voter Le Pen.

Il n'y a qu'une façon de faire barrage à l'extrême droite, au nationalisme, à la xénophobie, au racisme, à l'antisémitisme, au révisionnisme, au populisme, c'est d'appeler à voter Emmanuel Macron au second tour. Tout le reste est indigne et ne mérite que mépris.

Lycéens et lycéennes, ne vous trompez pas de combat.

Philippe Torreton

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« Cessons de contempler le désastre, empêchons-le »...

28 Avril 2017 , Rédigé par ELLE - NVB Publié dans #Education, #Politique

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Le Front National au pouvoir en France, Marine Le Pen à l’Élysée, c’est possible. Ne laissez personne vous convaincre du contraire. C’est vous et moi, avec nos bulletins de vote, qui en déciderons. Je ne vous connais pas, je ne sais pas pour qui vous avez voté au premier tour, quelle sera votre vote aux élections législatives de juin. Peu importe. Ce combat contre le Front National, nous devons le mener ensemble sans faillir, nous qui pensons qu’il n’y a pas d’avenir possible dans la xénophobie, la haine, l’exclusion de l’autre. Pas d’avenir possible dans un pays sans cohésion sociale, sans justice sociale, sans respect des institutions démocratiques, sans respect des droits des femmes, sans la paix que nous assure l’Europe.

Tous les récents scrutins en France, aux États-Unis, en Grande-Bretagne doivent nous inciter à la prudence. Je sais qu’il est difficile de croire que le danger est réel. Tout s’est passé dimanche dans une étrange atonie, comme si nous étions résignés devant l’irréversible. Nous sommes entrés dans ce moment si angoissant où la démocratie semble baisser la garde, laisser à ses ennemis la possibilité d’imposer leur vision d’une France craintive. Cessons de contempler le désastre; empêchons-le en votant massivement pour Emmanuel Macron le 7 mai ! Et dès le lendemain reprenons la bataille des idées.

Najat Vallaud-Belkacem

Propos recueillis par Hélène Guinhut.

Tribune publiée par le magazine ELLE, le 28 avril 2017.

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