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Vivement l'Ecole!

Silex and the City - Patrimoine Mondial de l'Hominidé... Vidéo topissime!...

22 Février 2017 , Rédigé par Arte Publié dans #Education

Silex and the City - Patrimoine Mondial de l'Hominidé... Vidéo topissime!...
Silex and the City - Patrimoine Mondial de l'Hominidé... Vidéo topissime!...

Captures d'images extraites de la vidéo à retrouver en cliquant ci-dessous

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L'Ecole est affaire de tous... Y compris des parents...

22 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Parents

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L’École est l’affaire de tous...

 

Elle est le « socle » de la société du futur, là où se construisent les bases du "vivre ensemble" et du "faire ensemble", les fondements d’une culture partagée, l’inculcation des premières règles du fonctionnement citoyen, la partie commune de notre appartenance à une « nation ». Tous doivent y contribuer : chacun à sa place, mais les uns AVEC les autres et non les uns CONTRE les autres. Ainsi penser un « lieu » institutionnalisé où, sans intrusion ni rejet de part et d’autre, puisse être organisées la rencontre entre tous les acteurs concernés est une urgence.

 

La question de la place des parents dans l’École a toujours crispé : les positions des uns et des autres pourraient se résumer autour de la revendication des enseignants à se penser légitimes en raison de leurs compétences professionnelles, distanciées face à des parents dont les attitudes seraient saturées par les affects. De leur côté, beaucoup de parents, que l’École renvoie à leur propre parcours personnel et leur propre histoire, ont un regard acéré sur ce qu’ils considèrent comme efficace, surtout si cela a bien fonctionné pour eux. Au fond, l’École est perçue de manière bivalente : comme entité à part de la société (« on y met ses enfants ») ; comme un lieu dont chacun se sent expert. Ces antagonismes, parfois entachés de violences symboliques et verbales, doivent être dépassés.

 

L’idée d’une aide à la parentalité, avec la création d’Écoles de parents, ouvertes gratuitement à toutes les familles, avait provoqué des remous lors des élections présidentielles de 2007. La proposition du Groupe Éducation – Savoirs et émancipation qui a réfléchi, pour le Parti socialiste en particulier, à la question du collège et qui suggère que, stratégiquement, une salle collégiale pour les parents (et les associations agrées) puisse être implantée en proximité de la salle des professeurs » a provoqué moins d'effets mais peu d'effets. Il faut rester prudent face à des positions purement électoralistes, car l’enjeu est d’importance.

 

Il conviendrait d’y rendre possible très rapidement des rencontres de plusieurs types. Ainsi, ces écoles des parents pourraient être des lieux où les parents démunis trouveront des formations, des conseils à l’aide aux devoirs, des lieux où des conseillers d’orientation psychologue scolaire tiendront des permanences, des lieux où des échanges informels sur des projets scolaires pourront être partagés entre les différents acteurs et proposés ensuite aux instances compétentes (conseil d’École ; conseil d’administration des établissements…). Il conviendrait aussi d’associer les parents d’élèves, volontaires et via leurs instances représentatives, à la réflexion précédant la rédaction des projets d’école et d’établissement (comme c'est le cas en Finlande par exemple).

 

Il conviendrait enfin que tous les collèges et lycées disposent d’au moins un(e) infirmier(e) et un(e) conseiller(e) d’orientation psychologue scolaire à temps plein, les parents étant démissionnaires sur au moins deux sujets sensibles :

 

la sexualité et la contraception, quel que soit le milieu social, au collège et au lycée.

 

Christophe Chartreux/Nicole Allieu Mary

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A Voir... Chez Nous... Lucas Belvaux... Sortie le 22 février...

22 Février 2017 , Rédigé par Youtube - Télérama Publié dans #Cinéma, #FN

De coiffeuse dans Pas son genre, elle est devenue infirmière à domicile : revoici Emilie Dequenne (immédiatement convaincante, à nouveau) en héroïne quotidienne du nord de la France. Mais la cohésion sociale, qui semblait encore relier les habitants modestes d'Arras dans le précédent film de Lucas Belvaux, a disparu au sein de cette petite ville imaginaire, située entre Lens et Lille. La précarité, le chômage et l'isolement font mourir les gens à petit feu (c'est le thème de la première scène), ou bien les dressent les uns contre les autres. De sorte que le parti populiste appelé le Bloc patriotique (toute ressemblance avec une formation existante est délibérée) n'a plus qu'à peaufiner sa stratégie, à l'approche de l'élection locale. Il s'agit de recruter une tête de liste unanimement appréciée sur place. Le notable dévoué au parti que joue André Dussollier (excellent, lui aussi) jette son dévolu sur Pauline l'infirmière. D'abord abasourdie (son père est un ancien métallurgiste gauchiste), puis flattée, elle se laisse convaincre.

(...)

Louis Guichard

Suite et fin de la critique de Télérama en cliquant ci-dessous...

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Bayrou, une résolution très ''personnelle''... Par Claude Lelièvre...

22 Février 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Histoire

Son dernier livre («Résolution française») écrit en vue de l'élection présidentielle est tout à fait édifiant quant à son mode - très personnel - de «résolution». En particulier le moment «carolingien» où il se réfère à «Carolus Magnus» (un substitut du «Grand Charles» ?)

Au cœur de son exposition sur l'Ecole : une opposition (plus que caricaturale, mais susceptible de capter des électeurs) entre « deux conceptions de l'école, l'école qui veut d'abord transmettre, qui croit aux contenus, et l'école qui croit que la pédagogie est d'abord animation » (sic). Pour en finir avec « cette guerre qui dure depuis des décennies » (re-sic) et refonder à sa façon l'Ecole, François Bayrou a une solution inédite : en revenir à la fondation (fantasmée) de l'école carolingienne  et à son programme (soi-disant) quasi intemporel (!) de '' blocs de connaissance'' !

« Du temps où Charlemagne inventait l'école - ce sacré Charlemagne - son ministre de l'éducation nationale à la mode du temps s'appelait Alcuin. Le moine Alcuin définit les premiers programmes scolaires auxquels on réfléchissait depuis sept ou huit siècles. Nous croyons toujours avec une touchante naïveté, que nous inventons tout . Il y a deux mille ans qu'on y pense, qu'y réfléchissent des esprits incroyablement profonds et agiles. Et la réflexion du temps conduisit à deux blocs de connaissance, trois disciplines d'un côté, le trivium, les ''trois chemins'', quatre disciplines de l'autre, le quadrivium, les ''quatre  chemins''. Et pour qu'une éducation soit achevée, il fallait maîtriser les deux blocs : le premier, les disciplines littéraires, la grammaire, la maîtrise de la langue, sa correction, le bien parler, et l'argumentation ; et le deuxième bloc, c'était les disciplines que nous dirions ''scientifiques'', l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie (on dirait aujourd'hui la'' physique'') auxquelles on ajoutait la musique. Si je peux y ajouter l'éducation physique et sportive, je signe tout de suite  […]. Voilà d'où nous venons. Voilà ce que tous les parents cherchent instinctivement pour leurs enfants » (« Résolution française », François Bayrou, éditions de l'Observatoire, février 2017, pages 213 et 214).

Si François Bayrou dit vrai, alors c'est cela qu'il aurait dû avoir à l'esprit lorsqu'il a répondu à l'une de mes questions lors de son audition par la commission'' Thélot''. Mais il s'en est fallu de beaucoup !

Verbatim de l'audition de François Bayrou le 28 avril 2004.

Claude Lelièvre : « D'après mes informations, vous demandez en 1994 à la direction des Ecoles, et certainement à son directeur, de rédiger en deux pages une liste de ce qu'un élève ne peut ignorer en quittant les enseignements du premier degré pour entrer au collège. Avec une certaine obstination, quelques jours plus tard, vous réitérez la demande. […]. Il n'y a pas eu de suites- en tout cas que j'ai perçues. Quel diagnostic portez-vous sur cet épisode ? »

François Bayrou : « Merci beaucoup, monsieur Lelièvre. C'est très attentif et chaleureux de votre part d'avoir mentionné cet épisode. Je pourrais vous en citer cinquante de ce type, mais celui-là est éclairant . Du temps où j'étais ministre de l'Education nationale, j'avais énoncé les deux lois de Bayrou. Première loi : quand vous demandez quelque chose de ce genre, le directeur vient vous voir et vous dit :''Monsieur le ministre, c'est impossible''. Alors vous laissez entendre que si c'est impossible avec ce directeur là, on le fera avec un autre. Et là, deuxième loi de Bayrou, on revient vous voir le lendemain en disant : ''Monsieur le ministre, c'est déjà fait''. C'est donc sûrement ce qui s'est passé.

Et cependant la question était juste, pertinente, essentielle. Et je peux essayer d'y répondre ; il me semble que c'est assez simple. Je serais heureux pour notre pays qu'au moment d'entrer en sixième, les élèves sachent lire un texte à une vitesse raisonnable, en comprenant l'intrigue et les mots courants qui sont utilisés. Je serais heureux qu'ils sachent écrire un paragraphe sans trop de fautes. Je serais heureux qu'ils sachent compter de tête. - et je voudrais m'arrêter quelque temps sur ce sujet […]. Pour poursuivre sur la question de monsieur Lelièvre, je suis pour qu'on sache où on en est dans le temps et dans l'espace. Et qu'on essaye de se représenter les principaux événements historiques et les principales figures que cela impose – on a réécrit les programmes de l'école primaire en ce sens. C'est depuis ce changement que l'on étudie les grandes figures que sont Saint-Louis, Jeanne d'Arc, Marie Curie – on a pris comme ça 22 grandes figures. De la géographie également : espace et temps. Et puis une initiation à la musique des langues vivantes, la langue française ayant une inscription tonale particulière, avec accent sur la dernière syllabe des mots, les autres langues romanes et anglo-saxonnes n'ayant pas du tout la même mélodie, je trouverais important que l'on ait cette notion à la sortie de l'école primaire. Avec ça, qui tient effectivement en deux pages, je trouve que l'on aurait déjà bâti quelque chose. »

Claude Thélot : « Sur le processus d'élaboration du socle, monsieur le ministre ? »

François Bayrou : « Je pense que le boulot d'un ministre est de prendre le risque d'écrire sur deux pages – en fait, monsieur Lelièvre, c'est ce que j'aurais dû faire, tout simplement. Mais à l'époque, je croyais encore aux directeurs »

On aura remarqué qu'il y a des différences très sensibles quant à ce qui doit être ''transmis'' ( pourtant un point capital selon François Bayrou, et qui devrait s'imposer sans différences et sans différends majeurs à ce qu'il prétend) entre d'une part la définition donnée par l'ancien ministre de l'Education nationale lors de son audition par la commission Thélot en avril 2004 et d'autre part la définition qu'il donne comme évidente du trivium et quadrivium en 2017 (en particulier : en 2004, mentions d'histoire, de géographie et de langues étrangères qui ne font pas partie formellement du trivium et du quadrivium ; et inversement absence totale de références aux arts ou aux sciences, qui existent -elles- dans le cadre du trivium et du quadrivium... ).

On aura remarqué aussi (et sans doute surtout...) la curieuse légèreté du mode de ''gouvernance'' (ou de ''résolution''...) du ministre de l'Education nationale François Bayrou : une demande à son directeur des Ecoles qui n'est pas exaucée, mais dont il se satisfait finalement dans la pratique sans s'en inquiéter pour autant (« c'est donc sûrement ce qui s'est passé ») alors même qu'il la jugeait pourtant essentielle (« et cependant la question était juste, pertinente, essentielle »)...

On a ainsi, en deux moments différents, un concentré du personnage « Bayrou » qui en dit long sur lui (en particulier sur son mode de ''résolution'' des problèmes : une grande ''assurance'' quant au ton, mais finalement très ''oscillante'' voire ''vacillante'' sur le fond). Et il n'était pourtant pas alors (pas encore, à Dieu ne plaise !) en situation d'être chef de l'Etat (même s'il a toujours cru fermement qu'il le deviendrait). Une sacrée « Résolution française », sacré Charlemagne !

Qui a eu cette idée folle
Un jour d'inventer l'école
C'est ce sacré Charlemagne
Sacré Charlemagne

Participe passé
4 et 4 font 8
Leçon de français
De mathématiques
Que de que de travail
Sacré sacré sacré Charlemagne

Claude Lelièvre

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Réseau espérance Banlieue - L'école des réac-publicains...

21 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

http://www.questionsdeclasses.org/reac/IMG/png/version_simple_en_ligne_site.png

Suite au reportage du 20h de France2 en date du 21/02/2017 ayant pour sujet les "écoles" du Réseau Espérance Banlieue, je publie cette cartographie de la nébuleuse des "réac-publicains" proposée par le blog :

L’École des réac-publicains

Ce réseau où n'enseignent que des personnes de confession catholique fait partie de cette nébuleuse.

Le reportage de France 2 nous apprenait que une "enseignante", travaillant dans la finance était devenue "institutrice" en l'espace de deux mois.

Le message véhiculé par ce type d'affirmation est:

- dangereux car il laisse supposer qu'être Institutrice ne demande aucune formation;

- insultant pour TOUS les collègues Professeurs d'école qui ont du être surpris d'apprendre que leurs années d'études et de formation ne servaient strictement à rien puisqu'en l'espace magique d'un été était apparue une "institutrice", comme si le seul fait d'être adulte devant des élèves permettait de se voir bombarder enseignant-e!

Nous avons appris aussi, d'après le directeur de cette "école", que les garçons étaient plus "eux-mêmes entre garçons" et les filles plus "naturelles entre filles"...

Lamentable!

Christophe Chartreux

La cartographie plus "lisible" ci-dessous

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Bernard Lavilliers...

21 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Thomas Mann...

21 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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« Mon Dieu, oui, la société est parfois un peu mêlée dans un tel établissement. On ne peut pas toujours choisir ses voisins de table, - ou cela vous mènerait-il ? A notre table, il y a aussi une dame de ce genre, Mme Stöhr, je crois que vous la connaissez, d’une ignorance meurtrière, il faut l’avouer, et quelquefois on ne sait pas trop où regarder lorsqu’elle bavarde. Et en même temps, elle se plaint de sa température et de se sentir si fatiguée, et il semble que ce ne soit pas du tout un cas si bénin. C’est si bizarre – sotte et malade – je ne sais pas si je m’exprime exactement, mais cela me semble tout à fait singulier lorsque quelqu’un est bête et de plus malade, lorsque ces deux choses sont réunies, c’est bien ce qu’il y a de plus attristant au monde. On ne sait absolument pas quelle tête on doit faire, car à un malade on voudrait témoigner du respect et du sérieux, n’est-ce pas ? La maladie est en quelque sorte une chose respectable, si je puis ainsi dire. Mais lorsque la bêtise s’en mêle, avec des « formulus » et des « institus cosmiques » et des bévues de cette taille, on ne sait vraiment plus si l’on doit rire ou pleurer, c’est un dilemme pour le sentiment humain, et plus lamentable que je ne saurais dire. J’entends que cela ne rime pas ensemble, cela ne s’accorde pas, on n’a pas l’habitude de se représenter cela réuni. On pense qu’un homme doit être bien portant d’ordinaire, et que la maladie doit rendre l’homme fin et intelligent et personnel. C’est ainsi que l’on se représente d’habitude les choses. N’est-ce pas votre avis ? J’avance peut-être plus que je ne pourrais justifier, conclut-il. Ce n’est que parce que cela m’est venu par hasard… » Et il se troubla.
Joachim, lui aussi, était un peu embarrassé et Settembrini se tut, les sourcils levés, en faisant semblant d’attendre par politesse que son interlocuteur eût terminé. En réalité, il attendait que Hans Castorp se fût complètement troublé avant de répondre :
« Sapristi, mon cher ingénieur, vous déployez là des dons philosophiques que je ne vous aurais jamais prêtés. D’après votre théorie il faudrait que vous soyez moins bien portant que vous ne vous en donnez l’air, car il est évident que vous avez de l’esprit. Mais permettez-moi de vous faire remarquer que je ne puis pas suivre vos déductions, que je les récuse, oui, que je m’y oppose avec une hostilité véritable. Je suis, tel que vous me voyez ici, un peu intolérant en ce qui touche les choses de l’esprit, et j’aime mieux me faire traiter de pédant que de ne pas combattre des opinions qui me semblent aussi répréhensibles que celles que vous venez de développer devant nous…
- Mais, monsieur Settembrini…
- Permettez… Je sais ce que vous voulez dire. Vous voulez dire que vous n’avez pas pensé cela très sérieusement, que les opinions que vous venez d’exprimer ne sont pas précisément les vôtres, mais que vous n’avez en quelque sorte que saisi au passage une des opinions possibles et qui flottaient pour ainsi dire dans l’atmosphère, pour vous y essayer une fois, sans engager votre responsabilité propre. Ceci répond à votre âge, qui manque encore de résolution virile et se plaît à faire provisoirement des essais avec toute sorte de points de vue. « Placet experiri », dit-il en prononçant le c de placet à l’italienne. Un excellent principe. Ce qui me rend perplexe, c’est tout au plus le fait que votre expérience s’oriente justement dans une certaine direction. Je doute que le hasard y soit pour beaucoup. Je crains qu’il n’existe chez vous un penchant qui menacerait de devenir un trait de caractère s’il n’était pas combattu. C’est pourquoi je me sens obligé de vous reprendre. Vous m’avez dit que la maladie, jointe à la bêtise, était la chose la plus attristante qui soit au monde. Je puis vous accorder cela. Moi aussi je préfère un malade spirituel à un imbécile phtisique. Mais ma protestation s’élève dès l’instant où vous commencez à considérer la maladie au même titre en quelque sorte que la bêtise, comme une faute de style, comme une erreur de goût de la Nature et comme un « dilemme pour le sentiment humain » ainsi qu’il vous a plu de vous exprimer. Et lorsque vous paraissez tenir la maladie unie à la bêtise pour quelque chose de si noble et – comment disiez-vous donc ? – de si digne de respect qu’elle ne s’accorde pas le moins du monde avec la bêtise. Telle était, je crois, l’expression dont vous vous êtes servi. Eh bien, non ! La maladie n’est aucunement noble, ni digne de respect, cette conception est elle-même morbide, ou ne peut que conduire à la maladie. Peut-être éveillerai-je le plus sûrement votre horreur contre elle, en vous disant qu’elle est vieille et laide. Elle remonte à des temps accablés de superstitions où l’idée de l’humain était dégénérée et privée de toute dignité, à des termes angoissés auxquels l’harmonie et le bien-être paraissaient suspects et diaboliques, tandis que l’infirmité équivalait à une lettre de franchise pour le ciel. Mais la raison et le Siècle des Lumières ont dissipé ces ombres qui pesaient sur l’âme de l’humanité – pas complètement : la lutte dure aujourd’hui encore. Et cette lutte, cher Monsieur, s’appelle le travail, le travail terrestre, le travail pour la terre, pour l’honneur et les intérêts de l’humanité, et, chaque jour retrempées par cette lutte, ces forces finiront par affranchir définitivement l’homme et par le conduire sur les chemins de la civilisation et du progrès, vers une lumière de plus en plus claire, de plus en plus douce et de plus en plus pure »
« Nom de Dieu, pensa Hans Castorp, stupéfait et confus, on dirait un air d’opéra ! Par quoi ai-je provoqué cela ? Cela me semble un peu sec d’ailleurs. Et que veut-il donc toujours avec le travail ? D’autant que cela me semble bien déplacé, ici. » Et il dit :
« Très bien, monsieur Settembrini. Vous dites cela admirablement… On ne pourrait pas du tout l’exprimer plus… d’une manière plus plastique, veux-je dire…
- Une rechute, reprit Settembrini, en levant son parapluie au-dessus de la tête d’un passant, une rechute intellectuelle dans les conceptions de ces temps obscurs et tourmentés, - croyez-m’en, ingénieur, - c’est de la maladie, c’est une maladie explorée à satiété, pour laquelle la science possède plusieurs noms, l’un qui ressortit à la langue de l’esthétique et de la psychologie, et l’autre qui relève de la politique, - ce sont des termes d’école qui n’ont rien à voir ici et dont vous pouvez parfaitement vous passer. Mais comme tout se tient dans la vie de l’esprit, et qu’une chose découle de l’autre, que l’on ne peut pas abandonner au diable le petit doigt sans qu’il vous prenne toute la main et tout l’homme par surcroît… comme, d’autre part, un principe sain ne peut jamais produire que des effets sains, quel que soit celui que l’on pose à l’origine, - souvenez-vous donc que la maladie, loin d’être quelque chose de noble, de par trop digne de respect pour pouvoir être sans trop de mal associée à la bêtise, - signifie bien plutôt un abaissement de l’homme, oui, un abaissement douloureux et qui fait injure à l’Idée, une humiliation que l’on pourrait à la rigueur épargner et tolérer dans certains cas particuliers, mais que l’honorer sous l’angle de l’esprit – rappelez-vous cela ! – signifierait un égarement, et le commencement de tout égarement spirituel. Cette femme à qui vous avez fait allusion – je renonce à me rappeler son nom, - Mme Stöhr donc, je vous remercie, - bref cette femme ridicule – ce n’est pas son cas, me semble-t-il, qui place le sentiment humain, comme vous le disiez, devant un dilemme. Elle est malade et bête, - mon Dieu, c’est la misère en personne, la chose est simple, il ne reste qu’à avoir pitié d’elle et à hausser les épaules. Mais le dilemme, monsieur, le tragique commence là où la nature fut assez cruelle pour rompre – ou empêcher dès le début – l’harmonie de la personnalité, en associant une âme noble et disposée à vivre à un corps inapte à la vie. Connaissez-vous Léopardi, ingénieur, ou vous, lieutenant ? Un poète malheureux de mon pays, un homme bossu et maladif, une âme primitivement grande, mais constamment abaissée par la misère de son corps, et entraînée dans les bas-fonds de l’ironie, mais dont les plaintes déchirent le cœur. Ecoutez ceci ! »
Et Settembrini commença de déclamer en italien, en laissant fondre sur sa langue les belles syllabes, en tournant la tête d’un côté ou de l’autre et en fermant parfois les yeux, sans se soucier de ce que ses compagnons ne comprenaient pas un traître mot. Visiblement il s’efforçait de jouir lui-même de sa mémoire et de sa prononciation, tout en les mettant en valeur devant ses auditeurs. Enfin il dit :
« Mais vous ne comprenez pas, vous écoutez sans percevoir le sens douloureux de cela. L’infirme Léopardi, messieurs, pénétrez-vous-en bien, a été surtout privé de l’amour des femmes, et c’est cela qui l’a empêché d’obvier au dépérissement de son âme. L’éclat de la gloire et de la vertu pâlissait à ses yeux, la nature lui semblait méchante – d’ailleurs elle est mauvaise, bête et méchante, sur ce point je lui donne raison – et il désespéra, c’est terrible à dire, il désespéra de la science et du progrès. C’est ici que vous entrez dans la tragédie, ingénieur. C’est ici que vous avez votre « dilemme de l’âme humaine », mais non pas chez cette femme-là, je renonce à encombrer ma mémoire de ce nom… Ne me parlez pas de la « spiritualisation » qui peut résulter de la maladie, pour l’amour de Dieu, ne faites pas cela ! Une âme sans corps est aussi inhumaine et atroce qu’un corps sans âme, et, d’ailleurs, la première est l’exception rare et le second est la règle. En règle générale, c’est le corps qui prend le dessus, qui accapare toute la vie, toute l’importance et s’émancipe de la façon la plus répugnante. Un homme qui vit en malade n’est que corps, c’est là ce qu’il y a d’antihumain et d’humiliant, - dans la plupart des cas il ne vaut guère mieux qu’un cadavre… »
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Revue de Presse Education... A faire et à venir - Privé...

21 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... A faire et à venir - Privé...

Dernière semaine de vacances pour les uns et reprise pour les autres l’actualité éducative se réveille tout doucement par des idées à faire et à venir. Et puis le "privé" se conforte.

A faire et à venir

Pourquoi il faut supprimer les classes prépas, Normale Sup et l’agrégation par Fabrice Bouthillon, agrégé d’histoire, normalien, professeur des universités à Brest, auteur de "l’Impossible université" qui vient de publier un livre. L’article remonte aux origines de nos particularités.

L’efficacité des Rased mise en cause par une étude. “Les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) vont-ils faire à nouveau les frais de la probable alternance politique ? C’est ce que craignent les associations d’enseignants spécialisés après la publication par l’IREDU d’une étude qui met en doute leur efficacité. Réalisée par Claire Bonnard, Jean-François Giret et Céline Sauvageot, l’étude point une recrutement trop large des élèves, un effet d’étiquetage néfaste à leur carrière scolaire et des résultats neutres ou négatifs. Les associations de maitres des Rased pointent des failles dans l’étude et craignent des suites politiques. Des enseignants du premier degré sont inquiets.”

La scolarité obligatoire de 3 à 18 ans bientôt expérimentée en Outre-Mer. “La scolarité obligatoire de 3 ans à 18 ans devrait être expérimentée dans l’Outre-Mer, à la rentrée 2018. Mais cette extension de la scolarité sera-t-elle facile à mettre en oeuvre ?

Quels enjeux éducatifs pour 2017 ? Premières pistes..., une mise en garde sur le site de Philippe Meirieu : “Mettons l’éducation au cœur des débats politiques, mais sachons, au-delà des catalogues de mesures, en voir les enjeux de société. Bref, sachons faire de la politique.”

L’avenir de nos jeunes, est-ce important ? L’orientation scolaire et professionnelle n’est pas un luxe, mais une nécessité. Mais c’est Luc Gélinas Président de l’Association des conseillères et des conseillers d’orientation du réseau scolaire du Québec qui pose cette question. “La formation professionnelle, la formation préuniversitaire ou technique, quel choix faire ? Les choix et les particularités par établissement sont multiples en 2017. Pour les accompagner et les orienter vers un choix qui répondra à leurs aspirations et leurs besoins, il est impératif d’avoir accès à des professionnels en choix de carrière. Ont-ils la possibilité d’être accompagnés pour faire le meilleur choix ? Peuvent-ils être rencontrés et guidés par un conseiller d’orientation (C.O.) ?

Privé

Montessori, Freinet  : ces alternatives à l’école publique. “Sur les réseaux sociaux, dans les milieux éducatifs ou dans les ouvrages pour parents, la “bienveillance éducative” a un succès fou. Les jardins d’enfants et écoles aux pédagogies alternatives se multiplient pour répondre à la nouvelle demande.” Article bien sûr “non-public”, réservé aux abonnés !

Thomas Blettery (Ashoka) : « Nous ne nous situons pas en opposition au système public, mais au contraire à ses côtés ». Thomas Blettery est responsable du programme éducation de l’association Ashoka France. “Nous ne nous situons pas en opposition au système public mais au contraire à ses côtés. Nous identifions et soutenons, sans aucun dogme, les innovations qui «  marchent  » et sont susceptibles de faire tache d’huile, sans pour autant prôner une quelconque privatisation du système. Nous sommes convaincus que des innovations qui ont le potentiel d’améliorer l’écosystème éducatif peuvent aussi émerger à la marge de celui-ci, et qu’on aurait tort de s’en priver. Pour être autant que possible représentatifs du contexte éducatif français, nous portons d’ailleurs aujourd’hui nos efforts sur l’identification d’établissements scolaires publics en REP et dans le secondaire, encore trop peu représentés au sein du réseau Ashoka, et ce avec l’appui du ministère.”

L’enseignement supérieur privé, un marché à deux vitesses par Cécile Peltier. “Le marché de l’enseignement supérieur privé français a aiguisé l’appétit des fonds d’investissement. Mais le vent pourrait tourner, selon Serge Nicolas, senior advisor chez Odyssey Education Group, groupe d’investissement et de conseil. Entretien en amont de la conférence EducPros du 23 février 2017.”

Bonnenote.fr, le site qui fait vos devoirs, crée la polémiqueLe site Bonnenote.fr, qui propose des services éducatifs dont la rédaction payante de devoirs pour collégiens, lycéens et étudiants, est dans le viseur des parents, des élèves et du ministère de l’Education nationale.”

Réinventons l’orientation scolaire par Thierry Debarnot, co-fondateur de digiSchool. “Après le bac, trop d’étudiants changent de cursus ou abandonnent. Il est urgent de repenser l’orientation des élèves, bien avant l’échéance post-bac.”

La pauvreté demeure un obstacle et un défi pour l’école. "Que la France compte 5 millions ou 8,8 millions de pauvres, selon qu’on fixe à 50% ou 60% du revenu médian le seuil de pauvreté, celle-ci se répercute sur les publics scolaires et représente la pointe avancée d’une crise sociale qui n’a cessé de s’approfondir depuis trente  ans."

Bernard Desclaux

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Et pendant ce temps-là... 1,4 million d'enfants risquent de mourir de la famine dans 4 pays d'Afrique...

21 Février 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Politique, #Monde, #Enfants

http://veilleperso.com/29-images-plus-tristes-monde-4394

http://veilleperso.com/29-images-plus-tristes-monde-4394

"C’est sans précédent", explique Peter Smerdon, directeur adjoint du Programme alimentaire mondial.

Près de 1,4 million d'enfants risquent de mourir de la famine cette année au Nigéria, en Somalie, au Soudan du sud et au Yémen, selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

Au Yémen, où une guerre civile fait rage depuis près de deux ans, 462.000 enfants souffrent de malnutrition sévère et ils sont 450.000 dans le nord-est du Nigeria, où sévit le groupe islamiste Boko Haram.

Fews Net, le Réseau des systèmes d'alerte précoce contre la famine, a noté que les régions les plus reculées de la province de Borno au Nigéria sont déjà frappées par la famine depuis la fin de l'année dernière.

Guerre, sécheresse...

Le désastre va aller en empirant, les agences d'aide étant dans l'impossibilité d'atteindre les victimes, souligne l'Unicef. La sécheresse en Somalie a laissé 185.000 enfants au bord de la famine et ils seront quelque 270.000 d'ici quelques mois, a mis en garde l'agence onusienne.

Au Soudan du sud, plus de 270.000 enfants souffrent de malnutrition et la famine vient juste d'être déclarée dans certaines parties de l'Etat d'Unité (nord) où vivent 20.000 enfants.

Le directeur de l'Unicef Anthony Lake a appelé à agir vite:

"Nous pouvons encore sauver de nombreuses vies"
20 millions de personnes menacées

"Quatre pays risquent la famine en 2017, c’est sans précédent, explique Peter Smerdon, directeur adjoint du Programme alimentaire mondial, dans une interview à France 24.

"Jusque-là, nous n’en avions jamais vu plus de deux en même temps. Quand on atteint l’état de famine, il est déjà trop tard pour de nombreuses personnes. Et quand le pays se relève, il faut dépenser une somme importante pour essayer d’aider les populations à s’en sortir, ce qui prend des années."

Plus de 20 millions de personnes pourraient de mourir de faim d'ici l'été, estime-t-il.

L'Obs (Avec AFP)

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