Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Education : « Les enfants ont besoin de contraintes »

6 Février 2017 , Rédigé par Le Parisien Publié dans #Education, #Pédagogie

Afficher l'image d'origine

Philippe Meirieu, spécialiste des sciences de l'éducation.

Bien qu'elle attire de plus en plus de parents, la philosophie des écoles démocratiques trouve peu de défenseurs parmi les spécialistes de la pédagogie et des sciences de l'éducation. S'il comprend les raisons qui poussent les familles à se détourner d'une Education nationale « vécue comme une machine incapable de s'intéresser au développement de l'enfant », le professeur Philippe Meirieu est lui-même très sévère sur le concept.

« Des familles veulent reprendre le pouvoir sur des institutions qu'elles estiment oppressantes. Mais les enfants ont besoin de contraintes, qui les aident à se dépasser », explique le chercheur en sciences de l'éducation. « Il est illusoire de penser que l'enfant apprend seul. Ce système ne peut marcher que pour ceux qui bénéficient par ailleurs d'une très bonne éducation... et qui n'ont finalement pas besoin d'école pour réussir. Mais pour tous les autres, qui grandissent dans des environnements moins favorisés, un cadre sécurisant est tout à fait nécessaire », martèle le spécialiste.

Selon lui, le risque est grand qu'en abandonnant l'idée de contrainte, « on lui substitue une forme d'emprise psychologique dangereuse : s'il n'y a pas de cadre, c'est un phénomène de séduction qui structurera l'enfant ».

Le Parisien

Lire la suite

Revue de Presse Education... Inégalités - Privé - Élections - Malaise enseignant...

6 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Afficher l'image d'origine

EXTRAITS

(...)

Inégalités

Cette semaine, plusieurs publications nous rappellent qu’il y a mieux à faire que de s’écharper sur des règles de grammaire et que la question des inégalités devrait être au cœur des débats politiques (et pas seulement sur l’École, d’ailleurs).

Les destins scolaires sont déjà largement joués en sixième, nous disent Alternatives économiques ou encore La Croix en s’appuyant sur une récente étude de l’Insee.

Étudiant la situation en 2015 des élèves entrés en sixième en 2007, elle montre que 77 % des enfants les plus performants aux évaluations de 6e ont obtenu le baccalauréat sans redoubler et poursuivent des études supérieures. Inversement, seuls 14 % des collégiens les moins performants en 6e suivent des études supérieures. Près de la moitié d’entre eux n’est même plus scolarisée. Le fait d’arriver « en retard » au collège (à l’âge 12 ans ou plus) réduit de la même manière les chances de suivre des études huit ans après. L’origine sociale joue également : 68 % des enfants de cadres de la cohorte étudiée poursuivent des études supérieures, contre seulement 32 % des enfants d’ouvriers. De même, les écarts selon le sexe sont significatifs : une fille sur deux est inscrite dans l’enseignement supérieur, alors qu’il n’y a que quatre garçons sur dix dans cette situation. Les auteurs précisent néanmoins que le niveau des acquis en 6e est le plus fort déterminant : « Toutes choses égales par ailleurs, il joue plus sur le destin scolaire des jeunes que le sexe, l’origine sociale, le lieu de résidence, le type d’établissement, ou encore l’âge d’entrée en 6e ». Un constat qui confirme donc, s’il en était besoin, les grandes difficultés de l’école française à lutter contre les inégalités.

Denis Peiron dans La Croix essaye de passer du constat à l’analyse en interviewant le Délégué général du laboratoire d’idées Vers le haut. Pour Marc Vannesson, l’étude de l’Insee “ vient confirmer une situation regrettable : notre système scolaire n’est pas capable de s’adapter à la situation d’un jeune tant qu’il n’a pas totalement décroché. Une fois que l’élève est en rupture, on peut s’appuyer sur des dispositifs qui ont fait leurs preuves, notamment les micro-lycées, dont le nombre a augmenté ces dernières années. Mais auparavant, on conserve une logique de moule dans lequel tout le monde doit entrer, on ne parvient pas à faire du sur-mesure…

Plutôt que de s’enfermer dans des querelles somme toute stériles sur le fait de savoir si l’École augmente les inégalités ou si elle ne les augmente pas , il serait peut-être plus urgent de se demander si le système éducatif fait sa part dans la réduction des inégalités. Et de faire de cette question, le véritable enjeu de la campagne présidentielle.

(...)

Élections

Cette rubrique risque fort de devenir récurrente au cours des prochains mois. La multiplication des déclarations et les précisions sur les programmes vont en alimenter la chronique.

(...)

Samedi, à Lyon, Marine Le Pen a dévoilé son projet présidentiel avec 144 engagements . Parmi ceux-ci, quelques uns concernent l’École en particulier les engagements 101 à 107. On peut y lire beaucoup de généralités avec des mots qui ne font pas peur (“mérite” et “méritocratie”,“transmission”, “égalité des chances”,...) et peu de propositions concrètes sinon la suppression de certaines mesures actuelles. C’est le propre d’un discours démagogique. Et c’est finalement cette banalité qui est le plus inquiétant car ce discours on a déjà l’impression de l’avoir entendu mille fois en salle des profs...

Toutefois, un engagement mérite toute notre attention, c’est le n°81 qui propose la suppression du collège unique et le retour près de 60 ans en arrière avec la sélection précoce à 14 ans… On retrouve d’ailleurs ici des idées déjà développées par certains des candidats à la primaire de la droite. Cette proposition peut séduire une bonne partie de l’opinion publique convaincue de la nécessité d’offrir quelque chose aux enfants qui ne seraient pas “faits pour les études” et de l’importance de la valorisation de l’apprentissage et du travail manuel (l’ « intelligence de la main » de Bruno Lemaire). Le problème c’est de savoir qui est orienté vers ces sections. Ce ne sont JAMAIS les enfants des catégories sociales les plus favorisées... Derrière le “goût” pour les études ou le travail manuel, se cachent les inégalités sociales...Et puis, il y a la sélection précoce. En instaurant un tri dès la 5ème, on ferme l’avenir des jeunes. Qui peut prédire comment un adolescent peut évoluer et progresser ? C’est une proposition qui officialise, non seulement le déterminisme social, mais une sorte de fatalisme naturaliste : il y aurait les enfants “doués” et ceux qui ne le seraient pas... et cela serait figé une fois pour toutes. C’est la négation de l’éducabilité et au final de la mission même de l’école. Non au tri sélectif (à l’école...) ! L’école de Marine Le Pen est une école injuste et inefficace

(...)

Philippe Watrelot

Le bloc-notes complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

Lire la suite
Lire la suite

Simple Minds...

5 Février 2017 , Rédigé par christophe

Lire la suite

Coup de coeur... Lautréamont...

5 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Lautréamont...

Quelle est cette armée de monstres marins qui fend les flots avec vitesse? Ils sont six; leurs nageoires sont vigoureuses, et s'ouvrent un passage, à travers les vagues soulevées. De tous ces êtres humains, qui remuent les quatre membres dans ce continent peu ferme, les requins ne font bientôt qu'une omelette sans œufs, et se la partagent d'après la loi du plus fort. Le sang se mêle aux eaux, et les eaux se mêlent au sang. Leurs yeux féroces éclairent suffisamment la scène du carnage... Mais, quel est encore ce tumulte des eaux, là-bas, à l'horizon? On dirait une trombe qui s'approche. Quels coups de rame! J'aperçois ce que c'est. Une énorme femelle de requin vient prendre part au pâté de foie de canard, et manger du bouilli froid. Elle est furieuse; car, elle arrive affamée. Une lutte s'engage entre elle et les requins, pour se disputer les quelques membres palpitants qui flottent par-ci, par-là, sans rien dire, sur la surface de la crême rouge. A droite, à gauche, elle lance des coups de dent qui engendrent des blessures mortelles. Mais, trois requins vivants l'entourent encore, et elle est obligée de tourner en tous sens, pour déjouer leurs manœuvres. Avec une émotion croissante, inconnue jusqu'alors, le spectateur, placé sur le rivage, suit cette bataille navale d'un nouveau genre. Il a les yeux fixés sur cette courageuse femelle de requin, aux dents si fortes. Il n'hésite plus, il épaule son fusil, et, avec son adresse habituelle, il loge sa deuxième balle dans l'ouïe d'un des requins, au moment où il se montrait au-dessus d'une vague. Restent deux requins qui n'en témoignent qu'un acharnement plus grand. Du haut du rocher, l'homme à la salive saumâtre, se jette à la mer, et nage vers le tapis agréablement coloré, en tenant à la main ce couteau d'acier qui ne l'abandonne jamais. Désormais, chaque requin a affaire à un ennemi. Il s'avance vers son adversaire fatigué, et, prenant son temps, lui enfonce dans le ventre sa lame aiguë. La citadelle mobile se débarrasse facilement du dernier adversaire... Se trouvent en présence le nageur et la femelle de requin, sauvée par lui. Ils se regardèrent entre les yeux pendant quelques minutes; et chacun s'étonna de trouver tant de férocité dans les regards de l'autre. Ils tournent en rond en nageant, ne se perdent pas de vue, et se disent à part soi: "Je me suis trompé jusqu'ici; en voilà un qui est plus méchant." Alors, d'un commun accord, entre deux eaux, ils glissèrent l'un vers l'autre, avec une admiration mutuelle, la femelle de requin écartant l'eau de ses nageoires, Maldoror battant l'onde avec ses bras; et retinrent leur souffle, dans une vénération profonde, chacun désireux de contempler, pour la première fois, son portrait vivant. Arrivés à trois mètres de distance, sans faire aucun effort, ils tombèrent brusquement l'un contre l'autre, comme deux aimants, et s'embrassèrent avec dignité et reconnaissance, dans une étreinte aussi tendre que celle d'un frère ou d'une sœur. Les désirs charnels suivirent de près cette démonstration d'amitié. Deux cuisses nerveuses se collèrent étroitement à la peau visqueuse du monstre, comme deux sangsues; et, les bras et les nageoires entrelacés autour du corps de l'objet aimé qu'ils entouraient avec amour, tandis que leurs gorges et leurs poitrines ne faisaient bientôt plus qu'une masse glauque aux exhalaisons de goëmon; au milieu de la tempête qui continuait de sévir; à la lueur des éclairs; ayant pour lit d'hyménée la vague écumeuse, emportés par un courant sous-marin comme dans un berceau, et roulant, sur eux-mêmes, vers les profondeurs inconnues de l'abîme, ils se réunirent dans un accouplement long, chaste et hideux!... Enfin, je venais de trouver quelqu'un qui me ressemblât!... Désormais, je n'étais plus seul dans la vie!... Elle avait les mêmes idées que moi!... J'étais en face de mon premier amour!

Lire la suite

Inégalités et radicalisation - François Dubet (2016) Vidéo...

5 Février 2017 , Rédigé par Youtube - François Dubet Publié dans #Education, #Sociologie

Lire la suite

A Lire... La Beauté du Monde - La Littérature et les Arts par Jean Starobinski...

5 Février 2017 , Rédigé par Télérama Publié dans #Littérature, #Art

Afficher l'image d'origine

La soif d'interprétation du critique ne s'arrête pas aux Lumières et à la mélancolie. Sa curiosité humaniste et savante l'a aussi conduit à écrire sur la poésie, la peinture ou la musique.
 
A la question « Pour qui écrivez-vous ? », Jean Starobinski, aujourd'hui âgé de 95 ans, répondit en 1970 : « Pour le lecteur dont l'image se crée dans le travail même du texte. Lecteur exigeant, travail difficile : d'où mon souci de clarté, de rationalité. Je façonne un autre lecteur, un meilleur lecteur, en me corrigeant. Le lecteur est toujours au futur, cible que s'invente la flèche. » Tout est dit ou presque. Comprendre pour faire comprendre. En 1970, l'écrivain archer fit aussi paraître La Relation critique, qui devint vite un classique lu et relu par des générations d'étudiants en lettres. L'étincelle provoquée par la rencontre de ces deux mots, « relation » et « critique », fait rayonner la méthode stylée de Jean Starobinski : que cet oeil vivant étudie, lise, regarde, écoute, c'est toujours avec ce même mélange de distance et d'empathie, d'affectivité et de lucidité. La psychanalyse n'est jamais très loin : « Comprendre, c'est reconnaître que toutes les significations demeurent en suspens tant que l'on n'a pas achevé de se comprendre soi-même. »
 
Les deux grands massifs de l'oeuvre transversale de Jean Starobinski sont bien identifiés : le xviiie siècle, d'un côté, à travers Rousseau surtout (sujet de sa thèse de doctorat en littérature, parue en 1957 sous le titre Jean-Jacques Rousseau. La transparence et l'obstacle), et, de l'autre, la mélancolie, cette folle bile noire source de mort et d'inspiration (thème de sa thèse de médecine, Histoire du traitement de la mélancolie, soutenue en 1960 et publiée en 2012 par les éditions du Seuil dans L'Encre de la mélancolie). Un volume Quarto proposé par les éditions Gallimard permet aujourd'hui de découvrir d'autres objets, plus fragmentaires, de son désir interprétatif, qui n'ont pas toujours été fixés, repris dans des livres

(...)

Juliette Cerf

Suite et fin ci-dessous

Lire la suite

Une nécessité : refonder la légitimité du « métier » d’enseignant...

5 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Afficher l'image d'origine

Une nécessité : refonder la légitimité du « métier » d’enseignant

 

Un malaise profond et insidieux atteint aujourd’hui le corps enseignant. Si l’aggravation des conditions de travail - souvent mise en avant - est loin d’être négligeable, les débats permanents dont s’empare la société civile à son encontre sont un élément de fragilisation essentiel qui brouille l’image de la mission des enseignants qui devrait être au contraire clarifiée et renforcée aujourd’hui.

 

En effet, opposer de façon rhétorique « instruction » et « éducation » ; faire croire que les savoirs sont porteurs intrinsèquement de leur « transmission » et que l’érudition du maître suffit à assurer des apprentissages efficaces ; considérer comme antinomiques les aspects savants et pédagogiques du métier enseignant sont des propos d’un autre temps, voire irresponsables. D’ailleurs, souvent, ce ne sont pas ceux qui les tiennent qui assument au quotidien ce métier. Soyons clairs : c’est bien la société et sa représentation politique qui choisissent les savoirs à enseigner en fonction de finalités culturelles, sociétales, sociales… et politiques. Les objets de savoirs à transmettre incorporent nécessairement des valeurs qu’ils sont censés représenter. Les disciplines scolaires ont leur propre logique, culturelle et civique, avec les tensions inhérentes à cette double nature. Pour ne citer qu’un exemple, l’histoire-géographie-éducation civique doit aider à construire en même temps l’esprit critique du futur citoyen actif dans la cité, et, un patrimoine culturel commun, socle d’un sentiment d’appartenance à la France et … à l’Union européenne.

 

Enfin, sur un plan purement cognitif, les outils intellectuels dont disposent les élèves se construisent selon une genèse beaucoup plus longue qu’on ne le pense souvent et varient considérablement d’un élève à un autre. Enseigner est un métier qui s’apprend, certes. Mais la société des citoyens doit aussi faire confiance à son École.

 

Pour construire cette autre École du XXIème siècle, il convient par conséquent de renvoyer dos-à-dos « républicains » et « pédagogues », de refuser les débats réducteurs, de tracer une troisième voie : celle d’une École offrant à chacun, quelle que soit son origine, une véritable éducation populaire alliant les fondamentaux essentiels, l’héritage culturel, aux savoirs nécessaires pour le monde de demain. Seule la clarté de ce message politique courageux peut refonder la légitimité des enseignants à assumer sereinement leur mission intellectuelle, éthique et civique.

 

Christophe Chartreux

Lire la suite

De quoi Macron est-il le nom?...

5 Février 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Afficher l'image d'origine

Emmanuel Macron, ex Ministre de l'économie et des finances de François Hollande et cheville ouvrière de toute la politique économique du quinquennat, est désormais présenté comme un possible finaliste de l'élection présidentielle.

Remplissant les salles, le candidat s'appuie sur un mouvement appelé "En Marche". Les discours enflammés qu'il prononce semaine après semaine sont tous marqués des mêmes sceaux:

Anti système/Ni droite ni gauche (variante: de droite ET de gauche)

Quasiment sans propositions, Emmanuel Macron surfe sur la vague de sa popularité. Chacun attend la figure qui permettra au "surfeur" de passer du discours émaillé de formules au discours programmatique.

Le temps passe... et rien

En attendant, revenons au candidat autoproclamé "anti système", lui pourtant pur produit et bénéficiaire d'un système qu'il fait mine de combattre sans pour autant vouloir le mettre tant que cela en danger.

Dans son livre "sobrement" mais malignement intitulé "Révolution", Emmanuel Macron se prend les pieds dans le tapis qu'il déroule devant lui. Cet ami des patrons du CAC 40, rejoint récemment par Alain Minc - des révolutionnaires sans doute; tremble Lénine!... - ne propose dans son opus aucune transformation des cadres économiques et institutionnels dans lesquels il est comme un poisson dans l'eau. Il était pourtant légitime de l'espérer de la part de ce candidat "hors système" et "révolutionnaire".

Emmanuel Macron souhaite réformer. Ses discours sont ponctués souvent par ce mot: "Réforme". Mais de quelles réformes nous parle l'ancien Ministre?

Il s'agit pour lui d'inciter les français à respecter, sans trop se poser de questions, les directives européennes  qui se résument souvent à des contraintes budgétaires sévères..

Il s'agit pour lui de demander à son électorat et aux français de savoir s' "adapter" à la société libérale et ubérisée qui se met en place et qu'il ne veut en AUCUN CAS combattre.

On a connu des "révolutionnaires" plus audacieux et plus réformateurs.

Le candidat du "zéro contenu"

Cécile Alduy, professeure à Stanford, avait décrypté en quelques mots le "discours Macron". Je la cite:

"Zéro contenu ! c'est typique de Macron, c'est un one-man show, il nous vend un produit, on sait pas ce que c'est mais c'est nouveau, c'est hype (...) Il a fait des études de marché et après il offre le produit fini. Il est dans la démarche plus que dans le contenu".

C'était ci-dessous lors de l'émission de Yann Barthès

Cécile Alduy poursuit, citée par Jean-Baptiste de Montvallon dans Le Monde en date du 4 février, page 10:

"La candidature d'Emmanuel Macron est remarquable car elle ne repose pas sur le contenu mais sur la "performance" du discours, au sens théâtral: c'est une manière de faire plutôt qu'un corpus d'idées" (Entretien au Monde du 21 janvier)

Le même Jean-Baptiste de Montvallon enfonce le clou dans l'article cité. Et il est clair:

" ... une fascinante palette de phrases dont le contenu est proche du néant".

Le discours de Lyon fut à cet égard une illustration parfaite de ce néant.

Alors, ne boudons pas le "plaisir" de proposer quelques-unes de ces phrases attrape-tout qui forment le fond du "discours macronien". Elle sont citées par Jean-Baptiste de Montvallon toujours. Même recontextualisées, elles conservent toute leur fadeur.

"Un mot qu'on ne veut plus dire, c'est le mot paysan. Pourtant, c'est un beau mot "paysan". Nos paysans font notre pays. Ils transforment la France";

"L'agriculture, ce sont les femmes et les hommes qui nous nourrissent chaque jour";

"L'autre pilier de la Bretagne, c'est la pêche";

"Imaginerait-on Guilvinec ou Lorient sans leurs bateaux de pêche?"

"On peut être tout à la fois profondément breton, puissamment français et sincèrement européen". (Celle-là , relisez-là, c'est quelque chose!)

"Le chômage s'est installé, le désespoir s'est installé. Dans ces terres, la vie est plus dure et c'est une injustice qu'il faut regarder en face";

"Il faut arrêter d'opposer la liberté et l'égalité: ces deux mots sont faits pour être conjugués ensemble"

On lira aussi avec attention celles proposées ci-dessous via le compte Twitter de

De quoi Macron est-il le nom?...

Enfin n'oublions pas ces saillies devenues cultissimes:

« Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »

« Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires.

« Bien souvent, la vie d'un entrepreneur est bien plus dure que celle d'un salarié, il ne faut pas l'oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. »

« Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. »

« Le libéralisme est une valeur de gauche »

« Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d'accord. »

"Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d'extrême-droite. »

« Je n'aime pas ce terme de modèle social. »

« Être élu est un cursus d'un ancien temps. »

« Vous n'allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c'est de travailler. »

Pour toutes ces raisons, il me semble que la candidature d'Emmanuel Macron tourne de plus en plus à l' "escroquerie intellectuelle".

Quant à savoir de quoi Macron est le nom...

Du vide!

Christophe Chartreux

Lire la suite

On peut enseigner Corneille et Harry Potter...

5 Février 2017 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education

Afficher l'image d'origine

EXTRAITS

Les «  jeunes d’aujourd’hui  » ne lisent pas spontanément Flaubert et Hugo, c’est entendu. Les jeunes d’hier le faisaient-ils ? Contrairement à ce que nous chantent en tout cas les sirènes du déclinisme, l’école n’a pas renoncé à faire étudier les «  grandes œuvres  » aux élèves, mais elle les complète ou les enrichit aussi d’œuvres plus modernes. De quoi, d’ailleurs, sera faite la culture classique de demain ?

(...)

Pour les esprits portés au déclinisme, tout fait ventre : un texte de rap ou une page de bande dessinée trouvés dans un manuel suffisent à prouver que l’enseignement des disciplines littéraires et artistiques n’est que renoncement et démagogie. Et, dans l’ignorance des pratiques pédagogiques réelles, on en fait une peinture fantasmée apocalyptique où les rappeurs ont détrôné Hugo, Titeuf a remplacé La Fontaine, un selfie est l’équivalent d’un Rembrandt. D’où l’étonnement des gens si vous dites que Le Cid se lit, mais oui, en 4e, que Guernica est un incontournable de la classe de 3e ou qu’on écoute Monteverdi ou Beethoven en école primaire. Ou si vous montrez la liste des œuvres indiquées pour tel cycle d’enseignement (école ou collège) et comportant ces classiques patrimoniaux dont le seul nom fait sangloter d’émotion ceux-là mêmes qui seraient bien en peine de dire comment les transmettre aujourd’hui (à supposer qu’ils les connaissent vraiment).

Les programmes du lycée sont quant à eux très précis : pour prendre deux exemples, il faut étudier en classe de 2de, outre la poésie et des textes d’argumentation, au moins une pièce du théâtre classique et un roman réaliste et, en Terminale littéraire, une solide culture est nécessaire aux élèves pour confronter Sophocle et Pasolini sur le mythe d’Œdipe ou pour mettre en perspective le roman de Gide Les faux monnayeurs et le journal que l’auteur a tenu durant son écriture.

(...)

Afficher l'image d'origine

Reprenons donc les questions une par une.

Les grandes œuvres sont-elles toujours dans les programmes ? Oui, dès les jeunes années. Que ceux qui en doutent aillent les voir, ils sont disponibles sur le site Eduscol. Elles sont toujours considérées comme essentielles parce qu’elles nous font percevoir le monde et l’homme sous un angle riche et fécond ; elles constituent le trésor commun des hommes auquel chaque siècle ajoute ses pierres.

Travaille-t-on à l’école sur autre chose que les grandes œuvres ? Oui. Et notamment, en français, sur la littérature dite «  de jeunesse  », qui a elle aussi ses classiques comme Michel Tournier ou Pierre Gripari, ou plus récemment J.K. Rowling (Harry Potter). Bien choisie, cette littérature est, elle aussi, complexe et riche, et engage dans une lecture proprement littéraire, passerelle pour accéder à d’autres continents.

Bien souvent d’ailleurs nos «  grandes œuvres  » ont généré une longue descendance d’enfants et petits-enfants, reprises, adaptations, échos variés, comme ce Roméo et Juliette de Shakespeare, connu (quoique peu lu vraiment) de tous, et décliné en tellement de formes différentes au fil des siècles jusqu’à la récente chanson de Grand Corps Malade, Roméo kiffe Juliette  , dont le refrain brode des variations sur une pensée de Pascal, rien que ça ! On a l’embarras du choix pour parcourir ce riche réseau de variations où les oeuvres résonnent au contact les unes des autres.

Difficile ou plutôt exigeant

Est-il difficile actuellement d’aborder les «  grandes œuvres  » ? Oui, bien sûr (mais est-ce si nouveau ?). Difficile pour tout le monde, pas seulement pour une catégorie, disons : les jeunes de milieux populaires, facilement désignés comme ceux qui auraient le plus besoin de cet apport culturel et à qui on renoncerait de l’apporter, les laissant dans une prétendue pauvreté de pensée dont la description comporte souvent un mépris de classe étonnant. Rappelons au passage, pour en rester à la lecture, que ce ne sont pas seulement les «  grandes œuvres  » qui sont difficiles, mais tout texte exigeant : une double page de manuel d’histoire, pour nos élèves ; ou, pour leurs enseignants, un article du Monde dans un domaine dont le lecteur n’est pas familier, un hebdomadaire scientifique ou économique… Bien sûr, cette difficulté est moindre pour ceux à qui leur environnement fournit des médiations implicites. Et on oublie vraiment trop souvent que lire, c’est aussi avoir des espaces sociaux, parents, amis, blogs, où parler de ses lectures… Une dimension méconnue et essentielle que l’école s’efforce de recréer par toutes sortes de moyens, réseaux de lecteurs, défis-lectures, cercles et clubs.

Et alors ? Alors, si les tenants des pédagogies nouvelles ou renouvelées ont un mérite, comme le rappelle Bertrand Daunay [1], c’est dans le fait de ne pas éluder la difficulté, le «  oui mais comment  » : car les pratiques langagières et culturelles ouvertes et enrichissantes nécessitent un apprentissage. C’est difficile, on échoue parfois, comme le raconte l’instituteur Albert Thierry en… 1902 [2]. Mais les exemples de démagogie ou de renoncement ne sont ni dans les programmes, ni chez les pédagogues. Saluons au contraire, dans les classes et les établissements, une grande inventivité de pratiques qui montre à quel point l’école relève avec force le défi de la transmission vivante du patrimoine.

Florence Castincaud
Professeure de français en collège

[1Bertrand Daunay, «  Lecture littéraire et disqualification scolaire  », Lidil, 33, 2006, 19-36.

[2Albert Thierry, L’homme-en-proie-aux-enfants, Editions-Fabert, texte réédité en 2010.

La totalité est à lire en cliquant ci-dessous

Lire la suite
<< < 10 20 21 22 23 > >>