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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Abdellatif Laâbi...

25 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Le spleen de Casablanca

Dans le bruit d’une ville sans âme

j’apprends le dur métier du retour

Dans ma poche crevée

je n’ai que ta main

pour réchauffer la mienne

tant l’été se confond avec l’hiver

Où s’en est allé, dis-moi

le pays de notre jeunesse ?

O comme les pays se ressemblent

et se ressemblent les exils

Tes pas ne sont pas de ces pas

qui laissent des traces sur le sable

Tu passes sans passer

Visage après visage

meurent les ans

Je cherche dans les yeux une lueur

un bourgeon dans les paroles

Et j’ai peur, très peur

de perdre encore un vieil ami

Ce gris matin est loyal

Je lui ais gré du spleen qu’il répand

de la douleur qu’il recueille

de la gerbe des doutes qu’il m’offre

en bon connaisseur

Si je sors

où irai-je ?

Les trottoirs sont défoncés

Les arbres font pitié

Les immeubles cachent le ciel

Les voitures règnent

comme n’importe quel tyran

Les cafés sont réservés aux hommes

Les femmes, à raison

ont peur qu’on les regarde

Et puis

je n’ai de rendez-vous

avec personne

Je me sentirai perdu

à tout âge

Je ne suis pas ce nomade

qui cherche le puits

que le sédentaire a creusé

Je bois peu d’eau

et marche

à l’écart de la caravane

Le siècle prend fin

dit-on

Et cela me laisse indifférent

Quoique le suivant

ne me dise rien qui vaille

Dans la cité de ciment et de sel

ma grotte est en papier

J’ai une bonne provision de plumes

et de quoi faire du café

Mes idées n’ont pas d’ombre

pas plus d’odeur

Mon corps a disparu

Il n’y a plus que ma tête

dans cette grotte en papier

J’essaye de vivre

La tâche est ardue

                                  ___________________________

RÊVES

Dans mon réduit
je me suis amusé à ranger
mes idées
à faire le tri dans mes rêves
En voici quelques-uns
que j’ai d’abord hésité à garder :

Jouer à la roulette en compagnie de Dostoïevski

Aimer sans que le désir y soit pour quelque chose

Me réveiller un jour parlant toutes les langues du monde

Avoir des ailes, pas pour voler, juste comme parure

Voir G. W. Bush traduit devant un tribunal international de justice

Libérer les arbres de leur immobilité

Écrire un premier livre

Acquérir une toque d’invisibilité

Faire une apparition au mariage de mon arrière-arrière-petite-fille ou petit-fils

Découvrir la source du mal

Jouer à la perfection de la cithare

Rester assis seul dans le désert sept jours et sept nuits durant

Boire, ce qui s’appelle boire, sans fumer

Serrer la main de Nazim Hikmet

Pêcher à la ligne les poèmes des peuples disparus (….)

Extraire les balles qui ont troué le corps de Che Guevara, refermer ses blessures, lui caresser le front et lui murmurer en toute confiance : Lève-toi et marche !

Persuader Sisyphe qu’il a été victime d’une erreur judiciaire

Faire aboyer le mot chien (…)

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Remise du rapport de mission sur "Les territoires de l’éducation artistique et culturelle"...

25 Janvier 2017 , Rédigé par Gouvernement Publié dans #Education, #Art

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Mme Sandrine DOUCET, députée de la Gironde, a remis cet après-midi son rapport de mission sur "Les territoires de l’éducation artistique et culturelle" à M. Bernard CAZENEUVE, Premier ministre, à Mme Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à Mme Audrey AZOULAY, ministre de la Culture et de la Communication et à M. Patrick KANNER, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.
 
Depuis le début du quinquennat, l’éducation artistique et culturelle fait l’objet d’une politique interministérielle volontariste dont l’objectif est sa généralisation à tous les jeunes sans distinction, à l’école et hors de l’école. Le comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté réuni le 13 avril 2016 avait témoigné de la volonté du Gouvernement de prolonger cette dynamique, en partant des expériences locales et en levant les freins pouvant exister pour permettre à chaque jeune de bénéficier d’un éducation à l’art et par l’art tout au long de son parcours.
 
A la suite de ce comité interministériel, le Premier ministre avait confié une mission à Sandrine Doucet, en souhaitant que sa réflexion prenne en compte les axes de travail suivants :

  • Les modalités d’interactions entre les acteurs éducatifs, culturels et les collectivités territoriales ; 
  • Les bonnes pratiques en matière de conception, de mise en œuvre et d’apports de l’éducation artistique et culturelle dans les territoires prioritaires de la politique de la ville et dans les territoires ruraux et périurbains les plus éloignés de l’offre culturelle ; 
  • La valorisation des réussites, identifications des obstacles et des moyens de les surmonter. 

Bernard CAZENEUVE a salué la qualité du rapport de Sandrine DOUCET, qui offre une photographie extrêmement fine de l’éducation artistique et culturelle telle qu’elle se met en œuvre dans les territoires, et contribue à donner une vision claire à la fois des avancées réalisées et des voies d’amélioration possibles. Nourri de ses rencontres et de ses visites sur le terrain, son rapport constitue une contribution essentielle pour franchir une étape supplémentaire dans la généralisation de l’éducation artistique et culturelle et pour améliorer son pilotage et sa réalisation au plus près des territoires, avec l’ensemble des acteurs concernés, en s’appuyant sur le parcours d’éducation artistique et culturelle.

Le Premier ministre a rappelé que concrétiser l’ambition d’une éducation artistique et culturelle pour tous suppose de mettre en place une véritable alliance éducative et culturelle, avec l’ensemble des acteurs concernés.

Le rapport de mission sur "Les territoires de l’éducation artistique et culturelle" est consultable ici.

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Manuel Valls... Les raisons d'un soutien...

25 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

lelab.europe1.fr

lelab.europe1.fr

J'ai décidé, il y a quelques semaines après le "retrait" de François Hollande, de soutenir celui qui fut son Premier Ministre jusqu'au bout, celui qui n'a jamais démissionné, celui qui n'a jamais renoncé devant les difficultés, les obstacles, les tragédies, celui qui assume les réussites et les échecs d'un quinquennat que le présent juge sévèrement, que l'Histoire reconnaîtra comme ayant été une période de redressement. A condition bien entendu de prendre le temps d'une analyse fine, objective et comparative.

Manuel Valls est un choix de raison. Après avoir lu tous les projets, dans le détail, des candidats de gauche et écologistes, j'ai considéré que celui porté par Manuel Valls était celui d'un homme d'Etat alors que ceux des autres candidats, même s'ils comportaient tous aussi des propositions intéressantes, n'étaient pas incarnés par des femmes et hommes dont la qualité première, pour devenir Président de la République, doit être:

l'esprit de responsabilité au service d'un pays et d'une nation dans un monde d'une extrême dangerosité, balayé par les vents mauvais des populismes et des terrorismes en tout genre. Entre autres risques.

Il ne s'agit ni de faire peur, ni de voter contre tel ou tel concurrent.

La peur n'évitant pas le danger, il convient néanmoins de porter à l'Elysée un homme d'expérience, rompu aux joutes internationales, fin connaisseur des grands enjeux géopolitiques et géostratégiques, capable de dire oui ou non dans l'intérêt supérieur de la France à des Donald Trump ou Vladimir Poutine. Entre autres personnages pour le moins inquiétants.

Je n'ai pas choisi de m'opposer à Benoit Hamon mais de soutenir Manuel Valls. Je ne vote pas contre... Je vote pour... C'est un choix de construction, n'ayant pas l'âme d'un frondeur.

Mais alors, POUR quoi?

- pour une nation éducative, pour une école émancipatrice, luttant contre les inégalités, dans la continuité des réformes engagées, sans une Nième rupture violente désorientant enseignants, élèves et parents (voir lien ci-dessous);

- pour une société culturelle et cultivée. Partout et sans aucun territoire délaissé. (voir lien ci dessous);

- pour une société du travail créatrice d'emplois. Et non pour une société qui donnerait autant à celui qui veut s'extraire de la misère qu'à celui auquel il a suffi de naître pour être riche. L'égalitarisme n'est pas l'égalité, celle voulue en 1789. Encore moins l'équité, seule source de justice. Le "revenu décent" proposé par Manuel Valls est un véritable marqueur de gauche, une "égalité juste" quand Benoit Hamon propose une "égalité injuste". Et je rejoins Jean Viard, sociologue au Centre de recherche politique de Sciences Po (CEVIPOF) lorsqu'il pose la question suivante dans le magazine LE1 de ce 25 janvier:

"Je me demande, quand je suis grognon, si le revenu universel n'est pas une idée issue d'une classe politique...qui n'a jamais travaillé";

- pour une société de l'engagement avec un service civique permettant un brassage des populations;

- pour une société qui, plutôt que légaliser le cannabis, s'inquiète de la santé des fumeurs et de la santé en général des français, y compris la santé environnementale.

- pour une laïcité attentive et alertant sur les dangers de la montée de TOUS les communautarismes. Une laïcité intransigeante quant au respect de l'égalité entre les hommes et les femmes. Une laïcité, comme l'école, émancipatrice et n'en rabattant jamais avec les écrits d'une Olympe de Gouges par exemple. Et quel exemple!

- pour une société qui en finisse avec le déclinisme et assume fièrement ses réussites;

- pour une société où la gauche, où le socialisme auront leur place. Une gauche audacieuse et crédible, raisonnable et généreuse, réaliste et rêveuse.

Voilà ce POUR quoi je voterai dimanche. J'appelle chacune et chacun à bien réfléchir avant de glisser son bulletin dans l'urne.

Il n'est pas question de voter pour une motion de congrès ni d'élire un chef de parti!

Il est question de permettre à la gauche socialiste de poursuivre sa route indispensable et nécessaire.

Il est question d'élire un Chef d'Etat pour des enjeux qui dépassent de très loin les polémiques et les petites phrases!

Il est question de porter au sommet de la cinquième puissance mondiale un homme dont la voix porte, dont l'expérience est incontestable, dont la force de caractère est indiscutable!

Cet homme, c'est Manuel Valls!

Christophe Chartreux

Le projet de Benoit Hamon, on a envie d'y croire...

Le projet de Manuel Valls, on a envie de le réaliser...

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Des classes qui collaborent et apprennent avec Twitter...

25 Janvier 2017 , Rédigé par Ecole Branchée Publié dans #Education, #Twitter

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EXTRAIT

(...)

Des classes qui gazouillent, collaborent et apprennent avec Twitter

Mme Lapointe a aussi présenté, lors du même événement, un atelier mettant en lumière la grande diversité d’usages de Twitter comme outil pédagogique. Voici quelques projets à découvrir!

Défi alphabet, pour collaborer sans frontières, est une initiative des enseignantes Brigitte Léonard et Nathalie Laroche. Ce projet d’écriture collaborative, qui s’adresse au premier cycle, unit des classes du Québec, du Nouveau-Brunswick, de l’Ile-du-Prince-Édouard, de la France, de la Suisse et de la Belgique.

Anime Histoire, créé par les enseignantes Julie Chandonnet et Karine Riley à partir d’une question d’un collègue virtuel, Carl Parent, s’adresse pour sa part aux classes du troisième cycle du primaire. Il s’agit d’une plate-forme interactive pour l’apprentissage du français au primaire. La nouvelle édition se tient du 10 janvier au 24 février 2017.

La twictée, imaginée par les enseignants français Fabien Hobart et Régis Forgione, pourrait même être nommée « défitwictée ». On y vise la construction d’outils grammaticaux personnalisés et la vigilance orthographique en plus de la collaboration entre classes de même niveau.

Mot Chic, projet de Josée Portelance, a été inspiré du compte Twitter français @cultimots. Ce projet cherche à initier les écoliers à l’usage d’un vocabulaire plus « chic », à dépasser le stade du mot genre, si apprécié par les élèves du secondaire!

Tague Son, projet de l’orthopédagogue Syvianne Parent et de l’enseignante Nathalie Laroche, est un jeu de lecture amusant qui met en vedette une chasse aux sons sur Twitter.

Skype mystère est un projet collaboratif qui sort du cadre de Twitter. Deux classes se jumellent et élèves se partagent des rôles d’enquêteurs pour découvrir ensemble où dans le monde est située la classe avec laquelle ils discutent via Skype. Les élèves penseurs posent des questions, les détectives cherchent à découvrir à qui on parle, les cinéastes filment, les « googleurs » s’activent aux recherches sur Google et les cartographes étudient les cartes devant eux pour localiser leurs correspondants.

EduProf a été lancé en mars 2014 sous le nom de #EduPrim par Mme Brigitte Léonard. En juin 2015, Julie Chandonnet et Catherine Lapointe ont repris le flambeau. Tous les mercredi de l’année scolaire, de 20h à 21h, tous ceux que l’éducation intéresse peuvent joindre la discussion via la balise #EduProf, où Twitter devient un outil développement professionnel.

Enfin, pour s’amuser en fin d’année scolaire, Pixel Tag est un projet tout simple des créatives Julie Chandonnet et Catherine Lapointe. Ce projet se veut une sorte de « limonade en fin d’année ». À cette occasion, les classes sont invitées à jouer librement avec les mots. En bref, un participant propose une image et les autres s’amusent à lui trouver un titre.

Ninon Louise Lepage

La totalité de l'article est à retrouver en cliquant ci-dessous

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A Voir... Tempête de sable...

25 Janvier 2017 , Rédigé par YouTube Publié dans #Cinéma

Les festivités battent leur plein dans un petit village bédouin en Israël, à la frontière de la Jordanie : Suleiman, déjà marié à Jalila, épouse sa deuxième femme. Alors que Jalila tente de ravaler l’humiliation, elle découvre que leur fille aînée, Layla, a une relation avec un jeune homme de l’université où elle étudie. Un amour interdit qui pourrait jeter l’opprobre sur toute la famille et contre lequel elle va se battre. Mais Layla est prête à bouleverser les traditions ancestrales qui régissent le village, et à mettre à l'épreuve les convictions de chacun.

TEMPÊTE DE SABLE Bande Annonce (Film Israélien - 2017)
Un film réalisé par Elite Zexer
Avec Lamis Ammar, Ruba Blal, Hitham Omari
Date de sortie : 25 Janvier 2017
Nationalité : Israélien

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Moi la petite fille que tu étais, je l'ai rencontrée... (Au Maroc et à son peuple...)

24 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

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Moi la petite fille que tu étais, je l'ai rencontrée. Je l'ai croisée. J'ai joué avec elle dans la poussière ensoleillée transformée en nuages à grands coups de pieds nus dans des sandales en plastique. Nous avions toi et moi huit ans, neuf ans... Nous vivions baignés dans la lumière "si éclatante qu'elle en devenait noire et blanche" disait Camus, ce "grand-frère"...

Avec toi j'ai lancé des pierres sur des cibles imaginaires ou visant des boites de fer abandonnées là, sur le chemin qui menait du village à la ville en contrebas. J'ai aimé tes yeux sombres, immensément ouverts malgré la violence du soleil asséchant tout, sans pitié, dans des étés torrides...

J'ai vu avec toi les troupeaux, maigres, de quelques vaches énervées par les mouches,  sauvées par les pique-boeuf venant festoyer sur le dos des pauvres bêtes. Je les ai vues ces chèvres et ces poules, devant chez moi, dans ce champ que je traversais enfant pour rejoindre l'école. Je te croisais souvent. Nous parlions sans toujours nous comprendre. Alors nous riions dans un langage commun, celui du bonheur des enfants insouciants... Nous glissions nos mains sur les murs blancs de chaux, couverts des longs chapelets de bougainvilliers en fleurs...

J'ai rêvé si souvent, blotti dans le large sarouel de celle que je n'ai jamais pu appeler ma "bonne", encore moins ma "fatma", d'être de ces  femmes et de ces hommes travaillant une terre aride qui prenait leurs forces bien plus qu'elle ne donnait d'épis. Les sillons creusaient les visages et les mains. Et moi, endormi entre les jambes de Khadija assise par terre sur le carrelage bleu et blanc de la cuisine, j'attendais sa main peinte au henné sur mon front. Elle commençait toujours par caresser mon visage avant de me raconter des histoires de djinns, invisibles esprits facétieux et malins. Mélangeant le français et l'arabe, j'étais au monde. Le mien.

Et soudain ton rire dans la rue.

"Va Christophe" me disait-elle... J'abandonnais la douceur et les parfums de Khadija pour te rejoindre. Pour retrouver les deux rives des sentiments élémentaires... Aimer et admirer... Aimer ce que nous étions, admirer ce que nous regardions... Tout ce que beaucoup ne savent plus faire aujourd'hui...

C'est ton regard, ton rire, c'est Khadija et son visage peint, ce sont les fleurs et les vagues, la poussière et le bleu du ciel, les nuits étoilées comme les pluies d'automne qui ont été ma chance.

Ces souvenirs-là ne m'ont jamais abandonné. Il y a toujours en moi des "étés invincibles"...

Christophe Chartreux

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Ce que disent les ados de Snapchat... Vidéo

24 Janvier 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Jeunesse

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Veronique Sanson...

24 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Paul Nizan...

24 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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On rencontre cependant tous ces gens, tous ces jeunes gens qui croient que tous les travaux formellement philosophiques amènent un profit à l'espèce humaine, parce qu'on leur a persuadé qu'il en va ainsi de toutes les tâches spirituelles. Avoir de bonnes intentions, c'est d'autre part, et pour parler gros, vouloir précisément ce profit. On a appris à tous ces gens depuis la classe de septième, depuis l'école laïque que la plus haute valeur est l'esprit et qu'il mène le monde depuis l'éloignement de Dieu. À seize ans, qui donc n'a pas ces croyances de séminaristes ? J'eus par exemple ces pensées. Sous prétexte que je lisais tard des livres en comprenant plus facilement qu'un ajusteur n'eût fait le divertissement de Pascal et le règne des Volontés Raisonnables, je ne me prenais pas pour un homme anonyme, je croyais docilement que l'ouvrier dans la rue, le paysan dans sa ferme me devaient de la reconnaissance puisque je me consacrais d'une manière noble, pure et désintéressée à la spécialité du spirituel au profit de l'homme en général, qui comprend, parmi ses espèces, des ouvriers et des fermiers. Mes maîtres faisaient tout pour m'entretenir au sein d'une illusion si agréable pour eux-mêmes.

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Le discours d'Emmanuel Macron? "Le nouvel iPhone. Il produit l’offre en fonction de la demande"...

24 Janvier 2017 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Politique, #Langue

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Parce qu'elle en avait marre des "petites phrases", la chercheuse Cécile Alduy a mouliné des millions de mots prononcés par les candidats à la présidentielle de 2017. Avec un objectif : comprendre "ce qu'ils disent vraiment". Edifiant.

EXTRAIT

(...)

Que pensez-vous de la langue d’Emmanuel Macron ?

Je suis d’abord frappé par le titre de son ouvrage "Révolution". C’est vraiment un mot qui peut être approprié par la droite, la gauche, le centre. C’est un mot faire-valoir qui parle aux électeurs qui expriment leur dégoût pour les partis et la classe politique. Emmanuel Macron a un très fort sens du marketing.

La deuxième chose, c’est qu’il présente une très grande cohérence idéologique : il est libéral économiquement, mais aussi culturellement. Le Front national est pour la fermeture dans tous les domaines. Les Républicains sont ouverts sur l’économie mais plutôt fermés du point de vue de l’immigration et des mœurs. Le Parti socialiste, c’est l’inverse. Macron se situe au centre, ouvert sur tout. C’est une force rhétorique car il présente un discours sans contradiction interne. Il est pour la liberté partout.

Enfin, il s’inscrit dans une démarche plutôt que dans un discours. Il est dans le performatif, il incarne, met en scène le changement. Il mène une sorte d’élaboration de produits, qu’il teste sur des sous-groupes, qu’il remet sur le métier, qu’il va ensuite présenter comme si c'était le nouvel iPhone. Il produit l’offre en fonction de la demande.

Les mots mèmes

Cela semble finir de façonner un rapport marketing à la politique… Quel est le danger le plus grave pour vous ?  

L’accélération du temps médiatique. Qu’est-ce qu’on peut dire en quelques secondes à part "la France est en guerre" ? Tout le monde se voit servir la même petite phrase, mais une petite phrase ne fait pas une pensée. Il y a donc un amoindrissement de l’espace pour penser les problèmes. Presque personne ne fait l’effort de proposer une lecture, de raconter la France d’aujourd’hui. Il n’y a, de toute façon, presque plus d’espace médiatique pour le faire.

(...)

Propos recueillis par Rémi Noyon

A retrouver entièrement ci-dessous

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