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Vivement l'Ecole!

Culture... Par Cécile Alduy...

2 Janvier 2017 , Rédigé par Libération - Cécile Alduy Publié dans #Education, #Culture

Culture... Par Cécile Alduy...
Culture

Depuis quelques années déjà, le mot «culture» dépérit dans le débat politique. Non qu’il ait été entièrement abandonné, à l’instar de son voisin d’hier, «humanisme». Le mal est plus retors : le mot «culture», à force de n’être utilisé que dans son sens civilisationnel ou ethnographique («culture française»), a été vidé de son sens premier, artistique et intellectuel (les arts et les lettres), pour se pétrifier dans la bouche des politiques en obsession identitaire. La culture est passée aux oubliettes, tandis que les cultures, et le fantasme d’un combat fatidique entre «notre culture» et un supposé «multiculturalisme», saturent les discours. Or, du singulier au pluriel, du général universel aux particularismes culturels locaux, ce que l’on perd, c’est la sève de ce mot et la vie de l’esprit qu’il incarne : sa faculté de constituer un projet d’émancipation, plutôt que d’exclusion, d’offrir une voie de liberté et d’empathie, plutôt que d’enfermer les individus dans une culture figée en patrimoine et «transmise» comme un héritage ou un ADN.

Mot omniprésent, mais devenu hémiplégique, voire perverti en un synonyme poli d’«ethnie» ou de «race» dans le discours d’extrême droite, «culture» n’est plus ce beau mot inauguré par Du Bellay à partir du verbe «cultiver», qui supposait activité, élévation et création. La culture, comme exercice de l’esprit, pratique artistique, activité créatrice qui invente du nouveau à partir de traditions éparses, est un faire orienté vers l’avenir, non une essence héritée du passé. Les cultures, réduites à des «modes de vie», des «mœurs», des «coutumes» à défendre contre un «autre» dont la différence est vécue comme une menace, signent l’emprise des déterminismes de la naissance et érigent les habitudes héritées en absolus indépassables.

Réflexion en acte, pensée incarnée, œuvre née d’une liberté individuelle, la culture donne à autrui l’occasion de s’éprouver soi-même dans son humanité, capable d’émotions désintéressées et d’autonomie de jugement, de penser et d’habiter d’autres mondes, d’autres vies. Elle dépayse, ouvre des horizons, forge des mondes nouveaux, fait advenir des possibles, fabrique du commun en proposant des expériences partagées : elle est donc immédiatement politique et pratique. Ce sont pourtant les sens ethniques et ethnographiques empruntés de l’allemand Kultur ou de l’anglais culture qui dominent aujourd’hui le débat politique, en dépit du besoin urgent d’une vraie politique en faveur de la culture.

Les industries culturelles et artistiques françaises représentent, dit-on, 1,7 million d’emplois et 3,2 % du PIB, soit sept fois plus que l’industrie automobile (chiffres de 2014). On aimerait pourtant qu’à l’heure des attentats contre Charlie Hebdo ou le Bataclan, les responsables politiques ne réduisent pas constamment le mot «création» à la création d’entreprise et la culture à une industrie de consommation ou une assignation identitaire.

 Cécile Alduy

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Cécile Alduy

Elle a déjà «pris au mot» Marine Le Pen, pour reprendre le titre de son dernier ouvrage (Seuil, 2015). Cette année, Cécile Alduy, professeure de littérature et de civilisation françaises à l’université de Stanford, aux Etats-Unis, décortiquera les discours des politiques de tout bord dans Libération, comme dans son prochain livre à paraître à la fin du mois : Ce qu’ils disent vraiment, Décoder le discours des présidentiables (Seuil).

 

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Education - De la "culture juvénile"...

2 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Culture

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Pour vivre ensemble, enseignants et élèves doivent gérer, dans les collèges et lycées, l’arrivée d’une culture juvénile de plus en plus légitime, en phase avec des technologies et des références propres à un univers médiatique qui se développent indépendamment de l’univers scolaire. (Voir à ce sujet D Pasquier, Cultures lycéennes, revue AUTREMENT, 2005).

L’enfance est d’abord créative et ludique ; l’adolescence l’est aussi, MAIS les aspects «énergétiques et transgressifs s’y ajoutent. Les « jeux » de langage des adolescents, obscènes et/ou provocateurs, en particulier sur les thèmes les plus dérangeants pour l’institution (Ethnicité, sexualité et racisme/antisémitisme) visent à déranger les tabous adultes. Peu à peu, ils deviennent un système de communication avec ses codes, ses plaisanteries, ses fausses injures, ses automatismes langagiers.

Par ailleurs, le « groupe adolescent » est le troisième larron de la relation pédagogique. Selon qu’il est opposant ou adhérent à l’école, il exclura, dans le premier cas le « collaborateur », dans le second le « nul ».  Au milieu de tout cela , l’enseignant, souvent critique des médias, rétif à l’éphémère des modes, soucieux d’un langage normalisé jugent les élèves incapables d’opinion personnelle, c'est-à-dire dans la définition légitime de l’institution, éclairée par des connaissances et des « bons » auteurs.

Pourtant certains professeurs n’hésitent pas à jouer de ces codes en feignant de s’approprier les codes juvéniles pour réduire les distances et amener une classe à s’investir dans des conventions plus classiques. Ils parlent souvent de ce travail de motivation où il s’agit d’exploiter des éléments proches de la culture juvénile : films, textes de chansons par exemple. La chose n’est pas facile car très rapidement montrée du doigt par les collègues, dénoncée par les « traditionalistes », caricaturée par les médias. Or une pédagogie démocratisante ne doit elle pas passer par l’utilisation des supports quotidiens de la jeunesse pour les amener vers autre chose évidemment, pour développer leur esprit critique, bref pour peu à peu les inciter à partager d’autres supports dont ils sauront apprécier les qualités et les défauts ? Amener ses élèves à apprécier Villon, Hugo ou Aragon en passant par des textes de rap est il dévalorisant pour un professeur ? Evidemment pas.

En rendant impraticables les « bonnes relations », l’enseignant doit alors faire face  une multiplication d’incidents qui le coupent d’une source importante de satisfaction et de motivation professionnelles en même temps qu’elle hypothèque le cœur de la transmission pédagogique.

Deux compétences relationnelles apparaissent aujourd’hui fondamentales pour l’enseignant

-       la capacité d’interpréter les langages et codes de conduite des adolescents. (ce qui n’empêche nullement de les corriger);

-       le tact qui permet de comprendre le contexte exact du jugement scolaire que l’on porte.

 

Voir les nombreux résultats recherches d’Anne Barrère, Professeur, PROFEOR (Interactions professions, éducation et orientation), Université Lille III

Christophe Chartreux

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Stephan Eicher...

1 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Joris-Karl Huysmans

1 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Tel qu'un ermite, il était mûr pour l'isolement, harassé de la vie, n'attendant plus rien d'elle : tel qu'un moine aussi, il était accablé d'une lassitude immense, d'un besoin de recueillement, d'un désir de ne plus rien avoir de commun avec les profanes qui étaient, pour lui, les utilitaires et les imbéciles.

En résumé, bien qu'il n’éprouvât aucune vocation pour l'état de grâce, il se sentait une réelle sympathie pour ces gens enfermés dans des monastères, persécutés par une haineuse société qui ne leur pardonne ni le juste mépris qu'ils ont pour elle ni la volonté qu'ils affirment de racheter, d'expier, par un long silence, le dévergondage toujours croissant de ses conversations saugrenues ou niaises.

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Emmanuel Macron sur l'éducation? Du déjà-vu mal maîtrisé...

1 Janvier 2017 , Rédigé par L'Obs - Caroline Brizard Publié dans #Education, #Macron

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EXTRAITS

Le candidat d'En marche ! mise sur l'école primaire et sur la plus grande autonomie du système éducatif. Loin d'être révolutionnaires, ces propositions font largement consensus.

Le nouveau candidat à la présidentielle assure qu’il veut mettre l’école au cœur de ses priorités, et il a détaillé son programme dans un récent entretien à "l’Obs", sans qu'on le voie renverser les tables. Pour résumer : il s’inscrit dans l'esprit de la loi de refondation de l’école de l’ex-ministre de l’Education Vincent Peillon (priorité au primaire), avec un soupçon de libéralisme de droite (plus d’autonomie aux écoles) et un message rassurant envoyé aux élites sociales (maintien des classes prépas et des grandes écoles puisque le système marche). "Il fait le grand écart en parlant à la fois à la gauche et à la droite ", résume Jean-Paul Delahaye, directeur de l’enseignement scolaire de Vincent Peillon jusqu’en 2014. Revue de détail. 

Mettre le paquet sur le primaire

(...)  Emmanuel Macron propose de mettre le paquet là où les besoins sont les plus criants, à savoir les écoles des réseaux d’éducation prioritaire (ex-ZEP) des quartiers populaires, en y enrôlant des professeurs expérimentés, mieux payés, à qui on laisserait une liberté pédagogique plus forte.

"On se réjouit de voir ce projet de concentration des moyens sur les publics les plus défavorisés", commente Jean-Paul Delahaye, auteur d'un rapport sur la grande pauvreté. Mais les ministres de gauche n’ont pas attendu le fringant trentenaire pour commencer à mettre ce programme en œuvre. Un effort a été fait ces dernières années pour scolariser les enfants de moins de 2 ans dans les quartiers populaires. Les écoles y bénéficient aussi de "plus de maîtres que de classes", une mesure phare de la loi de refondation qui permet d’aider plus particulièrement ceux des élèves qui sont à la peine.

(...) Quant à la liberté pédagogique des professeurs des écoles, à savoir leur possibilité de choisir comment enseigner, "elle existe déjà", rappelle Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa (...)

(...) il faudrait mieux payer les professeurs de l'éducation prioritaire, les former régulièrement, et leur faire retrouver la considération sociale dont jouissent l’ingénieur ou le médecin…

Le souhait n'est pas neuf (...) La revalorisation des primes (entre 1.700 et 2.400 euros par an) aux professeurs de l’éducation prioritaire, école et collège, a eu un effet sur les recrutements : 12% de professeurs hors éducation prioritaire ont demandé leur mutation en éducation prioritaire pour la rentrée 2016 contre 6% en  2015 (...)

A quoi s’ajoute l’octroi d’un avancement plus rapide dans la carrière : "Les collègues restés huit années en éducation prioritaire auront accès directement à la 'classe exceptionnelle', donc un salaire plus élevé", résume Christian Chevalier (...)

Une plus grande mixité sociale au collège

(...) Comment Emmanuel Macron, lui, s’y prendrait-il ? En enrichissant l’offre scolaire dans les collèges de quartiers populaires pour qu’ils attirent les bons élèves du secteur, voire des élèves venus d’ailleurs par dérogation. Bonne idée, qui est précisément expérimentée à cette rentrée.

(...)

Emmanuel Macron ne touche pas aux programmes. Pour ce qui est du contenu des études, il conserve l’idée d’un socle commun de connaissances et de compétences. Rien de révolutionnaire, donc.

Une meilleure orientation professionnelle au lycée

Le slogan de Macron est une antienne reprise à gauche comme à droite.(...)

Un enseignement supérieur plus autonome

"L’autonomie des universités telle qu’elle a été mise en œuvre depuis dix ans est en trompe-l’œil", affirme ce proche d’Emmanuel Macron. Il faut accepter que le système se différencie, et qu’il y ait à la fois des universités de proximité tournées vers les bassins d’emplois locaux, formant des étudiants à bac+2 et des universités de rang international à bac+5, qui auraient toutes le droit d’ouvrir des diplômes dont la validation serait l’insertion sur le marché professionnel, sans avoir à passer par les fourches caudines du ministère de l’Enseignement supérieur".

Mais pas touche aux classes prépas et aux grandes écoles. Jean-Paul Delahaye résume :

"Pas question de faire bouger une organisation des études qui fait bien réussir les classes supérieures."

Emmanuel Macron est plutôt d’avis d’accompagner les rapprochements progressifs - et très lents - entre les écoles et l’université, pour y "permettre des formations d’excellence". Mais celles-ci existent déjà au niveau du master. Il s’agirait donc seulement de les y développer.

Un système éducatif déconcentré

Emmanuel Macron met ses pas dans ceux des ministres de l’Education qui se succèdent rue de Grenelle depuis dix ans. La gestion du mammouth est déjà largement décentralisée. Les recteurs d’académie sont les patrons chez eux, ils gèrent déjà les personnels, par exemple - sauf les agrégés. (...)

Caroline Brizard

L'article complet est à retrouver ci-dessous

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Le projet Education d'Emmanuel Macron? Un danger pour la Nation!...

1 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Macron

Dans un long entretien, à lire dans "l'Obs"  du jeudi 10 novembre, Emmanuel Macron détaillait ses ambitions pour la France.

Revenons sur ses deux propositions-phares:

1 - Autonomie des établissements dans le primaire

Parce qu’il pense que la mère des batailles se joue dans le primaire et qu’il veut aider plus ceux qui en ont le plus besoin, il prône "une vraie autonomie pédagogique pour les établissements" (méthodes différentes, plus de profs par classes et des professionnels plus expérimentés et mieux payés dans les écoles des quartiers les moins favorisés). Il faut selon lui leur donner "beaucoup plus de moyens et beaucoup plus d’autonomie. Il faut arrêter de saupoudrer et assumer d’y investir de façon différenciée. [...]"

2 - Réforme de la carte scolaire

Pour assurer une véritable mixité sociale, pour que les écoles accueillent des publics vraiment divers, que les enfants des quartiers aient le droit d’aller dans les établissements des centres-villes, Emmanuel Macron défend une vraie réforme de la carte scolaire. "On doit absolument la faire évoluer", affirme-t-il, s’appuyant sur l’exemple d’une mère de famille de La Paillade, à Montpellier, qui lui a confié : "Moi, avec la carte scolaire, je n’ai pas le droit de mettre mon gamin à l’école en centre-ville, c’est injuste. Il n’y a plus de petits blonds dans nos écoles".

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La suite (d'où sont extraites certaines citations ci-dessous) est à découvrir en suivant le lien en bas de page.

Commentaires:

- Il faudra "rendre totalement autonomes les écoles primaires"

Totalement irréaliste et dangereux. Ou quand l'ultra libéral Macron croit qu'il suffit de prononcer le mot magique "autonomie" pour résoudre les problèmes de l'école primaire. C'est exactement le contraire qu se produira et TOUJOURS à l'encontre des mêmes élèves, des mêmes familles, des mêmes quartiers!

- "modifier la carte scolaire"

Quelle originalité! Je n'en dirai pas davantage.

- " donner plus de moyens aux établissements les plus en difficulté"

Emmanuel Macron suit décidément très mal l'actualité de l'éducation. C'est exactement ce qui se fait sous la houlette de Najat Vallaud-Belkacem.

- "remettre les classes bilangues et les options qui permettaient aux colleges de mieux fonctionner qu'avant"

Emmanuel Macron démontre qu'il ne maîtrise pas le dossier. Où a-t-il constaté que les "collèges fonctionnaient mieux" avec classes bilangues et options?

Fonctionnaient mieux POUR QUI?

Un programme aux graves et lourdes lacunes. Très dangereux à court terme pour l'avenir de la nation qui, avec lui, n'a rien d'éducative.

Christophe Chartreux

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