Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Lana Del Rey...

29 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Ernest Hemingway...

29 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Afficher l'image d'origine

Tout le monde se mit à danser. Il faisait chaud et, la danse finie, nous étions tous en nage.
- Bon Dieu! dit Georgette, vous parlez d'une boite pour suer.
- Il fait chaud.
- Chaud, bon Dieu!
- C'est une bonne idée.
Quelqu'un invita Georgette à danser et j'allai au bar. Il faisait vraiment très chaud et, dans la nuit chaude, la musique de l'accordéon était agréable. Je bus un bock, debout sur le seuil, dans la brise fraiche de la rue. Deux taxis descendaient la rue en pente. Ils s'arrêtèrent devant le bal. Il en sortit un groupe de jeunes gens, les uns en chandail, les autres en bras de chemise. Dans la lumière de la porte, je pouvais distinguer leurs mains, leurs chevelures ondulées et fraichement lavées. L'agent, debout à la porte, me regarda et sourit. Ils entrèrent. Comme ils entraient, dans la lumière, je vis des mains blanches, des cheveux ondulés, des visages blancs, tout cela grimaçant, gesticulant, papotant. Brett était avec eux. Elle était charmante et semblait à son aise dans ce milieu.
L'un d'eux aperçut Georgette et dit :
- Ma parole, voilà une vraie grue. Je vais danser avec elle, Lett. Tu vas voir.
Le grand brun qui s'appelait Lett dit :
- Voyons, ne fais pas de folies.
Le blond ondulé répondit :
- Ne t'inquiète donc pas, ma chère.
Et c'était avec ça qu'était Brett!
J'étais furieux. Du reste, les hommes de cette espèce me mettaient toujours en fureur.

(...)

La marée n'était pas tout à fait basse. J'entrai dans une cabine de bains, me déshabillai et passai mon bikini, puis je me dirigeai vers la mer, sur le sable fin. Le sable était chaud sous mes pieds nus. J'entrai dans l'eau, elle était froide. Comme une lame arrivait, je m'y jetai, la tête la première. Toute impression de froid avait disparu. Je nageai jusqu'au radeau. Assise au soleil, je regardai les baigneurs sur la plage. Ils avaient l'air tout petits. Au bout d'un instant me levai et, m'agrippant des orteils au bord du radeau, je plongeai pour remonter ensuite dans l'eau lumineuse. Je secouai l'eau salée de ma tête et nageai lentement vers la plage.

Lire la suite

Une Phrase... Un Jour... Vote...

29 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Citation

Afficher l'image d'origine

“Il y a deux actes légaux de la vie pour lesquels on doit se cacher avant de les accomplir : le vote et l’amour.”

José Artur

Lire la suite

Sortir... Cinq raisons d’aller voir l’expo pour enfants d’Invader quand on a plus de 10 ans...

29 Janvier 2017 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Art

Le Musée en herbe, qui accueille les visiteurs à partir de 2 ans et demi, propose aux plus jeunes depuis jeudi et jusqu’au 3 septembre d’entrer dans l’univers carré et carrelé du street artist français Invader. L’expo intitulée «Hello My Game Is… » s’articule autour de ses sources d’inspiration et de son travail qui, depuis une vingtaine d’années, envahit de mosaïques les rues de 67 villes du monde. Il n’est cependant pas interdit aux plus âgés d’aller jeter un coup d’œil régressif à cette installation intergénérationnelle, autant destinée aux enfants d’aujourd’hui qu’à ceux des années 70 et 80. Pour au moins cinq (bonnes) raisons.

Parce qu’on n’a pas joué à Pong depuis 1978

Les raquettes bâtons, l’écran noir et blanc, le score en gros chiffres carrés… c’est Pong ! L’alpha et l’oméga du jeu vidéo est ici représenté dans sa version arcade, adapté néanmoins, avec un écran à hauteur d’enfant. L’adulte motivé peut s’agenouiller pour retrouver des sensations perdues depuis des dizaines d’années, et renouer avec son lift tout en verticalité. A côté, des bornes Break Out, Pac Man, Tétris évidemment, et… Galaxian. La société Taïto, à laquelle appartiennent les droits du jeu Space Invaders n’a en effet pas souhaité être associée à l’exposition du street artist, avec qui elle entretient des relations ambiguës. Et le nostalgique doit donc se contenter de l’ersatz produit par Namco.

Parce qu’on aime le street art mondial

La salle suivante offre un tout autre panorama de l’œuvre d’Invader en replaçant ses pièces de carrelage dans leur contexte. A l’aide d’une console spécialement construite par le designer français Ora-ïto, une mosaïque s’affiche au hasard des touches, grandeur nature et in situ, de Hongkong à New York en passant par Monbassa ou l’ISS, autant de lieux matérialisés sur une map qui fait face aux «alias» (deuxième exemplaire officiel), permettant ainsi de voir de près et d’admirer dans le détail ce qui d’habitude est collé dans les rues à plusieurs mètres du sol.

(...)

Stéphanie Aubert

Le musée en herbe, 23, rue de L’Arbre-Sec, 75001 Paris. Tél : 01 40 67 97 66.
Ouvert tous les jours de 10 heures à 19 heures, nocturne le jeudi 21 heures.

 

Suite et fin ci-dessous

Lire la suite

Je sais une église, dédiée à Fillon! - Par Claude Lelièvre...

29 Janvier 2017 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Afficher l'image d'origine
 
Cette chanson a été écrite en 1902. Curiosité : j'ai dû l'apprendre par cœur pour passer le concours d'entrée à... l'école normale de Charleville en 1957 ! Miracle (laïque?) j'ai été reçu ! Alors, un autre miracle pour François Fillon ?
 
Je sais une église au fond d'un hameau

Dont le fin clocher se mire dans l'eau
Dans l'eau pure d'une rivière
Lorsque je suis las du monde et du bruit
J'y viens à pas lents quand tombe la nuit
Faire une prière.

- 2 -
Des volubilis en cachent l'entrée
Il faut dans les fleurs faire une trouée
Pour venir prier au lieu saint
Un calme imposant y saisit tout l'être
Avec le printemps un parfum pénètre
Muguet et jasmin.

- 3 -
Des oiseaux parfois bâtissent leurs nids
Sur la croix de bronze où Jésus souffrit
Le vieux curé les laisse faire
Il dit que leur chant est l'hymne divin
Qui monte des choeurs en le clair matin
Vers Dieu notre Père.

Pour finir
Je sais une église au fond d'un hameau
Dont le fin clocher se mire dans l'eau
Dans l'eau pure d'une rivière
Lorsque je suis las du monde et du bruit
J'y viens à pas lents quand tombe la nuit
Faire une prière.

Lire la suite

Catastrophique audition au Sénat de Betsy DeVos, probable future ministre de l'éducation nationale de Donald Trump...

29 Janvier 2017 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education, #Trump

Ce n'est pas cette nomination qui va rassurer les Démocrates. Betsy DeVos, milliardaire du Michigan, passait le 17 janvier devant une commission de sénateurs: charge à eux de juger si celle que Donald Trump a choisie pour le ministère de l'éducation est compétente pour cette charge. Le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'a pas vraiment convaincu (voir la vidéo en tête de cet article).

Imprécision et incompétence

Bipartisanes, ces commissions ont la charge d'examiner toutes les nominations aux ministères essentiels. Les sénateurs américains soulèvent alors, suivant leurs sensibilités, des questions sur lesquelles le futur ministre doit donner son avis. Mais l'examen sert aussi à passer en revue le CV du candidat, comme lorsque que Bernie Sanders, sénateur démocrate et ancien concurrent d'Hillary Clinton à l'investiture démocrate, s'est interrogé sur les donations de la famille DeVos (plusieurs centaines de millions de dollars) aux grands partis politiques. "Pensez-vous que, sans ces donations, vous seriez devant nous aujourd'hui?"' s'est interrogé le leader socialiste.

Passée ensuite au crible d'élus aux armes aiguisées, la riche héritière a vite montré les limites de ses compétences en matière d'éducation. Interrogée sur un débat qui agite l'école américaine, la différence entre progrès (growth) et résultat (proficiency), Betsy DeVos a montré qu'elle ne comprenait pas la différence entre les deux termes. Même imprécision sur un autre sujet brûlant, celui de la dette étudiante, ou les chiffres qu'elle annonce manquent de faire tourner de l'oeil le sénateur démocrate Al Franken...

En ne voulant pas se prononcer clairement sur d'autres sujets, la future ministre n'a pas manqué de surprendre. Alors que l'on lui demandait d'exprimer clairement sa position sur l'autorisation pour une école de disposer dans son enceinte de personnes armées (un autre débat qui ressurgit après chaque fusillade aux États-Unis), Betsy DeVos a répliqué que cette décision était à prendre au cas par cas...appuyant son argument par le fait que certaines écoles pourraient avoir à se défendre contre les grizzlis.

(...)

Suite, fin et autres informations en cliquant ci-dessous

Lire la suite

"Mais en fait, qu'est-ce que c'est un pédagogue?"...

29 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

sisyphe.jpg

Dialoguant récemment avec une collègue, jeune enseignante titulaire débutante, la conversation roulant sur la pédagogie, elle vint à me demander : "Mais en fait, qu'est-ce que c'est un pédagogue?"...

          Je lui fis une réponse banale, rapide, pris par le temps qui nous prend et nous emporte... Peut-être était-elle inquiète de n'être pas assez pédagogue... Ou l'être mal... Gagnée par les attaques de mauvaise foi dont la pédagogie est la cible... Je ne sais pas... Je le lui demanderai... Je sais, moi, qu'elle est, sera et restera une formidable enseignante. Qu'elle saura transmettre en partageant, partager ce qu'elle sait... Qu'elle connaîtra des échecs, qu'elle s'en relèvera, qu'elle continuera, qu'elle subira des dizaines de réformes, qu'elle respectera des dizaines de circulaires... Mais qu'au bout du compte, elle ne sera jamais seule car le pédagogue, Hélène, est toujours avec ses élèves. Il ne peut pas les laisser. Même quand il est silencieux, que les têtes sont penchées sur un exercice, le professeur est là. Présent sans être omniprésent... Peut-être est-ce ça, en partie car tout ou presque a été dit, la pédagogie... Un espace, lieu et temps, partagé... Bruyant ou silencieux, au gré des heures et des activités... La pédagogie c'est d'abord un espace. Il reste ensuite à le remplir, à moitié, au tiers, au trois-quarts... Peu importe... C'est selon l'objectif à atteindre, les possibilités de chacun qu'hélas l'Ecole se tue -au sens propre- à réunir à plusieurs et à exiger que ces "plusieurs" aillent toutes et tous à la même vitesse quand Pierre aurait besoin de six heures de mathématiques et Najira seulement deux... Mais non... Tout est normé et pour la vie... Ce sera quatre heures pour toute la cohorte... La cohorte... Pourquoi pas le régiment tant qu'on y est...

          Le pédagogue est un peintre étrange qui serait chargé de colorer l'espace... "En mobilisant les élèves, en structurant les savoirs, en accompagnant les parcours" comme le dit si limpidement Philippe Meirieu... L'espace vide devient au cours de la séance un "cabinet des curiosités"  où l'hétéroclite s'ordonne petit à petit... Le désordre qui règne dans les esprits prend une forme visible, reconnaissable et structurée. N'oublie pas Hélène: il faut toujours donner corps aux découvertes... Tu sculptes l'espace... Tu accompagnes les gestes de tes jeunes "apprentis" qui à leur tour, devant toi, sculptent maladroitement, puis de mieux en mieux, l'espace angoissant de l'inconnu initial. De la découverte à la maîtrise... Car toujours ils doivent parvenir à la maîtrise... Dynamiser, structurer rigoureusement, accompagner chacun (et ça c'est difficile) dans son parcours... Et chaque séance est un nouveau parcours... Et chaque élève a son propre mode de "promenade"... 

          Le pédagogue est celui-là... Celui qui accepte les modes différents mais exige rigoureusement de structurer ce que j'ai appelé ici "l'espace", c'est à dire ce moment privilégié comme disait Proust où, et là je convoque Stendhal, vont se cristalliser lumineusement les connaissances éparses... Réunir Proust et Stendhal à la même table... Jolie compagnie... C'est peut-être ça aussi la pédagogie... Une oeuvre d'art quotidiennement renouvelée, jamais achevée, Sisyphe en quelque sorte... Comme le héros mythologique, tu n'atteindras jamais le sommet Hélène... mais c'est bien mieux ainsi car toujours tu auras le désir de recommencer... Encore et encore !... Jusqu'au jour où tu fermeras ta porte pour la dernière fois...

Le caillou de Sisyphe aura roulé de l'autre côté...

Christophe Chartreux

Le mythe de Sisyphe raconté par des élèves de CM2 - Ci-dessous

Lire la suite

Yael Naim...

28 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Matthew Gregory Lewis...

28 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Afficher l'image d'origine

Ambrosio, un moine, est amoureux de la belle Antonia. Prêt à tout pour posséder celle qu’il aime, il accepte l’aide de Mathilde qui s’apprête à convoquer le diable.

- Venez ! dit-elle, et elle lui prit la main ; suivez-moi, et soyez témoin des effets de votre résolution.
À ces mots, elle l’entraîna précipitamment. Ils passèrent dans le lieu de sépulture sans être vus, ouvrirent la porte du sépulcre, et se trouvèrent à l’entrée de l’escalier souterrain. Jusqu’alors la clarté de la lune avait guidé leurs pas, mais à présent cette ressource leur manquait. Mathilde avait négligé de se pourvoir d’une lampe. Sans cesser de tenir la main d’Ambrosio, elle descendit les degrés de marbre ; mais l’obscurité les obligeait de marcher avec lenteur et précaution.
- Vous tremblez ! dit Mathilde à son compagnon ; ne craignez rien, nous sommes prêts du but.
Ils atteignirent le bas de l’escalier, et continuèrent d’avancer à tâtons le long des murs. À un détour, ils aperçurent tout à coup dans le lointain une pâle lumière, vers laquelle ils dirigèrent leurs pas : c’était celle d’une petite lampe sépulcrale qui brûlait incessamment devant la statue de Sainte-Claire ; elle jetait une sombre et lugubre lueur sur les colonnes massives qui supportaient la voûte, mais elle était trop faible pour dissiper les épaisses ténèbres où les caveaux étaient ensevelis.
Mathilde prit la lampe.
- Attendez-moi ! dit-elle au prieur ; je reviens dans un instant.
À ces mots, elle s’enfonça dans un des passages qui s’étendaient dans différentes directions et formaient une sorte de labyrinthe. Ambrosio resta seul. L’obscurité la plus profonde l’entourait, et encourageait les doutes qui commençaient à renaître dans son sein. Il avait été entraîné par un moment de délire. La honte de trahir ces terreurs en présence de Mathilde l’avait poussé à les combattre ; mais à présent qu’il était abandonné à lui-même, elles reprenaient leur premier ascendant. Il tremblait à l’idée de la scène dont il allait être le témoin [...]
Telles étaient ses méditations en attendant Mathilde. Elles furent interrompues par un sourd murmure, qui ne paraissait pas venir de loin. Il tressaillit. Il écouta. Quelques minutes passèrent en silence, après quoi le murmure recommença : c’était comme le gémissement d’une personne souffrante. Dans toute autre position, cette circonstance n’aurait fait qu’exciter son attention et sa curiosité ; en ce moment, sa sensation dominante fut la terreur : son imagination, entièrement préoccupée des idées de sorcellerie et d’esprits, se figura que quelque âme en peine rôdait près de lui ; ou bien que Mathilde avait été victime de sa présomption, et périssait sous les griffes cruelles des démons.

[...]


En ce moment une idée qui lui traversa l’esprit le pétrifia presque d’horreur ; il frémit, et eut peur de lui-même.
- Serait-ce possible ! soupira-t-il involontairement ; serait-ce bien possible ! oh ! quel monstre je suis !
Il résolut d’éclaircir ses doutes, et de réparer sa faute, s’il n’était pas déjà trop tard. Mais ses sentiments généreux et compatissants furent bientôt mis en fuite par le retour de Mathilde. Il oublia l’infortunée qui gémissait, et ne se souvint que du danger et de l’embarras de sa propre situation. La lumière de la lampe qui revenait dora les murs, et en peu d’instants Mathilde fut près de lui.

[...]


- Suivez-moi ! dit-elle au moine d’une voix lente et solennelle ; tout est prêt !
Il sentit ses membres trembler en lui obéissant. Elle le guida à travers divers étroits passages ; et de chaque côté, comme ils avançaient, la clarté de la lampe ne montrait que les objets les plus révoltants : des crânes, des ossements, des tombes et des statues dont les yeux semblaient à leur approche flamboyer d’horreur et de surprise. Enfin ils parvinrent à un vaste souterrain dont l’œil cherchait vainement à discerner la hauteur : une profonde obscurité planait sur l’espace ; des vapeurs humides glacèrent le cœur du moine, et il écouta tristement le vent qui hurlait sous les voûtes solitaires. Ici Mathilde s’arrêta ; elle se tourna vers Ambrosio, dont les joues et les lèvres étaient pâles de frayeur. D’un regard de mépris et de colère, elle lui reprocha sa pusillanimité ; mais elle ne parla pas. Elle posa la lampe à terre près du panier ; elle fit signe à Ambrosio de garder le silence, et commença les rites mystérieux. Elle traça un cercle autour de lui, et un autre autour d’elle ; puis prenant une petite fiole dans le panier, elle en répandit quelques gouttes sur la terre devant elle ; elle se courba sur la place, marmotta quelques phrases inintelligibles ; et immédiatement il s’éleva du sol une flamme pâle et sulfureuse, qui s’accrut par degré, et finit par étendre ses flots sur toute la surface, à l’exception des cercles où se tenaient Mathilde et le moine ; ensuite la flamme gagna les énormes colonnes de pierre brute, glissa le long de la voûte et changea le souterrain en une immense salle toute couverte d’un feu bleuâtre et tremblant : il ne donnait aucune chaleur ; au contraire, le froid extrême du lieu semblait augmenter à chaque instant. Mathilde continua ses incantations. Par intervalles, elle tirait du panier divers objets, dont la nature et le nom, pour la plupart, étaient inconnus au prieur ; mais dans le peu qu’il en distingua, il remarqua particulièrement trois doigts humains et un agnus dei qu’elle mit en pièces. Elle les jeta dans les flammes qui brûlaient devant elle et ils furent consumés aussitôt.
Le moine la regardait avec anxiété. Tout à coup elle poussa un cri long et perçant ; elle fut saisie d’un accès de délire ; elle s’arracha les cheveux, se frappa le sein, fit les gestes les plus frénétiques, et, tirant le poignard de sa ceinture, elle se le plongea dans le bras gauche : le sang jaillit en abondance ; et elle se tint sur le bord du cercle, prenant soin qu’il tombât en dehors. Les flammes se retiraient de l’endroit où le sang coulait. Une masse de nuages sombres s’éleva lentement de la terre ensanglantée, et monta graduellement jusqu’à ce qu’elle atteignît la voûte de la caverne ; l’écho résonna effroyablement dans les passages souterrains, et la terre trembla sous les pieds de l’enchanteresse.
Ce fut alors qu’Ambrosio se repentit de sa témérité. L’étrangeté solennelle du charme l’avait préparé à quelque chose de bizarre et d’horrible : il attendit avec effroi l’apparition de l’esprit dont la venue était annoncée par la foudre et le tremblement de terre ; il regarda d’un œil égaré autour de lui, persuadé que la vue de cette vision redoutable allait le rendre fou ; un frisson glaçait son corps, et il tomba sur un genou, hors d’état de se soutenir.
- Il vient ! s’écria Mathilde avec un accent joyeux.
Ambrosio tressaillit, et attendit le démon avec terreur. Quelle fut sa surprise quand, le tonnerre cessant de gronder, une musique mélodieuse se répandit dans l’air ! Au même instant le nuage disparut, et Ambrosio vit un être plus beau que n’en créa jamais le pinceau de l’imagination. C’était un jeune homme de dix-huit ans à peine, d’une perfection incomparable de taille et de visage ; il était entièrement nu ; une étoile étincelait à son front ; ses épaules déployaient deux ailes rouges, et sa chevelure soyeuse était retenue par un bandeau de feux de plusieurs couleurs, qui se jouaient à l’entour de sa tête, formaient diverses figures, et brillaient d’un éclat bien supérieur à celui des pierres précieuses ; des bracelets de diamants entouraient ses poignets et ses chevilles, et il tenait dans sa main droite une branche de myrte en argent ; son corps jetait une splendeur éblouissante ; il était environné de nuages, couleur de rose, et au moment où il parut, une brise rafraîchissante répandit des parfums dans la caverne. Enchanté d’une vision si contraire à son attente, Ambrosio contempla l’esprit avec délice et étonnement ; mais toute son admiration ne l’empêcha pas de remarquer dans les yeux du démon une expression farouche, et sur ses traits une mélancolie mystérieuse qui trahissaient l’ange déchu et inspiraient une terreur secrète.

Matthew Gregory Lewis, Le Moine

Lire la suite

A Voir... La La Land...

28 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Cinéma


Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…

Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

LA LA LAND Bande Annonce VOST (Ryan Gosling, Emma Stone - 2017)
Un film réalisé par Damien Chazelle
Avec Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend
Date de sortie : 25 Janvier 2017
Nationalité : Américain

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>