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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Raphaël Glucksmann...

6 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Nous allons bientôt mourir. Nous le sentons, le savons, le répétons jusqu’à la nausée. Notre scène publique ressemble au mur des Lamentations. Intellectuels, politiques et journalistes nous distribuent l’extrême-onction et organisent nos funérailles. Ci-gît la France, vieille et grande nation morte de ne plus savoir comment ni pourquoi vivre.

Pris séparément, Jeanne, David, Paul et Leïla se portent peut-être à merveille. Mais, collectivement, en tant que peuple, ils sont à l’agonie. Tous les sondages confirment ce paradoxe français: plutôt optimistes quant à notre situation personnelle, nous tombons dans un pessimisme sans égal dès que la question porte sur l’avenir de notre pays. Nous évaluons notre bien-être individuel de la même façon que les Hollandais ou les Belges et notre destin commun à la manière des Irakiens et des Afghans. Comment expliquer pareille déprime?

Certes, nous sommes malades : notre économie stagne, notre aura internationale décline, le chômage ne se résorbe pas et des centaines de milliers de nos compatriotes dorment dans la rue ou font la queue aux Restos du cœur. Mais pourquoi une accumulation d’échecs et d’injustices parfaitement réversibles devient-elle à nos yeux une fatalité? Blâmer Bruxelles, les immigrés ou les dieux pour des maux dont notre apathie est la cause première: voilà la définition même d’une aliénation. La maladie française du siècle est d’abord mentale, spirituelle avant d’être matérielle.

Chaque défi à relever se mue dans nos têtes angoissées en problème existentiel. Trente mille réfugiés syriens à accueillir quand l’Allemagne en reçoit un million? Une menace pour notre identité ! La construction européenne, ce vieux rêve français? Une menace pour notre identité! L’immigration, pourtant de moins en moins «massive? Une menace pour notre identité! La mondialisation? Une menace pour notre identité! Mais quelle est donc cette «identité» que chaque vent du large paraît devoir emporter et dissoudre?

À nous écouter, l’Orient et l’Occident, les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur, les lobbys de Wall Street et les boat people de Méditerranée participent tous, volontairement ou non, à l’érosion de notre être. Pour protéger ce que nous croyons être – une myriade d’AOC que nous nommons «identité» – nous multiplions les lignes Maginot. Pour préserver notre terre, notre langue, nos traditions, notre mode de vie, nous creusons des tranchées imaginaires et nous élevons des miradors conceptuels.

Il fut pourtant un temps où nous abattions les murs au lieu de les ériger, un temps où nous prétendions, pour le meilleur (les droits de l’homme) et le pire (la colonisation), exposer, proposer, imposer à l’humanité nos «Lumières», où le monde s’offrait à nous comme une aventure plutôt qu’une menace, où la rencontre de l’autre n’impliquait pas la disparition de soi, mais son enrichissement, où la politique était affaire de projection plus que de protection, où le présent comme l’avenir n’étaient pas synonymes de déclin, où la mort enfin n’apparaissait pas seule à l’horizon. Qu’est-il donc advenu au chant épique de Hugo et Gary, de Jeanne d’Arc et Jules Ferry? Où sont passés l’audace de Danton, le culot de Mirabeau, la verve de Jaurès?

Quelque chose d’essentiel et d’immatériel s’est brisé, quelque chose d’insaisissable et pourtant indispensable: le bonheur, la fierté d’être ce que nous sommes, d’être français. Une identité nationale n’est ni une donnée naturelle, ni un fichier d’état civil. Elle n’est pas innée et ne sera jamais définitivement acquise. C’est une construction politique et sociale complexe à cultiver sans relâche, sous peine de la voir se déliter. Le plus beau palais édifié par l’homme comme la plus simple demeure, s’ils ne sont pas entretenus, finissent par tomber en ruine.

Voilà ce qui est arrivé à l’identité française. Une élite indolente a cessé de la dire et de la faire vivre, des brèches sont apparues qui sont devenues des failles béantes. Plongée dans un trop long silence, la France a commencé à avoir peur. Peur du temps qui passe, peur des autres, peur du monde. Demain, qui était pour elle hier encore une immense promesse, prend aujourd’hui les traits d’une malédiction fatale. Notre nation s’est abîmée et personne – parmi les maîtres supposés «progressistes» de l’époque – ne s’est levé pour la redresser.

D’autres bardes sont alors sortis du néant dans lequel d’antiques trahisons les avaient relégués. Ils ont (re)commencé à chanter la France avec leur voix de crécelle et leurs mots petits et rances, des mots qu’elle rejetait autrefois et qu’elle accepte désormais faute de mieux, des mots qui lui dessinent un autre visage, grimaçant d’angoisse et de ressentiment, le visage d’un pays parquant des réfugiés dans des bidonvilles et lançant des croisades dans des cantines scolaires. Ce visage ne doit pas, ne peut pas être celui de la France.

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Sortir... L'Afrique des routes... Musée du Quai Branly- Jacques Chirac...

6 Janvier 2017 , Rédigé par Musée Quai Branly Publié dans #Art

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Berceau de l’humanité, pourvoyeur de force de travail, d’or et de matières premières depuis des millénaires pour les autres continents, l’Afrique a une histoire inscrite dans la dynamique internationale. Panorama d’un continent au carrefour des mondes, à contre-courant des idées reçues.
À propos de l'exposition

L’Afrique, un continent sans Histoire ? Si les a priori ont la vie dure, les faits, eux, sont indéniables : les Africains n’ont jamais vécu dans l’isolement. Longtemps ignorés, les échanges panafricains et extra-africains ont pourtant débuté voici des millénaires, bien avant les indépendances, la colonisation et l’arrivée des premiers navires portugais au milieu du XVème siècle. En témoignent les sculptures, pièces d’orfèvrerie ou d’ivoire, peintures et autres objets présentés dans l’exposition L’Afrique des routes.

Du cinquième millénaire avant notre ère à nos jours, celle-ci évoque ainsi les routes, fluviales, terrestres ou maritimes qui ont contribué à la circulation et aux contacts des hommes, des matériaux et des œuvres. Des chars gravés de l’Oued Djerat du Sahara aux porcelaines chinoises de Madagascar, des cultes et rituels candomblé d’Amérique du sud aux œuvres contemporaines métissées du Nigérian Yinka Shonibare, c’est le portrait d’un continent au cœur de l’histoire globale qui est ici dressé.

Pour en savoir plus, cliquez ci-dessous

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SOS Education: pédagogie nouvelle et... maison de redressement.

6 Janvier 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

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Le texte que j'ai récemment publié sur le racisme culturel m'a poussé à  m'intéresser d'un peu plus prêt à Sos Education (1), une association qui  semble avoir une grande influence sur les milieux réactionnaires (2.)  Quel ne fût pas mon étonnement de constater que le site de cette  association mêlait des réflexions sur les méthodes « d'éducation  nouvelle » à des positions ultra-autoritaires.             

ur le site de SOS Education, le contraste est saississant. D'un côté, des vidéos proposent des techniques d'enseignement mettant au premier plan l'élève, ses goûts, son corps. On y encourage l'apprentissage active des notions scolaires, le dialogue, l'individualisation de l'enseignement. On y affirme l'existence de multiples formes d'intelligence, ce qui oblige chaque professeur à s'appuyer sur l'intelligence spécifique de chaque enfant pour stimuler sa confiance et son estime de soi. De sympathiques professeurs viennent exprimer leur joie de nouer un lien pédagogique nouveau avec leurs élèves. Des parents participent à des sessions de formation pour aider leurs enfants à mieux apprendre. Bref, après des dizaines d'années où la « pédagogie » a été décriée par les milieux réactionnaires au profit de méthodes d'enseignement dites traditionnelles, basées sur la discipline, la passivité, le respect total de la parole du professeur, on soutient aujourd'hui des méthodes que ne renieraient aucun des disciplines de Montessori, Freinet, Coussinet et autres. Certes, tout cela intervient plus d'un siècle après le début des réflexions sur l'éducation nouvelle et après des décennies de critique acerbe des pédagogies gauchistes, ou de l'esprit de Mai 68. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. On ne peut que se réjouir que les réactionnaires placent dorénavant l'enfant au centre du projet éducatif et favorise de nouvelles relations entre les profs et les élèves.

Mais d'un autre côté, et sur le même site, est proposée la signature d'une pétition pour un « Pacte pour l'école » dont les 5 priorités visent, au contraire, à renforcer des formes d'éducation les plus autoritaires.

La première priorité est assez anodine

« L’École doit retrouver sa première mission qui est d’instruire les enfants. Les horaires du primaire, renforcés, doivent être essentiellement consacrés aux savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, connaître notre histoire. Tous les enfants doivent savoir lire en fin de primaire. Un test national de déchiffrage, dont les résultats par établissement seront transparents, doit être mis en place en fin de CP et de CE1. Un test à l'entrée en 6e validera la maîtrise des fondamentaux et permettra aux élèves en difficulté de bénéficier de dispositifs de remédiation personnalisés. »

On s'étonne tout de même de quelques éléments. Le test national paraît prendre place un peu tôt. Les enfants « n'ayant pas tous les mêmes formes d'intelligence », on peut penser que tous n'apprendront pas au même rythme. S'agira-t-elle seulement de déchiffrer (ânonner) ou de comprendre ce qu'on lit ? D'autre part pourquoi « notre » histoire plutôt que « notre » géographie ou « notre » environnement. Enfin, nous aimerions en savoir plus sur les « dispositifs de remédiation personnalisés » et le destin des enfants qui ne maîtriseront pas les fondamentaux.

La priorité numéro 2 est plus ambigüe

« Un pré-recrutement des professeurs sera mis en place dès le niveau bac+2 pour les meilleurs étudiants. Les jeunes professeurs seront formés à la philosophie et l'histoire des religions. Leur affectation se fera sur la base d'un recrutement par le chef d'établissement. Leur rémunération ne sera plus définie en fonction de la seule ancienneté, mais de la difficulté de leur poste, de leur investissement personnel et de la progression de leurs élèves. Les Zones d'Éducation Prioritaires (ZEP) offriront aux professeurs expérimentés des rémunérations particulièrement attractives. Les professeurs seront notamment évalués sur leur exemplarité ».

Une formation à la philosophie ? On peut comprendre mais pourquoi aux religions ? S'agit-il de rappeler les origines chrétiennes de « notre » histoire ? On ne sait pas. Par contre, la privatisation de l'éducation et le renforcement du pouvoir du chef d'établissement sont assumés. Celui-ci sera même tout-puissant. Décidant des recrutements et sans doute aussi de l'évaluation des enseignants et de leur niveau de rémunération, ce sont aussi les chefs d'établissement qui seront juges de leur « exemplarité ». Devront-ils éviter les gros mots, porter un costume, être nationaliste, hétérosexuel, marié, catholique, baptisé ? Devront-ils utiliser une pédagogie unique ? Rien n'est dit sur cette notion d'exemplarité, elle peut donc être source de tous les fantasmes. On s'imagine facilement les conséquences d'un tel pouvoir mis dans les mains d'un seul homme : le piston, le conformisme, la corruption, le harcèlement moral et sexuel. On en a froid dans le dos.

(...)

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Najat Vallaud-Belkacem : "Valls, le seul homme d’Etat" de la primaire... (Vidéo)

6 Janvier 2017 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Politique, #Valls

Invitée de "Ça pique mais c’est bon", vendredi sur Europe 1, la ministre de l’Education a expliqué pourquoi elle soutient son ancien Premier ministre dans la primaire du PS.

Najat Vallaud-Belkacem n’en fait pas mystère. Pour la primaire de la gauche, son champion, c’est Manuel Valls. La ministre de l’Education ne s’est pas laissée démonter par l’humour d’Anne Roumanoff et de ses chroniqueurs, vendredi dans Ça pique m’ais c’est bon, sur Europe 1, et a expliqué les raisons de son choix. "C’est parce que je le connais bien que j’ai décidé de le soutenir", a-t-elle expliqué.

"Le seul qui soit resté, qui ait tenu bon". "Regardez qui se présente à la primaire de la gauche. Ils ont tous leur qualité, incontestablement. Mais il y en a un qui durant tout le quinquennat a tenu bon, n’a pas démissionné devant la difficulté, n’a pas dit ‘je préfère sauter pour me présenter plus tard’", a insisté Najat Vallaud-Belkacem. "Dans tout ce panel de candidature, le seul qui soit resté, qui ait tenu bon, qui ait fait l’expérience de la difficulté, de la responsabilité mais a continué à agir quand même, c’est Manuel Valls. Pour moi, ça en fait le seul homme d’Etat".

"Je n'exclus pas que la gauche gagne". Par ailleurs, la ministre de l’Education a affirmé que la gauche, malgré son état actuel, pouvait gagner. "Je n’exclus pas du tout que la gauche remporte cette élection présidentielle.  Je ne dis pas que c’est facile. Mais il faut arrêter avec ce récit tout fait. J’ouvre les journaux, j’ai l’impression que la gauche devrait presque s’excuser d’être candidate à l’élection présidentielle. C’est quoi cette blague ?", s’est-elle agacée. "On a une élection, à un moment donné les électeurs seront amenés à choisir entre plusieurs types de projet. Peut-être qu’il y a eu des insatisfactions durant ce quinquennat, mais peut-être que malgré tout c’est avec la gauche qu’on préfèrera continuer plutôt que d’aller dans l’aventure, dans l’inconnu et des choses pas très joyeuses." 

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Des Turcs aux Chinois: l'impact des origines sur la réusssite scolaire...

6 Janvier 2017 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

francetvinfo.fr

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Plusieurs études récentes mettent en évidence une sous-performance des enfants d'immigrés à l'école. Dans le détail, il apparaît que les enfants issus de l'immigration turque ont de moins bons résultats scolaires que les enfants originaires d'Asie. Longtemps, ce sujet sensible a été laissé aux marges de la recherche scientifique. Des chercheurs expliquent les raisons de ces différences et insistent sur le fait qu'être issu d'un milieu social défavorisé reste le principal facteur d'échec.

C’est bien connu, les petits d’origine asiatique excellent dans les disciplines scientifiques. Ce qui n’est pas le cas de leurs camarades d’origine turque, qui peinent à maîtriser la langue française et campent dans l’échec scolaire. Il faut aussi compter avec le jeune Africain subsaharien, qui perturbe sans cesse l’harmonie de la classe. Sans parler du petit d’ascendance maghrébine qui se désintéresse de l’école. Ces clichés tenaces sur les potentiels des enfants d’origine immigrée (13 % des élèves de 15 ans selon l'OCDE) irriguent l’imaginaire collectif. Et aussi, à leur corps défendant, parfois celui de certains enseignants. Le sujet est miné, tant il touche à des tabous. Comment prendre en compte certaines données sans essentialiser les élèves ni prêter le flanc aux préjugés racistes les plus crasses ?

La question est de moins en moins éludée par les chercheurs. Cela se traduit par la parution d'études et de rapports solides scientifiquement s’intéressant à l’origine migratoire des élèves pour évaluer son impact sur l’échec scolaire. D’abord, en décembre 2015, l’enquête Trajectoires et origines de l’Institut national d’études démographiques (INED) consacre à ce sujet un chapitre intitulé « Trajectoires du primaire au supérieur des descendants d’immigrés et de natifs d’un DOM ». Les trois auteurs, Yaël Brinbaum, Laure Moguérou et Jean-Luc Primon, questionnent le système éducatif français et sa manière d’appréhender les inégalités. Leur constat est limpide. Depuis le début de leur scolarité, les enfants d’immigrés ont plus de difficultés que les autres, toutes choses égales par ailleurs. Preuve de cette inégalité, dès l’école primaire, les descendants de parents turcs sont 17 % à redoubler en cours préparatoire. Ce chiffre descend à 2 % pour les enfants d’immigrés d’Asie du Sud-Est.  

Le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) a publié fin septembre son rapport sur le système scolaire, qui a fait grand bruit, dans lequel le facteur migratoire y est abordé comme l’un des facteurs aggravant les inégalités. Plusieurs des contributions de chercheurs détaillent ce sujet (elles sont à découvrir ici). L’Insee y a également consacré une note baptisée « La réussite scolaire des enfants d’immigrés au collège est plus liée au capital culturel de leur famille qu’à leur passé migratoire » (à lire en intégralité ici), publiée fin novembre 2016. Enfin, l’enquête triennale PISA a également évoqué cette thématique dans sa dernière livraison. D’après l’OCDE, un enfant d’immigrés a quatre fois plus de risques d’avoir des difficultés scolaires qu’un natif, selon la terminologie employée.

Bien entendu, l’institution a toujours détourné le regard de ces facteurs tant elle entretient le mythe de l’école républicaine, égale pour tous, aveugle et imperméable aux différences de ceux qui la fréquentent. Mieux, elle se voit encore comme un potentiel levier de mobilité sociale pour les plus faibles.

Voilà pour la théorie. Dans la pratique, les choses sont plus complexes. Les chercheurs mettent en évidence le poids de l’origine migratoire à plusieurs niveaux dans les parcours scolaires. Avec les difficultés induites par l’absence de statistiques ethniques, interdites en France. Pour obtenir des indicateurs fiables, les sociologues se fondent sur le pays d’origine des parents, avec un biais, et non des moindres, celui de ne pas avoir de données statistiques sur ce qu’on appelle la deuxième ou troisième génération.

Mathieu Ichou, chercheur à l’Ined, a consacré certaines de ses recherches à ce sujet précis et confirme ces impasses. Mais la tendance se renverse peu à peu. « Pendant longtemps, cela a été difficile pour les sociologues de travailler sur la question migratoire et ethnique. Ce n’était pas dans l’air du temps car longtemps, la lecture marxiste et celle du modèle républicain d’assimilation français primaient. Les travaux se sont aussi beaucoup concentrés sur les enfants d’origine maghrébine et d'Europe du Sud. » Mais peu sur les enfants turcs et asiatiques. 

De son côté, Fabrice Dhume, sociologue et enseignant-chercheur à l’université Paris-Diderot, complète ce propos et constate que les réticences tombent peu à peu à mesure que les études se penchent sur la question. Une évolution imputée à un renversement de perspective : « Pour comprendre les enjeux, il faut un changement de paradigme par rapport aux explications habituelles : on a toujours pensé les choses en termes d’intégration, en présupposant que les problèmes venaient d'un défaut d'adaptation des personnes immigrées et de leurs descendants, par rapport à une société présumée stable, accueillante, non problématique… Or, cette théorie assimilationniste ne marche pas car, si les personnes s'adaptent effectivement, la société française développe des résistances très importantes, et refuse de considérer certains groupes comme légitimement citoyens. Il faut donc renverser le prisme, en se penchant sur les discriminations. »

Jean-Paul Caille, responsable des panels d’élèves, chargé d’études à la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), liée au ministère de l’éducation nationale, est l’un des auteurs de la note de l’Insee et l’un des précurseurs sur la question, qu’il dissèque depuis les années 1990 sur la base d’un panel d’élèves. Ce bon connaisseur de l’institution scolaire explique qu’il n’a jamais eu « aucun tabou » à explorer ce phénomène. Il lui a fallu articuler plusieurs données dans ce panel de 3 910 élèves suivis pour obtenir des explications plus complexes pour décortiquer les raisons de l’échec scolaire. « On a pris en compte le capital culturel, à savoir les diplômes des parents et le volume de la bibliothèque familiale. On a regardé le milieu social : l’âge, la classe mais aussi les revenus et le fait que la mère travaille ou non, s’il s’agit d’une famille recomposée, la taille de la fratrie et bien évidemment le sexe de l’enfant. Autant de caractéristiques qui vont peser dans leur parcours. »

Ces préalables posés, plusieurs données sautent aux yeux lorsqu’on épluche les différentes études. D’abord, il existe une surreprésentation des élèves sortant de l’école sans diplôme parmi les enfants d’immigrés. Les filles sont mieux loties que leurs homologues masculins. Au-delà de ce biais de genre, on découvre que les élèves issus de l’immigration asiatique surclassent nettement leurs autres camarades ayant une origine migratoire. De l’autre côté du classement, les performances scolaires des petits Turcs s’effondrent.

(...)

Faïza Zerouala

Suite et fin  à retrouver ci-dessous (pour abonnés)

 

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Georges Prêtre...

5 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Pablo Neruda...

5 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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"Tout ce que vous voudrez, oui, monsieur, mais ce sont les mots qui chantent, les mots qui montent et qui descendent... Je me prosterne devant eux... Je les aime, je m'y colle, je les traque, je les mords, je les dilapide... J'aime tant les mots... Les mots inattendus... Ceux que gloutonnement on attend, on guette, jusqu'à ce qu'ils tombent soudain... Termes aimés... Ils brillent comme des pierres de couleur, ils sautent comme des poissons de platine, ils sont écume, fil, métal, rosée... Il est des mots que je poursuis... Ils sont si beaux que je veux les mettre tous dans mon poème... Je les attrape au vol, quand ils bourdonnent, et je les retiens, je les nettoie, je les décortique, je me prépare devant l'assiette, je les sens cristallins, vibrants, éburnéens, végétaux, huileux, comme des fruits, comme des algues, comme des agates, comme des olives... Et alors je les retourne, je les agite, je les bois, je les avale, je les triture, je les mets sur leur trente et un, je les libère... Je les laisse comme des stalactites dans mon poème, comme des bouts de bois polis, comme du charbon, comme des épaves de naufrage, des présents de la vague... Tout est dans le mot... Une idée entière se modifie parce qu'un mot a changé de place ou parce qu'un autre mot s'est assis comme un petit roi dans une phrase qui ne l'attendait pas et lui a obéi... Ils ont l'ombre, la transparence, le poids, les plumes, le poil, ils ont tout ce qui s'est ajouté à eux à force de rouler dans la rivière, de changer de patrie, d'être des racines... Ils sont à la fois très anciens et très nouveaux... Ils vivent dans le cercueil caché et dans la fleur à peine née... Oh ! qu'elle est belle, ma langue, oh ! qu'il est beau, ce langage que nous avons hérité des conquistadores à l'oeil torve... Ils s'avançaient à grandes enjambées dans les terribles cordillères, dans les Amériques mal léchées, cherchant des pommes de terre, des saucisses, des haricots, du tabac noir, de l'or, du maïs, des oeufs sur le plat, avec cet appétit vorace qu'on n'a plus jamais revu sur cette terre... Ils avalaient tout, ces religions, ces pyramides, ces tribus, ces idolâtries pareilles à celle qu'ils apportaient dans leurs fontes immenses... Là où ils passaient, ils laissaient la terre dévastée... Mais il tombait des bottes de ces barbares, de leur barbe, de leurs heaumes, de leur fers, comme des cailloux, les mots lumineux qui n'ont jamais cessé ici de scintiller... la langue. Nous avons perdu... Nous avons gagné... Ils emportèrent l'or et nous laissèrent l'or... Ils emportèrent tout et nous laissèrent tout ... Ils nous laissèrent les mots."

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L’OZP a été reçu le 3 janvier 2017 au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. "Le « Plus de maîtres que de classes » est un succès"

5 Janvier 2017 , Rédigé par OZP Publié dans #Education

L’OZP a été reçu le 3 janvier 2017 au cabinet de Najat Vallaud-Belkacem. "Le « Plus de maîtres que de classes » est un succès"

A la demande du cabinet, une délégation de l’OZP a été reçue au MEN le 3 janvier 2017 par Eric Tournier, conseiller en charge de l’éducation prioritaire, en présence de Marc Bablet, chef du bureau de l’éducation prioritaire à la Dgesco.

Eric Tournier souligne que le dispositif d’éducation prioritaire marche maintenant sur deux jambes, le volet pédagogique et le volet mixité sociale. La carte de l’éducation prioritaire devrait, comme cela était prévu, être mise à jour pour la rentrée 2019.

Le « Plus de maîtres que de classes » est un succès et concerne les deux tiers des écoles en éducation prioritaire (92% pour les REP+). 1 900 postes supplémentaires seront créés à la rentrée 2017.

La scolarisation des moins de trois ans progresse également en éducation prioritaire (21% dans le dispositif et 23% en REP+) contre 9% seulement hors éducation prioritaire. Une action commune avec la CAF vise à développer la demande sociale.

Marc Douaire, au nom de l’OZP, estime que la refondation va dans le bon sens. Il met en avant la centration sur le pédagogique, la continuité pédagogique dans le cadre de la scolarité obligatoire, la notion de collectif professionnel… Il insiste sur le sens de l’éducation prioritaire contre les risques de dispersion et la tentation de considérer l’éducation prioritaire comme un simple instrument d’obtention de moyens supplémentaires.

Pour l’OZP, la priorité est de sanctuariser tout ce qui lui paraît positif : les moyens, la carte jusqu’en 2019, les personnels sur poste spécifique, le dispositif PDMQDC et la scolarisation des moins de trois ans, la pondération, l’allocation progressive des moyens, la formation de formateurs éducation prioritaire...

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Suite et fin à retrouver ci-dessous:

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Six-Fours-les-Plages : le maire ne veut pas de cours d'arabe, il envoie la police municipale à l'école...

5 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #arabe

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Une ordonnance du tribunal administratif de Toulon nous apprend  que le député-maire de Six-Fours-Les-Plages, Jean-Sébastien Vialatte  (LR), a envoyé la police municipale devant une école afin de signifier  l'opposition de la mairie à la tenue d'un cours d’arabe facultatif.  Contacté par LCI, l'élu confirme l’envoi des policiers municipaux. 

Souvenez-vous. C’était à la rentrée 2016. Un message diffusé sur Facebook sème la panique parmi les parents d’élèves. Une mère de famille assure que sa fille, scolarisée à l’école primaire Reynier de Six-Fours-les-Plages, dans le Var, va devoir suivre des cours d’arabe. Une polémique montée en épingle à partir d’un énorme malentendu.

En effet, à l’époque, Les Décodeurs du Monde expliquent que ces cours, loin d’être obligatoires, sont en fait proposés en dehors du temps scolaire, et ce de manière facultative. Qu’importe, le député-maire de la commune, Jean-Sébastien Vialatte (LR), fait savoir auprès de l’inspecteur d’académie de l’Education Nationale qu’il s’opposera à la tenue de ces cours. Le temps passe, l’affaire s’essouffle. Mais ce mercredi 4 janvier dans la soirée, un spécialiste du droit administratif replace l’histoire sur le devant de la scène, dans une série de tweets. Il a appris, un peu plus tôt dans la journée, qu’elle a fait l’objet d’un recours devant le tribunal administratif de Toulon.

Un pli pour s'opposer à la tenue du cours

Nous sommes donc le 28 novembre 2016. Un déféré préfectoral a été déposé pour contrer la volonté du maire d’interdire ces cours, et une audience se tient devant le juge des référés. Pourquoi amener à nouveau ce dossier devant la justice, alors que la rentrée est passée depuis déjà quelques mois ? L’ordonnance rendue le jour même, que nous avons pu consulter dans son intégralité, nous apporte la réponse. Jean-Sébastien Vialatte a en effet demandé, à deux reprises, l’intervention de la police municipale auprès de la personne en charge de ces fameux cours d’arabe.

L’ordonnance précise ainsi : "Il ressort des rapports de constatation dressés par la police municipale que celle-ci est intervenue à l’école Reynier les jours prévus pour la dispense de cet enseignement ; qu’elle a, le 18 novembre 2016, constaté que le cours avait été annulé et, le 25 novembre 2016, remis à l’enseignant un pli émanant de la mairie sans pour autant s’opposer à la tenue du cours."

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L'article complet est à retrouver ci-dessous:

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