Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Michel Leiris...

9 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Afficher l'image d'origine

Je viens d'avoir trente-quatre ans, la moitié de la vie. Au physique, je suis de taille moyenne, plutôt petit. J'ai des cheveux châtains coupés court afin d'éviter qu'ils ondulent, par crainte aussi que ne se développe une calvitie menaçante. Autant que je puisse en juger, les traits caractéristiques de ma physionomie sont : une nuque très droite, tombant verticalement comme une muraille ou une falaise, marque classique (si l'on en croit les astrologues) des personnes nées sous le signe du Taureau; un front développé, plutôt bossu, aux veines temporales exagérément noueuses et saillantes. Cette ampleur de front est en rapport (selon le dire des astrologues) avec le signe du Bélier; et en effet je suis né un 20 avril, donc aux confins de ces deux signes: le Bélier et le Taureau. Mes yeux sont bruns, avec le bord des paupières habituellement enflammé; mon teint est coloré; j'ai honte d'une fâcheuse tendance aux rougeurs et à la peau luisante. Mes mains sont maigres, assez velues, avec des veines très dessinées; mes deux majeurs, incurvés vers le bout, doivent dénoter quelque chose d'assez faible ou d'assez fuyant dans mon caractère.

Ma tête est plutôt grosse pour mon corps; j'ai les jambes un peu courtes par rapport à mon torse, les épaules trop étroites relativement aux hanches. Je marche le haut du corps incliné en avant; j'ai tendance, lorsque je suis assis, à me tenir le dos voûté; ma poitrine n'est pas très large et je n'ai guère de muscles. J'aime à me vêtir avec le maximum d'élégance; pourtant, à cause des défauts que je viens de relever dans ma structure et de mes moyens qui, sans que je puisse me dire pauvre, sont plutôt limités, je me juge d'ordinaire profondément inélégant; j'ai horreur de me voir à l’improviste dans une glace car, faute de m'y être préparé, je me trouve à chaque fois d'une laideur humiliante.

Quelques gestes m'ont été — ou me sont — familiers : me flairer le dessus de la main; ronger mes pouces presque jusqu'au sang; pencher la tête légèrement de côté; serrer les lèvres et m'amincir les narines avec un air de résolution; me frapper brusquement le front de la paume — comme quelqu'un à qui vient une idée — et l'y maintenir appuyée quelques secondes (autrefois, dans des occasions analogues, je me tâtais l'occiput); cacher mes yeux derrière ma main quand je suis obligé de répondre oui ou non sur quelque chose qui me gêne ou de prendre une décision; quand je suis seul me gratter la région anale; etc. Ces gestes, je les ai un à un abandonnés, au moins pour la plupart. Peut-être aussi en ai-je seulement changé et les ai-je remplacés par de nouveaux que je n'ai pas encore repérés? Si rompu que je sois à m'observer moi-même, si maniaque que soit mon goût pour ce genre amer de contemplation, il y a sans nul doute des choses qui m'échappent, et vraisemblablement parmi les plus apparentes, puisque la perspective est tout et qu'un tableau de moi, peint selon ma propre perspective, a de grandes chances de laisser dans l'ombre certains détails qui, pour les autres, doivent être les plus flagrants.

Mon activité principale est la littérature, terme aujourd'hui bien décrié. Je n'hésite pas à l'employer cependant, car c'est une question de fait : on est littérateur comme on est botaniste, philosophe, astronome, physicien, médecin. A rien ne sert d'inventer d'autres termes, d'autres prétextes pour justifier ce goût qu'on a d'écrire : est littérateur quiconque aime penser une plume à la main. Le peu de livres que j'ai publiés ne m'a valu aucune notoriété. Je ne m'en plains pas, non plus que je ne m'en vante, ayant une même horreur du genre écrivain à succès que du genre poète méconnu.

Sans être à proprement parler un voyageur, j'ai vu un certain nombre de pays: très jeune, la Suisse, la Belgique, la Hollande, l'Angleterre; plus tard la Rhénanie, l’Égypte, la Grèce, l'Italie et l'Espagne; très récemment l'Afrique tropicale. Cependant je ne parle convenablement aucune langue étrangère et cela, joint à beaucoup d'antres choses, me donne une impression de déficience et d'isolement.

Bien qu'obligé de travailler (à une besogne d'ailleurs peu pénible, puisque mon métier d'ethnographe est assez conforme à mes goûts) je dispose d'un certain confort; je jouis d'une assez bonne santé; je ne manque pas d'une relative liberté et je dois, à bien des égards, me ranger parmi ceux qu'il est convenu de nommer les « heureux de la vie ». Pourtant, il y a peu d'événements dans mon existence que je puisse me rappeler avec quelque satisfaction, j'éprouve dé plus en plus nettement la sensation de me débattre dans un piège et — sans aucune exagération littéraire — il me semble que je suis rongé.

Sexuellement je ne suis pas, je crois, un anormal — simplement un homme plutôt froid — mais j'ai depuis longtemps tendance à me tenir pour quasi  impuissant. Il y a beau temps, en tout cas, que je ne considère plus l'acte amoureux comme une chose simple, mais comme un événement relativement exceptionnel, nécessitant certaines dispositions intérieures ou particulièrement tragiques ou particulièrement heureuses, très différentes, dans l'une comme dans l'autre alternative, de ce que je dois regarder comme mes dispositions moyennes.

D'un point de vue moins immédiatement érotique, j'ai toujours eu le dégoût des femmes enceintes, la crainte de l'accouchement et une franche répugnance à l'égard des nouveau-nés. C'est un sentiment qu'il me semble avoir éprouvé jusque dans ma plus lointaine enfance et je ne suis pas sur qu'une formule telle que le « Ils furent très heureux et eurent beaucoup d'enfants » des contes de fées ne m'ait pas, de bonne heure, plutôt porté à sourire.

Quand ma sœur accoucha d'une fille, j'avais quelque chose comme neuf ans; je fus littéralement écœuré lorsque je vis l'enfant, son crâne en pointe, ses langes souillés d'excréments et son cordon ombilical qui me fît m'écrier : « Elle vomit par le ventre! » Surtout, je ne pouvais tolérer de ne plus être le plus jeune, celui que, dans la famille, on appelait le « petit dernier ». Je saisissais que je ne représentais plus la dernière génération; j'avais la révélation du vieillissement, je ressentais une grande tristesse et un malaise, — angoisse qui, depuis, n'a fait que s'accentuer.

Adulte, je n'ai jamais pu supporter l'idée d'avoir un enfant, de mettre au monde un être qui, par définition, ne l'a pas demandé et qui finira fatalement par mourir, après avoir peut-être, à son tour, procréé. Il me serait impossible de faire l'amour si, accomplissant cet acte, je le considérais autrement que comme stérile et sans rien de commun avec l'instinct humain de féconder. J'en arrive à penser que l'amour et la mort — engendrer et se défaire, ce qui revient au même — sont pour moi choses si proches que toute idée de joie charnelle ne me touche qu'accompagnée d'une terreur superstitieuse, comme si les gestes de l'amour, en même temps qu'ils amènent ma vie en son point le plus intense, ne devaient que me porter malheur.

Bien que notre union n'ait pas été sans quelques orages dus à mon caractère instable, à mon réel défaut de cœur et par-dessus tout à cette immense capacité d'ennui dont le reste découle, j'aime la femme qui vit avec moi et je commence à croire que je finirai mes jours avec elle, pour autant qu'il soit permis de proférer de telles paroles sans s'exposer à ce que le destin vous inflige un sanglant démenti. Comme beaucoup d'autres, j'ai fait ma descente aux enfers et, comme quelques-uns, j'en suis plus ou moins ressorti. En deçà de cet enfer, il y a ma première jeunesse vers laquelle, depuis quelques années, je me tourne comme vers l'époque de ma vie qui fat la seule heureuse, bien que contenant déjà les éléments de sa propre désagrégation et tous les traits qui, peu à peu creusés en rides, donnent sa ressemblance au portrait.

Avant d'essayer de dégager quelques-uns des linéaments qui s'avèrent permanents à travers cette dégradation de l'absolu, cette progressive dégénérescence en quoi pourrait selon moi se traduire, pour une très large part, le passage de la jeunesse à l'âge mûr, je voudrais fixer ici, en quelques lignes, ce que je suis à même de rassembler en fait de vestiges de la métaphysique de mon enfance.

Lire la suite

Démissions d'enseignants... Une progression à relativiser...

9 Janvier 2017 , Rédigé par Alterecoplus Publié dans #Education

Afficher l'image d'origine

Comment expliquer la progression des démissions d’enseignants

Plusieurs articles récents s’inquiètent d’une hausse sensible des démissions d’enseignants. L’information a d’abord été diffusée dans un rapport sénatorial présenté par Jean Claude Carle (LR) et Françoise Férat (UDI) et reprise par le Café Pédagogique. Puis ensuite, de nombreux articles ont titré sur la « progression spectaculaire » des démissions qui « bondissent » et autres formules chocs qu’on trouve aujourd’hui dans les titres.

Ces données sur les démissions sont intéressantes parce que ce sont des chiffres relativement peu diffusés et connus. Il convient toutefois de les nuancer. Il faut aussi s’interroger sur la nature de ces démissions et les questions que cela pose à la machine Education nationale. Et on peut aussi se questionner sur les raisons pour lesquelles ces chiffres nous interpellent et résonnent dans notre imaginaire collectif à propos de l’enseignement.

Une progression réelle mais qu’il faut relativiser

Les sénateurs se sont procuré des chiffres fournis par le ministère. Ils révèlent, selon les parlementaires, « une progression inquiétante du phénomène auprès des enseignants stagiaires, particulièrement dans le premier degré ».

De 65 stagiaires démissionnaires en 2012-2013, on passe à 434 en 2015-2016. Leur taux de démission est ainsi passé de 1 % en 2012-2013 à 3,2 % en 2015-2016. Soit un triplement sur la période. Cette augmentation des démissions d’enseignants stagiaires s’observe aussi dans le second degré, même si elle est moindre : de 1,1 % à 2,5 % depuis 2012 (de 120 à 371). Cela concerne également les enseignants titulaires. Ils étaient 539 démissionnaires dans le premier degré l’an dernier (contre 299 en 2012-2013) et 641 dans le second degré (contre 416 en 2012-2013). Le nombre global de titulaires démissionnaires a ainsi doublé en sept ans, passant de 638 pour l’année scolaire 2009-2010 à 1 180 pour 2015-2016.

Ces chiffres sont significatifs mais doivent être nuancés. Car au regard de la masse totale d’enseignants, le pourcentage de démissions reste très faible. Il faut rappeler qu’il y a à peu près 800 000 enseignants du public en France. Il importe donc, comme on le fait en cours de sciences économiques et sociales (et dans d’autres cours !) quand on étudie les statistiques, de distinguer le volume et la proportion. Et ici, on reste dans des proportions assez faibles (à peine 0,1 % du corps professoral).

On peut aussi souligner que, comme il y a eu davantage de recrutements, il y a mécaniquement une proportion plus importante de démissionnaires (le recrutement dans le premier degré a augmenté de 126 % entre 2012 et 2015, les démissions ont augmenté de 567 %).

Il ne s’agit donc pas de nier l’augmentation de ces démissions et encore moins qu’il y ait un problème. Mais beaucoup de personnes se sont déjà emparées de ces données pour alimenter un discours décliniste et de déploration. Lorsque les auteurs du rapport parlent de « progression inquiétante », on ne peut non plus exclure qu’ils forcent le trait avec une arrière-pensée politique… Il faut donc relativiser. Et surtout s’interroger sur les raisons de ces démissions.

(...)

P Watrelot

Suite et fin à retrouver en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Médias: commentez moins... Analysez plus....

9 Janvier 2017 , Rédigé par Libération Publié dans #Médias

Afficher l'image d'origine

A l’heure du post-journalisme politique

Au-delà de l’activité  médiatique qu’engendre la période électorale, le journalisme politique  devrait moins commenter mais plus analyser les discours de ceux qui  prétendent au pouvoir.

Sauf si l’on se rend exprès aveugle, il n’est pas possible de ne pas constater aujourd’hui qu’en politique les qualités requises pour être élu ne sont pas identiques à celles qu’exige l’art de gouverner - et sont même antinomiques. C’est ce qui explique qu’accèdent à la députation ou au gouvernement des Etats des personnages - Donald Trump et Silvio Berlusconi en sont les parangons - dont on ne peut pas dire d’emblée qu’ils ont le sens de l’Etat, mais dont il est sûr qu’ils possèdent le don des affaires, souvent immobilières, et la maîtrise des outils de médiatisation. Mais ce qui explique aussi que la question de l’«élection» soit devenue le nec plus ultra de la politique, ou l’unique leitmotiv, notamment lorsque dans une république l’élection d’un président se fait au suffrage universel.

En France, quelques semaines après l’élection de François Hollande, on a déjà commencé à parler de l’élection présidentielle suivante, dans un crescendo qui, depuis la moitié du quinquennat, a touché la frénésie, et, avec la primaire, la pré-primaire, d’abord de la droite, à présent de la gauche, les supputations sur les candidats probables, improbables, éventuels, possibles, souhaitables, présentables, imprésentables, a atteint l’hystérie et la saturation. Dès que les Français auront élu le prochain président, le cirque recommencera, et on spéculera sur les «chances» qu’aura X ou Y d’être élu en 2022. Le mot «cirque» peut paraître excessif, mais, en réalité, il s’agit bien de cela : les qualités pour être élu(e) n’ont rien à voir avec des talents, des qualités morales ou techniquement politiques. Elles doivent avoir pour caractéristique celle de «faire spectacle», d’«occuper» la scène médiatique et de la remplir de «bons mots», de buzz, de petites phrases, d’éléments de langage, de fast thinking ou de cui-cui instantanés relayés jusqu’à plus soif par les réseaux sociaux. L’important dès lors n’est pas la vérité de ce qu’on dit, mais l’impact, lequel tient à la violence, à la bizarrerie, à l’incongruité, à la surprise, à l’énormité de la parole. Nul ne connaissait l’existence de Jean-Frédéric Poisson : il a suffi qu’il dise une bêtise sur les «lobbys sionistes» et se rétracte aussitôt après, pour avoir une place réservée dans ledit cirque, être pris en considération par les médias - alors qu’il ne représentait strictement rien (il a obtenu 0,3 % des voix à la primaire de la droite !).

(...)

Robert Maggiori

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Keren Ann...

8 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Paul Verlaine...

8 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Afficher l'image d'origine

Croquis parisien

La lune plaquait ses teintes de zinc
Par angles obtus.
Des bouts de fumée en forme de cinq
Sortaient drus et noirs des hauts toits pointus.

Le ciel était gris. La bise pleurait
Ainsi qu'un basson.
Au loin, un matou frileux et discret
Miaulait d'étrange et grêle façon.

Moi, j'allais, rêvant du divin Platon
Et de Phidias,
Et de Salamine et de Marathon,
Sous l'oeil clignotant des bleus becs de gaz.

                                            ________________________________

En robe grise et verte avec des ruches

En robe grise et verte avec des ruches,
Un jour de juin que j'étais soucieux,
Elle apparut souriante à mes yeux
Qui l'admiraient sans redouter d'embûches ;

Elle alla, vint, revint, s'assit, parla,
Légère et grave, ironique, attendrie :
Et je sentais en mon âme assombrie
Comme un joyeux reflet de tout cela ;

Sa voix, étant de la musique fine,
Accompagnait délicieusement
L'esprit sans fiel de son babil charmant
Où la gaîté d'un bon coeur se devine.

Aussi soudain fus-je, après le semblant
D'une révolte aussitôt étouffée,
Au plein pouvoir de la petite Fée
Que depuis lors je supplie en tremblant.

                                          _________________________________

Son bras droit, dans un geste aimable de douceur

Son bras droit, dans un geste aimable de douceur,
Repose autour du cou de la petite soeur,
Et son bras gauche suit le rythme de la jupe.
A coup sûr une idée agréable l'occupe,
Car ses yeux si francs, car sa bouche qui sourit,
Témoignent d'une joie intime avec esprit.
Oh ! sa pensée exquise et fine, quelle est-elle ?
Toute mignonne, tout aimable, et toute belle,
Pour ce portrait, son goût infaillible a choisi
La pose la plus simple et la meilleure aussi :
Debout, le regard droit, en cheveux ; et sa robe
Est longue juste assez pour qu'elle ne dérobe
Qu'à moitié sous ses plis jaloux le bout charmant
D'un pied malicieux imperceptiblement.

Lire la suite

Post -vérité et école...

8 Janvier 2017 , Rédigé par JM Zakhartchouk Publié dans #Education

Post -vérité et école...

EXTRAITS

(...)

  • On peut, on doit débattre de la meilleure manière d’enseigner l’orthographe. On peut par exemple avec mon amie Danièle Manesse estimer qu’il ne faut pas négliger l’automatisation et le par cœur à certains moments au profit d’une réflexion sur la langue qui parfois est trop couteuse en temps pour un résultat parfois décevant. Mais là on est dans la subtilité, dans les grands équilibres : où met-on le curseur ? Comment répartir le temps consacré à ce travail global sur la langue écrite ? Et bien sûr, dans un contexte où il faut dégager des priorités, ce que font les nouveaux programmes des cycles 2 et 3.

Mais on n’a « pas le droit », comme le fait ce 7 janvier Le Parisien, de citer un professeur qui, sans aucune preuve, prétend qu’on tolère des erreurs graves d’accord,  à moins que le journaliste n’ait pas reproduit exactement ce que lui a dit ce professeur : « Peut-on écrire « le plafond s’émiettent » ? On serait tenté de dire non, trois fois non. C’est désormais un peu moins clair. « On m’a expliqué en formation continue, en me citant cet exemple, qu’il existe un degré d’acceptabilité des erreurs des élèves, s’ils peuvent justifier la logique de leur démarche », raconte Anne-Sophie Ducatillon, professeur de lettres dans un collège de Saint-Amand-les-Eaux (Nord). » Je doute fort que le formateur ait dit cela ainsi. En revanche, il est vrai qu’il est important de comprendre ici la logique de l’erreur et de travailler avec l’élève  sur cette erreur qui vient peut-être d’une sorte d’accord par le sens (l’émiettement se fait si on veut de façon plurielle)  et non selon des lois syntaxiques, parfois subtiles (quand « on » est mis à la place de « nous » : on est parti ou on est partis ?) Dans le même article qui est à la une,  on réussit l’exploit de mettre au premier plan une question très secondaire (introduire ou non la notion de « prédicat » qui en l’occurrence est tout sauf moderne ?) au lieu de s’intéresser vraiment à l’utilité profonde de la grammaire dont le but devrait être d’aider à mieux lire et écrire. De même cet article présente finalement sous un jour favorable le prof « désobéissant » qui se flatte de faire « dictée sur dictée » et du « Bled », ce qui pour moi représente surtout un grand manque d’exigence et une solution de facilité pour l’enseignant qui abandonne toute inventivité et toute ambition de faire réussir tous les élèves.

  • On a le droit de mettre en cause certaines pratiques pédagogiques, surtout quand elles sont trop exclusives. On peut critiquer la pédagogie inversée, l’organisation coopérative, la différenciation, la pédagogie de projet et surtout on peut et on doit d’ailleurs pointer les dérives possibles, les risques de dogmatisme.

Mais pas de caricaturer et dénaturer ce qu’on veut démolir, ce qui est la spécialité des anti-pédagogues depuis l’ancien ouvrage Le poisson rouge dans le Périer des années 80, livre qui au fond reparait avec d’autres mots depuis, avec toujours la même musique.  (voir l’excellent billet de Luc Cédelle au sujet des « antipédagogues ». On aime en particulier attribuer à tel formateur, à tel inspecteur, à tel responsable une phrase, qu’on cite sans référence ou qu’on coupe de tout contexte, comme l'a fait récemment Carole Barjon dans son très mauvais livre. Quand on accuse tel responsable de formation déclarer qu’il faut délaisser l’orthographe ou ne pas sanctionner, ou que sais-je encore, il faudrait citer le lieu et la date précise où la phrase a été prononcée, voire le nom de la personne pour qu’elle puisse éventuellement rétablir la véracité de ce qu’elle a dit.  Mais la rigueur, l’exigence intellectuelle, prônées par certains, c’est pour les autres. Après tout, tel un Zemmour reconnaissant après une émission qu’il avait menti, on a tous les droits puisqu’on fait œuvre civique en dénonçant les « assassins de l’école » !

Je ne reviendrai pas sur les falsifications concernant l’enseignement de l’Histoire, dont j’ai déjà parlé ici même. Ou les incroyables mensonges autour de l’enseignement de l’arabe. Les sciences sont un peu épargnées, il est vrai qu’elles intéressent peu nos intellectuels médiatiques, sauf pour fustiger l’éducation à l’environnement et au développement durable et les projets autour de la santé qui seraient d’insupportables intrusions moralisatrices dans ce qui doit rester privé et en dehors de l’école.

(...)

Jean-Michel Zakhartchouk

Le billet complet est à lire ci-dessous

Lire la suite

La « Mission de lutte contre le décrochage scolaire » en détail dans le B.O...

8 Janvier 2017 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education

Afficher l'image d'origine

Une circulaire de Florence Robine, directrice générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), publiée au B.O. du 5 janvier 2017, rappelle le fonctionnement de la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS), ainsi que les missions et les compétences des personnels impliqués dans ce dispositif – redéfinies dans le cadre d’un nouveau référentiel national d’activités et de compétences.

« Référents décrochage » et réseaux « Foquale »

Mise en place en 2013 à la place de la « mission générale d’insertion », la MLDS coordonne les « référents décrochage scolaire », dans les établissements du second degré à fort taux de décrochage et d’absentéisme. Leur mission : se mobiliser, dès les premiers signes de décrochage, afin de coordonner une action de prévention avec les équipes éducatives.

La MLDS anime aussi les réseaux « Formation Qualification Emploi » (Foquale), qui rassemblent, dans le périmètre d’action d’une « plateforme de suivi et d’appui » (PSAD), les établissements et dispositifs susceptibles d’accueillir les jeunes décrocheurs.

(...)

Fabien Soyez

Suite et fin ci-dessous

Lire la suite

La Nuit de la Lecture... Programme...

8 Janvier 2017 , Rédigé par AcuaLitté Publié dans #Littérature, #Lecture

La Nuit de la Lecture... Programme...

Présentée ce matin au ministère de la Culture et de la  Communication, la première Nuit de la Lecture se déroulera le samedi 14  janvier prochain. Cette fête nationale impliquera les libraires et les  bibliothécaires pour une célébration collective de l'écrit et du plaisir  de lire.

En savoir plus en cliquant sur les liens ci-dessous

les univers du livre

 

Lire la suite

Les tâches complexes, une méthode pédagogique pour les collégiens...

8 Janvier 2017 , Rédigé par France 3 - Académie d'Amiens Publié dans #Education, #Pédagogie

Chaque mardi, France 3 Picardie propose un reportage sur le monde de l’éducation au plus près des acteurs de terrain et mettant en valeur les actions initiées dans des domaines variés.

La tâche complexe est une tâche mobilisant des ressources internes (culture, capacités, connaissances, vécu...) et externes (aides méthodologiques, protocoles, fiches techniques, ressources documentaires...).

Pour en parler, Thibaut Rysman reçoit Shahin Ait-Aissa et Florence Castincaud, enseignantes au collège Marcellin-Berthelot à Nogent-sur-Oise.

Lire la suite

Le prédicat?... Une nouveauté?... Diable!...

7 Janvier 2017 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Predicat

Le prédicat?... Une nouveauté?... Diable!...

Le "prédicat" semble être le nouveau prétexte choisi par les opposants à toutes les réformes - je les appelle génériquement: les "anti-tout" - pour alimenter une polémique dont seul ce pays a le secret.

Au passage, vous remarquerez que les débats tournent toujours autour de la grammaire, de l'allemand, de l'histoire, du grec et du latin... Les disciplines nobles...

La SVT, l'EPS, l'anglais - où pourtant nos élèves ne brillent pas vraiment - ou la physique-chimie, tout le monde s'en contrefiche...

Mais revenons au latin...

Depuis toujours, il réserve une place de choix au "prédicat"... Sans que cela soulève la moindre protestation...

Si la notion est différente en latin comparée au français contemporain, il n'empêche que le terme - "prédicat" - qui semble horrifier quelques commentateurs pathologiques de la "chose scolaire" - toujours les mêmes - est utilisé depuis des lustres. Réservé aux latinistes certes...

Le fait de désormais l'employer aussi en grammaire française devrait rassurer les "classiques". Bien plus que les inquiéter...

Pour rappel: définition du prédicat en français:

Le prédicat est constitué de tous les mots qui n’appartiennent ni au groupe sujet ni au(x) groupe(s) complément(s) de phrase. C’est le groupe construit autour du verbe principal d’une phrase. Il contient donc le verbe principal et tous les éléments qui en dépendent.

Voir aussi ci-dessous

Extrait - afin d'être clair - de leçon de grammaire latine, leçon très traditionnelle:

Prédicat ou esse + attribut

Le prédicat est l'élément verbal affirmant une chose à propos du sujet. Il peut être réalisé par :

- un verbe désignant une action
Romulus ad regem impetum facit (Liv., 1, 5, 7),
"Romulus attaque le roi".

- un verbe désignant un état ou une manière d'être (+ attribut).

Le verbe esse "être", et les verbes assimilés à esse, tels fieri "devenir", uideri "sembler", manere "rester", declarari "être nommé", eligi "être élu", etc.) peuvent se rencontrer avec un attribut, qui spécifie une identité avec le sujet ou une qualité attribuée au sujet.

L'attribut, qui s'accorde éventuellement avec le sujet, peut être réalisé par un nom (ou ses substituts), un adjectif, un infinitif, un adverbe, ou même une proposition relative.
Ira furor breuis est (Hor., Ep., 1, 2, 62),
"La colère est une courte folie".

Docto homini uiuere est cogitare (d'après Cic., Tusc., 5, 111),
"Pour l'homme instruit, vivre, c'est penser".

Sic est uulgus (Cic., Com., 29),
"Le peuple est ainsi fait".

Quae tamen omnia dulciora fiunt moribus bonis (Cic., Sen., 65),
"Tous ces défauts cependant s'adoucissent par de bonnes habitudes".

Consules declarantur M. Tullius et C. Antonius (Sall., Cat., 24, 1),
"M. Tullius et C. Antonius sont nommés consuls".

                            ____________________________________

J'ajoute que, contrairement aux mensonges véhiculés par quelques-uns criant très fort et ayant rubrique ouverte dans des magazines aussi réputés que Télérama ou Le Point, les compléments ne disparaissent pas des programmes en cycle 3 (CM1/CM2/6e).

Enfin si les débats sur l'école pouvaient être recentrés sur les véritables enjeux, tout le monde ne s'en porterait que mieux.

A commencer par nos ELEVES!

Christophe Chartreux

Lire la suite
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>