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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Camus parle de la "nouvelle presse"...

25 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Camus parle de la "nouvelle presse"...

Puisque, entre l’insurrection et la guerre, une pause nous est aujourd’hui donnée, je voudrais parler d’une chose que je connais bien et qui me tient à cœur, je veux dire la presse. Et puisqu’il s’agit de cette nouvelle presse qui est sortie de la bataille de Paris, je voudrais en parler avec, en même temps, la fraternité et la clairvoyance que l’on doit à des camarades de combat.

Lorsque nous rédigions nos journaux dans la clandestinité, c’était naturellement sans histoires et sans déclarations de principe. Mais je sais que pour tous nos camarades de tous nos journaux, c’était avec un grand espoir secret. Nous avions l’espérance que ces hommes, qui avaient couru des dangers mortels au nom de quelques idées qui leur étaient chères, sauraient donner à leur pays la presse qu’il méritait et qu’il n’avait plus. Nous savions par expérience que la presse d’avant guerre était perdue dans son principe et dans sa morale. L’appétit de l’argent et l’indifférence aux choses de la grandeur avaient opéré en même temps pour donner à la France une presse qui, à de rares exceptions près, n’avait d’autre but que de grandir la puissance de quelques-uns et d’autre effet que d’avilir la moralité de tous. Il n’a donc pas été difficile à cette presse de devenir ce qu’elle a été de 1940 à̀ 1944, c’est-à-dire la honte de ce pays.

Notre désir, d’autant plus profond qu’il était souvent muet, était de libérer les journaux de l’argent et de leur donner un ton et une vérité qui mettent le public à̀ la hauteur de ce qu’il y a de meilleur en lui. Nous pensions alors qu’un pays vaut souvent ce que vaut la presse. Et s’il est vrai que les journaux sont la voix d’une nation, nous é́tions dé́cidés, à notre place et pour notre faible part, à élever ce pays en élevant son langage. À tort ou à raison, c’est pour cela que beaucoup d’entre nous sont morts dans d’inimaginables conditions et que d’autres souffrent la solitude et les menaces de la prison.

En fait, nous avons seulement occupé des locaux, où nous avons confectionné des journaux que nous avons publiés en pleine bataille. C’est une grande victoire et, de ce point de vue, les journalistes de la Résistance ont montré un courage et une volonté qui méritent le respect de tous. Mais, et je m’excuse de le dire au milieu de l’enthousiasme général, cela est peu de chose puisque tout reste à faire. Nous avons conquis les moyens de faire cette révolution profonde que nous désirions. Encore faut-il que nous la fassions vraiment. Et pour tout dire d’un mot, la presse libérée, telle qu’elle se présente à Paris après une dizaine de numéros, n’est pas très satisfaisante.

Ce que je me propose de dire dans cet article et dans ceux qui suivront, je voudrais qu’on le prenne bien. Je parle au nom d’une fraternité de combat et personne n’est ici visé en particulier. Les critiques qu’il est possible de faire s’adressent à toute la presse sans exception, et nous nous y comprenons. Dira-t-on que cela est prématuré, qu’il faut laisser à nos journaux le temps de s’organiser avant de faire cet examen de conscience ? La réponse est "non".

Nous sommes bien placés pour savoir dans quelles incroyables conditions nos journaux ont été fabriqués. Mais la question n’est pas là. Elle est dans un certain ton qu’il était possible d’adopter dès le début et qui ne l’a pas été. C’est au contraire au moment où cette presse est en train de se faire, où elle va prendre son visage définitif qu’il importe qu’elle s’examine. Elle saura mieux ce qu’elle veut être et elle le deviendra.

Albert Camus - "Critique de la nouvelle presse", Combat, 31 août 1944

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Le chant des muezzins...

25 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Journalisme

Il est bon, salutaire même, de parfois sortir de l'actualité. Ce que ne savent plus faire les grands médias, les chaines de télévision et de radios qui, pour la plupart, analysent le "premier plan", beaucoup plus rarement l' "arrière-plan". Pourtant, comme l'affirmait Serge July il y a quelques années, c'est cela le journalisme : traverser le premier plan pour donner à voir et à comprendre les arrières-plans*. Redonner naissance au présent qui se meurt dans l'immédiateté...

Alors je lève la tête et je vous parle aujourd'hui d'autre chose que toutes ces choses qui nous assaillent par l'intermédiaire d'éditocrates starifiés, posés sur des plateaux télé ennuyeux à mourir tant le "babil" a remplacé la réflexion. 

Je vous parle aujourd'hui du chant des muezzins...

J’ai pendant seize années, les seize première de ma vie, entendu les chants des muezzins. Le Maroc, Royaume chérifien du Commandeur des croyants, est, chaque soir, chaque matin, rappelé à ses devoirs religieux par les mélopées obsédantes des prières coraniques lancées du haut des minarets vers la terre musulmane. C’est le Haut qui parle au Bas. Et le Bas se prosterne d’Agadir à Tanger, de Casablanca à Fès, de Marrakech à Meknès, de villages en villages, de bleds en bleds jusqu’aux confins mystérieux des sables sahariens.

Enfant, je n’ai jamais cru. En Dieu. En quelque Dieu que ce soit. C’est sans doute la raison pour laquelle j’aimais tant entendre l’appel à la prière. Moi l’occidental enfant d’Afrique du nord, je goûtais la musique de ces hommes invisibles qui n’existaient que par la voix. Je savais ce qu’ils disaient. Je le comprenais. Mes parents ont eu l’idée si généreuse de me faire apprendre la langue du pays qu’en son temps nous, les français, avions mis à genoux. Moins que l’Algérie voisine mais quand même… A genoux ! A genoux... Comme dans un geste de prière imposée…

Plus tard, j’eus l’occasion de lire le Coran, la Bible et quelques autres textes que l’on dit « fondateurs ». Je n’en suis pas plus croyant qu’auparavant. Pourtant, il y a dans les sourates du Coran, surtout quand la voix des muezzins descend les escaliers de la vieille ville d’El Jadida, rebondit joyeusement dans la palmeraie de Marrakech, s’insinue dans les ruelles de Rabat, envahit les souks de Marrakech, enveloppe le silence du désert près d’Erfoud, comme un envoutement qui, si vous n’y prenez garde, peut vous prendre tout entier, corps et âme, et vous faire croire en Dieu ! Le temps d’un chant du muezzin…

Peut vous rappeler aussi que, dans ces pays misérables souvent, il ne reste qu’Allah pour vous sauver du reste… Ce reste qui se résume à rien pour des peuples affamés du matin jusqu’au soir…

Et Dieu, toujours, rafle la mise !...

Christophe Chartreux

*A lire: Faut-il croire les journalistes? Regards croisés de trois grands professionnels passionnés sur ce métier difficile et exposé, Auteur Edwy Plenel, Jean-François Kahn, Serge July, Editeur Mordicus, septembre 2009

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Education - En "Avent" pour la désintox... 24 et fin...

25 Décembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education

Education - En "Avent" pour la désintox... 24 et fin...
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VIDEO. Les pauvres sont-ils vraiment des assistés?...

25 Décembre 2016 , Rédigé par France TV Info Publié dans #Société, #Pauvreté

Le cliché des pauvres "assistés", qui vivent "au crochet de la société" est connu. Moins répandu, le fait qu’une grande partie des gens éligibles aux aides financières ne les demandent jamais. Par exemple, un Français sur trois ayant droit à la couverture maladie universelle ne la demande pas. Même proportion pour le RSA. Et en ce qui concerne l’aide à la complémentaire santé, c’est encore pire : entre 60 et 70% des bénéficiaires potentiels ne la demandent pas.

(...)

Nicolas Frémond - Lisa Beaujour

A lire ci-dessous

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Quand les politiques instrumentalisent jusqu'aux crèches de la Nativité...

25 Décembre 2016 , Rédigé par Liberation - Sophie Mazas Publié dans #Politique, #Laïcité

famillechretienne.fr

famillechretienne.fr

L’installation d’une crèche dans l'Hôtel de ville de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) démontre une réelle volonté politique de créer une brèche dans le principe de laïcité.

A ce point de l’hiver ou nous avons plaisir à nous retrouver pour les fêtes de Noël, pourquoi la Ligue des droits de l’homme - mais aussi les associations comme La Libre pensée ou d’étudiants en droit - vient dénicher les crèches installées au creux des Hôtels de ville ou de région ?

Prenons l’exemple de la commune Paray-le-Monial, dont le juge administratif a ordonné vendredi 23 décembre le retrait de la crèche de nativité installée dans l’Hôtel de ville. Il s’agit d’une toute petite crèche, en feutrine, fabriquée par une association d’insertion pour handicapés regroupant chrétiens et musulmans de Bethléem. Pour le maire de cette ville, il s’agit de nos racines chrétiennes qu’il faut respecter, y compris dans nos institutions.

Or, nos racines c’est aussi l’édit de Nantes, la Révolution française, la philosophie des Lumières, le Front populaire. Et notre spécificité, c’est cette solution aux conflits de religions trouvée par notre Parlement par le principe de laïcité et la neutralité de l’Etat et des services publics. La loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat. Liberté de culte de chacun, limitation dans l’intérêt général et Etat indépendant des religions qui ne reconnaît aucun culte, ne privilégie aucun culte par rapport à un autre. L’article 28 de la loi de 1905 prohibe les signes religieux dans les bâtiments publics à l’exception des monuments aux morts, cimetières, musées, etc.

Comme l’indique le titre de la loi, les choses des Eglises sont gérées par les Eglises - y compris les crèches - et sont séparées des choses de l’Etat : acte d’état civil, inscription à l’école, bureau de vote. Nous n’allons pas en mairie pour célébrer la naissance de Jésus, Hanoukka ou la fête de l’Aïd, mais bien pour y attendre un service public étatique… Nous n’attendons pas du maire qu’il soit l’arbitre des religions mais qu’il soit le premier magistrat de la commune.

Alors plusieurs responsables politiques tentent de rentrer dans une des exceptions de l’article 28 de la loi de 1905 : les expositions. Le Conseil d’Etat a limité cette exception (arrêts d’assemblée du 9 novembre 2016) aux villes ou existe une tradition ancienne, dans le cadre de festivités culturelles ne faisant pas de prosélytisme, pour les crèches profanes, telles les crèches provençales qui reconstituent le village d’autrefois, avec le meunier ou la place du village. Le Conseil d’Etat s’est placé dans la ligne de ses arrêts admettant les ostentations, processions catholiques multiséculaires faisant partie du patrimoine vivant de certaines communes.

Cette décision du Conseil d’Etat fait sienne la pensée d’Aristide Briand, rapporteur de la loi de 1905, «toutes les fois que l’intérêt de l’ordre public ne pourra être légitimement invoqué, dans le silence des textes ou dans le doute sur leur exacte appréciation, c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur». Deux critiques demeurent cependant.

Tout d’abord, en 1905, les expositions avaient lieu dans des endroits dédiés – pas question d'organiser une Exposition universelle dans un Hôtel de ville. En ce sens, l’article 28 de la loi de 1905 réglemente l’usage de bâtiments publics et donne comme dérogations certains bâtiments publics. Il s’agit en droit de régir des biens matériels immeubles. Il serait donc surprenant qu’il puisse être dérogé à cette réglementation de biens matériels immeubles par un élément du droit immatériel que constitue une exposition. Mais le Conseil d’Etat n’a pas été saisi de cette argumentation qu’il lui conviendra de juger lors des prochains conflits qu’il aura à trancher.

Car, et c’est la deuxième critique qui peut être portée à la solution dégagée par le Conseil d’Etat, proche de celle de sa décision rendue en 1989 sur le port du voile à l’école qui privilégiait la solution libérale d’Aristide Briand et renvoyait à l’analyse au cas par cas de cas de prosélytisme. Le Conseil d’Etat va laisser se débattre les usagers du service public et les maires dans des cas d’espèce inextricables. Quid de la crèche de nativité agrémentée d’un meunier, d’une place de village ?

Il ne faut pas se leurrer, les hommes politiques qui se drapent dans les traditions locales la dévoient souvent. Ainsi à Béziers, cœur du Midi rouge - qui l'illustre par la création des caves coopératives dès 1906, une mutualisation d’un outil de production au bénéfice des vignerons - il n’existe aucune tradition de crèche dans les bâtiments publics. La première a été installée il y a trois ans par Robert Ménard. Il en va de même à Beaucaire, qui n’a aucune tradition de crèche et qui, comble de la provocation, installe une crèche provençale dans le village et une crèche de Nativité dans l’Hôtel de ville ! Une pensée politique prévaut, celle de l’extrême droite qui porte aussi, de façon plus feutrée qui tente de se faire oublier, celle de la famille «traditionnelle», régie dans un statut avec l’homme dans l’espace public, la femme dans l’espace privé. Ainsi à Paray-le-Monial, la mairie soutient des stages d’été de «revirilisation» et aussi des sessions pour lutter contre son attirance homosexuelle.

L’installation d’une crèche de Nativité dans un Hôtel de ville, cœur des services publics, alors qu’elle pourrait être disposée dans de nombreux autres lieux de la ville, démontre une réelle volonté politique qui vise à mettre en péril cet équilibre unique, même s’il est imparfait, même s’il est difficile à faire vivre, que nous permet le principe de laïcité. Il faut le rappeler, la laïcité c’est avant tout la liberté pour chacun de vivre sa foi, sa religion ou sa philosophie de vie, son agnosticisme ou son athéisme, en étant garanti de la neutralité de l’Etat.

C’est la possibilité de savoir que l’accès aux institutions de l’Etat nous est garanti de la même façon, quelle que soit la croyance ou l’absence de croyance de l’administré et du représentant des pouvoirs publics. C’est un principe de paix sociale qui permet à chacun, le cœur serein, de savoir que sans crainte d’une quelconque discrimination, il peut s’adresser à l’administration. La République peut être aimée de tous et accueille tout le monde, sans acception de personnes.

Sophie MAZAS Présidente de la fédération de l’Hérault de la Ligue des droits de l’homme

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Exercice de décorticage des sondages sur les musulmans...

25 Décembre 2016 , Rédigé par Slate - Alexandre Léchenet Publié dans #Politique, #Sondage

Exercice de décorticage des sondages sur les musulmans...

Et pourquoi beaucoup les partagent? Les sondeurs persistent à faire des sondages sur «les musulmans» que tout de go, médias, politiques et autres commentateurs reprennent.

Sans même parler des sondages illégaux menés par Robert Ménard dans les classes de Béziers, de nombreux sondages portant sur «les musulmans» ont été publiés, et repris, pour illustrer les «crispations de l’époque». Des sondages dont la méthodologie est souvent questionnée a posteriori.

Le dernier date du 15 décembre, il a été publié dans le cadre de l’enquête d’Ipsos-Mori «Perils of perception» qui entend comparer une réalité avec un chiffre estimé par les sondés. Selon ce sondage, «les Français» estiment qu’il y a 31% de «musulmans» dans la population. Un chiffre que l’institut rapproche de la «réalité», elle-même tirée d’un sondage, qui voudrait établir qu'il y a 8% de musulmans en France.

L’enquête a d’abord été publiée sur le datablog du Guardian, qui a ensuite inspiré nombre de médias français –dont Slate. L'argument d’autorité (Ipsos fait référence), mêlé à la possibilité de prouver que «les Français» se trompent, rendait l’occasion trop bonne.

Comment Ipsos-Mori est-il arrivé à ce chiffre? Les données (partielles) du sondage compilées par l’institut, branche britannique d’Ipsos, montrent déjà que 20% des internautes ne répondent pas à la question. Ces données, communiquées par Ipsos mais ne figurant pas en complément du sondage, permettent de comprendre un peu mieux la fabrication du chiffre de 31%.

Ce sondage est réalisé en ligne et il est inclus par chaque branche locale d’Ipsos dans son panel. Il est donc possible que quelques personnes mettent n’importe quoi, par provocation ou protestation. Ensuite, les chiffres montrent surtout que seuls 15,6% des sondés –environ 156 sondés puisque l’échantillon est de 1000 personnes mais que les données sont pondérées– estiment à peu près bien la part de musulmans dans la population. On remarque aussi qu’une dizaine de personnes répondent qu’il y a entre 91% et 100% de musulmans en France. Un chiffre pris en compte ensuite pour faire une moyenne des réponses de l’ensemble du panel. Le chiffre obtenu est 31, qui se transforme ensuite en phrase lapidaire: «31% de musulmans en France, selon les Français».

Le délire contestable du comptage de musulmans

Ce chiffre est ensuite comparé à celui du Pew Research Center –pour une année qui n’est pas 2016, qui est également obtenu par sondage alors que des enquêtes plus sérieuses existent, notamment effectuées par l’INED. On peut noter que la définition du terme «musulman» des sondés d’Ipsos-Mori et celle des sondés du Pew Research Center n’est peut-être pas la même. Il peut s’agir des personnes pratiquant régulièrement la religion, des personnes qui se disent musulmanes, des personnes pratiquant occasionnellement, de celles de «culture musulmane».

Ensuite, le fait de demander aux sondés d’estimer la population de «musulmans» est un petit délire déjà contestable.

«On se pose rarement soi-même la question de la proportion de musulmans. Typiquement, c’est ce qu’on appelle un artefact: l’instrument produit la mesure qu’il est censé enregistrer, commente Richard Brousse, directeur adjoint de l’Observatoire des sondages. Sans oublier le postulat selon lequel les gens sont sincères quand on les interroge.»

(...)

Alexandre Léchenet

L'article complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

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Aujourd'hui... Musique!... Joyeuses fêtes et à demain!!!!

24 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Aujourd'hui... Musique!...

24 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Aujourd'hui... Musique!...

24 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Aujourd'hui... Musique!...

24 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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