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Vivement l'Ecole!

L’école finlandaise, un modèle d'éducation dont pourrait s'inspirer la France

13 Décembre 2016 , Rédigé par Challenges Publié dans #Education, #Finlande

L’école finlandaise, un modèle d'éducation dont pourrait s'inspirer la France

Ce petit pays arrive régulièrement en tête du classement scolaire Pisa de l’OCDE. Sa recette : du pragmatisme et… des moyens.

Entre tableau noir et écran numérique, Maria Hukkanen n’a pas choisi. Elle utilise les deux. « Je passe de l’un à l’autre, c’est un atout pour capter l’attention des élèves », glisse cette professeure à la blondeur toute nordique, qui enseigne à l’école de Siltamäki, quartier résidentiel de la périphérie d’Helsinki. Dans sa classe, il y a aussi un piano, une guitare, des piles de déguisements et… un profond canapé. « Chez leurs parents, les enfants font souvent leurs devoirs dans le salon, ce canapé leur permet de retrouver les conditions auxquelles ils sont habitués pour se concentrer », explique l’enseignante.

Ici, tout est fait pour rendre l’apprentissage le plus ludique possible. Jeux de piste pour découvrir les cinq continents, initiation à la physique grâce à de petits robots… « J’attends des enseignants qu’ils sachent motiver leurs élèves et les tirer vers le haut. Qu’ils soient des leaders pédagogiques », déclare très solennellement Anna-Mari Jaatinen, la directrice de l’école. Un mot d’ordre valable sur tout le territoire. En Finlande, les notes sont quasi inexistantes en primaire et ne descendent jamais en dessous de 4 sur 10 au collège. Les emplois du temps sont près d’un quart moins chargés qu’en France et les redoublements rarissimes. Dès qu’un élève décroche, il est pris en charge par un enseignant spécialisé, doté d’une formation en pédagogie de deux ans plus longue que celle de ses collègues. Et si besoin, il passe des tests d’orthophonie, de dyslexie…

(...)

Laurent Fargues

L'article complet est à retrouver ci-dessous

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Valérie Lagrange... Catherine Ribeiro...

12 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Paul Valéry...

12 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Paul Valéry...

L’interruption, l’incohérence, la surprise sont des conditions ordinaires de notre vie. Elles sont même devenues de véritables besoins chez beaucoup d’individus dont l’esprit ne se nourrit plus, en quelque sorte, que de variations brusques et d’excitations toujours renouvelées. Les mots « sensationnel », « impressionnant », qu’on emploie couramment aujourd’hui, sont de ces mots qui peignent une époque. Nous ne supportons plus la durée. Nous ne savons plus féconder l’ennui. Notre nature a horreur du vide, – ce vide sur lequel les esprits de jadis savaient peindre les images de leurs idéaux, leurs Idées, au sens de Platon. Cet état que j’appelais « chaotique » est l’effet composé des œuvres et du travail accumulé des hommes. Il amorce sans doute un certain avenir, mais un avenir qu’il nous est absolument impossible d’imaginer ; et c’est là, entre les autres nouveautés, l’une des plus grandes. Nous ne pouvons plus déduire de ce que nous savons quelques figures du futur auxquelles nous puissions attacher la moindre créance.

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"Continuer le combat à gauche !" Najat Vallaud-Belkacem soutient Manuel Valls...

12 Décembre 2016 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education, #Politique

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"Continuer le combat à gauche !"

"La décision du président de la République de ne pas se représenter en mai prochain a ouvert une nouvelle page à gauche, et dans l’histoire politique de notre pays.

Plaçant l’intérêt de la France au-dessus de toute considération personnelle, François Hollande a donné un sens à sa décision en appelant à un large rassemblement de la gauche, condition de la victoire à la prochaine élection présidentielle.

Nous ne pouvons pas nous résoudre à voir notre pays sacrifier ses services publics, renoncer à la solidarité nationale, et se replier sur lui-même. Je refuse la désunion et la discorde dans ma propre famille politique, tout autant que l’abandon et la destruction de notre maison commune, celle du progrès social, économique, culturel, européen, démocratique et environnemental. Je ne peux pas me résigner à voir François Fillon ou Marine Le Pen l’emporter en mai prochain, l’un pour détruire notre modèle social, l’autre pour abimer la République, et dans tous les cas, faire reculer la France.

Depuis le début de mon engagement politique au lendemain du 21 avril 2002, j’ai toujours veillé à apporter à la gauche des idées et des solutions nouvelles, et jamais, je crois, de problèmes supplémentaires par ambition personnelle, ou calcul politique. Je resterai fidèle à cette ligne de conduite, en militante libre, pour assumer ma part dans la reconstruction et le rassemblement de la gauche, sans renoncer à faire valoir mes idées dans un débat qui n’est pas écrit à l’avance.

Le contexte, inédit, suscite des interrogations, des doutes, voire du désarroi dans les esprits. C’est pourquoi j’appelle tous les futurs électeurs de la primaire à gauche à ne pas se tromper d’enjeu dans les jours et les semaines qui viennent.

L’enjeu, c’est aujourd’hui de choisir le candidat qui sera notre candidat à l’élection présidentielle, dans un rassemblement qui ira très au-delà de nos différences de sensibilité qui, aujourd’hui, nous maintiennent sans excuse dans la division et l’impuissance, et risquent de nous condamner à une défaite impardonnable.

L’enjeu, c’est d’élargir la gauche pour convaincre, demain, une majorité de Français. Ce rassemblement ne viendra pas d’en haut et ne se fera pas tout seul : nous devons toutes et tous y contribuer dès maintenant à partir de ce que nous sommes, de nos valeurs et de nos convictions, en privilégiant l’essentiel, la France.

J’ai entendu tous les candidats à la primaire. Je partage avec eux un certain nombre d’analyses et de propositions.

Mais à l’heure du choix, seul l’un d’entre eux me semble en capacité d’incarner le sursaut souhaité par le président de la République. Seul un candidat me semble avoir l’expérience de l’État, forgée dans l’épreuve, qui permet de construire et de porter un projet dans lequel nous pourrons nous retrouver lorsqu’il faudra mener ensemble la campagne présidentielle, puis gouverner : Manuel Valls.

Il ne s’agit pas de rallier un homme, un parti, un courant, un clan ou une tendance, il s’agit de prendre sa part dans une dynamique collective d’union de toutes les gauches. Je sais que dans les débats d’hier, Manuel Valls a suscité des désaccords, et des débats. Moi, la première, j’ai eu l'occasion de dire mes différends, et j’ai pu éprouver, à chaque fois, sa sincérité dans le dialogue et la volonté de respecter la décision collective. La campagne qui s’ouvre permettra de lever les malentendus, de dépasser ces désaccords et de bâtir une offre politique fédératrice à gauche; je compte bien y contribuer.

Manuel Valls est surtout l’héritier de ces femmes et hommes de gauche qui ont le courage d’assumer jusqu’au bout l’exercice du pouvoir et ses difficultés en faisant la preuve, en actes, de la force de leurs convictions. C'est la gauche dans laquelle je me reconnais : pas seulement un lieu de contestation, mais aussi une force de transformation de la société, au service du progrès social et des valeurs de la République.

J’ai toujours pu compter sur son soutien, politique et personnel. Sans lui, nous ne serions pas allés aussi loin dans le recrutement, la formation et la revalorisation salariale des enseignants ; dans les mesures contre la précarité des jeunes à l’entrée du marché du travail ; dans l’augmentation des budgets de l'éducation, de l'université et de la recherche ; ou encore dans l’engagement de l’État pour la sécurisation des écoles.

Pour moi, c’est donc le choix de la responsabilité, car je veux assumer, devant les électeurs et les citoyens, l’action menée depuis cinq ans au service du pays dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault, de Manuel Valls, et aujourd'hui de Bernard Cazeneuve.

J’ai travaillé avec la plupart des candidats actuels à la primaire, mais aussi avec des écologistes, des radicaux, des communistes et tant d’autres femmes et hommes qui se reconnaissent sans ambiguïté dans les valeurs de la gauche. J’en suis fière, et je veux pouvoir continuer à le faire demain en contribuant à remporter la prochaine élection présidentielle, grâce à un projet fédérateur, à nos valeurs et à notre détermination à convaincre une majorité de Français.

Créer les conditions du rassemblement et de la victoire de la gauche contre la droite et l’extrême-droite, c’est le seul enjeu de l’élection qui se tiendra les 22 et 29 janvier prochains. Il n’y en a pas d’autre."

Najat Vallaud-Belkacem

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Enfants étrangers : "Les mots de Marine Le Pen rappellent ceux de Mégret"...

12 Décembre 2016 , Rédigé par L'Obs - Sébastien Billard Publié dans #Education, #Politique

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La dirigeante du Front national prône la fin de l’éducation gratuite pour les enfants étrangers. Décryptage avec Valérie Igounet, historienne de l'extrême droite. 

Non, le Front national n'a pas changé. Sa présidente, Marine Le Pen, l'a encore démontré ce jeudi, alors qu'elle était l'invitée de l'institut de sondage BVA pour un de ses petits-déjeuners "Pop 2017". Lors de ce rendez-vous, la candidate d'extrême droite a prôné la fin de la scolarisation des enfants étrangers en situation irrégulière, et réclamé une "contribution" pour ceux dont les parents en situation régulière ne travaillent pas. Elle a lancé :

"La solidarité nationale doit s'exprimer à l'égard des Français. Je n'ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : 'Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement.'"

Avant d'ajouter : "Maintenant, c'est terminé, c'est la fin de la récréation !"

La dirigeante a par ailleurs confirmé que son parti envisageait un accès restreint à la gratuité d'autres services publics et à certaines prestations sociales pour "les étrangers qui arrivent dans le pays et n'ont pas encore cotisé et payé d'impôt".

"Elle fait du lepénisme pur"

Voir Marine Le Pen défendre des positions aussi radicales n'est pas en soi une surprise. En dépit des tentatives de dédiabolisation entreprises depuis son arrivée à la tête du FN, ce parti n'a en vérité jamais dévié de ses fondamentaux (rejet de l'immigration, préférence nationale...), rappelle l'historienne Valérie Igounet, spécialiste de l'extrême droite :

"Elle fait ici du 'lepénisme' pur. Ses mots, sa phraséologie rappellent même beaucoup ceux de Bruno Mégret, quand il était secrétaire général du parti."

En 1991, Bruno Mégret publiait "50 propositions sur l'immigration". Parmi les idées alors défendues par le dirigeant frontiste, une vague de dénaturalisation, mais aussi... l'instauration d'un quota d'immigrés par classe. Point n°19 :

"La présence massive d'enfants immigrés dans certaines classes remet en cause la scolarité d'enfants français. Dans certains établissements, ce sont près de 50 nationalités qui se côtoient. Il est nécessaire d'établir un quota maximum d'enfants étrangers par classe, afin de permettre aux jeunes Français des quartiers défavorisés de suivre un enseignement normal et de rompre avec un enseignement à deux vitesses, selon que l'on soit issu d'un milieu favorisé ou non."

Les propos tenus ce jeudi par Marine Le Pen s'inscrivent en tout point dans la continuité de cette pensée : distinction entre deux catégories d'enfants, immigration vue comme une déferlante et un péril... "A certains égards, elle frappe même encore plus fort que son prédécesseur", juge l'historienne.

Faire passer les divergences du FN au second plan

Pourquoi Marine Le Pen, qui s'évertue d'ordinaire à lisser son image, s'est-elle laissée aller à ce type de déclarations jeudi ? Ce timing n'a rien d'anodin, relève Valérie Igounet. Sur l'économie, et plus récemment sur la question de l'IVG, des lignes de fracture sont apparues au sein du FN entre la ligne de Marine Le Pen et celle de sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen. Des signes de divergence malvenus à quelques mois d'une présidentielle pour laquelle la dirigeante nourrit de grandes ambitions.

IVG : le cynique jeu de rôle des Le Pen

Valérie Igounet analyse :

"Parler d'immigration aujourd'hui, pour Marine Le Pen, c'est tenter de faire passer au second plan ce qui divise le parti, en faisant beaucoup de bruit sur une thématique qui fait consensus dans les rangs du FN."

Sur ce sujet, en effet, Marion Maréchal-Le Pen ne la contredira pas.

S.B.

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"Ce que les discours réactionnaires qui ont actuellement le vent en poupe combattent, c’est l’égalité.” Najat Vallaud-Belkacem

12 Décembre 2016 , Rédigé par Alterecoplus Publié dans #Education

20minutes.fr

20minutes.fr

“ Je suis catastrophée par l’état actuel du débat sur l’éducation. Il révèle de la part de certains tribuniciens une véritable détestation des enseignants et une indifférence complète au sort de ceux qu’ils voient d’abord comme de « mauvais élèves ». L’histoire de l’école n’est malheureusement, comme l’histoire des guerres, racontée que par les vainqueurs, jamais par ceux qui y ont souffert. Je suis indignée, par exemple, par le hold-up sémantique sur des termes comme le mérite. Comme si le mérite était un inné. Comme si le milieu dans lequel on se construit et dans lequel on est accompagné n’avait pas d’influence sur notre capacité de travail et, même, sur notre goût de l’effort. Tout cela s’apprend, et c’est à l’école de l’enseigner, mais encore faut-il lui en donner les moyens. En réalité, ce que les discours réactionnaires qui ont actuellement le vent en poupe combattent, c’est l’égalité.”

Najat Vallaud-Belkacem

Source ci-dessous

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Education - En "avent" pour la désintox... 8 et 9

12 Décembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education

Education - En "avent" pour la désintox... 8 et 9
Education - En "avent" pour la désintox... 8 et 9
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Revue de Presse Education... Tour de Pisa - Pisa et politiques - Pisa-Choc ou déni ? - Recette - Fillon / Le Pen - Lectures...

12 Décembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

energycenter.epfl.ch

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Pisa c’est pas de la tarte... Pour le chroniqueur, ça augure toujours d’un bloc notes où on frôle l’indigestion. Comme on peut s’en douter c’est cette enquête qui sera le thème central de ce retour sur la semaine éducative : on y abordera les résultats, les analyses, les enjeux politiques et les critiques méthodologiques. Mais on rajoutera un peu de sauce piquante avec les propos des hommes et femmes politiques de droite et d’extrême droite. Avant de finir en dessert avec quelques conseils de lecture et une auto-promotion assumée pour faire passer ce bloc-notes roboratif.

Tour de PISA

Cette semaine, on risquait l’indigestion de PISA...

La communication de l’OCDE est très efficace et faite pour créer le suspense. C’est seulement mardi 6 décembre à 11h que le rapport de PISA 2015 a été révélé. Cela s’est fait en présence de la Ministre de l’Éducation Nationale ce qui était une grande première. Les articles de présentation des résultats et de commentaires ont été très nombreux durant la semaine. Reste à savoir si l’impact de cette enquête sera durable, ou pas...

Au fait, qu’est-ce que c’est que cette enquête ? 72 pays sont analysés dans cette étude de référence que l’OCDE dévoile tous les trois ans. 540.000 jeunes de 15 ans ont été testés à travers le monde, lors d’un examen de deux heures. L’enquête s’est concentrée en 2015 sur les connaissances en sciences comme il y a neuf ans. Six mille Français, de 15 à 16 ans, ont planché sur des question portant sur trois domaines : la culture scientifique, les mathématiques et la compréhension de l’écrit. Mais à quoi ressemblent ces tests ? A 80%, ce sont les mêmes que ceux de la précédente édition. Les résultats peuvent ainsi être comparés d’une enquête à l’autre. Du coup, pour éviter que les élèves s’entraînent et faussent les notes, la plupart des exercices sont tenus secrets. Seuls quelques exemples sont rendus publics.

Le palmarès, avec cette année Singapour en vedette, n’est pas le plus intéressant dans le rapport PISA. Il faut rappeler que les différences entre les places tiennent à quelques points d’indices et sont, au final, peu significatifs. C’est pourtant cette comparaison des “performances” qui est souvent mise en avant dans la présentation qui est faite du rapport par la presse généraliste. Pour ce qui est du classement, en sciences, la France est 27ème cette année, juste dans la moyenne. En compréhension de l’écrit, la France est 19ème et 26ème en mathématiques. On peut dire que c’est “moins pire” que dans le PISA précédent. Ni progression, ni régression par rapport à 2013, Avec un score de 495 points en sciences, la France se situe légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE (493), derrière l’Allemagne ou la Belgique (au-dessus de 500 points) et devant l’Italie (481). Une performance stable depuis 2006.

Ce qui est plus intéressant, au delà des comparaisons, c’est ce qui est dit sur la situation de la France. Dans le petit résumé fourni par l’OCDE , on peut lire la phrase suivante qui résume l’essentiel de ce qu’il faut retenir : “Dans tous les pays et économies participant à l’enquête PISA 2015, les élèves de 15 ans les plus défavorisés (quartile inférieur de l’indice du milieu socio-économique) sont moins susceptibles de réussir à l’école que leurs camarades plus favorisés (quartile supérieur de l’indice du milieu socio-économique). La différence de résultats entre ces deux groupes d’élèves est particulièrement marquée en France, où la relation entre performance et milieu socio-économique des élèves est l’une des plus fortes parmi les pays et économies participant à l’enquête PISA 2015. En d’autres termes, plus on vient d’un milieu défavorisé en France, moins on a de chances de réussir à l’évaluation PISA 2015 ”.

Ces résultats doivent être accueillis avec gravité puisque les performances des élèves français de 15 ans sont moyennes et le poids du déterminisme social est inacceptable a souligné la Ministre lors de la remise du rapport. “La France est le pays du grand écart, résume Najat Vallaud-Belkacem .Avec une école qui est efficace pour une majorité de ses élèves, mais qui ne parvient pas à faire réussir 20 à 30% d’enfants”. En 2015 comme en 2006, 8% de nos élèves se positionnent parmi les plus performants de l’étude Pisa. Et 22% parmi ceux en difficulté.

On note aussi dans cette synthèse que 22 % des élèves ont redoublé au moins une fois avant l’âge de 15 ans, soit le double de la moyenne des pays de l’OCDE, (mais ce chiffre est en train de diminuer avec les modifications des règles). L’OCDE remarque également que “les évaluations internes ou les auto-évaluations sur la qualité de l’enseignement au sein des établissements sont moins courantes en France ” qu’ailleurs. En d’autres termes on évalue pas assez les enseignants et on ne leur propose pas assez de formation continue. On sait aussi que l’enquête PISA développe également des “questionnaires de contexte” qui nous permettent d’apprendre des choses sur les élèves issus de l’immigration, le plaisir d’apprendre ou bien encore sur l’absentéisme. Chacun pourra découvrir ces informations dans cette synthèse proposée par l’OCDE .

On pourra surtout compléter par l’excellente analyse de Marie Duru-Bellat dans The Conversation publiée dans le 8 décembre. À la suite des analystes de l’OCDE, elle commence par constater que la baisse des performances moyennes observée entre 2000 et 2003 semble bel et bien enrayée, puisque depuis 2006 c’est la stabilité qui domine. Mais, nous restons l’un des pays (avec notamment la Belgique francophone) où les écarts de performance entre élèves sont les plus marqués. Selon elle, une raison importante est l’existence, dans notre pays, du redoublement. Et elle précise : “nous continuons à faire redoubler les élèves en difficultés, plus souvent de milieu social défavorisé, ce qui tire le niveau moyen vers le bas. Les inégalités entre les élèves dépendent aussi de l’importance de la ségrégation sociale et scolaire entre les établissements et en la matière, notre situation s’est dégradée avec notamment la tendance à encourager le libre choix de l’école. On observe en effet que dans les systèmes les moins inégalitaires, le choix de l’école est régulé, la décentralisation est encadrée et la part du privé est faible.”. Et elle conclut par un constat : “les pays dont les élèves sont les meilleurs sont aussi ceux qui réduisent le plus les inégalités.

Dans la masse des commentaires et résumés, on retiendra surtout quelques articles qui proposent une synthèse assez complète. C’est le cas de Marie-Christine Corbier dans Les Échos , Denis Peiron dans La Croix ou Mattea Battaglia et Aurélie Collas dans Le Monde .

On peut signaler aussi le travail du journal Libération avec Sonya Faure et Marie Piquemal. Elles aussi offrent un résumé assez complet des résultats mais posent aussi une série de questions. Et avec en premier lieu, une interrogation inévitable : Est-ce un problème de moyens ? Si l’on s’en tient à la part du budget national consacré à l’Education, la réponse est non. La France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE, avec environ 5 % de son PIB dédié à l’éducation. “A partir d’un certain niveau d’investissement, la question financière n’a plus d’incidence sur les performances des élèves, explique Gabriela Ramos, de l’OCDE. Ce qui joue ensuite, c’est la façon dont l’argent est utilisé, les choix qui sont faits.”. La France se distingue avant tout par un grand déséquilibre entre l’argent donné au premier degré et celui octroyé au second. Nous dépensons 15% de moins pour notre école primaire que des pays comparables au notre.

Les autres questions posées sont elles aussi pertinentes : “Nos profs sont-ils mal formés ?” ; “Faut-il revoir nos méthodes d’enseignement ? ” ; “A-t-on délaissé les fondamentaux ? ” ; “ Le système éducatif est-il trop centralisé ? ”. Et toutes ces interrogations posent la question des politiques éducatives menées jusqu’à maintenant, de leur continuité et de leur efficacité...

Mais avant d’aller plus loin sur ce thème des politiques et pour clore sur les résultats, qu’on me permette un petit coup de gueule sur le traitement médiatique de cette enquête. Voir titrer dans certains journaux (pas tous) : “les élèves français toujours médiocres” et autres titres de la même pâte (à Pisa...) est profondément agaçant. Encore une fois il faut rappeler que ce ne sont pas les élèves qu’on évalue mais le système…

PISA et Politiques

Mardi dernier, la présence de la ministre de l’Éducation Nationale au siège de l’OCDE lors de la présentation de l’enquête était une grande première. Elle s’est vue remettre à cette occasion un petit livret intitulé PISA 2015 : les défis du système éducatif français et les bonnes pratiques internationales. Ce qui est également inédit.

Ce qui donne le titre suivant dans Le Parisien L’OCDE met en garde la droite française” . Christel Brigaudeau note que “l’organisation internationale s’est livrée à un plaidoyer pas du tout subliminal en faveur de la politique de Najat Vallaud-Belkacem, invitée — une première pour un ministre de l’Education nationale — à commenter les résultats de Pisa 2015 à la tribune en même temps que les experts de l’OCDE.” Et elle remarque que même si la formation continue des enseignants, quasi-inexistante, reste un point noir du système français, l’OCDE voit d’un bon œil les politiques engagées par la gauche depuis 2012. “Nous avons un message : il faut vraiment continuer dans cette politique là, et ne pas revenir en arrière, car cela fait perdre du temps, et la France a déjà perdu beaucoup de temps” résume Eric Charbonnier, l’expert français de l’OCDE sur les questions d’éducation. Selon lui, “il y a eu une prise de conscience de ce gouvernement qu’il faut agir sur les inégalités, et qu’on peut associer la qualité et l’équité sociale” dans le système scolaire, insiste le spécialiste, appelant à “de la patience” pour juger sur pièces. Au passage, on peut noter qu’étant donné le climat actuel dans l’éducation nationale, il n’est pas sûr que ce genre de titre et cette information soient vraiment une bonne chose pour la cause de l’école. Mais nous y reviendrons.

Que dit cette brochure. remise à la ministre ? Elle recense les “bonnes pratiques” dont la France pourrait s’inspirer et pointe quatre défis à relever pour notre système éducatif :

- Rendre le système éducatif plus équitable en France et soutenir les élèves et les établissements défavorisés
- Lutter contre l’échec scolaire dés le plus jeune âge
- Améliorer la qualité de l’enseignement et de la transmission du savoir dans le primaire et le secondaire, et revaloriser le métier d’enseignant
- Rehausser la qualité et la valorisation des filières professionnelles au lycée

Pour ceux qui s’intéressent à l’innovation et au changement du système éducatif ce petit livret de 28 pages est à lire en détail. On pourra aussi le compléter par une enquête dans Libération qui revient sur quelques exemples étrangers.

Signalons brièvement, qu’à la suite de cette approche comparatiste, plusieurs journaux se lancent avec plus ou moins de bonheur dans des analyses sur ce qui se fait ailleurs. C’est ainsi qu’on a droit à plusieurs articles sur la méthode de Singapour pour l’enseignement des mathématiques qui sentent un peu le coup médiatique et éditorial... On a l’impression qu’on va nous en resservir à toutes les sauces de cette méthode de Singapour...

Quand on lit ces résultats on peut être tenté par un raccourci facile. Est-ce à dire que les efforts entrepris ces dernières années pour réduire les inégalités scolaires (relance de la scolarisation précoce dans les zones défavorisées, refonte de l’éducation prioritaire, dispositif « plus de maîtres que de classes » déployé dans les écoles qui concentrent le plus de difficultés, etc.) ont été vains ? C’est ce que laisse entendre la députée Annie Genevard, déléguée générale pour l’éducation chez Les Républicains. “La France conserve son triste titre de championne des inégalités sociales à l’école ! Échec de la politique de @najatvb ”, écrit-elle sur Twitter. La remarque montre surtout que les difficultés de calcul ne concernent pas seulement les élèves de 15 ans. Car la soustraction est pourtant facile à faire comme nous le relevions déjà dans notre bloc-notes de la semaine dernière . Les enfants qui sont évalués par le PISA 2015 sont donc nés en 2000 et ils ont fait l’essentiel de leur scolarité à partir de 2005 (Loi Fillon) et principalement sous une politique de “droite”. Si on veut vraiment évaluer les effets de la politique actuelle, il faudrait attendre le PISA 2021...

Le temps de l’éducation est un temps long. Il supporte mal les raccourcis médiatiques et les commentaires politiques rapides

Pisa Choc ou déni ?

J’espère que l’accumulation de ces évaluations va permettre une prise de conscience dans la société, estime Jean-Paul Delahaye, ancien directeur de l’enseignement scolaire dans Libération . Et que cela nous permettra d’agir, au-delà de nos clivages politiques.”.

Ces enquêtes tendent un miroir assez cruel à ceux qui se bercent de l’illusion que notre système fonctionne rajoute Régis Malet, professeur en sciences de l’éducation à Bordeaux toujours dans Libération

La France reste la championne des inégalités, nous l’avons vu c’est quand même l’information principale de cette enquête, mais cela va t-il engendrer un “Pisa-Choc” comme cela a été le cas dans d’autres pays ? Rien n’est moins sûr. Après les quelques jours de commentaires, on se rend compte que le soufflé médiatique retombe vite. Sans que cela n’engendre une réelle prise de conscience dans l’opinion. Comment expliquer cela ?

Cela fait sept ans que je suis journaliste éducation et sept ans que j’écris que la France est championne des inégalités socio-scolaires. écrit Louise Tourret sur Slate.fr […] La France est-elle condamnée à reproduire ses échecs en matière d’éducation ? […]On a les débats qu’on mérite, l’école qu’on mérite. Aucun enfant qui entre en maternelle, en CP, n’est responsable ni de l’inanité de nos débats sur l’école, ni du manque de volonté collective à changer les choses. Et cette volonté, ce n’est pas seulement celle ou non des ministres de l’Éducation, c’est celle de toute une société. Pour l’instant, tout se passe en France comme si on avait développé l’art de dire tout et son contraire sur l’école, entre pessimisme et mélange de solutions qui ne fonctionnent pas à force d’être juxtaposées, mollement mises en place et appliquées avec difficulté.
 Pour changer l’école, et rendre notre système éducatif plus efficace et plus juste, il faudrait établir un consensus social et politique. Avec pour objectif de vouloir vraiment faire réussir davantage d’enfants, mais aussi de trouver les moyens d’y parvenir au sein même de notre belle école. Je ne le vois pas venir pour l’instant. J’aimerais, à l’instar de beaucoup d’observateurs politiques, me planter lourdement.”. Claude Lelièvre, historien de l’éducation, dans le JDD.fr confirme cette accoutumance aux inégalités : "Notre système éducatif s’est construit par le haut. Ce n’est pas un hasard si la France est le pays des classements, des concours et des grandes écoles. Chez nous, ceux qui s’intègrent dans et par l’école continuent à bien s’en sortir. C’est pour cela que, passé l’émotion du moment, les résultats de Pisa n’entraînent pas des mesures drastiques”. Une analyse assez voisine chez François Dubet dans Les Échos  : Depuis que Napoléon, dans un pays ayant éliminé ses élites naturelles issues de l’héritage du sang et de la noblesse avec la Révolution, a construit un lycée dédié à « préparer les élites scolaires qui allaient sauver le pays ». L’école continue aujourd’hui à produire des élites de manière précoce. Et il montre que cette pédagogie adaptée aux élites est ancrée depuis longtemps dans notre système scolaire. “Dans les pays qui réussissent le mieux, on va fixer aux élèves un objectif accessible, comme de courir le 100 mètres en 13 secondes, afin que chacun y parvienne, et on soutiendra celui qui va plus vite que les autres, relève François Dubet. En France, on leur demandera de ­courir le 100 mètres en 10 secondes, on aidera ceux qui n’y arrivent pas, mais ils ne courront pas plus vite pour autant...

Une autre difficulté tient aussi aux postures politiques, en particulier dans l’opinion enseignante.

Nous évoquions plus haut le soutien de l’OCDE à la politique menée par le gouvernement actuel, et en effet, il n’est pas certain que ce soit un atout pour faire accepter cette politique chez certains enseignants. En France, on se préoccupe plus de "Qui" parle (et d’"") que de ce qui est dit. Que ce soit l’OCDE, considéré à tort ou à raison comme le bras armé du libéralisme, qui dise qu’il faut aller vers plus d’interdisciplinarité et de pédagogie différenciée ne peut que conforter certains dans leurs refus des réformes . Alors qu’on est censé former nos élèves à l’esprit critique et de se méfier du complotisme, nous réagissons nous mêmes de manière très mécanique à des signaux envers lesquels nous sommes incapables de prendre du recul. « OCDE = libéralisme = mal absolu » c’est rapide et confortable et ça empêche un peu de réfléchir. Sans tomber dans la naïveté, on peut faire l’hypothèse qu’au sein de l’OCDE comme de toute organisation, il y a des tensions et des logiques qui s’affrontent et se télescopent. De fait, si ce que dit l’OCDE et ses représentants était formulé par Bourdieu (et je peux fournir des textes assez voisins de l’icône de la gauche radicale) , ça passerait beaucoup mieux !

Au risque d’agacer (encore plus !) certains enseignants, on peut redire que la critique (nécessaire et légitime, nous y reviendrons) de Pisa ne doit pas faire oublier que ce constat n’est pas isolé. Et il ne faudrait pas tomber dans le déni en se réfugiant dans une posture gauchiste et un maximalisme qui masqueraient au final un conservatisme pédagogique et un refus de prendre à bras le corps une réflexion sur les finalités de l’école...

Recette de PISA

Pour clore avec le sujet de PISA, il est quand même nécessaire de revenir sur sa méthodologie et les critiques qui lui sont adressées. Ces critiques sont légitimes comme pour toute démarche d’enquête.

Le Monde consacre un long article à cette question. “Les résultats de PISA sont-ils valides ? La réponse est oui, y assure Georges Felouzis, sociologue à l’université de Genève. Je ne connais pas d’autres enquêtes de cette échelle dont la méthodologie est aussi robuste.”. On peut relever un avis assez voisin chez Charles Hadji dans The Conversation. Pour lui, malgré quelques biais et marges d’erreurs, cela “n’enlève rien à la richesse des données recueillies, ni à l’intérêt de la périodicité régulière du recueil d’informations, qui rend possible le constat d’évolutions. ”.

Ce n’est pas le même avis pour les chercheurs Bertrand Daunay et Daniel Bart interrogés par L’Humanité . Pour eux, il s’agit d’un “discours qui se veut de vérité, mais qui est orienté”. Et ils critiquent surtout la manière dont cette enquête est présentée et interprétée : “cela produit des propos de « bon sens », qui tendent plus à la culpabilisation des personnes, notamment les enseignants et les parents, qu’à la mise en cause des orientations promues par l’OCDE…

Dans ce chapitre de la critique de la méthodologie et de l’usage de Pisa, il faut aussi signaler la position de la Suisse. Alors que les résultats suscitent des débats dans le monde entier nous dit Le Monde, en Suisse, pourtant bien classée, la réaction est tout autre. Elle se “révolte contre PISA” nous dit le journal suisse Le Temps et conteste la validité des résultats de cette évaluation internationale des élèves

Nous sommes confrontés à un très sérieux problème de qualité dont les conséquences sont difficilement mesurables, écrit le président de la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique, dans une lettre envoyée au secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria. La nouvelle manière de mener l’enquête en 2015, après cinq éditions organisées depuis 2000, fait l’objet d’un feu nourri de critiques, le conseiller d’Etat juge impossible de comparer les résultats avec ceux des études précédentes, tant la méthodologie a changé entre les éditions. Dans un communiqué, le Syndicat des enseignants romands partage ces réserves, jugeant le travail de l’OCDE peu professionnel.

Affaire à suivre.

Fillon-Le Pen

Il n’y a pas eu que la livraison de Pisa à se mettre sous la dent durant cette semaine riche en actualités éducatives. Ce sont aussi les déclarations et propositions de deux responsables politiques de la droite libérale (Fillon-Longuet) et une de la droite extrême (Le Pen) qui ont suscité de nombreux commentaires.

Dans Les Échos, Marie-Christine Corbier s’appuie sur les déclaration de proches du candidat pour préciser ses propositions éducatives. Dans l’école de François Fillon, la maîtrise des fondamentaux commencerait par une scolarité obligatoire dès 5 ans. Le programme de grande section de maternelle serait de nouveau revu - il a été modifié en 2015. L’acquisition des connaissances de base serait vérifiée par « des tests », “au moins un par an jusqu’à 15 ans” Les élèves en difficulté seraient “aidés par un soutien de l’enseignant à travers son temps de présence dans l’établis­sement, et éventuellement en dehors des heures de classe” Les écoles (primaires) deviendraient des établissements publics, avec des élus à leur conseil d’administration, et le directeur aurait autorité hiérarchique sur les professeurs des écoles. Le collège doit être repensé selon le porte-parole de François Fillon. Les classes bilangues, qui « ont porté leurs fruits », seraient relancées pour « étendre l’excellence ». Durant les deux premières années de collège, l’élève verrait, par ailleurs, son nombre d’enseignants réduit à cinq, un seul professeur devant enseigner plusieurs disciplines. François Fillon entend aussi « mettre le paquet », selon son porte-parole, sur la formation - initiale et continue - des enseignants et les méthodes d’apprentissage, pour “ les mettre au contact des meilleures pratiques pédagogiques, comme les expérimentations de la fondation Agir pour l’école, financées notamment par l’Institut Montaigne. Le programme de François Fillon pour l’éducation passe aussi par “une certaine autonomie des établissements dans la mise en œuvre de la politique éducative” Les chefs d’établissement du second degré auraient “le choix de leurs personnels, dont les enseignants”. Et bien d’autres choses encore que je vous laisse découvrir dans cet article.

Le sénateur Gérard Longuet, lui aussi très proche de François Fillon, a publié cette semaine un rapport sénatorial qui prévoit d’inclure dans le temps de travail des enseignants les deux heures supplémentaires que font en moyenne les enseignants dans un nouveau cadre annualisé. Le temps de travail des agrégés serait aligné sur celui des certifiés, faisant passer leur temps hebdomadaire de 15 à 20 heures. Dans le Café Pédagogique, François Jarraud retient de ce rapport la violence et la détermination des Républicains pressés de passer à l’action... On peut aussi le voir comme un ballon d’essai ou plutôt une diversion en jouant sur les oppositions (et les rancœurs) entre les catégories comme Sarkozy en avait joué en 2012 en proposant d’aligner les obligations de service des personnels du second degré sur .... celles du 1er degré ! Le risque est aussi que ce type de projet prenne la forme d’une défense du statu quod alors qu’on a besoin de contre-propositions et non d’un repli et d’une position strictement défensive. Najat Vallaud Belkacem a réagi à cette proposition en déclarant que cette proposition “révèle la méconnaissance profonde” du travail des enseignants. Selon elle, il faut mieux reconnaître le travail des enseignants, pas les faire travailler plus.

Toujours à propos de François Fillon, Olivier Caremelle dans une tribune pour Le Monde rappelle aussi le bilan de l’ancien premier ministre durant le quinquennat Sarkozy. Et il avertit : “N’ayons pas la mémoire courte !

Pendant ce temps, Marine le Pen a déclaré que si elle était élue ce serait “la fin de la récréation” pour les élèves étrangers. “Je considère que la solidarité nationale doit s’exprimer à l’égard des Français”, a affirmé la présidente du Front National. Puis elle a précisé : “Je n’ai rien contre les étrangers, mais je leur dis : Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement, maintenant c’est terminé, c’est la fin de la récréation !”. Non, le Front National n’a pas changé, et la droite non plus…

Lectures

Les traditionnels conseils de lecture de fin de bloc-notes sont cette semaine marqués par le copinage et l’auto-promotion assumée...

L’ami Pierre Mathiot, est aujourd’hui délégué ministériel aux parcours d’excellence et professeur des universités à Sciences Po Lille. Alors directeur de cet établissement, il avait créé le programme PEI, une préparation aux concours des Instituts d’études politiques destinée aux élèves de condition modeste. Il donne une interview au journal Le Monde où il prône le renforcement de l’accompagnement des jeunes les plus fragiles vers l’enseignement supérieur.

Et comme il n’y a pas de raison de se priver de le faire, je signale pour terminer le dernier numéro des Dossiers d’Alternatives Économiques intitulé “Réinventer l’école, un tour de France des initiatives ”. On y trouve des contributions intéressantes : Fabien Truong, François Dubet, Marie Duru-Bellat, Françoise Lantheaume, François Taddéi, Luc Ria, Michel Quéré, Marianne de Brunhoff, Jean-Marc Monteil, Philippe Meirieu, Claude Lelièvre... Il y a aussi plusieurs reportages qui recensent de nombreuses initatives. Et puis, la rédaction d’Alternatives économiques a également organisé une rencontre avec la Ministre auquel j’ai eu l’honneur de participer. On peut se procurer tout le numéro sur la boutique mais l’entretien lui même est en accès libre sur AlterEcoPlus . On y parle d’innovation, de conduite du changement dans l’école, des inégalités...

Pour terminer ce volumineux bloc-notes, j’en retiens ce qui est quasiment la conclusion apportée par la Ministre : “ je suis catastrophée par l’état actuel du débat sur l’éducation. Il révèle de la part de certains tribuniciens une véritable détestation des enseignants et une indifférence complète au sort de ceux qu’ils voient d’abord comme de « mauvais élèves ». L’histoire de l’école n’est malheureusement, comme l’histoire des guerres, racontée que par les vainqueurs, jamais par ceux qui y ont souffert. Je suis indignée, par exemple, par le hold-up sémantique sur des termes comme le mérite. Comme si le mérite était un inné. Comme si le milieu dans lequel on se construit et dans lequel on est accompagné n’avait pas d’influence sur notre capacité de travail et, même, sur notre goût de l’effort. Tout cela s’apprend, et c’est à l’école de l’enseigner, mais encore faut-il lui en donner les moyens. En réalité, ce que les discours réactionnaires qui ont actuellement le vent en poupe combattent, c’est l’égalité.

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot

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