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Vivement l'Ecole!

A Lire... "Introduction inquiète à la Macron-Economie"... + Vidéo

30 Décembre 2016 , Rédigé par Challenges Publié dans #Politique, #Economie

Introduction inquiète à la Macron-économie

Novateur Macron? Certainement pas! Pour Thomas Porcher et Fréderic Farah, auteurs d’Introduction inquiète à la Macron-économie, il n'est que l'avatar d'une idéologie vieillotte, régressive et binaire. 

Ne vous laissez pas séduire par son jeune âge, sa gueule de jeune premier et son story-telling de "réformateur au franc-parler". Derrière l’image de l’homme politique "innovateur et audacieux" qu’Emmanuel Macron façonne minutieusement, se cacherait en réalité un homme politique aux idées régressives, vieillottes et binaires. Voici la thèse pour le moins à contre-courant des deux économistes plutôt classés à gauche, Thomas Porcher* et Fréderic Farah*. Ils sont les auteurs d’Introduction inquiète à la Macron-économie, un ouvrage critique de la rhétorique d’Emmanuel Macron, qui sera publié le 6 octobre aux éditions des Petits matins.  

Leur méthode? Décrypter en 13 chapitres, 13 formules qui ont contribué à rendre célèbre l’ancien locataire de Bercy, afin de les confronter à leur vision de l’économie, radicalement différente de celle d'Emmanuelle Macron. "On voulait montrer que derrière les phrases chocs qui paraissent de bon sens, ses raisonnements économiques n’ont rien de nouveau. Ils sont mis en place depuis pratiquement une trentaine d’années et ne donnent aucuns résultats", explique Thomas Porcher, membre des économistes atterrés.

L’analyse se fonde sur une méthode simple: la confrontation des idées de Macron à l’épreuve des décisions économiques prises depuis 1945 et les résultats qu’elles auraient démontré en France et dans le monde. "C'est important de le faire car la mémoire concernant les effets des politiques appliquées semble de plus en plus courte", ajoute Thomas Porcher.

C'est dans les vieux pots qu'on fait les pires soupes

"L’Etat doit continuer à donner plus de souplesse au marché du travail", assène l’ex-ministre de l’Economie ? "Une analyse de ces trente dernières années montre au contraire que 17 réformes visant à flexibiliser le marché du travail français ont été mises en place entre 2000 et 2013, sans que le chômage ne recule", rétorquent les deux auteurs. Ils rappellent au passage qu’il n’existe pas de consensus scientifique sur la corrélation entre flexibilité du marché de l’emploi et niveau de chômage.

"Si j’étais chômeur je n’attendrais pas tout de l’autre", est une autre petite phrase qui exaspère les deux auteurs. "Si l’on suit le raisonnement de l’ex-ministre de l’Economie, il y aurait donc d’un côté des ‘travailleurs courageux’ acceptant un salaire faible pour travailler coûte que coûte, et de l’autre des ‘fainéants’, qui, au même salaire, préfèrent le loisir. Or à l’épreuve des faits, cette représentation du chômeur paresseux ne tient pas sauf à penser qu’il y a des périodes d’épidémie de paresse, notamment au moment des crises de 1929 et 2008", relève non sans ironie Frédéric Farah et Thomas Porcher.

Une des critiques les plus virulentes des économistes, se porte également sur ce qu’ils pensent être une opération menée par Emmanuel Macron pour décrédibiliser toute forme d'alternative à gauche. Des déclarations comme "toute autre politique est un mirage" ou "le FN est un Syriza  à la française" montrent selon eux, que l’ex ministre a une vision binaire du monde: "ouverture vs repli", "pro-européen vs eurosceptique", "nucléaire contre le retour à la bougie". "Ce schéma qui interdit la réflexion est clairement un danger pour la démocratie », s’inquiètent-ils.

(...)

Héloïse de Neuville

Suite et fin ci-dessous

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Jean-Christophe Victor, voyage sans retour...

30 Décembre 2016 , Rédigé par Libération Publié dans #Médias, #Geographie

Le géographe, créateur de l'émission «le Dessous des cartes», fils de l'explorateur Paul-Emile Victor et de la journaliste Eliane Victor, est mort à 69 ans.

Pour rencontrer Jean-Christophe Victor, toujours en mouvement, débarquant des îles Kouriles ou de Bordeaux, pressé de rentrer chez lui dans la vallée de Chevreuse, il fallait bien viser. Début décembre, il était finalement arrivé avec deux heures d’avance sur le trottoir devant Libération, avec sa tignasse grise et son sac à dos de lycéen bourré de livres, et on avait mis le cap sur un petit restaurant népalais du quartier – «C’est drôle, c’est justement au Népal que j’ai découvert l’Asie.»

De Henri le Navigateur à Xi Jinping

Nous avions contacté le créateur de l’émission culte «le Dessous des cartes» («Je n’aime pas qu’on dise que je suis "présentateur"»), diffusée sur Arte depuis vingt-cinq ans, pour parler de l’atlas sur l’Asie qu’il venait de publier en collaboration avec les éditions Tallandier.

Mais la conversation n’en finissait pas de dériver, de ce village reculé du Népal où il avait passé un an pour sa thèse d’ethnologie, au début des années 70, à la géopolitique contemporaine : «J’adore l’Asie, et c’est le continent que je connais le mieux.» Diplômé de chinois à l’Institut national des langues et civilisations orientales, le fils de la journaliste de télévision Eliane Victor, qui sera un temps directrice de Elle, avait postulé au ministère des Affaires étrangères dans les années 70 dans l’espoir d’obtenir un poste à Pékin. Il s'est retrouvé attaché culturel à Kaboul. Il en rigolait encore : «Ça devait être provisoire, puis le temps a passé, les chars soviétiques sont arrivés et j’ai été recruté par le Centre d’analyse et de prévention du Quai d’Orsay. Je faisais de l’analyse de renseignements – pas du renseignement, attention –, je devais pondre des notes de trois pages sur l’évolution de la situation au Pakistan et en Afghanistan.» 

C’est là que le jeune homme, à défaut du chinois, s’exerce à la synthèse, un type d’écriture où il excellait toujours. «Sur la troisième page, je devais donner des options et des idées en fonction de l’intérêt national français. J’ai vite pris la mesure du niveau de responsabilité politique, qui n’était pas du tout le même qu’en journalisme.» Toute sa vie il vivra, voyagera, travaillera un peu partout en Asie, «ce continent qui n’en est pas un, dont on ne sait où il commence et où il s’arrête», mais finira par oublier le mandarin.

Ce jour de décembre, le voyageur inlassable, conférencier et enseignant, se régalait de momos et de lassi, la conversation sautait les frontières et les siècles, de Henri le Navigateur à Xi Jinping, et revenait toujours à son laboratoire de recherche appliquée en géopolitique et de prospective, le Lépac, fondé en 1991 avec Virginie Raisson. Une «boîte privée» qui l’a parfois fait mal voir de ses pairs, chiffonnés aussi par son œuvre de vulgarisation à la télévision. Interrogé sur la genèse de l’atlas sur l’Asie, faisant le modeste mais sincèrement altruiste, il renvoyait aux qualités de ses collaborateurs du Lépac et d’Arte, les équipes «amont» et «aval» de l’émission, aux prouesses du cartographe Guillaume Sciaux, précisant quand même avoir «écrit ou réécrit» tous les textes. Mais le livre, à peine publié, ne l’intéressait déjà plus guère. Il réfléchissait au prochain, «sûrement sur le Moyen-Orient», se demandait s’il devrait englober le monde arabo-musulman ou juste le monde arabe. Et assurait : «On ne peut pas tout dire avec une carte […], elles sont muettes s’il n’y a pas de texte qui les accompagne.»

(...)

Laurence Defranoux

L'article complet est à retrouver en cliquant ci-dessous

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Flip Grater...

29 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Asli Erdogan... Le Bâtiment de pierre... (+ vidéo)

29 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Le bâtiment de pierre - Asli Erdogan

En cheminant dans les méandres déserts du bâtiment de pierre, au long des couloirs secrets enfouis dans une pénombre bleutée, en franchissant des portes qui s'ouvrent et se referment promptement, sans retour possible, comme des tourniquets, tu atteins le coeur du labyrinthe. Un coeur vaste, bien réel, dur comme un coup de poing... C'est une salle vide, froide, blanche comme une pierre tombale, semblable à toutes les salles verrouillées de ta mémoire. Lieu d'où provient la voix que tu entends, qui te parle et t'appelle désespérément. Lieu où te conduit cette mélodie, compagne de ta solitude, faite du murmure du vent dans les coquillages marins et où se mêlent le bruit des gouttes frappant l'eau et le sifflotement des matelots, les battements d'ailes et les chansons d'adieu... Sur les chemins de la terre, tu as laissé derrière toi bien des nuits et des aurores, bien des vies ; tantôt, débordant d'enthousiasme, tu intégrais tout à ton destin, tantôt, épuisé, tu te coulais dans le destin de tout ce qui se dressait devant toi et tu es arrivé ici. Dans la dernière salle sans pilier, sans ornement, sans écho, totalement muette... Envoyé par le sphinx, venu des profondeurs abyssales de l'homme, tu as atteint le coeur excavé du labyrinthe, qui va t'emprunter ta voix... A ce coeur qui bat pour toutes les choses disparues ou non encore créées, perdues ou vouées à leur perte... Dans le silence de cette salle, tu pourras rester éternellement muet et attendre au chevet des défunts. Tu pourras faire ta plus authentique prière, tes plus sincères aveux et verser sans te gêner les larmes qui se sont accumulées en toi. Tu resteras dans cette salle devenue ton propre reflet, tu reviendras en arrière et tu attendras. Ici, tu ne t'exprimeras qu'avec les mots du sang, tu crieras, tu t'insurgeras, tu appelleras désespérément. Personne ne viendra. Le bourreau et toi, la victime, demeurerez en tête à tête, vous blottirez l'un contre l'autre pour vous réchauffer et, au lieu de scruter les lointains, vous vous regarderez dans les yeux. Vos larmes se mêleront, en ruisselant elles atteindront le sol et feront leur nid au sein de la terre. Après avoir fait neuf fois le tour du monde des vivants, elles se perdront dans l'invisible.

La dernière fois que je l'ai vu, sa tête était tombée lourdement en avant. Ses cheveux cachaient son front et ses yeux. Ce que je craignais le plus, en cet instant, c'était qu'il ne lève les yeux sur moi et ne me regarde... Mais en même temps, c'était ce que je désirais le plus, qu'il me regarde, qu'il me voie, qu'il me murmure un mot. Qu'il m'adresse un signe, un reproche, un adieu... Il n'en fit rien. C'est ainsi qu'il m'a laissé ses yeux. Parce qu'il n'avait personne à me laisser.

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Instruction ou Education?... L'Ecole prisonnière de son Histoire...

29 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Instruction ou Education?... L'Ecole prisonnière de son Histoire...

Les professeurs d’école, mais aussi l’ensemble de la profession enseignante, s’assignent des objectifs très souvent divergents, les uns souhaitant "instruire" et seulement "instruire, les autres voulant "éduquer" et seulement "éduquer".

La synthèse des deux missions, Eduquer/Instruire, avait été établie il y a dèjà fort longtemps par Jean Marc Favret en 1985 pour le CNDP :

"Education et Instruction sont inséparables (…). L’enfant doit apprendre à bien lire, écrire et compter et, dans le même temps, à se situer dans le monde qui l’entoure. (…)  Qu’on le veuille ou non, qu’on en prenne conscience ou non, toute classe est une classe hétérogène. Les origines culturelles et sociales, les diversités linguistiques et techniques croisent à l’envi les différences d’apparences et de comportements. Le public de l’école est varié mais sa mission reste unique. Or le système scolaire doit permettre à chacun de s’outiller pour la vie".

Concilier la vie des enfants et les objectifs assignés à l’éducation -instruction comprise- est le lot commun de TOUS les enseignants. Même les inconditionnels des « savoirs » ne peuvent pas contourner cette donnée. Celui qui affirme « Je n’ai aucun problème de discipline » n’explique en fait que son autorité, son influence, son pouvoir de séduction permettant d’obtenir de ses élèves les conditions qui permettent de travailler. Et ce travail qui conditionne l’instruction, c’est l’éducation.

Malgré (ou à cause de) cette querelle Instruction/Education, l’évolution de l’Ecole me semble paradoxale. On pourrait facilement démontrer que, contrairement aux affirmations de certains tenants du fameux « c’était mieux avant », rien n’a fondamentalement changé : le tableau noir (devenu vert puis blanc) où sont encore très souvent inscrits les incontournables exercices du BLED, Bible de l’orthographe ; l’estrade ; les boites de craies (devenues "marqueurs") ; très souvent même les paquets de bons-points et d’images, tout est encore là. La configuration des tables a été à peine revue et corrigée en collège  et lycée après mai 1968. Et tout cela aussi bien en milieu rural qu’urbain. Seules fantaisies concédées à la tradition : des murs repeints et un micro ordinateur (plus imposé que choisi), mais…le bureau du maître toujours face à ses élèves ! (C’est symbolique car j’ai parfaitement conscience que ce n’est pas en supprimant ou en changeant le bureau de place qu’on évoluera "automatiquement" plus vite.)

S’il fallait une autre preuve de cet immobilisme, la lecture du Code Soleil (recueil de tous les textes administratifs concernant l’enseignement primaire) y suffirait. Entre 1929 (1ère édition) et 1999, seules deux parties ont disparu : celle concernant les devoirs et droits des membres de l’enseignement public et celle qui présentait la législation de l’enseignement…privé ! On a également débaptisé le Conseil Supérieur de l’Instruction Publique en celui de l’Education Nationale et les Inspecteurs Primaires sont devenus Inspecteurs de l’Education Nationale (IDEN) puis Inspecteurs e l'Education Nationale (IEN). Quelle révolution!

Je conseille également la lecture du Dumas utilisé dans tous les Cours Moyens de France pendant des années (J’ai sous les yeux, au moment où j’écris ces lignes, l’édition originale de 1931 : L. Dumas, Le Livre Unique de Français, Hachette Paris 1931). En laissant de coté la présentation, évidemment dépassée et vieillotte, tous les exercices (Lecture ; Grammaire ; Vocabulaire ; Orthographe ; Composition Française) sont contenus dans le même ouvrage et ont pour fondement un seul et même texte par leçon. Textes qui pour 108 d’entre eux - sur 120 -  n’ont aucune « valeur littéraire ». Cela ne rappelle-t-il rien à ceux qui dénoncent les contenus d’apprentissages actuels. 1931…2016…C’était mieux avant ?

En près d’un siècle, la « révolution pédagogique » responsable de TOUS les maux de l’école n’a pas eu lieu ! Au contraire, l’Ecole reste  prisonnière de son Histoire.

Christophe Chartreux

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Education... "Une idée folle"... Bande annonce...

29 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Cinéma, #Education

Tourné dans neuf établissements scolaires - publics et privés, de la maternelle au collège, aux quatre coins de la France - Une Idée Folle pose la question du rôle de l’école au XXIè siècle.

A quels défis les citoyens de demain vont-ils devoir faire face et comment les y préparer ?

En cultivant l’empathie, la créativité, la coopération, la prise d’initiatives ou encore la confiance et soi et l’esprit critique chez les élèves en parallèle des savoir fondamentaux, les enseignants de ces écoles font le rêve fou de former une future génération de citoyens épanouis et responsables qui auront à coeur de transformer positivement la société qui les entoure.

Education... "Une idée folle"... Bande annonce...
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Asli Erdogan, ecrivain et journaliste est jugée ce jour en Turquie... LIBERTE! Ne l'oublions pas...

29 Décembre 2016 , Rédigé par Asli Erdogan Publié dans #Politique, #Turquie

5/12/2016 Lettre d' Aslı Erdoğan de la Prison de Bakırköy C-9

Chers amis, collègues,

Cette lettre est écrite depuis la prison pour femmes de Bakırköy, quelque part entre un asile de fous et une vieille léproserie. En ce moment, un nombre de “journalistes”, estimé entre 150 et 200, a été emprisonné en Turquie, et je suis l’un (e) d’entre eux.

Je suis une écrivaine, seulement une écrivaine, auteure de huit livres traduits dans de nombreuses langues, incluant le français. Depuis 1998, je travaille comme chroniqueuse en essayant de combiner littérature et journalisme dans mes chroniques. Les derniers Prix Nobel sont un signe que les “limites rigides” de la littérature sont remises en question avec justesse.

J’ai été arrêtée pour la raison, ou plutôt le prétexte, que je suis un(e) des “conseillers” de Özgür Gündem, le soit-disant “journal kurde”. Même si les lois régissant le journalisme ne donnent aucune responsabilité aux conseillers d’un journal, et qu’aucun parmi les centaines de procès intentés aux journaux n’ait inclu ces symboliques “conseillers”, six de ces conseillers ont été accusés de “terrorisme” : Necmiye Alpay, linguiste et activiste pour la paix, Bilge Cantepe, fondateur du Parti Vert, Ragıp Zarakolu, éditeur et candidat pour un Prix Nobel de la Paix, Ayhan Bilgen, parlementaire, Filiz Koçali, journaliste féministe.

En fait, parmi ces 150 “journalistes”, il y a plusieurs écrivains, des académiciens, des critiques littéraires, mais ils sont tous en prison pour leur travail journalistique.

La situation de la presse est alarmante. Environ 200 journaux, agences de presse, radios et chaînes de télévision ont été fermées sur ordre du gouvernement en à peine 4 mois. Une “punition collective” a aussi été administrée au journal Cumhuriyet, le plus vieux journal de Turquie, bastion de la sociale démocratie. Comme pour Özgür Gündem, tous les noms listés comme conseillers et éditeurs ont été arrêtés pour avoir approché des organisations terroristes, y compris l’éditorialiste culturel et un caricaturiste !

Le journal Cumhuriyet a il y a peu courageusement publié des rapports sur les relations entre la Turquie et ISIS (Daesh) et a fermement protesté contre les attaques d’enragés contre Charlie Hebdo. De nombreux journalistes, y compris moi, ont été poursuivis pour leur solidarité avec Charlie Hebdo, certains ayant même été condamnés à des peines de prison.

Nous avons besoin de votre soutien, de votre sensibilité et de votre solidarité. PEN, qui est à la base une organisation pour la défense des écrivains, se bat activement pour la liberté des journalistes.

Quand la liberté de pensée et d’expression est en danger, il n’y a plus de discrimination (ndlt: entre écrivains et journalistes).

“Liberté, Egalité, Fraternité”: ce sont des concepts que nous devons à la Révolution française ! Plus de deux siècles ont passé qui ont donné du sens, et une réalité, à ces concepts, façonnés par des siècles de raisonnement, de pensées et de développement littéraire, découlant de siècles de labeur, de combats, de guerre et de sang… Ces concepts se doivent d’être universels, aussi bien en théorie qu’en pratique, pour tous, sans exception.

Mon sentiment est que la crise récente en Europe, déclenchée par les réfugiés et les attaques terroristes, n’est pas seulement politique et économique. C’est une crise existentielle que l’Europe ne pourra résoudre qu’en ressaisissant les nations qui la composent.

De nombreux signes indiquent que les démocraties libérales européennes ne peuvent plus se sentir en sécurité alors que l’incendie se propage en leur proximité. La “crise démocratique” turque, qui a été pendant longtemps sous-estimée ou ignorée, pour des raisons pragmatiques, ce risque grandissant de dictature islamiste et militaire, aura de sérieuses conséquences. Personne ne peut se donner le luxe d’ignorer la situation, et surtout pas nous, journalistes, écrivains, académiciens, nous qui devons notre existence même à la liberté de pensée et d’expression.

Merci beaucoup.

Sincères salutations

Aslı Erdoğan

Prison de Bakırköy C-9

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Education... 2017: offrons à nos élèves la possibilité de continuer d'oser...

28 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

nrj.fr

nrj.fr

Michel Serres qu'il est inutile de présenter nous offrait, c'était en 2007 je crois de mémoire, sa vision de l'Education dans un numéro du Monde de mars.

A 81 ans, Michel Serres nous parlait d'un monde en métamorphose pour lequel il est urgent et nécessaire d'inventer d' "inimaginables nouveautés". Plus loin, à propos des pédagogies du XXIème siècle, le "vieux jeune homme" conseillait d'en expérimenter en même temps qu'apparaissaient et se multipliaient les nouvelles technologies.

Depuis fort longtemps déjà, des Philippe Meirieu ou Edgar Morin, chacun à leur manière, ne disent pas autre chose. Pourtant, malgré ces avis éclairés, malgré des expériences innovantes aux réussites incontestables, malgré des travaux, des séminaires, des colloques, des conférences nationales et internationales, malgré les résultats d'enquêtes (dont PISA mais pas seulement), malgré les recommandations d'experts reconnus comme de praticiens anonymes, l'Ecole a peu évolué de 2007 à 2012, se contentant ici d'ordinateurs, là de tableaux blancs interactifs mais refusant de bouleverser ses habitudes. Il faut rappeler que le pouvoir en place n'a rien fait pour encourager les audaces. Pire, il a supprimé 80 000 postes et la formation. Rien que ça!

Ce manque d'audace allait de pair avec un manque de courage politique. En matière scolaire, je l'ai découvert depuis peu en fait, le conservatisme n'est ni de droite ni de gauche. Il est consubstantiel souvent et profondément à quelques syndicats et à une part non négligeable d'enseignants, toutes générations confondues. Incompréhensible attitude puisque dans le même temps, ces mêmes professeurs critiquent allègrement le "système" mais renâclent devant TOUTES les réformes, le terme de "réforme" servant à lui seul de repoussoir.

Il faut dire que les désormais politiquement ultra-corrects Finkielkraut, Polony, Zemmour, Brighelli, Barjon et récemment Rama Yade, entonnent partout où ils passent le chant du conservatisme revendiqué. "L'école est par nature conservatrice" avait osé écrire une Rama Yade très en verve dans un livre d'une grande médiocrité de fond et de forme intitulé "Plaidoyer pour une instruction publique", Grasset, Paris 2011...  Propos révélateurs néanmoins d'une position hélas largement partagée à l'intérieur même de l'institution scolaire, y compris dans une partie de  l'électorat TRES à gauche. Peut-être suis-je naïf mais là, certaines choses m'échappent...

A toutes ces frilosités, car pour beaucoup d'enseignants la peur de l'inconnu est très présente, je choisis et choisirai toujours les audaces d'un Michel Serres, les visions d'un Edgar Morin, les courages d'un Philippe Meirieu et - dut-on m'enfermer dans un "trip de supporter", j'assume! - l'abnégation d'une Najat Vallaud-Belkacem dont on ne louera jamais assez la patience observée face aux médisances, aux caricatures et aux blocages en tout genre.

Tous, avec d'autres, ont raison depuis longtemps. Chaque année qui passe voit leurs analyses confortées, leurs avertissements justifiés:

- quand donc enfin allons-nous avoir le courage de les entendre ?

- combien d'années d'échecs faudra-t-il pour que nous décidions d'accompagner sans barguigner les transformations radicales nécessaires ?

- combien de milliers de gamins abandonnés en cours de scolarité a-t-il fallu pour que nous mettions en place les outils QUI EXISTENT désormais (merci Najat!) permettant l'arrêt - du moins l'inversion de la courbe - du massacre des décrocheurs?

- quand déciderons-nous d'accepter les réformes mettant fin à un système qui ne produit pas les inégalités sociales mais les creuse davantage encore ?

Formulons un voeu... 2017 et l'échéance majeure des présidentielles, au milieu d'un monde chaotique, dangereux, bouleversé nous permettront peut-être d'oser...

D'oser avec l'audace tranquille d'un Michel Serres dont le parapluie multicolore illumine les ombres grises et menaçantes des orages non désirés...

Christophe Chartreux

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Serge Reggiani...

28 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... André Pieyre de Mandiargues...

28 Décembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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La Route Boréale

Les campagnes sont mûres, les moissons perdues plient sous un vent sans fin de feuilles jaunes, les bois, les prairies garderont longtemps encore une odeur de boue. Un après l’autre, les villages incendiés s’éteignent dans la rosée du soir, et la pluie est salie de cendres tièdes. Le voyageur attardé se hâte sans plus donner même un coup d’œil aux belles filles pillées, nues, échevelées, pendues par les poignets à tous les poteaux des carrefours, de petits lièvres roux cloués entre leurs jambes ouvertes. Aux deux côtés de la grande route, comme des gerbes en file, sont deux rangs de vieilles femmes enterrées jusqu’à mi-corps. Leurs longs seins gris se confondent avec les pierres rares qui bossuent la glaise des talus. Les fossés débordent d’enfants mutilés et jetés au rebut parmi les chardons, les épines, les orties. Du sang suinte un réseau de grenats dans la boue. Il faut cheminer tout droit et durement entre tant de choses qui gémissent à l’entour ; si elles se taisent un instant, la peur triomphe et rit dans le silence hagard.

Très loin, presque sur l’horizon, tournoient d’étranges nuées sombres : ce sont les corbeaux de la steppe, qui accompagnent la horde des cavaliers chauves et leurs troupeaux d’élans en marche vers la mer boréale.

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LA GRANDE ARMÉE

Le froid sur les hauts lieux n’est pas si froid que le froid de plaine. Ses plus extrêmes rigueurs laissent quelque feuillage vivant jusqu’aux cimes de l’Alpe ou des Carpathes. Mais dans cette vaste plaine blanche, où gît à présent le point de vue, les arbres sont des squelettes ramifiés qui brillent d’un éclat sombre, comme les bijoux de jais aux vitrines funéraires. D’un horizon à l’autre court une double rangée de formes noires, régulièrement espacées ; le point de vue se rapproche, et il distingue alors que les formes du premier rang sont des soldats immobiles, fusil au pied, baïonnette au fusil. Chaque baïonnette porte une tête humaine, ou bien le buste entier découpé à hauteur des seins et amputé des bras. Quelques-uns des soldats élèvent sur le ciel gris les hauts bonnets à poil de la garde impériale, mais presque tous arborent de si rares couvre-chefs, et d’une si folle variété, qu’ils font un vrai musée de la coiffure au cours des âges, étiré le long de cette immense ligne droite à travers la plaine désolée. Pêle-mêle fantastique où le point de vue se met à saisir — ombrant les visages bleuis du gel, noircis de poudre et de poil dur — çà et là de grands chapeaux en feutre mexicain, des chaperons et des capuchons, des bérets, des chéchias, des toques, des tiares, des mitres, des capes, des cornes, des castors et des crapauds, des mortiers en velours, des barrettes ecclésiastiques, des nœuds d’Alsace, des cornettes et des voiles de religieuses, des bourrelets d’enfants, des coiffes enrubannées de nourrices et d’admirables chapeaux de cocottes de fin de siècle, enfouis sous les bouquets de paradis et les plumes d’autruche ; fruits de tous les pillages de toutes les guerres passées ou à venir.

Le plus terrible est que les tristes débris piqués aux pointes des baïonnettes ne sont pas coiffés moins bizarrement que les grenadiers qui les tiennent en l’air. Et pour peu que le point de vue se rapproche encore, les souches obscures de la seconde file deviennent des cadavres, des troncs mutilés jaillis hors de la neige, dégouttant d’affreux stalactites bruns. Ce sont là les corps des soldats tués auxquels leurs camarades ont arraché buste ou tête, afin que tous ensemble soient présents à cette revue sinistre, où l’on attendra jusqu’à la fin de l’hiver un empereur vaincu qui ne peut revenir.

André Pieyre de Mandiargues - Extraits de Dans les Années sordides (1943) in L’âge de craie suivi de Dans les années sordides, Astyanax et Le Point où j’en suis - nrf  Poésie/Gallimard, 2009

 

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