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Vivement l'Ecole!

Nino Ferrer... La rua Madureira...

28 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Georges Orwell... 1984...

28 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Georges Orwell... 1984...

C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour empêcher que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.

Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. À l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était clouée au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme d’environ quarante-cinq ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux.

Winston se dirigea vers l’escalier. Il était inutile d’essayer de prendre l’ascenseur. Même aux meilleures époques, il fonctionnait rarement. Actuellement, d’ailleurs, le courant électrique était coupé dans la journée. C’était une des mesures d’économie prises en vue de la Semaine de la Haine.

Son appartement était au septième. Winston, qui avait trente-neuf ans et souffrait d’un ulcère variqueux au-dessus de la cheville droite, montait lentement. Il s’arrêta plusieurs fois en chemin pour se reposer. À chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascenseur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE.

À l’intérieur de l’appartement de Winston, une voix sucrée faisait entendre une série de nombres qui avaient trait à la production de la fonte. La voix provenait d’une plaque de métal oblongue, miroir terne encastré dans le mur de droite. Winston tourna un bouton et la voix diminua de volume, mais les mots étaient encore distincts. Le son de l’appareil (du télécran, comme on disait) pouvait être assourdi, mais il n’y avait aucun moyen de l’éteindre complètement. Winston se dirigea vers la fenêtre. Il était de stature frêle, plutôt petite, et sa maigreur était soulignée par la combinaison bleue, uniforme du Parti. Il avait les cheveux très blonds, le visage naturellement sanguin, la peau durcie par le savon grossier, les lames de rasoir émoussées et le froid de l’hiver qui venait de prendre fin.

Au-dehors, même à travers le carreau de la fenêtre fermée, le monde paraissait froid. Dans la rue, de petits remous de vent faisaient tourner en spirale la poussière et le papier déchiré. Bien que le soleil brillât et que le ciel fût d’un bleu dur, tout semblait décoloré, hormis les affiches collées partout. De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston. Au niveau de la rue, une autre affiche, dont un angle était déchiré, battait par à-coups dans le vent, couvrant et découvrant alternativement un seul mot : ANGSOC. Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et sur le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu aussi bien qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. On pouvait même imaginer qu’elle surveillait tout le monde, constamment. Mais de toute façon, elle pouvait mettre une prise sur votre ligne chaque fois qu’elle le désirait. On devait vivre, on vivait, car l’habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l’obscurité, tout mouvement était perçu.

Winston restait le dos tourné au télécran. Bien qu’un dos, il le savait, pût être révélateur, c’était plus prudent. À un kilomètre, le ministère de la Vérité, où il travaillait, s’élevait vaste et blanc au-dessus du paysage sinistre. Voilà Londres, pensa-t-il avec une sorte de vague dégoût, Londres, capitale de la première région aérienne, la troisième, par le chiffre de sa population, des provinces de l’Océania. Il essaya d’extraire de sa mémoire quelque souvenir d’enfance qui lui indiquerait si Londres avait toujours été tout à fait comme il la voyait. Y avait-il toujours eu ces perspectives de maisons du XIXe siècle en ruine, ces murs étayés par des poutres, ce carton aux fenêtres pour remplacer les vitres, ces toits plâtrés de tôle ondulée, ces clôtures de jardin délabrées et penchées dans tous les sens ? Y avait-il eu toujours ces emplacements bombardés où la poussière de plâtre tourbillonnait, où l’épilobe grimpait sur des monceaux de décombres ? Et ces endroits où les bombes avaient dégagé un espace plus large et où avaient jailli de sordides colonies d’habitacles en bois semblables à des cabanes à lapins ? Mais c’était inutile, Winston n’arrivait pas à se souvenir. Rien ne lui restait de son enfance, hors une série de tableaux brillamment éclairés, sans arrière-plan et absolument inintelligibles.

Le ministère de la Vérité – Miniver, en novlangue1 – frappait par sa différence avec les objets environnants. C’était une gigantesque construction pyramidale de béton d’un blanc éclatant. Elle étageait ses terrasses jusqu’à trois cents mètres de hauteur. De son poste d’observation, Winston pouvait encore déchiffrer sur la façade l’inscription artistique des trois slogans du Parti :

LA GUERRE C’EST LA PAIX

LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE

L’IGNORANCE C’EST LA FORCE

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Comment lire la prochaine enquête PISA?...

28 Novembre 2016 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

tempsreel.nouvelobs.com

tempsreel.nouvelobs.com

Une fois de plus, la publication en décembre des résultats de la dernière enquête PISA va faire couler, n’en doutons pas, beaucoup d’encre, tout particulièrement dans un contexte de précampagne où les questions d’éducation ne devraient pas être ignorées.

Des enquêtes internationales comparatives

Rappelons en quelques mots que les enquêtes PISA (Programme for International Student Assessment) menées sous l’égide de l’OCDE visent, depuis 2000 et tous les 3 ans (la dernière publiée date de 2013), à évaluer la compréhension de l’écrit, la culture mathématique et la culture scientifique des jeunes de 15 ans, et ceci sur la base de situations de la vie réelle, l’objectif étant d’évaluer la maîtrise de skills for life et non de connaissances disciplinaires.

Ont été ajoutées des questions sur la qualité des relations entre professeurs et élèves, ainsi que sur leurs attitudes face au travail scolaire. Ces enquêtes, qui concernent plus d’une soixantaine de pays, ont comme spécificité de porter sur les élèves âgés de 15 ans, et non d’un niveau scolaire donné. D’emblée tournées vers les décideurs publics, elles assument leur vocation à orienter le pilotage des systèmes éducatifs. Pourtant, leur utilisation pose des problèmes variés qui ne sont jamais purement techniques. Examinons-les pour mieux comprendre ce que l’enquête de 2015 peut nous apprendre.

Les limites des enquêtes

Tout d’abord, comme toutes les données d’enquêtes, celles-ci sont inévitablement imparfaites. En particulier, dès lors qu’elles portent sur des échantillons, les estimations chiffrées – en l’occurrence les scores des élèves – sont assorties d’une marge d’incertitude. Alors que les classements sont fortement médiatisés, la position d’un pays n’est souvent pas différente significativement d’un nombre assez élevé de ses voisins. L’oublier conduit à surestimer les écarts entre pays, alors que les écarts de performance les plus importants opposent avant tout les pays riches et les pays pauvres.

Un autre point, méconnu, découle du fait qu’on observe dans PISA les élèves de 15 ans quel que soit leur niveau scolaire. Or, en France, à peine plus de la moitié des élèves de cette population sont à l’heure (ou en avance), les autres ayant redoublé ou fréquentant des filières professionnelles, moins exigeantes scolairement. Ceci, concrètement, fait baisser le score moyen dans les pays comme le nôtre où existe le redoublement (d’où l’intérêt d’examiner spécifiquement le score des élèves n’ayant jamais redoublé, en général très bien situé dans le classement international).

Concernant les épreuves, des réserves ont été émises, notamment en France, sur les possibles « biais culturels » (provenant du fait que l’anglais est source des items, du format de type QCM de nombreux exercices…). Néanmoins, les meilleurs élèves viennent d’aires culturelles très différentes (Finlande, Canada, Corée), et en ce qui concerne la construction et la traduction des épreuves, PISA donne des assurances techniques importantes.

Mais de fait, la difficulté majeure concerne les limites de données transversales, collectées à un moment donné, quand il s’agit d’évaluer et de piloter les systèmes éducatifs. Car les liens observés entre résultats des élèves et politiques éducatives ne sont instructifs à cet égard que si l’on est raisonnablement sûr qu’on a bien affaire à des relations causales.

Or, les résultats, d’une part prennent souvent la forme de corrélations entre deux données (une performance, une caractéristique du système), ce qui peut évidemment masquer nombre de relations non prises en compte ; d’autre part, le caractère transversal des observations ne permet pas de trancher quant à l’impact spécifique de tel aspect du système éducatif, puisque toute la « fabrication » passée des diverses corrélations est ignorée et qu’à 15 ans, on enregistre nécessairement et globalement le résultat de toute la socialisation et la scolarisation antérieures.

(...)

Marie Duru-Bellat

Professeure des universités émérite en sociologie, Observatoire sociologique du changement, Sciences Po – USPC

Texte complet à lire ci-dessous

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"Sans prof, aucun récit national" Najat Vallaud-Belkacem...

28 Novembre 2016 , Rédigé par La Provence Publié dans #Politique, #Education

la-croix.com

la-croix.com

EXTRAIT

(...)

Les finalistes de la primaire de la droite (cette interview a été réalisée samedi, NDLR) veulent réduire de 300 à 500 000 le nombre de fonctionnaires : vos annonces en faveur de l'éducation prioritaire ne sont-elles pas d'ores et déjà menacées ?

N.V-B. : Ce ne sont pas seulement les réformes dans l'éducation que nous avons engagées qui seraient menacées, mais l'ensemble du modèle français. Si les fonctions régaliennes sont épargnées, comme ils le promettent, cela veut dire que ces suppressions de postes seront concentrées dans l'éducation. C'est tout simplement la fin programmée de l'école publique gratuite et obligatoire en France, donc la mort d'une certaine idée de la République laïque et sociale, à laquelle je suis viscéralement attachée.

Plus largement, quel regard portez-vous sur les propositions de la droite ? Abandon de la réforme du collège, de la réforme des rythmes scolaires, développement du privé, port de l'uniforme, etc. ?

N.V-B. : Je suis atterrée et très inquiète de ce que j'entends et peut-être surtout, de ce que je n'entends jamais dans ces débats à droite. On peut avoir des divergences sur les approches pédagogiques ou la gouvernance du système éducatif, c'est normal et sain dans une démocratie, mais je crois que nous devrions éviter les polémiques subalternes sur le port de l'uniforme, la destruction systématique de ce qui a été fait par le gouvernement précédent et nous mettre d'accord pour préparer nos enfants à la société du savoir et de la connaissance qui est le monde de demain.

Un collectif d'enseignants vient de publier une tribune s'offusquant des propos de François Fillon sur une réécriture des livres d'histoire par un trio d'académiciens célébrant le "récit national" : que vous inspire cette proposition ?

N.V-B. : Il s'agit une fois encore d'un faux débat pour éviter de parler des vrais enjeux de l'école. Enseigner l'histoire, c'est extrêmement important pour moi. Je veux donc qu'il y ait des professeurs d'histoire devant les élèves. Sans enseignant dans la classe, aucun récit national ne sera transmis à qui que ce soit. Donc les Français sont en droit d'exiger de François Fillon qu'il leur dise d'abord comment il prévoit d'enseigner l'histoire aux 12 millions d'élèves français avec 500 000 fonctionnaires de moins.

(...)

Propos recueillis par Delphine Tanguy

ITW à lire ci-dessous

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Najat Vallaud-Belkacem annonce de nouveaux moyens pour les lycées défavorisés...

28 Novembre 2016 , Rédigé par MEN Publié dans #Education

liberation.fr

liberation.fr

À l’occasion de son déplacement à Marseille, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a annoncé ses engagements pour les lycées et lycées professionnels relevant de l’éducation prioritaire et scolarisant les élèves les plus défavorisés.

En raison des élèves qu’ils scolarisent, du territoire dans lequel ils sont situés, des événements de violence qu’ils ont pu subir, un certain nombre de lycées sont aujourd’hui labellisés : lycées ZEP, lycées ambition réussite, lycée ECLAIR. Par ailleurs, sans relever de façon explicite de l’éducation prioritaire, les personnels de certains lycées bénéficient d’un avantage spécifique d’ancienneté (ASA) pour leur mutation.

Si, conformément à la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, la réforme de l’éducation prioritaire menée pendant ce quinquennat a d’abord concerné les réseaux écoles-collèges, il a constamment été rappelé que les lycées seront à leur tour concernés par une telle réforme qui est à la fois cartographique –  permettant d’actualiser la liste des établissements qui rencontrent objectivement le plus de difficultés sociales afin de mieux les accompagner grâce à un effort financier soutenu – et pédagogique (écriture d’un référentiel pédagogique permettant d’atteindre les ambitions fixées à l’éducation prioritaire).

En attendant cette réforme, programmée courant 2017-2018, les lycées qui accueillent les élèves les plus défavorisés ne sont absolument pas oubliés. Depuis 2015 ils bénéficient de façon prioritaire de la nouvelle allocation progressive des moyens, c’est à dire de la répartition des moyens d’enseignement et d’éducation aux établissements proportionnellement aux difficultés économiques, sociales et scolaires de leurs élèves.

Par ailleurs et en réponse aux inquiétudes de leurs personnels, Najat Vallaud-Belkacem a annoncé :

  • Garantir le maintien des indemnités des enseignants de ces lycées. Toutes les dispositions sont prises pour sécuriser les rentrées 2017, 2018 et 2019. Les textes sont parus.
  • Garantir le maintien des droits dont les personnels bénéficient pour leur mutation. Toutes les dispositions sont prises pour sécuriser les rentrées 2017, 2018 et 2019. Les textes sont parus.
  • Garantir le maintien de tous les moyens supplémentaires dont bénéficient les lycées de l’éducation prioritaire.

La ministre a par ailleurs décidé d’allouer une dotation exceptionnelle de 450 emplois nouveaux à la rentrée 2017 pour les lycées et lycées professionnels les plus défavorisés. Ces emplois permettront d’abaisser le nombre d’élèves par classe et d’améliorer le nombre d’adultes dans les établissements.

La ministre souhaite que ces moyens supplémentaires soient maintenus jusqu’à la redéfinition de la politique d’éducation prioritaire dans les lycées, qui doit être une priorité des prochaines années, en prenant pleinement en compte la situation des lycées professionnels notamment.

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Chers amis...

28 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Chers amis...

Chers amis,

Longue journée terminée par une réunion de liaison cycle 3...

Le blog se repose donc jusqu'à demain...

Christophe

 

 

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L'école de François Fillon...

28 Novembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Politique

L'école de François Fillon...

EXTRAIT

"Ces organisations qui bloquent depuis des années les réformes de l’École commettent un crime contre la jeunesse et elles devraient en répondre devant la société française. Ce n’est pas la compétence et le dévouement des enseignants qui est en cause ; c’est la démission de l’État devant les syndicats, c’est la dictature d’une caste de pédagogistes prétentieux, et ce sont des réseaux de pouvoir au sein de l’Éducation nationale qui sont responsables de ce désastre."

François Fillon, Lyon, 22 novembre 2016

Ces mots prononcés lors d’un meeting ne sont pas uniquement des propos de tribune. On se souvient que François Fillon avait déjà parlé de pédagogues prétentieux lors de l’ultime débat du premier tour de la primaire de la droite. Et la phrase citée en exergue se retrouve presque mot pour mot (“pédagogues” au lieu de “pedagogistes”) dans une longue interview que l’ancien premier ministre (et ministre de l’éducation) a donné au mouvement SOS Éducation (il a aussi répondu aux questions de JP Brighelli... ). Je conseille d’ailleurs de faire l’effort de visionner cette vidéo où le candidat y parle des "fondamentaux”, d’un examen d’entrée en 6eme, de l’autonomie des établissements mais aussi de sa volonté de développer le secteur privé et une forte autonomie des établissements, de l’enseignement professionnel confié aux régions et au entreprises, de l’enseignement de l’histoire où il estime qu’il y a un “biais idéologique” et de la nécessité que l’École contribue fortement au sentiment d’identité nationale (conclusion de l’entretien qu’on retrouvera dans le débat télévisé de jeudi). 
L’interview est traversée aussi à plusieurs reprises par des considérations sur le poids excessif des syndicats et des “réseaux de pouvoir” où l’on peut trouver cette phrase.

Après le score “surprise” de François Fillon au 1er tour, de nombreux articles se sont penchés plus précisément sur ses propositions dans tous les domaines. Pour l’éducation, on peut déjà aller lire directement à la source sur Fillon2017.fr où la partie sur l’éducation est bien détaillée. De nombreux articles se livrent aussi à un comparatif des deux programmes (Juppé/Fillon). C’est le cas du Figaro et de 20minutes.fr, du journal Les Échos ou encore du Monde . D’autres se concentrent sur la présentation du probable vainqueur de la primaire. C’est le cas de François Jarraud dans le Café Pédagogique ou du site d’information VousNousIls qui font une présentation neutre du programme de l’ancien ministre de l’éducation de Jacques Chirac. Mais on trouvera aussi des analyses plus polémiques, comme celle de Bernard Girard sur Médiapart qui parle d’“un coup de massue pour l’école”, de Jean Michel Zakhartchouk sur son blog hébergé par EducPros qui voit une évolution “vers une école plus injuste et plus inefficace”, ou bien encore celles de Claude Lelièvre dans un billet sur Médiapart où il revient sur son action passée en tant que premier ministre et ministre de l’éducation et dans un autre billet sur le site de L’Obs où il estime que F. Fillon renie l’héritage de De Gaulle. Tous mettent en avant le ton très conservateur du discours de l’élu parisien originaire de la Sarthe mais aussi les mesures très libérales et favorables au privé qu’il prône ainsi que la brutalité de ce qui est réservé aux enseignants. On souligne aussi les renoncements qui caractérisent ce programme et surtout à l’ambition du collège unique avec la mise en place d’un tri sélectif précoce reniant l’héritage même de la loi Haby.

Et puis, il y a l’Histoire... C’est ce qui a fait le plus de bruit médiatique. Les propos outranciers et les mensonges délibérés expliquent cela mais on peut regretter que cela fasse passer au second plan tout le reste que nous venons d’évoquer et qui est tout aussi dangereux. Lors du débat du deuxième tour, en un refrain désormais familier, le favori de la primaire à droite a réitéré ses griefs contre ces “idéologues” qui rédigent les programmes d’histoire à l’école, et le truffent d’oublis. “Ce qui ne me plaît pas, c’est qu’on choisit les périodes qui correspondent à l’idéologie qu’on défend”, a-t-il expliqué, accusant les programmes scolaires actuels d’avoir éliminé “Clovis, Jeanne d’Arc, même Rousseau et Voltaire”. “Je veux que les programmes soient rédigés par des académiciens, des historiens et non pas par des politiques”, a fait préciser l’ancien Premier ministre sur son compte Twitter. Le message a aussitôt été retweeté par Sens commun, extension politique de la Manif pour Tous qui soutient le candidat. Aussitôt les réseaux sociaux ont réagi et les enseignants ont rétabli la vérité en rappelant que aucun des personnages historiques cités sont oubliés dans les nouveaux programmes de primaire et de collège. Et il est important de rappeler aussi que les programmes sont élaborés par une instance indépendante contrairement à la période précédente.

Les "décodeurs" et tous les pratiquants du “fact checking” ont donc eu du boulot avec ce débat (et pas seulement pour l’éducation mais ce n’est pas notre sujet...). On peut citer l’excellente mise au point des décodeurs du journal Le Monde qui reprend les programmes actuels tout comme le service Désintox de Libération ou une vidéo “Désintox” d’Arte .

On pourrait presque ranger dans cette catégorie la longue réponse de la ministre d’abord publiée sur Facebook puis sur son site personnel. Mais elle va au delà du rétablissement des faits pour se livrer aussi à une réponse très politique. Pour elle, le débat sur les programmes d’histoire est “un écran de fumée pour éluder les vrais enjeux de l’École”. Et elle interpelle le candidat : “S’il n’y a pas d’enseignant dans la classe, il n’y aura pas de Clovis, et il n’y aura pas de récit national transmis à qui que ce soit. Et encore moins aux élèves des établissements dans les quartiers populaires qui, si j’ai bien compris, sont soupçonnés plus que d’autres, de ne rien savoir de la France, ou pire, de ne pas l’aimer. Donc, je crois qu’à ce stade du débat public, les Français sont en droit d’exiger de François Fillon qu’il leur dise d’abord comment il prévoit l’enseignement de l’histoire aux 12 millions d’élèves français avec 500 000 fonctionnaires de moins. ”. Elle fait ensuite référence au travail mené par une équipe autour de Françoise Lantheaume dans l’ouvrage Le récit du commun, “Il y a en France, qui est un grand pays universitaire, des scientifiques qui travaillent sur ces questions et je veux rassurer tout le monde : les petits Français ont une conception très classique du récit national, très chronologique, avec les Rois de France, les dates, les lieux, les grandes guerres… ”. Et elle poursuit : “Alors, l’idéologie, qu’est-ce que c’est ? C’est justement l’histoire officielle voulue et pratiquée par François Fillon lorsqu’il a été en responsabilité. Je laisse cette conception des choses aux dictatures, aux régimes totalitaires et autoritaires. En France, l’histoire appartient aux historiens, et je compte bien défendre cette vision républicaine et démocratique de l’Éducation dans notre pays.

Sur ce point, on pourra aussi compléter la réflexion par quelques tribunes qui rappellent des principes et poursuivent la réflexion sur ce fameux “récit national” prôné par le candidat. Evoquons brièvement celle de l’Association des Professeurs d’Histoire Géopgraphie pour mettre l’accent surtout sur une tribune de Jean-Christophe Piot (blog “Déja vu”) et une autre de Sébastien Ledoux dans Libération qui s’interroge “De quoi le récit national de François Fillon est-il le nom ?”. Il faut signaler aussi la remarquable mise en perspective historique de cette notion très politique de “roman national” par Nadia Chaar sur Slate.fr pour NonFiction.

Au delà des polémiques, des tribunes indignées et des mises au point nécessaires, il y a une question, me semble t-il, qu’il convient de se poser. S’agit-il, dans le cas de l’ancien ministre de l’éducation, bardé de conseillers qui connaissent le système d’une méconnaissance qui le conduit à ces affirmations ? Ou alors d’un mensonge délibéré ? La réponse est contenue dans la question. François Fillon, pour les séduire, donne à toute une frange de la société la plus conservatrice le discours qu’ils veulent entendre sur l’École. Cela a un nom, ça s’appelle de la démagogie et du populisme...

(...)

Philippe Watrelot

Billet à retrouver ci-dessous dans sa totalité

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Ce que la droite prépare? Un massacre de l'école!...

27 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Ce que la droite prépare? Un massacre de l'école!...

Alors que Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'Education Nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche participait à l'émission "Le Grand Jury" sur RTL, une question posée par le journaliste du Figaro Alexis Brézet vint  cogner  à mon oreille:

"L'enseignement de l'Histoire n'est pas chronologique. Pourquoi?"

Passe encore que les trois journalistes en plateau réduise le sujet éducation à (Accrochez-vous!):

- le port de l'uniforme;

- la "disparition" des classes bilangues et du latin (qui n'ont ni les unes ni les autres disparu).

Mais que des professionnels aussi expérimentés n'aient toujours pas pris la peine d'ouvrir des manuels d'Histoire pour constater que la chronologie était respectée m'a laissé pantois, pour ne pas dire "sur le cul"!

Heureusement que la Ministre réussit, avec patience et persévérance, à élever le débat pour rappeler les menaces que font peser les projets Fillon/Juppé sur la fonction publique et donc sur les postes de professeurs, ainsi que sur les concours de recrutement.

Heureusement que la Ministre parvint, avec abnégation et conviction, à rappeler ou à faire découvrir à ces messieurs qu'il existait un dispositif appelé "Plus de maîtres que de classes". Dispositif dont la presse n'a que très peu parlé, préférant disserter sur les Gaulois, la délirante réforme de l'orthographe qui n'existe que dans l'imagination de l'Académie Française, le port de la blouse cher à François Fillon - on progresse plus vite en blouse, c'est bien connu! -, la disparition des figures de Clovis, Jeanne d'Arc, Voltaire et Rousseau - disparitions imaginaires - et l'apprentissage de l'arabe dès le CP, cauchemar de Monsieur Le Maire répété tous les jours pendant sa terne campagne.

Heureusement que la Ministre, avec pertinence et force de caractère, rappela que la réforme du collège permettait à TOUS les élèves de ce pays ce qui fut trop longtemps autorisé - réservé? - à 15% d'entre eux seulement. L'excellence, oui! Mais l'excellence pour TOUS, pas pour quelques-uns se partageant les "excellences dynastiques".

Manifestement, ce "TOUS" gène beaucoup...

Donc une fois encore merci à Najat Vallaud-Belkacem d'avoir permis à ce débat d'atteindre des hauteurs auxquelles, sans elle, il eut été difficile d'accéder!

Merci à elle d'avoir affirmé avec force que le bilan de ce gouvernement était un bon bilan. Il serait temps que chacun cesse de se soumettre à la petite musique obsédante qui, depuis quatre ans et demi, nous somme de croire, quotidiennement, à la "mort de la France" et à l' "incompétence du Président de la République"!

Merci à elle d'avoir défendu TOUS le corps enseignant, sans distinction de "chapelles pédagogiques". Ce soutien nous change des propos entendus lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Il nous rassure lorsqu'on entend ce que la droite prépare:

un massacre de l'école!

Christophe Chartreux

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Mozart... Hélène Grimaud...

27 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jean Giono... Que ma joie demeure...

27 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Jean Giono... Que ma joie demeure...

Les rôtis étaient lourds et juteux et, au premier coup de couteau, ils s'écrasèrent. La sauce était comme du bronze, avec des reflets dorés et, chaque fois qu'on la remuait à la cuiller, on faisait émerger des lardons, ou la boue verdâtre du farci, ou des plaques de jeune lard encore rose. La chair du chevreau se déchira et elle se montra laiteuse en dedans, fumante avec ses jus clairs. Sa carapace croustillait et elle était d'abord sèche sous la dent, mais, comme on enfonçait le morceau dans la bouche, toute la chair tendre fondait et une huile animale, salée et crémeuse en ruisselait qu'on ne pouvait pas avaler d'un seul coup, tant elle donnait de joie, et elle suintait un peu au coin des lèvres. On s'essuyait la bouche.
«A moi!» cria Jacquou.
Il se dressa et il marcha vers ses bouteilles alignées dans l'herbe.
«Mon vin, dit-il en dressant la grosse bouteille dans le soleil.
- Voilà qu'il va faire le fou», dit Barbe.
Mais Carle était à côté d'elle, entre elle et Jacquou et tout lui faisait sang, et il était devenu rouge, et son cou s'était gonflé. Il entendait depuis longtemps les toung et les toung du tambour sauvage. Il avait bu trois grosses fois du vin de Jourdan. Chaque fois le grondement avait grossi et la cadence s'était faite plus rapide. Il sentait que ses pieds se décollaient de terre, que son corps se décollait de terre, que sa tête se décollait de terre. Il pensait à ces galopades que ferait son étalon s'il le lâchait dans les champs. Le tambour de son sang battait avec les coups sourds de cette galopade qu'il n'avait jamais entendue.
«Il n'y a pas de fou», dit-il.
Il ne savait plus exactement ni ce qu'il voulait dire ni ce qu'il disait. Il était toujours comme ça et très vite après du vin. Il voulait dire qu'un étalon au chanfrein en feuille d'iris c'était fait pour galoper ventre à terre dans le monde et faire danser les hommes avec le tambour de sa galopade.
«Oui, mais..., dit Barbe.
- Vous êtes trop vieille», dit-il.
Il eut l'air de cligner de l'oeil, mais au contraire il essayait de les ouvrir et un seul obéissait.
«Sauf le respect, dit-il, je veux dire - il dressa son doigt en l'air - donne à boire.»
Et il tendit son grand verre à Jacquou.
Le vin de Jacquou était à la mesure de son maître: sec et fort. Et il commandait.
On le laissa un moment dans les verres. Le chevreau était frais et souple, et il réjouissait les bouches. On avait encore le goût franc du vin de Jourdan.
Dans le plat de terre le gros lièvre attendait. C'était un lièvre de printemps, gras et fort. On le voyait bien maintenant qu'on le regardait à l'aise tout en mangeant le chevreau. Il devait peser six kilos sans la farce. Et Honoré l'avait bourré d'une farce à la mode de son pays: une cuisine un peu magique faite avec des herbes fraîches potagères et des herbes montagnardes qu'Honoré avait apportées mystérieusement dans le gousset de son gilet. Quand il les avait montrées on aurait dit des clous de girofle ou bien de vieilles ferrailles. Elles étaient rousses, et sèches, et dures. En les touchant elles ne disaient rien. En les sentant elles ne disaient guère, juste une petite odeur, mais, il est vrai, toute montagnarde. Seulement, Honoré les avait détrempées dans du vinaigre et on les avait vues se déplier et remuer comme des choses vivantes et on avait reconnu des bourgeons de térébinthe, des fleurs de solognettes, des gousses de cardamines, et puis des feuilles de plantes dont on ne savait pas le nom, même Honoré. Du moins, il le disait. Mais alors, quand il les eut hachées lui-même, et pétries, et mélangées aux épinards, aux oseilles, aux pousses vierges de cardes, avec le quart d'une gousse d'ail, une poignée de poivre, une poignée de gros sel, trois flots d'huile et plein une cuillerée à soupe d'un safran campagnard fait avec le pollen des iris sauvages, alors, oh! oui, alors! Et toutes les odeurs coulaient déjà d'entre ses doigts qui pétrissaient; et cependant c'était encore cru, et il n'avait pas ajouté le lard, mais il serra vite tout ça dans ses mains et il le fourra dans le ventre du lièvre. Il avait recousu la peau et c'est tout ça qu'il avait tourné à la broche. Et les jus étaient mélangés. C'était noir et luisant dans le plat de terre.
«Alors ce vin? demanda Jacquou.
- On n'a pas bu.
- Buvons.
- Attends, dit Jourdan, finissons d'abord ma bonbonne. Le tien, dit-il, est noir comme de la poix. Il est de la couleur du lièvre. Il s'accordera. Regarde le mien, - il haussa la bonbonne à bout de bras, - il est couleur de chevreau. Et il est aussi un peu chèvre.»
Il se mit à danser légèrement sur ses hanches et il fit un petit saut pour faire voir comme son vin était chèvre. C'était vrai, il avait raison, le vin de Jacquou était de la couleur du lièvre.
«Il a raison!
- Regardez-le, dit Marthe, il est comme jeune avec son vin. Regardez-le.
- Oui, dit Mme Hélène, il est jeune.»
Elle avait aussi en elle une grande jeunesse toute dansante et toute chèvre qui la forçait à respirer vite.

 

 

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