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Vivement l'Ecole!

Sarkozy et l'éducation : entre mépris et méconnaissance... En 2012 comme en 2016...

6 Novembre 2016 , Rédigé par Bruno Julliard Publié dans #Politique, #Education

Sarkozy et l'éducation : entre mépris et méconnaissance... En 2012 comme en 2016...

Ecrit par Bruno Julliard le 6 mars 2012. Cet article évoque le "moins-disant" éducatif du candidat Sarkozy de l'époque.

Ce "moins-disant", c'est exactement celui de TOUS les candidats de droite et du centre en 2016.

Alain Juppé, comme les autres.

Christophe Chartreux

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Un "moins-disant éducatif". C'est ainsi que Bruno Julliard, chargé de l'enseignement scolaire dans l'équipe de François Hollande, qualifie le projet pour l'école présenté par Nicolas Sarkozy la semaine dernière. Un projet qui s'inscrit selon lui dans la lignée de ce qui a été fait dans ce domaine depuis 5 ans.

Mardi 28 février, le candidat Nicolas Sarkozy annonçait à Montpellier ses propositions pour l’éducation. L’occasion de constater une fois encore à quel point le président méconnaît le monde de l’enseignement et l’urgence à le repenser en profondeur.

Se résumant à un moins-disant éducatif, son projet pour l’école est autoritaire, concurrentiel et appauvri. Il n’a tiré aucune leçon de son bilan désastreux en la matière et persiste dans l’annonce de "réformes" qui ne reposent sur aucune autre pensée que la rationalisation budgétaire, ou pire la culture du chacun pour soi. Assumant un populisme inquiétant, il n’a su qu’accuser les enseignants d’être les responsables fainéants de l’échec scolaire, dressant les familles contre l’institution scolaire, ses professionnels et leurs syndicats.

Méconnaissance et mépris du monde de l’éducation

Travailler plus pour gagner plus. Malgré l’échec cuisant de son ancien hymne de campagne, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à proposer aux enseignants cette solution inefficace, faisant fi de la réalité de leur profession. Il est vrai que le sujet n’est pas pour lui d’améliorer les conditions de travail des enseignants, mais évidemment de trouver un moyen pour poursuivre les suppressions de postes.

La revalorisation du métier d’enseignant est une priorité absolue qui ne peut se contenter d’une réponse budgétaire. Nous devons revenir sur la dramatique réforme de la formation des enseignants qui s’est traduite par une suppression de celle-ci. La création des Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation qui intégrera le mélange des niveaux et la recherche pédagogique pour un travail en commun dès l’origine et s’organisera autour de l’alternance est une réponse d’avenir.

La formation continue, les déroulements de carrières, la création de nouveaux postes d’enseignants pour adopter le principe de "plus de maîtres que de classes" sont aussi des conditions de revalorisation et d’amélioration du métier d’enseignant et de réelles réponses à la crise éducative que traverse le pays.

Déni de crise éducative

Cette crise éducative que Nicolas Sarkozy semble ignorer est pourtant bien réelle et touche encore plus violemment les élèves les plus en difficultés. Les études internationales sont sans appel, de par son élitisme intrinsèque et sa propension à la sélection par l’échec, l’Ecole ne joue plus son rôle d’ascenseur social.

Or, Nicolas Sarkozy est sans conteste l’homme qui a rendu l’école et la réussite encore plus inaccessibles et inégalitaires : suppression de la carte scolaire, disparition programmée des RASED, baisse du montant des bourses [1], chute drastique des subventions versées aux associations au titre de l’accompagnement éducatif [2], suppression des allocations familiales pour les parents d’élèves absentéistes… La liste est longue et les inégalités se creusent. Pourquoi avoir supprimé par dizaines de milliers des postes dans l’Education nationale ? L’homme qui a supprimé 80.000 postes d’enseignants et 35.000 postes de surveillants depuis 2007 découvre donc aujourd’hui "qu’il faut mettre des adultes dans les établissements".

La seule proposition concrète destinée aux élèves les moins favorisés énoncée par le candidat est l’amplification des internats d’excellence. En 5 ans, Nicolas Sarkozy a créé 26 internats d’excellence, accueillant 2200 internes en France. Tous les jeunes ne méritent-ils pas d’être aidés ? Que propose-t-il pour les jeunes décrocheurs et pour les 150.000 jeunes qui continuent de quitter l’école sans qualification ?

Néant pédagogique et absence d’ambition pour le savoir de tous

Il semblerait également que Nicolas Sarkozy n’estime toujours pas nécessaire de s’inspirer des fondements pédagogiques incontournables sur l’apprentissage du savoir pour la réussite de tous. Il avait déjà largement démontré son passéisme contre-productif à travers quelques réformes insensées : baisse de l’accueil en maternelle des enfants de moins de 3 ans, semaine de 4 jours, suppression de la formation des enseignants.

Pour compléter son bilan chaotique, le candidat président, qui pense qu’enseigner n’est pas un métier et que la pédagogie est forcément innée, propose désormais la fin du collège unique, instaurant des parcours différents en classe de 4ème et 3ème. Nous savons pourtant que les systèmes les plus performants sont ceux aux troncs communs les plus longs [3].

Nous savons qu’orienter les élèves trop tôt revient à accentuer les inégalités sociales et abaisser le niveau général des élèves. C’est pourquoi nous devons maintenir le collège unique, non pas pour en faire un collègue uniforme, mais parce qu’il est celui qui conduit toute une classe d’âge à l’acquisition d’un socle de culture commune qui émancipe le plus grand nombre.

[1] Le montant des bourses est passé de 570,6 millions d’euros en 2011 à 531, 8 millions d’euros en 2012, soit une chute brutale de 6,8%

[2] chute de 32% entre 2012 et 2011

[3] cf Etude PISA 2006

Bruno Julliard

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Un Jour... Une Phrase... Colère...

6 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Citation

Un Jour... Une Phrase... Colère...

“Les racistes sont des gens qui se trompent de colère.”

Léopold Sédar Senghor

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Revue de Presse Education... Bloc-notes...

6 Novembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Bloc-notes...

Le bloc notes hebdomadaire se concentre en fait sur deux jours ! Non seulement parce que la reprise des cours s’est faite en fin de semaine mais surtout parce que le mercredi 2 et le jeudi 3 novembre ont rassemblé l’essentiel de l’actualité. Le mercredi était la journée de lutte contre le harcèlement et le jeudi concentrait plusieurs sujets. C’était la date choisie pour le deuxième débat de la primaire de la droite. L’éducation aurait du en constituer un thème important et a été bâclée en douze minutes. C’était aussi la diffusion de “Prof à la gomme” un reportage d’Envoyé spécial consacré au recrutement des profs vacataires. Pour faire bonne mesure on évoquera également dans ce bloc-notes, la célébration des 250 ans de l’agrégation et quelques lectures. Bonne reprise ?

12 minutes

Jeudi 3 novembre : deuxième débat des candidats à la primaire de la Droite. Il a fallu attendre 22h50 pour qu’on parle brièvement pendant douze minutes, de l’Education Nationale...

Lamentable, tout comme les propositions...

Toutefois avant de détailler celles-ci, il faut quand même dire que si l’éducation, pourtant annoncée comme l’un des trois thèmes majeurs de ce débat, a été si peu (et mal) traitée, cela ne tient pas seulement aux candidats. C’est aussi la responsabilité des journalistes qui s’excitent sur de la politique fiction (vote pour Hollande au 2eme tour) et les querelles de personnes (20 minutes sur le cas Bayrou...) tellement ils sont eux mêmes englués dans le microcosme...

Le constat de la faible place de l’éducation est partagé par les journalistes spécialisées. C’est le cas de Caroline Beyer dans Le Figaro tout comme chez Louise Cunéo qui s’était déjà livrée avant le débat à une analyse des programmes dans Le Point . Trois mots clés traversent ce court moment d’échange sur ce thème pourtant majeur : “autorité”, “fondamentaux” et “sélection”.

Tous les candidats prônent la restauration (ah, bon elle a disparu ?) de l’“autorité” et relie cela à la nécessité d’une autonomie accrue des chefs d’établissements : “pour une école avec davantage d’autorité, il faut, selon eux, que le directeur en ait davantage sur ses enseignants (en pouvant notamment les choisir et les évaluer lui-même), ce qui leur permettra à leur tour d’en avoir davantage sur les élèves. souligne Louise Cunéo .

Sur ce thème de la verticalité et de l’autorité c’est Jean-François Copé qui va le plus loin sur ce terrain. Chant de la Marseillaise, levée de drapeau, port de l’uniforme “comme en Grande-Bretagne”…

L’accent est aussi mis sur les « fondamentaux » - les fameux lire, écrire , compter – dont il faut augmenter les horaires mais dont la maîtrise devient la condition même du passage en classe supérieure. Ainsi, pour Nicolas Sarkozy, pas question de laisser passer dans le niveau supérieur les élèves qui ne maîtrisent pas la lecture à la fin du CP. Ils sont presque tous d’accord pour créer une rupture à la fin du CM2 en instaurant une évaluation empêchant l’entrée au collège d’élèves qui n’auraient pas les prérequis suffisants.

Seule Nathalie Kosciusko-Morizet se démarque en étant la seule à défendre le collège unique, s’opposant au “tri des enfants à l’âge de 11 ans”. À l’opposé on trouve Bruno Le Maire qui, comme il l’avait déjà fait valoir dans son opposition à la réforme du collège, défend “une intelligence de la main qui vaut l’intelligence de l’esprit et pense que tout le monde n’a pas le talent de faire des études. Quel sort pour les “vaincus” ? Les candidats souhaitent globalement développer l’apprentissage et même le proposer, pour Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé, dès 14 ans. Et pour Sarkozy, les “décrocheurs”, les jeunes entre 18 et 25 ans qui n’auront ni formation ni emploi, seront envoyés au service militaire obligatoire.

On a aussi évoqué brièvement la question des suppressions de postes d’enseignants. Tous les candidats se sont tous déjà prononcés pour des suppressions de postes de fonctionnaires mais il y a toujours après ce débat, beaucoup de flou sur ce qui est prévu pour l’éducation. Seul Nicolas Sarkozy a réitéré ses déclarations précédentes sur les enseignants : “Qu’ils travaillent plus, que leur nombre soit diminué et qu’ils soient mieux payés.

Résumons... Autonomie des chefs d’établissement qui pourraient recruter et évaluer leurs enseignants, remise en cause du collège unique (sauf NKM et Juppé mais qui n’a rien dit là dessus jeudi soir), sélection à l’entrée en sixième voire même dès le CP (Sarkozy), uniforme (Copé), développement du privé (Poisson) , apprentissage confié aux entreprises (tous...) , augmentation du temps de travail des enseignants, suppression des rythmes scolaires... Et puis ces leitmotivs que sont la supposée "restauration" de l’autorité et les fameux "fondamentaux"...

Ce que je retiendrai pour ma part c’est une indignation et un non-dit. L’idée qui me révolte c’est qu’il y aurait des enfants "doués" et d’autres qui n’auraient pas de "talent" pour les études, et que finalement si certains sont en échec ils n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux et à leurs parents... À aucun moment, on a parlé d’inégalités sociales et encore moins de justice sociale. Ce qui se passe aujourd’hui dans ce semblant de débat sur l’école est bien une question de lutte des classes. L’École de la droite c’est l’école de l’inégalité, de la remise en cause du droit à la réussite pour tous les jeunes et de la sélection précoce...

(...)

Philippe Watrelot

Suite et fin du très fourni bloc-notes cette semaine en cliquant ci-dessous

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Albin de la Simone... Et Jeanne Cherhal... Et Vincent Delerm...

5 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... André Gide parle de Julien Green...

5 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... André Gide parle de Julien Green...

"12 Juin

J'ai  eu grand plaisir à dîner l'autre soir avec Julien Green. C'était promis  depuis longtemps. Avec une déférence vraiment charmante, et bien rare  chez la nouvelle génération, il m'a fait entendre qu'il tenait à ce que  je me considère comme son invité. J'ai donc dû me laisser entraîner par  lui chez Prunier, avenue Victor-Hugo, moins fastueux du reste dans  l'intérieur que la devanture ne me faisait craindre, qui m'avait jusqu'à  ce jour effarouché. Je reste, vis-à-vis du luxe, d'une timidité quasi  insurmontable, qui s'était peut-être un peu calmée, mais qui semble  reprendre et s'accentuer encore avec l'âge. Je me souviens du temps où  Vielé-Griffin et Jacques Blanche m'ayant donné rendez-vous pour un  déjeuner au Terminus Saint-Lazare, je ne sus prendre sur moi, si  invraisemblable que cela puisse paraître, d'entrer dans la salle du  restaurant, mais restai à les attendre dans le hall, où ils finirent par  venir me chercher après m'avoir très longtemps attendu.

Green  est sans doute extraordinairement semblable à ce que j'étais à son âge.  Plus soucieux encore de comprendre et de donner son assentiment, que  d'affirmer sa personnalité par la résistance. J'aurais voulu pouvoir  causer mieux avec lui. Il tenait à souci de me marquer sa confiance, et  la mienne envers lui est très grande; mais j'ai de plus en plus de mal à  m'abandonner dans une conversation. |e crains de l'avoir terriblement  déçu, car je n'ai presque rien su lui dire que de banal; rien de ce  qu'il était en droit d'attendre et d'espérer de moi. De plus, j'étais  extrêmement fatigué; soucieux de ne pas trop le montrer.

Après  nous être attardés chez Prunier, nous avons gagné l'avenue des  Champs-Elysées. La nuit était belle et l'un et l'autre avions plaisir à  marcher. Je lui ai proposé de l'emmener au Lido, où ni l'un ni l'autre  n'avions encore jamais été. Nous n'avions pas besoin d'être en veston,  parmi tant de gens en habit, pour nous sentir aussi déplacés l'un que  l'autre dans ce lieu de plaisir et de luxe. Une fois attablés près de la  piscine, nous avons voulu attendre l'heure du spectacle qui ne  commençait que passé minuit. Eusse-je été dans un bon jour, rien n'eût  été plus charmant; mais la conversation tirait en longueur. J'entendais  pourtant avec grand intérêt ce qu'il me racontait de son prochain livre.  Il me plaît qu'il ne sache pas trop d'avance où vont le mener ses  personnages, mais je ne suis pas bien sûr qu'il ne m'ait pas dit cela  précisément pour me plaire, et se souvenant de ce que je disais des  miens dans mon Journal des Faux-Monnayeurs. Il a le bonheur de ne  connaître point l'insomnie, se réveillant chaque matin, dit-il,  exactement dans la position qu'il a prise la veille pour s'endormir.  Voilà qui assure sans doute l'égalité du travail; égalité chez lui  presque excessive; chaque jour, à la même heure et dans le même nombre  d'heures, il écrit le même nombre de pages et de la même qualité. Sa  curiosité intellectuelle et son appétit de lecture m'enchantent. Je  voudrais qu'il n'eût pas gardé trop mauvais souvenir de cette soirée où  il s'est montré si charmant, où je me suis montré si médiocre, où je  déplore de n'avoir su mieux lui parler."

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Un sujet trop souvent minoré, pourtant essentiel: l'architecture scolaire...

5 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

architopik.lemoniteur.fr

architopik.lemoniteur.fr

L’architecture scolaire est un sujet considéré comme secondaire et minoré.

Ponctuellement, des réalisations montrent la réelle volonté - et le talent - d’architectes novateurs, soucieux de prendre en compte la spécificité des fonctions multiples de l’École d’aujourd’hui. Mais l’architecture scolaire est le plus souvent (pour des raisons budgétaires et par manque de connaissance fine de ce qui fait le quotidien de la vie scolaire dans cet espace clos) le reflet matériel et spatial de conceptions d’un autre temps. Un espace segmenté où domine l’unité de base héritée de la forme scolaire (Vincent, Lahire & Thin) : une salle, un maître, une classe, un objet disciplinaire. Mis à part le cas spécifique des lycées professionnels et techniques dont les ateliers/laboratoires sont dédiés à des activités propres, nos établissements scolaires sont des suites de salles clonées. Le modèle est finalement parfaitement disjonctif, à l’image des savoirs enseignés parcellisés dénoncés par Edgar Morin.

Pour travailler autrement, il s’agira là de procéder à une profonde réforme des structures spatiales nécessaires à l’étude et de concevoir des lieux qui soient « aussi » des lieux où se construisent une culture commune, des liens sociaux, l’apprentissage du collectif, la réalisation de projets et actions diversifiés, et où tous les croisements de groupes à géométrie variable que nous avons décrits dans les points précédents soient possibles et naturels. 

C’est un lourd chantier qui ne peut être envisagé que sur le moyen terme : réhabilitations de ce qui peut l’être et programmes de travaux de construction étagés sur 15 ans pour aboutir progressivement à la réduction du nombre d’élèves par établissement.

Deux préoccupations majeures présideront à ce chantier :

- à l’image du lycée Kyoto (Région Poitou-Charentes), celle de l’excellence environnementale : zéro énergie fossile et 100% d’énergie propre ;

- celle de l’adéquation entre le Projet pour une nouvelle École du XXIème siècle et sa réalisation spatiale : ancrage et inscription pertinente dans l’espace local ; qualité des lieux dédiés à l’étude et à la diversité des activités ; osmose avec le tissu local d’activités (entreprises, activités culturelles, liens intergénérationnels, etc.).

Une  pluralité de lieux pour répondre aux contraintes du fonctionnement  novateur des « unités éducatives »

Les lieux appellent les comportements : il importe donc d’en imaginer qui soient sereins, propices à l’étude comme à la vie collective. Nous devons en finir avec ces salles de classes où s’installent bruyamment nos élèves, certains n’enlevant même pas leur manteau tant ils ont hâte de quitter le sinistre endroit. Nous devons en finir avec ces établissements où même des élèves volontaires n’ont pas de lieux où travailler (ou lire) contraints par le manque d’espaces adaptés, par des horaires trop rigides et un manque d’encadrement adulte posant des problèmes de sécurité. Nous devons en finir avec ces établissements où les enseignants n’ont pas suffisamment de lieux calmes où s’isoler pour travailler (sauf à se réfugier dans des classes vides) alors même que leurs fonctions nécessitent une présence de plus en plus importante dans les établissements scolaires.

- À chaque lieu doit correspondre telle ou telle posture mentale requise. Nos élèves sauront, dès leur entrée dans espace particulier, quelle attitude est attendue de leur part. L’espace ne sera plus seulement un lieu de « rassemblement », mais un lieu dédié à telle ou telle activité, clairement définie par l’architecture adaptée choisie.

- Nos établissements scolaires doivent se doter de salles de travail ; de salles de réunions équipées ; de salles de spectacle ; d’au moins une salle en amphithéâtre ; de petites bibliothèques spécialisées en plus du CDI. 

- L’architecture des établissements scolaires doit aussi favoriser ce qui améliore le « vivre ensemble ». Les salles d’études et d’ateliers, les salles de classes, la bibliothèque/CDI, les salles de réunions et la salle des professeurs doivent communiquer. Il faut cesser de croire que l’enseignant sera plus tranquille en « s’encloisonnant ». Il doit « habiter » l’École pendant le temps qu’il y passe. Ce sera d’autant plus facile dans des unités éducatives à taille humaine (60/100 élèves).

- Les surveillants, qui n’enseignent aucune discipline et de ce fait peinent à trouver une légitimité disciplinaire, doivent sentir et partager la présence des enseignants lors des périodes quotidiennes « hors-classe ».

- L’École doit, par son architecture nouvelle, être bien entendu un lieu de travail le plus calme possible, ce qui sera favorisé par l’emploi de matériaux naturels, une réflexion sur la lumière (exemple de Kyoto). Les lieux de vie doivent être séparés en fonction des moments et activités quotidiennes : enseignement ; repas ; pauses ; rencontres avec tel ou tel enseignant ; etc. L’École doit aussi être un lieu qui fasse une belle place à l’accueil des parents, des associations, du monde professionnel environnant : que l’École ne soit plus un sanctuaire fermé, parfois « barbeletisé », vidéo-surveillé, mais transparent et acteur de son environnement urbain ou rural.

- La question des accès aux établissements et de la circulation interne des élèves doit être l’objet d’une étude particulière. Chaque lieu doit être accessible facilement et sera d’autant plus aisé à surveiller qu’il sera plus respecté. La question doit être pensée en lien avec les questions de gestion : place et rôle des surveillants, du personnel d’entretien et de gestion dans le dispositif éducatif ; taux d’encadrement adulte ; présence pour des activités variées d’acteurs extérieurs appartenant à la société civile.

L’architecture scolaire est un enjeu futur capital qui devrait être l’objet de toutes nos attentions et s’appuyer mieux que cela n’est fait sur les analyses qu’en font les usagers au quotidien.

Pour aller plus loin…

Berteloot Dominique (1997) Aménager l’école, la cour, les espaces intérieurs. Paris : Hatier, Collection « Questions d’école », n° 5

Chatelet Anne-Marie & Le Cœur Marc [dir.] (2005) L’architecture scolaire. Essai d’historiographie internationale. Lyon : INRP.

Chupin Julie & Sobocinski Aurélie [dir.] (2009) Quand l’école innove. Paris : Éditions Autrement.
 
Derouet-Besson Marie-Claude (1998) Les murs de l’école. Éléments de réflexion sur l’espace scolaire. Paris : Métaillé.

Lafitte René et le groupe VPI (2006) Essai de pédagogie institutionnelle. L’École, un lieu de recours possible pour l’enfant et ses parents. Nîmes : Champ social éditions. Collection « psychothérapie institutionnelle ».

Sites à consulter: 

www.icem34.fr

Christophe Chartreux

arval-archi.fr

arval-archi.fr

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Un cours « d’autodéfense intellectuelle » pour ne pas se laisser manipuler...

5 Novembre 2016 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Médias

Prof d'anglais, Sophie Mazet a créé un cours pour aider ses élèves à se méfier des discours manipulatoires... notamment complotistes.

Professeure d’anglais au lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen, Sophie Mazet anime des ateliers dont l’objectif est de « développer l’esprit critique et le sens de l’analyse ». Un véritable « kit pour ne pas se laisser manipuler ».

Comment en êtes-vous venue à créer un atelier « d’autodéfense intellectuelle » ?

L’idée remonte à 2010. En vacances à New-York, je lisais le journal parodique The Onion. J’ai eu l’idée d’inclure un article de ce média dans chacun des thèmes étudiés avec mes Terminale – à eux de trouver les faux textes dans le cours.

L’idée était de les pousser à garder les yeux ouverts. C’était une classe avec un bon niveau. Mais personne n’a repéré mes faux textes. Je me suis dit que je devais faire quelque chose pour les aider à exercer leur esprit critique. La raison pour laquelle ils n’avaient pas trouvé les faux textes était qu’ils me faisaient confiance. Si quelqu’un fait confiance à une source, il risque de croire tout ce qui en provient.

Puis j’ai accompagné un voyage scolaire au Rwanda, dont l’un des thèmes était le rôle des médias dans l’incitation au génocide des Tutsis. Je me suis interrogée : comment faire pour que nos élèves ne soient jamais sensibles à des discours de haine ? Les enjeux étaient bien plus importants que les empêcher de croire mes faux articles.

En 2011, j’ai monté un cours d’autodéfense intellectuelle, sur la base de ce que disait Noam Chomsky : “si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle.” L’enjeu est d’apprendre à se méfier face aux discours potentiellement dangereux.

(...)

Propos recueillis par Elsa Doladille

L'entretien complet à retrouver ci-dessous

Un cours « d’autodéfense intellectuelle » pour ne pas se laisser manipuler...
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Le Maire, Fillon, Copé face à l'éducation : une surenchère passéiste...

5 Novembre 2016 , Rédigé par L'obs - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Politique

Le Maire, Fillon, Copé face à l'éducation : une surenchère passéiste...

Alors que se profile le prochain débat de la primaire de la droite, l'historien de l'éducation Claude Lelièvre revient sur les propositions des candidats concernant l'éducation. Dates et décrets à l'appui, il constate que les ambitions de la droite n'ont jamais été aussi rétrogrades. Explications. 

Beaucoup des mesures préconisées par les candidats à la primaire de droite sont loin de participer à une "invention de l'avenir", mais marquent au contraire une régression vers des moments antérieurs à certaines dates-clés de l'évolution du système éducatif. Et les candidats les plus jeunes ne sont pas les moins rétros.  

Un pré-apprentissage dès la 6ème pour Le Maire

Le "collège d'enseignement secondaire" (un établissement unique par lequel tous les élèves devront désormais passer depuis l'âge de 11-12 ans jusqu'à l'âge de 15-16 ans) est créé sous l'autorité personnelle du Général de Gaulle. La décision de prolonger l'âge de la fin de la scolarité "obligatoire" de 14 ans révolus à 16 ans révolus a été prise par ordonnance dès le 6 janvier 1959.

En revanche, le "Document d'orientation" proposé le 6 avril 2016 par le parti "Les Républicains" (sous la houlette de Nicolas Sarkozy) indique qu'"il faut diversifier les parcours dans les collèges à partir de la classe de quatrième en développant une filière de préapprentissage" (p.6). Bruno Le Maire, lui, veut mettre fin au collège unique grâce à la mise en place d'heures d'options professionnelles dès la classe de sixième. Jean-François Copé préconise l'apprentissage dès 14 ans, regroupé avec les lycées professionnels.

La circulaire du 29 décembre 1956 (jamais abrogée, même si elle est parfois contournée) édicte "la suppression des devoirs à la maison ou en étude" dans l'enseignement primaire. Mais François Fillon tient à "mettre fin à l'interdiction des devoirs à l'école élémentaire, des devoirs faits à la maison".

Augmenter le temps de présence des enseignants

1950. Parution des décrets du 25 mai fixant les services des professeurs du secondaire. Il s’agissait de mettre fin à des pratiques diverses au sein des collèges et lycée. Ces décrets ne prennent en compte que les horaires d’enseignement pour établir les maxima de services des professeurs. Ils sont fixés à 15 heures hebdomadaires pour les agrégés et 18 heures pour les autres, conformément aux 18 heures d’enseignement hebdomadaire dévolus en principe aux professeurs de collèges communaux dès 1932.

En octobre 2014, Nicolas Sarkozy se prononce pour une nouvelle règle (non de trois, mais de 30%) : 30% d'heures en plus pour les enseignants, 30% de rémunération en plus, et 30% d'enseignants en moins. Le "Document d'orientation" proposé le 6 avril 2016 par le parti "Les Républicains" déclare que "le temps de présence des enseignants sera augmenté de 25% (pourcentage incluant les cours, mais aussi l'aide aux devoirs et les études surveillées) en contrepartie d'une rémunération accrue" (p.7).

Pour Bruno Le Maire, il s'agit de modifier le temps de travail des enseignants en fonction du niveau d'enseignement et non du corps : 26 heures en primaire, 20 heures au collège, 18 heures au lycée (avec une augmentation salariale en contrepartie de l'augmentation du temps de travail). Dans cette même ligne, Alain Juppé est partisan de revaloriser les traitements des professeurs des écoles de 10% en échange d'une présence accrue.

(...)

Claude Lelièvre

Article complet à retrouver ci-dessous

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Sortir... La Peinture américaine des années 1930... Musée de l'Orangerie - Paris...

5 Novembre 2016 , Rédigé par Musé de l'Orangerie Publié dans #Art

The Age of Anxiety

Les années 1930 sont, à plus d’un titre, décisives dans l’affirmation d’une scène artistique moderne aux États-Unis, à un moment particulièrement complexe de son histoire où la définition d’un art moderne américain ne peut être univoque. De l’abstraction au réalisme "social" en passant par le régionalisme, les univers esthétiques de peintres tels que Marsden Hartley, Georgia O’Keeffe, ou Edward Hopper cohabitent et se confrontent dans les mêmes foyers de création.

Organisée en collaboration avec l’Art Institute de Chicago, cette exposition présentera un ensemble d’une cinquantaine de toiles issues de prestigieuses collections publiques américaines (l’Art Institute à Chicago, le Whitney Museum, le Museum of Modern Art à New-York...) et de collections particulières, dont la diversité reflète toute la richesse de cette période précédant la Seconde Guerre mondiale.

En savoir plus ci-dessous

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"Il parait que des « pédagogistes  » malveillants ont décidé d’assassiner l’école ! Comme ça, un beau matin..."

5 Novembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education

"Il parait que des « pédagogistes  » malveillants ont décidé d’assassiner l’école ! Comme ça, un beau matin..."

Mais où allons-nous?

Il parait que des « pédagogistes  » malveillants ont décidé d’assassiner l’école ! Comme ça, un beau matin, ils se sont levés, se sont concertés, et ils ont décidé la mise à mort de notre glorieuse et immaculée Éducation nationale, par overdose de bienveillance et de refus des bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves, puisqu’elles ont réussi aux élites d’aujourd’hui. Un véritable complot, vous dit-on !

Les mêmes, on le suppose, ont parait-il réussi à imposer dans les manuels scolaires de collège pour enfants de 10 ans une théorie du genre qui ne figure nulle part dans les programmes. Si ce n’est pas la preuve d’un complot, ça ! Et lorsque le pape, un Argentin sans enfant, vivant en Italie, s’en indigne sur la foi de ce que quelqu’un lui en a dit, la ministre française de l’Éducation nationale se permet de lui répondre ! Un véritable scandale ! Une honte !

Le monde est devenu fou.

À moins qu’il ne s’agisse d’un phénomène répétitif, selon une périodicité avoisinant le quinquennat, où, dans une sorte d’affolement général, ressortent les délires paranoïdes de ceux qui veulent se bâtir un destin électoral sur l’angoisse. Ainsi, certains attisent la peur du migrant pour pousser la population au refus des centres d’accueil dans leur commune ou leur région ; d’autres, ou les mêmes, attisent la peur de l’échec scolaire des enfants, du déclassement, du chômage, pour pousser l’opinion publique à réclamer le retour aux fondamentaux et à la sélection précoce. Le monde est injuste, pourquoi l’école échapperait-elle à la règle ?

Mais au fond, qu’en pense vraiment la majorité très silencieuse, quand elle n’est pas tenue de prendre parti pour ou contre un slogan simplificateur et biaisé ? Que veut l’opinion publique, de plus en plus demandeuse d’écoles et de pédagogies alternatives et qui plébiscite le livre de Céline Alvarez (pas exempt de critiques par ailleurs), à rebours de l’exigence d’un retour à des méthodes pédagogiques autoritaristes d’un autre temps ?

Faudra-t-il décider des politiques éducatives en fonction des palmarès de vente de livres ?

Le monde est fou, vous dit-on ! Allons, doublez-moi la dose d’antidote !

Cécile Blanchard
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