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Vivement l'Ecole!

Un Jour... Une Phrase... Démocratisation...

7 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Citation

Un Jour... Une Phrase... Démocratisation...

"Le grand défi que nous devons relever aujourd’hui, depuis la maternelle jusqu’à l’université, c’est celui d’une démocratisation exigeante. "

Najat Vallaud-Belkacem, Samedi 5 novembre 2016 devant la Société des Agrégés

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Plaidoyer pour l’Excellence et sa démocratisation exigeante...

7 Novembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Politique

Photo MEN - NVB

Photo MEN - NVB

Samedi 5 novembre 2016, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, était l’invitée de la Nuit de l’Agrégation, organisée à l’occasion du 250ème anniversaire du concours par la Société des Agrégés.

Retrouvez ici l’intervention de la ministre en forme de leçon d’agrégation.

                                __________________________

Madame la présidente de la société des agrégés,
Mesdames et messieurs les agrégés,
Mesdames et messieurs,

Au moment de commencer cette leçon, je veux vous dire le plaisir que j’ai à être parmi vous ce soir, en cette année où l’agrégation fête ses 250 années d’existence. 

Ce plaisir est encore renforcé par un soulagement : vous m’avez proposé une leçon. C’est un soulagement car j’ai craint, un instant, que vous n’ayez l’idée de ressusciter une autre épreuve de ce concours, moins connue : celle de la correction des copies, abolie en 1885.

« Pense-t-on politiquement comme on est socialement ? » tel est le sujet que vous avez soumis à ma réflexion.

Vous ressentez, je pense, comme moi, dans sa formulation même, cet alliage de réflexion, d’érudition, mais aussi de références sous-entendues qui fait le véritable sujet de leçon d’agrégation. Ce sujet, en apparence innocent, dissimule une citation célèbre, d’une étude célèbre, d’un auteur célèbre.

La candidate est donc supposée le faire finement remarquer par une phrase du type : « On reconnaît là, évidemment, la formule par laquelle Paul Lazarsfeld résume son paradigme déterministe, dans son enquête The People’s Choice, parue en 1944 aux Colombia University Press ». Ne pas reconnaître là, évidemment, Paul Lazarsfeld, exposerait la candidate à une question piégeuse d’un membre du jury, prononcée affablement : « Dites-moi, les travaux de Lazarsfeld vous sont-ils familiers ? »

Ces questions font l’effroi du candidat et la joie du reçu. Elles font partie de la légende de l’agrégation, de son folklore. Un peu comme l’inévitable condisciple croisé à la sortie d’une épreuve écrite qui s’exclame, profondément choqué : « Comment ! Tu n’as pas parlé de Schumpeter ?! »

Mais retournons à notre leçon.

La tension au cœur du sujet proposé est double : celle du déterminisme et de la liberté d’une part. Celle du politique et du social, d’autre part.

Cette tension s’aborde généralement à partir d’un cas précis : le vote. Il existe, si l’on schématise, deux conceptions de ce qui se passe quand on vote.

La première, déterministe, considère que des facteurs structurants influencent le votant. Peu importe les discours, les campagnes et les médias, le vote se détermine ailleurs – ce qui, soit dit en passant, laisse songeur quand on regarde le coût des campagnes présidentielles américaines actuelles.

Ce qui distingue les tenants du modèle déterministe, c’est la source principale d’influence : l’environnement social, c’est la thèse de Lazarsfeld ; le contexte géographique ; l’appartenance religieuse, aussi, phénomène étudié dans les années 1970 par Guy Michelat et Michel Simon en France ; ou bien, selon des chercheurs de l’université du Michigan,  l’« identification partisane », qui, dans le contexte français, correspond grosso modo au clivage droite-gauche.

Et comme ce clivage est régulièrement dénoncé comme obsolète, je ne résiste pas, sur ce sujet, au plaisir de citer Alain :

« Lorsqu’on me demande si la coupure entre partis de droite et partis de gauche a encore un sens, la première idée qui me vient est que l’homme qui pose cette question n’est certainement pas un homme de gauche! »

Bref, dans toutes les approches déterministes, ce qui fait que je dépose ce bulletin dans l’urne me dépasse un peu.

Le second modèle s’est développé dans les années 1970, dans la lignée de la critique par Key de la « camisole de force » des déterminants, et tend à valoriser le libre-arbitre.

Mais moins qu’à la liberté transcendantale chère à Kant, c’est le modèle rationnel d’Anthony Downs dans An Economic Theory of Democracy qui est convoqué.

Le vote s’envisage alors  selon un modèle économique du libre choix comparatif : « Je tâte, je compare, et décidément le candidat A lave beaucoup plus blanc que le candidat B ! C’est lui qu’il me faut ! »

Comme souvent, la vérité est dans la nuance et l’entre-deux. On citera par exemple l’article « Les variables lourdes en sociologie électorale », de Nonna Mayer et Daniel Boy : « Son choix – celui de l’électeur – est le fruit d’un processus où se mêlent facteurs sociaux et politiques, structurels et conjoncturels, à long terme et à court terme ».

De la même manière que la pensée politique ne se résume pas au seul vote, l’être humain n’est ni un pur homo economicus, ni un animal politique à sang froid. Il est tout cela à la fois et ne s’y résume jamais. Il est sensible et sensé, et j’ajouterais pour ma part, avec Georges Steiner, que nous sommes aussi « un animal dont le souffle de vie est celui des rêves parlés, peints, sculptés et chantés ».

Ma première partie consistera donc à répondre oui à la question posée. Puis à répondre non. Puis à terminer, selon l’inspiration du moment, par une partie intitulée « peut-être » ou « pourquoi pas ? ».

Mais au moment de m’engager dans ce plan furieusement original, voici que se présente à moi un chemin de traverse que je m’empresse d’emprunter. 

Il y a, dans le déterminisme, quelque chose de contradictoire avec le politique. Et en cette année où nous célébrons les 80 ans du Front Populaire, il est difficile de ne pas évoquer la figure de Léon Blum.

Rien ne prédestinait le critique d’art bourgeois à devenir une figure marquante du socialisme français. Ce que nous dit le parcours de Blum, c’est qu’une pensée politique se forge aussi par la culture, par la réflexion, par l’ouverture à ce qui n’est pas soi.

Voilà comment un gouvernement qui a beaucoup fait pour le progrès social, beaucoup fait pour la condition ouvrière, était dirigé par un homme qui n’était ni ouvrier, ni issu du peuple, mais qui a su transcender sur le plan politique sa condition sociale.

Si vraiment le déterminisme triomphait, la politique s’abolirait d’elle-même. Il n’y a de politique que parce que l’on croit que l’on peut faire évoluer les choses pour l’ensemble de la société.

Vous savez, j’ai été ministre des droits des femmes. Et quand j’explique, encore aujourd’hui, que c’est une cause qui me tient à cœur, la réponse ne se fait pas attendre : « C’est normal, vous êtes une femme ! ».

Réponse banale, en apparence. Réponse pourtant très étonnante. Un homme qui se consacre aux droits de l’homme est un humaniste. Son horizon est le bien commun. Mais une femme qui défend les droits des femmes serait une sorte de lobbyiste, avec pour seule perspective son intérêt personnel.

Les droits des femmes ne sont pas un domaine réservé aux femmes ! Il ne s’agit pas d’un nouveau hobby typiquement « féminin », qui prendrait, au XXIème siècle, le relais du macramé ou du tricot.

Si je défends les droits des femmes, c’est d’abord en tant qu’être humain ; en tant que citoyenne d’une République dont la devise est liberté, égalité, fraternité ; en tant que démocrate et en tant que personne farouchement attachée à vaincre les inégalités. Toutes les inégalités.

C’est justement l’un des grands enjeux d’aujourd’hui, que de parvenir à faire cesser cette idée que l’on ne lutte que contre les inégalités dont on souffre ! Que de rappeler que lutter pour les droits des femmes, c’est aussi lutter pour ceux des hommes !

Et j’irai plus loin encore. Si vous ne pensez pas que l’on puisse s’abstraire de ce déterminisme, alors il n’y a aucun sens à enseigner.

L’École repose sur une idée fondamentale : celle du progrès. Celle de l’émancipation.

Alors, oui, on connaît les travaux de Bourdieu sur la distinction, sur la reproduction sociale. Et oui, évidemment, il y a dans ce qu’il dit énormément de choses justes. Mais je n’oublie pas non plus le Bourdieu des Méditations Pascaliennes, qui écrivait, je le cite : L’Ecole est un « temps libre et libéré des urgences du monde qui rend possible un rapport libre et libéré à ces urgences, et au monde. »

Ce faisant il remettait en évidence l’étymologie grecque du mot école : celle de skhôle, le temps libre.

L’École nous donne de la distance : celle de la connaissance. L’esprit qu’elle défend est l’esprit de complexité.

Apprendre, c’est développer une familiarité profonde avec ce qui au départ était inconnu, ou méconnu. C’est s’ouvrir aux autres, à l’altérité pour façonner avec eux quelque chose de commun.

Cette relation aux autres, c’est celle qui s’élabore à travers la maîtrise de la langue française et des fondamentaux ou par le respect des règles qui régissent la vie de l’école et la vie dans l’école.

Cette relation, c’est celle, essentielle, qui se façonne avec les professeurs. C’est aussi celle qui, à travers des lectures, des apprentissages, des visites ou des ateliers, va inscrire l’élève dans un héritage beaucoup plus vaste, celui des siècles passés.

Et c’est cette importance de la relation à l’autre et aux autres au sein de l’école, cette part essentielle à l’œuvre dans tout enseignement, qui m’amène à ne pas considérer qu’il y aurait d’un côté la question de la réussite de nos élèves et de leur formation, et de l’autre celle, plus accessoire, des inégalités et de la mixité sociale. Les deux sont profondément liés.

Affirmer la force de l’Ecole ne doit donc pas nous aveugler sur la situation.

Oui, les déterminismes sociaux et économiques existent. Oui, ils pèsent sur la scolarité de nos élèves. Et c’est justement parce que l’École est une institution précieuse, qu’il est important qu’elle ne soit pas une machine à reproduire les inégalités.

Alors, je sais que quand on traite des déterminismes, on se voit fréquemment opposer des contre-exemples. On vient même parfois me voir, en me demandant : « Vous êtes ministre ! N’êtes-vous pas la preuve que le système fonctionne ? »

Et quand on ne me questionne pas sur mon cas personnel, on me cite tel élève, dans une situation de précarité extrême, qui a réussi un parcours brillant.

Ces contre-exemples constituent d’indéniables réussites. Je les salue, et je m’en réjouis. Mais je refuse d’en faire des arguments pour ne rien changer.

Ces contre-exemples représentent ceux que Ferdinand Buisson appelait « les exceptions consolantes » ; ceux qu’Alain nommait les « pics superbes nés du peuple » utilisés pour « donner un air de justice à l’inégalité ».

Je crois au mérite. Je le défendrais toujours. Mais cela n’empêche nullement la lucidité.

En 9 ans, entre les résultats PISA 2003 et PISA 2012, la France est passée du groupe des pays dont la performance est supérieure à la moyenne de l’OCDE au groupe des pays dont la performance est dans la moyenne de l’OCDE. Et la France est devenue, triste victoire, la championne de l’OCDE du déterminisme social.

Le poids des inégalités économiques et sociales n’a jamais été aussi fort. Jamais nous n’avons connu de telles situations, avec plus de 82% de collégiens d’origine sociale défavorisée scolarisés dans 10 % seulement des collèges.

C’est la raison pour laquelle, avec la refondation de l’Ecole, nous avons mis en œuvre une entreprise de réforme d’une ampleur historique. Et cette ampleur, j’en suis consciente, a pu susciter, une certaine inquiétude. Des réserves aussi.

Mais cette ampleur était nécessaire : quel sens y aurait-il eu, par exemple, à ne pas prendre en compte la maternelle et le primaire ? Quel sens y aurait-il eu à se contenter de réformer le collège ? Et pouvions nous changer les programmes, sans changer, aussi, sur certains points, la façon d’enseigner ?

Il fallait agir, résolument, à tous les niveaux. Sans jamais perdre de vue deux dimensions essentielles : renforcer les apprentissages, en particulier les fondamentaux ; réussir une démocratisation de l’exigence, en agissant contre les inégalités économiques et sociales, et en renforçant la mixité.

Il y a une réplique du Mariage de Figaro que vous connaissez sûrement : « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. » Cette phrase, j’aimerais qu’elle soit l’apanage du passé. Ce n’est pas le cas. Elle est encore d’actualité. Trop souvent, sous couvert de défendre le mérite, on promeut une excellence dynastique, et non une excellence républicaine.

On nous dit « démocratiser l’excellence c’est la pervertir ! ». Mais sauf erreur de ma part, il n’y a pas une quantité limitée d’excellence ! Tout comme il n’y a pas une seule voie qui y conduit ! Ce qui la caractérise, c’est l’effort, l’exigence, le travail et aussi, vous le savez bien, un certain plaisir ! Et cela, tout élève peut le développer, le ressentir. Mais encore aujourd’hui, « l’excellence » obéit à des logiques qui donnent un rôle trop important au milieu d’où vous venez.

Alors oui, il est difficile, pour quelqu’un qui a travaillé dur d’entendre que son contexte familial et social a contribué à sa réussite. Cela s’oppose à son ressenti personnel. Mais c’est un fait. Et ce n’est pas sale, ce n’est pas grave, tant mieux pour lui ! Mais je veux, moi, pouvoir offrir aussi cette chance à ceux qui ne l’ont pas ! C’est le sens par exemple des parcours d’excellence que nous avons mis en place. L’excellence Républicaine, c’est donner à tous les élèves les ambitions de leurs moyens ; ce n’est pas fossiliser une élite !

Arriver au sommet, c’est bien : mais si l’on veut parler de mérite et d’excellence, il faut aussi voir d’où l’on part. La ligne d’arrivée peut-être la même : mais dans un cas la scolarité, pour un élève, sera un 100 m, quand elle sera pour d’autres un marathon.

Si nous voulons que l’École continue à assumer la mission qui est la sienne depuis toujours, alors oui, il faut prendre en compte les inégalités.

Il y a pire que de voir une pensée politique déterminée par ce que l’on est socialement. C’est de voir la pensée tout court s’y soumettre, et la scolarité en dépendre.

Et si c’est particulièrement important aujourd’hui, c’est que l’École, en tant qu’institution, est dans une situation singulière.

Je n’aime pas idéaliser le passé. Mais je sais aussi que pendant longtemps, il y avait, au sein de la société française, un certain respect pour la culture, la connaissance et les savoirs.

Aujourd’hui, dès qu’ils sortent de l’école, nos élèves sont confrontés à des discours qui dévalorisent le savoir, l’art et la culture, et qui ne tendent qu’à valoriser ce qui est matériel, utilitaire, monétaire. Et le pire, dans ce discours dominant, où la valeur l’emporte sur les valeurs, c’est qu’il s’agit d’un mensonge faramineux.

En réalité, ceux qui font le monde d’aujourd’hui, ceux qui font les réussites d’aujourd’hui, doivent énormément à l’École, et à des filières et des disciplines que l’on tend à décrier.

Je n’ignore pas la crise des vocations qui affecte les filières littéraires. Mais c’est étonnant qu’à une époque où jamais les séries télévisées n’ont eu autant d’audience et d’influence, on oublie qu’elles viennent de l’écriture. Et si l’on y prête attention, on décèle dans leurs intrigues bien des emprunts à La Poétique d’Aristote.

On observe aussi, depuis les poèmes latins d’Ovide, jusqu’à certaines chansons actuelles, en passant par les poèmes de Chénier, la persistance de certains thèmes, comme celui du paraklausithyron, où le poète se lamente devant la porte close de celle qu’il aime.

Voilà pourquoi ce que j’ai voulu faire, à la tête de ce ministère, c’est créer des liens. Rapprocher les savoirs. Généraliser aussi, ce qui, jusqu’à présent, était réservé à quelques-uns. 

J’ai voulu rappeler, en somme, la force de cette simple conjonction de coordination : le « et ».

Oui, on peut à la fois ne rien négliger de l’instruction et ne pas méconnaître la formation du citoyen !

Oui, on peut développer l’éducation artistique et culturelle et s’assurer que tous nos élèves connaissent l’Histoire, les mathématiques et les sciences !

Oui, nous avons besoin du numérique et des langues et cultures de l’Antiquité !

Et oui, on apprend en suivant des cours, mais aussi en faisant, en s’engageant dans des projets : c’est la force des parcours comme des EPI que de lier les connaissances et l’expérience, les savoir et les savoir-faire.

En favorisant l’interdisciplinarité – qui, comme son nom l’indique, ne supprime pas les disciplines, mais favorise les interactions entre elles – on renoue avec une haute ambition, celle de l’humanisme, qui portait une certaine conception de l’être humain et de l’ouverture au monde.

Articuler les connaissances à des projets, c’est ancrer les savoirs dans une pratique qui renforce leur sens. C’est ne plus laisser dépendre ce sens du seul capital culturel dont vous héritez.

On ne prive jamais impunément un être humain de sens. Car alors, vous pouvez être assurés qu’il va aller le chercher ailleurs. Autre part. Et généralement, vers le pire. Loin de l’humanisme et de ce qui nous rassemble.

Alors, pour revenir in extremis au sujet de cette leçon, pense-t-on politiquement comme on est socialement ?

Sans doute un peu. Non sur le mode d’un déterminisme sclérosant, mais comme une source d’inspiration.

Oui, dans les idées que je défends, comme dans mon action, il entre sans doute la force  d’un souvenir vécu : celui de l’élève que je fus, dans un de ces quartiers que l’on qualifie pudiquement de « difficile ». Une élève qui n’a pas oublié ses camarades de classe qui n’ont pas eu sa chance.

Voilà ce qui nourrit en moi une conviction profonde : le grand défi que nous devons relever aujourd’hui, depuis la maternelle jusqu’à l’université, c’est celui d’une démocratisation exigeante.

C’est ainsi que nous pourrons assurer, à chaque élève, d’où qu’il vienne, qu’il n’a pas devant lui un destin à subir, mais bien un avenir à construire.

Je vous remercie.

Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation nationale,
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

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Georg Philipp Telemann...

6 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de Coeur... Marguerite Duras... Hiroshima mon amour...

6 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de Coeur... Marguerite Duras... Hiroshima mon amour...

Je te rencontre. Je me souviens de toi. Cette ville était faite à la taille de l'amour. Tu étais fait à la taille de mon corps même. Qui es-tu ? Tu me tues. J'avais faim. Faim d'infidélités, d'adultères, de mensonges et de mourir. Depuis toujours. Je me doutais bien qu'un jour tu me tomberais dessus. Je t'attendais dans une impatience sans borne, calme. Dévore-moi. Déforme-moi à ton image afin qu'aucun autre, après toi, ne comprenne plus du tout le pourquoi de tant de désir. Nous allons rester seuls, mon amour. La nuit ne va pas finir. Le jour ne se lèvera plus sur personne. Jamais. Jamais plus. Enfin. Tu me tues. Tu me fais du bien. Nous pleurerons le jour défunt avec conscience et bonne volonté. Nous n'aurons plus rien d'autre à faire, plus rien que pleurer le jour défunt. Du temps passera. Du temps seulement. Et du temps va venir. Du temps viendra. Où nous ne saurons plus du tout nommer ce qui nous unira. Le nom s'en effacera peu à peu de notre mémoire. Puis, il disparaîtra tout à fait.

(...)

"Elle : Oui, ce soir je m'en souviens. Mais un jour, je ne m'en souviendrai plus. Du tout. De rien.
Elle lève la tête sur lui à ce moment là.
Elle : Demain à cette heure-ci je serai à des milliers de kilomètres de toi.
Lui : Ton mari, il sait cette histoire ?
Elle hésite.
Elle : Non.
Lui : Il n'y a que moi alors ?
Elle : Oui.
Il se lève de la table, la prend dans ses bras, la force à se lever à son tour, et l'enlace très fort, scandaleusement. Les gens regardent. Ils ne comprennent pas. Il est dans une joie violente. Il rit.
Lui : Il n'y a que moi qui sache. Moi seulement.
En même temps qu'elle ferme les yeux, elle dit.
Elle : Tais-toi.
Elle se rapproche encore plus de lui. Elle lève sa main, et, très légèrement, elle lui caresse la bouche avec sa main. Elle dit, presque dans un bonheur soudain.
Elle : Ah ! Que c'est bon d'être avec quelqu'un quelquefois.
Ils se séparent, très lentement. (...)
Lui : Parle encore.
Elle : Oui.
Elle cherche. N'y arrive pas.
Lui : Parle. (...)
Elle : Dans quelques
années, quand je t'aurai oublié, et que d'autres histoires comme celle-là, par la force encore de l'habitude, arriveront encore, je me souviendrai de toi comme de l'oubli de l'amour même. Je penserai à cette histoire comme à l'horreur de l'oubli. Je le sais déjà".
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Où l'on apprend que #college2016 n'a pas entraîné l'apocalypse promise. Bien au contraire...

6 Novembre 2016 , Rédigé par ToutEduc Publié dans #Education, #college2016

Où l'on apprend que #college2016 n'a pas entraîné l'apocalypse promise. Bien au contraire...

EXTRAITS

(...)

 

ToutEduc: Sur une échelle de 1 à 10, quel vous semble être le niveau d’adhésion des personnels enseignants et d’éducation ? 

Séverine : 8

Marie-Paule : Il me semble qu'il y a adhésion sur les objectifs visés pour la majorité des collègues (6 ou 7 sur une échelle de 10) mais l'ampleur de la tâche effraie un peu tout le monde, notamment ceux qui sont très impliqués et exigeants. Plusieurs sont venus me dire qu'ils avaient beaucoup de travail en ce moment mais .... que c'était passionnant et particulièrement riche !

Christine : Pour moi, pour le moment, c'est encore trop tôt et là encore très variable... Mais je pense que cela dépend beaucoup de la capacité de la direction du collège à mobiliser ou non ses troupes dans le sens de l'acceptation de la réforme.

Bruno : Dans mon collège, qui n'est pas représentatif (chance d'avoir un nombre suffisant de professeurs très moteurs et "leaders" qui engagent une dynamique positive), je dirai niveau 8.

Gérard : Une vraie surprise agréable ici, je dirais 8.

Isabelle : On ne peut répondre à cette question de façon collective. Certains personnels sont clairement à 10 sur cette échelle et cela depuis l'annonce de la réforme (je les appellerais les "pionniers"). D'autres sont à zéro, ce sont ceux qui étaient contre la réforme dès son annonce. Mais même parmi eux on en trouve qui essaient de s'adapter et de réfléchir à leur référentiel de compétences, à leurs EPI (je les appellerais les "réfractaires"). Entre les deux, le "marais", ceux qui ont peur du changement mais qui sont à la recherche de solutions pour améliorer la réussite des élèves. Parmi eux se trouvent de nouveaux convertis qui, après avoir goûté aux compétences en sixième (que nous avions mises en place juste avant), ont rejoint le groupe des pionniers. Le groupe des "réfractaires" devient de plus en plus minoritaire (…).

Anne-Marie: 7

(...)

L'article complet est à retrouver ci-dessous

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A Voir... Le Client... Asghar Farhadi...

6 Novembre 2016 , Rédigé par YouTube - ARTE Publié dans #Cinéma

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Coup de gueule... Je choisis l'école de Jean Zay...

6 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Coup de gueule... Je choisis l'école de Jean Zay...

Le second débat des primaires de la "droite et du centre" (quel est le candidat du centre parmi les 7 prétendants?) devait, ce jeudi 3 novembre, être en partie consacrée à l'éducation.

Il n'en fut quasiment rien. C'est seulement au-delà de 23h, après avoir passé plus de vingt longues, très longues minutes, à disserter de Monsieur Bayrou qu'enfin les "Juppé and co" livrèrent leurs projets.

A peine 10 minutes. Une très et trop visible volonté d'en finir. Avec la volonté affichée de ne surtout pas en dire trop. Reconnaissons à Ruth Elkrief le courage tardif d'avoir insisté pour connaître le chiffre qu'aucun ne veut lâcher:

"Combien de postes d'enseignants allez-vous supprimer?"

Nous n'avons pas obtenu de réponses.

Quant aux "idées" lancées par les uns et les autres, elles furent affligeantes de banalité, de bêtise - oui de BETISE! - et d'approximations!

Claude Lelièvre en a fait l'excellente analyse dans L'Obs. (Voir le lien ci-dessous).

Depuis cette soirée consacrée à d'autres sujets dont très peu intéressent les français, je me demande:

1- si l' éducation intéresse les candidats de la droite. Vu leur précipitation pour ne surtout pas en parler, j'en doute;

2- si les compétences des uns et des autres sont suffisantes pour aborder un sujet complexe qui met en jeu l'avenir de notre pays. Souvent, lors des rares entretiens au cours desquels les candidats de droite acceptent de parler de l' Ecole, j'ai ressenti un "malaise": ces gens-là ne maîtrisent absolument pas les dossiers. Leur vision est très éloignée du réel. Peut-être d'avoir trop lu Madame Barjon ou Monsieur Brighelli les aveuglent-ils. Ce qui expliquerait les outrances, les caricatures, les erreurs, les mensonges.

Comparant avec ce qui a été accompli depuis 2012 par Vincent Peillon, Benoit Hamon et surtout Najat Vallaud-Belkacem, je me disais et me dis encore qu'il serait légitime de choisir et de défendre la poursuite de la refondation en cours - car elle n'est pas achevée! - plutôt que la critiquer sans relâche, oubliant trop souvent l'Ecole que la droite promet!

Le temps des choix approche. Celui des engagements clairs aussi.

La question est très simple et elle est la suivante:

entre l'Ecole de l'uniforme, de la sélection dès la 6e (la sélection toujours des mêmes!), de la suppression des postes, de l'autonomie totale et ultra libérale sans discernement, de la mort du "collège unique" et l'école refondée, appuyée sur l'excellence pour TOUTES ET TOUS, sur la formation retrouvée, sur l'ouverture au numérique pour un XXIe siècle maîtrisé, sur l' élitisme républicain plutôt que dynastique, sur le respect des enseignants et la reconnaissance de leur travail, qu'allons-nous choisir?

Dans mon cas - vous l'aurez deviné - certainement pas la triste et grisâtre salle de classe des Juppé et autres.

J'ai choisi, depuis longtemps l'école que voulait un Jean Zay et que, dans sa lignée, construit Najat Vallaud-Belkacem! Avec les enseignants sur le terrain!

Nous pouvons réaliser le rêve de Jean Zay A CONDITION de ne pas nous fourvoyer dans des disputes intestines ni dans des "non choix" qui mettraient à bas et pour des années tout le travail entrepris avec courage et abnégation!

C'est maintenant!

Christophe Chartreux

Coup de gueule... Je choisis l'école de Jean Zay...
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Une "Ecole" fondée sur des réalisations concrètes... Commission élargie crédits 2017 : Enseignement scolaire (Vidéo)

6 Novembre 2016 , Rédigé par Assemblée Nationale Publié dans #Education, #Politique

Une "Ecole" fondée sur des réalisations concrètes... Commission élargie crédits 2017 : Enseignement scolaire (Vidéo)

Commission élargie crédits 2017 : Enseignement scolaire

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    "Apprendre, cela s’apprend"...

    6 Novembre 2016 , Rédigé par Christine Vallin Publié dans #Education

    "Apprendre, cela s’apprend"...

    Jean-Michel Zakhartchouk, professeur honoraire en réseau d’éducation prioritaire et rédacteur aux Cahiers pédagogiques, est intervenu à Auby, devant soixante enseignants du premier et second degré. Le sujet ? Apprendre à apprendre.

    Je vous invite à lire le compte-rendu complet de cette rencontre, rédigé par Christine Vallin, en suivant le lien ci-dessous.

    Oui apprendre, cela s'apprend. Il existe même un plaisir d'apprendre. Si si, je vous assure...

    Je renvoie, à ce sujet, au second lien ci-dessous.

    Christophe Chartreux

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    Une "salle des parents" dans tous les établissements scolaires...

    6 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique, #Education

    Une "salle des parents" dans tous les établissements scolaires...

    Pour la refondation d’un autre  rapport Parents/École

    L’École est l’affaire de tous. Elle est le « socle » de la société du futur, là où se construisent les bases du vivre ensemble, les fondements d’une culture partagée, l’inculcation des premières règles du fonctionnement citoyen, la partie commune de notre appartenance à une « nation ». Tous doivent y contribuer : chacun à sa place, mais les uns AVEC les autres et non les uns CONTRE les autres. Ainsi penser un « lieu » institutionnalisé où, sans intrusion ni rejet de part et d’autre, puisse être organisées la rencontre entre tous les acteurs concernés est une urgence.

    La question de la place des parents dans l’École a toujours crispé : les positions des uns et des autres pourraient se résumer autour de la revendication des enseignants à se penser légitimes en raison de leurs compétences professionnelles, distanciées face à des parents dont les attitudes seraient saturées par les affects. De leur côté, beaucoup de parents, que l’École renvoie à leur propre parcours personnel et leur propre histoire, ont un regard acéré sur ce qu’ils considèrent comme efficace, surtout si cela a bien fonctionné pour eux. Au fond, l’École est perçue de manière bivalente : comme entité à part de la société (« on y met ses enfants ») ; comme un lieu dont chacun se sent expert. Ces antagonismes, parfois entachés de violences symboliques et verbales, doivent être dépassés.

    L’idée d’une aide à la parentalité, avec la création d’Écoles de parents, ouvertes gratuitement à toutes les familles, avait provoqué des remous lors des débats précédant dernières l'élection présidentielle de 2007. La proposition du Groupe Éducation – Savoirs et émancipation qui avait réfléchi, pour le Parti socialiste en particulier, à la question du collège et qui suggérait que, stratégiquement, une salle collégiale pour les parents (et les associations agrées) puisse être implantée en proximité de la salle des professeurs risquerait de provoquer les mêmes effets. Il faut rester prudent face à des positions purement électoralistes, car l’enjeu est d’importance.

    Il conviendrait d’y rendre possible très rapidement des rencontres de plusieurs types. Ainsi, ces écoles des parents pourraient être des lieux où les parents démunis trouveront des formations, des conseils à l’aide aux devoirs, des lieux où des conseillers d’orientation psychologue scolaire tiendront des permanences, des lieux où des échanges informels sur des projets scolaires pourront être partagés entre les différents acteurs et proposés ensuite aux instances compétentes (conseil d’École ; conseil d’administration des établissements…).

    Il conviendrait aussi d’associer les parents d’élèves, volontaires et via leurs instances représentatives, à la réflexion précédant la rédaction des projets d’école et d’établissement (comme c'est le cas en Finlande par exemple). 

    Il conviendrait enfin que tous les collèges et lycées disposent d’au moins un(e) infirmier(e) et un(e) conseiller(e) d’orientation psychologue scolaire à temps plein, les parents étant démissionnaires sur au moins deux sujets sensibles : la sexualité et la contraception, quel que soit le milieu social, au collège et au lycée.

    Christophe Chartreux et Nicole Allieu-Mary

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