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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Denis Diderot...

29 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Denis Diderot...

Au départ de Bougainville, lorsque les habitants accouraient en foule sur le rivage, s'attachaient à ses vêtements, serraient ses camarades entre leurs bras, et pleuraient, ce vieillard s'avança d'un air sévère, et dit :

"Pleurez, malheureux Tahitiens ! pleurez ; mais que ci soit de l'arrivée, et lion du départ de ces hommes ambitieux et méchants : un jour, vous les connaîtrez mieux. Un jour, ils reviendront, le morceau de bois que vous voulez attaché à la ceinture de celui-ci, dans une main, et le fer qui pend au côté de celui-là, dans l'autre, vous enchaîner, vous égorger, ou vous assujettir à leurs extravagances et à leurs vices ; un jour vous servirez sous eux aussi corrompus, aussi vils, aussi malheureux qu'eux Mais je me console ; je touche à la fin de ma carrière ; et la calamité que je vous annonce, je ne la verrai point. (Tahitiens ! ô mes amis ! vous auriez un moyen d'échapper à un funeste avenir ; mais j'aimerais mieux mourir que de vous eu donner le conseil. Qu'ils s'éloignent, et qu'ils vivent."

Puis s'adressant à Bougainville, il ajouta : "Et toi, chef des brigands qui t'obéissent, écarte promptement ton vaisseau de notre rive : nous sommes innocents, nous sommes heureux ; et tu ne peux que nuire à notre bonheur. Nous suivons le pur instinct de la nature ; et tu as tenté d'effacer de nos âmes son caractère. Ici tout est à tous ; et tu nous as prêché je ne sais quelle distinction du tien et du mien. Nos filles et nos femmes nous sont communes ; tu as partagé ce privilège avec nous ; et tu es venu allumer en elles des fureurs inconnues. Elles sont devenues folles dans tes bras ; tu es devenu féroce entre les leurs. Elles ont commencé à se haïr ; vous vous êtes égorgés pour elles ; et elles nous sont revenues teintes de votre sang. Nous sommes libres ; et voilà que tu as enfoui dans notre terre le titre de notre futur esclavage. Tu n'es ni un dieu, ni un démon : qui es-tu donc, pour faire des esclaves ? 0rou ! toi qui entends la langue de ces hommes-là, dis-nous à tous, comme tu me l'as dit à moi-même, ce qu'ils ont écrit sur cette lame de métal : Ce pays est à nous. Ce pays est à toi ! et pourquoi ? parce que tu y as mis le pied ? Si un Tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu'il gravât sur une de vos pierres ou sur l'écorce d'un de vos arbres : Ce pays est aux habitants de Tahiti, qu'en penserais-tu ? Tu es le plus fort ! Et qu'est-ce que cela fait ? Lorsqu'on t'a enlevé une des méprisables bagatelles dont ton bâtiment est rempli, tu t'es récrié, tu t'es vengé ; et dans le même instant tu as projeté au fond de ton cœur le vol de toute une contrée ! Tu n'es pas esclave : tu souffrirais plutôt la mort que de l'être, et tu veux nous asservir ! Tu crois donc que le Tahitien ne sait pas défendre sa liberté et mourir ? Celui dont tu veux t'emparer comme de la brute, le Tahitien est ton frère.

Vous êtes deux enfants de la nature ; quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi ? Tu es venu ; nous sommes-nous jetés sur ta personne ? avons-nous pillé ton vaisseau ? t'avons-nous saisi et exposé aux flèches de nos ennemis ? t'avons-nous associé dans nos champs au travail de nos animaux ? Nous avons respecté notre image en toi. Laisse nous nos mœurs ; elles sont plus sages et plus honnêtes que les tiennes ; nous ne voulons point troquer ce que tu appelles notre ignorance, contre tes inutiles lumières. Tout ce qui nous est nécessaire et bon, nous le possédons.

Sommes-nous dignes de mépris, parce que nous n'avons pas su nous faire des besoins superflus ? Lorsque nous avons faim, nous avons de quoi manger ; lorsque nous avons froid, nous avons de quai nous vêtir. Tu es entré dans nos cabaties, qu'y manque-t-il, à ton avis ? Poursuis jusqu'où tu voudras ce que tu appelles commodités de la vie ; mais permets à des êtres sensés de s'arrêter, lorsqu'ils n'auraient à obtenir, de la continuité de leurs pénibles efforts, titre des biens imaginaires. Si tu nous persuades de franchir l'étroite limite du besoin, quand finirons-nous de travailler ? Quand jouirons-nous ? Nous avons rendu la somme de nos fatigues annuelles et journalières la moindre qu'il était possible, parce que rien ne nous paraît préférable au repos. Va dans ta contrée t'agiter, te tourmenter tant que tu voudras ; laisse-nous reposer : ne nous entête là de tes besoins factices, ni de tes vertus chimériques.

Supplément au voyage de Bougainville (extrait) - Diderot

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Les grands penseurs de l'éducation... Dossier Sciences Humaines... (Pour abonnés)

29 Novembre 2016 , Rédigé par Sciences Humaines Magazine Publié dans #Education

larepubliquedeslivres.com

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Depuis l’Antiquité, les grands penseurs de l’éducation sont loin d’avoir parlé d’une seule voix. Si, pour tous, philosophes, moralistes, théoriciens ou praticiens, l’éducation était la pierre de touche pour construire un monde répondant à leurs attentes, certains jugeaient nécessaire de façonner les jeunes générations, prônant parfois le formatage ou l’endoctrinement. D’autres, plus humanistes, ont défendu la liberté de l’enfant et un enseignement plus démocratique. Certains, tel Confucius, ont posé les fondements d’une éducation rigoureuse qui règle encore l’ensemble des rapports sociaux dans plusieurs pays d’Asie. D’autres furent des penseurs paradoxaux, comme Rousseau qui produisit un célèbre traité qu’il savait lui-même inapplicable. D’autres encore furent des sauveurs d’enfants comme Janusz Korczak durant la Seconde Guerre mondiale ou des militants animés d’un esprit missionnaire tel Ferdinand Buisson, apôtre de la foi laïque…

Au 19e et au 20e siècle, des psychologues, des sociologues, des économistes et aujourd’hui des neuroscientifiques abordent les questions d’éducation à travers les théories de la connaissance, le développement de l’intelligence, le fonctionnement du cerveau ; ou de l’économie politique, sommée de faire face aux grands enjeux d’une éducation qui concerne maintenant l’ensemble des enfants de la planète.

C’est aussi le moment où émergent au début du 20e siècle de grandes figures de la pédagogie comme Maria Montessori, John Dewey, Célestin Freinet…

Ce numéro invite des penseurs de tous pays qui ont proposé une conception robuste de la manière d’éduquer. Et qui tous ont quelque chose à nous donner à penser sur les manières d’apprendre, de former, de transmettre et en définitive de forger les sociétés humaines. 

Martine Fournier

Sommaire du dossier et liens (pour abonnés) à retrouver ci-dessous

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C'était mieux avant?... Flaubert et Platon déjà...

29 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

C'était mieux avant?... Flaubert et Platon déjà...

"Nous étions à l'étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se réveilla comme surpris dans son travail".

Gustave Flaubert - Madame Bovary

Fatigués sans doute d'être astreints à l'ennui, ces élèves auraient pu faire méditer cette phrase de Platon à leurs professeurs:

"Les leçons qu'on fait entrer de force dans l'âme n'y demeurent pas".

Méfions-nous...

L'école promise par François Fillon, s'il parvient à exercer la charge suprême, ressemblera fort à l'étude de Flaubert...

Il nous restera Platon, comme un espoir...

Christophe Chartreux

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Stratégie mathématiques : deux années de mobilisation pour améliorer le niveau des élèves...

29 Novembre 2016 , Rédigé par MEN Publié dans #Education, #Mathématiques

Stratégie mathématiques : deux années de mobilisation pour améliorer le niveau des élèves...

Pour rappel

L'enquête TIMSS 2015 - qui vient d'être publiée et qui mesure le "niveau" des élèves français en mathématiques - n’évalue pas les effets de la Refondation de l’École engagée depuis 2012 mais l’analyse de ses résultats conforte un certain nombre de mesures prises depuis deux ans, attestant d’une forte mobilisation en faveur de l’apprentissage scolaire des mathématiques et des sciences.

En savoir plus ci-dessous

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"À la maison, faire les devoirs c'est difficile" - Hélène à Mercoeur - ENFANTS DES QUARTIERS #UNICEF

29 Novembre 2016 , Rédigé par UNICEF Publié dans #Education, #Politique

Ahmed, 9 ans, et sa petite soeur habitent dans un quartier populaire de Paris. Pour lire, jouer ou même faire les devoirs, leur QG, c'est la MJC.

Plus de vidéos sur Facebook : https://www.facebook.com/leshautparle...

Les Haut-Parleurs est la première chaîne web et mobile de jeunes francophones au ton libre et spontané partout dans le monde.

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Education - Enfants défavorisés - L'UNICEF propose...

29 Novembre 2016 , Rédigé par UNICEF Publié dans #Education

Education - Enfants défavorisés - L'UNICEF propose...
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Revue de Presse Education... Inquiétudes - Ratées de la semaine...

29 Novembre 2016 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Inquiétudes - Ratées de la semaine...
Sidération dans la planète éducation. Quelques inquiétudes, et quelques infos ratées de la semaine dernière.
Inquiétudes  
Le Café pédagogique propose deux textes.

L’Ecole entre Fillon et Le Pen.Après un Forum des enseignants innovants particulièrement réussi, l’annonce de la victoire de F Fillon à la primaire de la droite est un triste réveil. Voilà que se dresse la perspective d’un second tour des présidentielles où il faudrait choisir entre F Fillon et M Le Pen. Pour l’Ecole et pour les enseignants, après la Refondation, c’est la perspective du Grand Recul.”

La chronique de Véronique Soulé : " Les projets de Fillon sur l’école me terrorisent ". “Au Forum des enseignants innovants des 25 et 26 novembre, j’ai interrogé des participants sur une victoire à la présidentielle d’Alain Juppé ou de François Fillon, à la veille du second tour de la primaire de la droite et du centre. Les réponses furent entre angoisse et (lourde) incertitude."

Sur un tout autre thème, Les formateurs au numérique du premier degré se sentent "oubliés" par l’Education nationale... Alors qu’ils sont essentiels pour faire entrer les TICE à l’école. "Christian Stracka, formateur au numérique du premier degré (FTICE 1D), préside l’AFT-RN, l’association des formateurs TICE. Elle demande une « reconnaissance » pour ce métier « oublié »."

Heureusement, deux textes nous proposent un peu de distance avec cette actualité.

Le texte de Bruno Magliulo tombe à pic. Pour lui, il faut Donner du sens aux changements survenant dans le système éducatif. Tout en sachant que “... la question nous semble moins être celle de la capacité du système éducatif à produire des réformes, que de savoir si, en bout des chaînes administrative et pédagogique, les réformes que l’on décide si fréquemment ont de réelles chances d’entrer en application et de produire les effets attendus.”

Et puis dans The Conversation, Marie Duru-Bellat nous indique Comment lire la prochaine enquête PISA ?Une fois de plus, la publication en décembre des résultats de la dernière enquête PISA va faire couler, n’en doutons pas, beaucoup d’encre, tout particulièrement dans un contexte de précampagne où les questions d’éducation ne devraient pas être ignorées.”

Les ratées de la semaine dernière

Mooc : après la révolution, l’âge de raison. “Quand ils ont débarqué en France, en 2012-2013, les Mooc (Massive open online courses) ont suscité un profond enthousiasme des universités et des écoles qui y voyaient l’occasion d’étendre leur rayonnement en touchant des publics bien plus larges que leurs traditionnelles cohortes d’étudiants, notamment sur le continent africain. Les Mooc étaient présentés comme une révolution sans précédent, qui allait enfin démocratiser l’accès aux connaissances.”

L’apprentissage, l’un des secrets du plein-emploi en Allemagne. “En France, le taux de chômage des jeunes actifs pointe à 23,9 % quand il s’est replié à 6,8 % en Allemagne, selon les dernières données d’Eurostat. L’explication de cet écart de quasiment un à quatre est très simple. Outre-Rhin, le système éducatif est à tous les niveaux obsédé par l’intégration professionnelle, où l’apprentissage reste la voie royale de la formation initiale empruntée par quelque 1,4 million de jeunes, contre 480.000 en France (en incluant les contrats de professionnalisation).”

Apprentissage, retraites... Les réformes prioritaires de Juppé au début de sa présidence. Et notamment : “Enfin, la troisième grande réforme concernerait l’apprentissage, afin de faciliter l’accès des jeunes à l’emploi. Alain Juppé parle de lancer un "plan audacieux", sans détailler davantage, et affirme sa volonté de faire "sauter les verrous de l’apprentissage", réformant notamment la taxe d’apprentissage. Pour appuyer son propos, Alain Juppé cite des chiffres. 24% des jeunes en France sont au chômage, contre 7% en Allemagne.”

Justement les Echos rappellent : Apprentissage : les entrées en contrat ne décollent pas malgré les nouvelles aides.L’apprentissage en France ? Une priorité politique sans cesse réaffirmée, des aides financières importantes, mais pour un résultat qui laisse à désirer. Le nombre de nouveaux contrats a fait du surplace en septembre : 63.955 exactement, soit à peine 111 de plus que l’année dernière à pareille époque. Un résultat décevant pour un mois qui, rentrée scolaire oblige, est censé être, avec octobre, le plus important en la matière.”

François Fillon replace l’enseignement de l’histoire de France au cœur du débat.Nous devons empêcher que notre pays ne se défasse, pour cela il faut se battre pour défendre notre histoire car un pays qui n’a plus de racines n’a plus d’avenir…” Ah le principe de filiation !

Adrien Sénécat dans Les Décodeurs du Monde réagit : Les exagérations de François Fillon sur les programmes d’histoire à l’école.

Primaire à droite : Fillon et l’enseignement de l’histoire, une vieille intox.« Je veux que les programmes soient rédigés par des académiciens, des historiens et non pas par des politiques », a fait préciser l’ancien Premier ministre sur son compte Twitter. Le message a aussitôt été retweeté par Sens commun, extension politique de la Manif pour Tous.”
Aussitôt, la toile a réagi. « Quelqu’un peut dire à Fillon que les programmes sont maintenant conçus par un conseil d’experts indépendants ? », a réagi la porte-parole du PS Corinne Narassiguin. « J’ai étudié Voltaire la semaine dernière avec mes 4e », a opiné un enseignant.

Car Voltaire et Rousseau sont en partie étudiés au collège au chapitre de la philosophie des Lumières. Clovis, lui, est étudié en CM1, de même que Vercingétorix qui a rendu les armes face à Jules César. Si l’apport de Jeanne d’Arc à la guerre de Cent ans n’est pas enseigné stricto sensu, la figure guerrière est abordée en classe de cinquième pendant les cours consacrés au pouvoir politique et religieux « dans l’occident féodal ».”

"Révolution" : ce que propose Emmanuel Macron pour l’enseignement supérieur. “Investir dans l’éducation, développer les efforts d’orientation, donner plus d’autonomie pédagogique aux universités et soutenir l’apprentissage et la formation continue. Telles sont les propositions d’Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle, dans son livre-programme, "Révolution", publié le 24 novembre 2016 chez XO Éditions. Extraits.”

Coût du lycée en France : pourquoi est-ce si cher ?

Bernard Desclaux

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