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Vivement l'Ecole!

Une Phrase... Un Jour... Soutenir...

20 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Citation

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“Tout le monde le disait ; loin de moi la pensée de soutenir que ce que dit tout le monde doive être vrai.”

Charles Dickens

(Ouf, étant donné que je soutiens ce que beaucoup disent être faux, me voilà rassuré...)

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Les conseils de classe...

20 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Les conseils de classe...

Les conseils de classe

La lente procession des conseils de classe va commencer. Redoutés par les élèves, ils permettent de réunir l’équipe pédagogique par classe, de rencontrer les représentants de parents et d’entendre des horreurs parfois ! De s'y ennuyer souvent...

Par éthique et par discrétion je ne révélerai rien. Le Conseil de classe, c’est le confessionnal laïque. Mais que de "péchés" avoués et portés en sautoir comme autant de trophées, hélas ! Passons… Je pourrais me mettre en colère… Une collègue avec laquelle je partage de brèves mais fructueuses discussions me demandait de lui parler des élèves désormais regroupés en petits groupes pour assurer les heures de "remédiation". (Remédiation à laquelle on peut ajouter, même si l'objectif n'est pas le même, l'Accompagnement Personnalisé... Merci la réforme du collège au passage... Merci Najat!)

« L’un de leur problème, c’est de comprendre les consignes »

Ah les consignes ! Certaines, dans toutes les disciplines, sont quand même des petits morceaux d’anthologie.

Il m’arrive d’y réfléchir à deux fois... Voire plus...

« M’sieur ! Je comprends pas… »

Combien de fois avons nous entendu cet appel à l’aide, cet "au-secours-je-me-noie", ce cri ? Et dans la salle des professeurs, on se lamente…

« Mais ils ne comprend rien celui-là ! Comment veux-tu que je m’appuie sur lui pour avancer. Heureusement qu’il y a quelques bons élèves ! »

J'enrage... L’élève en difficulté renvoyé à sa médiocrité. Tu es mauvais donc je te laisse dans ton coin. Dans sa souffrance aussi… Mais qui se soucie de la souffrance de tel ou tel puisqu’il faut avancer, avancer encore, boucler le programme ? Marche ou crève en somme. Celui qui traîne en chemin est abandonné à son sort. Il passe quatre années de collège, sans parler des années précédentes, avec son fardeau, souligné par les appréciations du bulletin, validées par le Chef d’établissement.

En grandes difficultés.
Peut mieux faire.
Doit travailler plus régulièrement.
Des lacunes importantes.

Et j’en passe...

Il les connaît par cœur ces appréciations. Il ne les lit même plus tant il les appréhende. Et il le sait tout ça, on ne lui apprend rien. Peu à peu, avec l'habitude, même l'appréhension disparait... Il ne lui reste rien.

Ces élèves-là, quelques candidats de droite à l'élection présidentielle ont cru trouver LA solution: orientation dès la 6e! Oublié le principe d'éducabilité! La République des meilleurs pour les meilleurs! Eliminons les autres le plus tôt possible. De toutes façons ils n'y arriveront pas, voleront d'échec en échec, retarderont les autres... Les autres? Vos enfants Monsieur Le Maire, Monsieur Fillon, Monsieur Juppé?... Ceux que vous ne pousserez jamais à choisir "boulangerie" en fin de 6e... Pour Monsieur Coppé, c'eût peut-être été utile...

Dans la salle des professeurs, je remplis les derniers bulletins. Et j’essaye, sans y parvenir toujours, de ne pas assassiner l’espoir… Le leur comme le mien, qui parfois, se rencontrent…

Christophe Chartreux

"C'est ainsi, dit Dean, que je déambule dans l'existence, je la laisse me promener."

Jack Kerouac, Sur la route

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La salle de classe...

20 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

La salle de classe...

La salle de classe...

Après trente-trois années de bons et loyaux services, j' éprouve toujours un petit pincement, quelque chose d' indéfinissable avant d'entrer dans ma salle de classe. Je dis "ma" car je fais partie de ces professeurs bénéficiant du privilège, un peu stupide mais oh combien utile, de disposer d'une salle unique et permanente pour tous mes cours. Privilège de l'ancienneté sans doute...

On ne sait JAMAIS ce qui va se passer vraiment dans cette salle de classe. Les seuls éléments dont on soit sûr est qu'on trouvera le tableau, les tables et les chaises sagement rangées, l'armoire toujours à sa place et les volets roulants à ouvrir chaque matin puis à ne surtout pas oublier de redescendre le soir au risque de se faire sévèrement réprimander par le personnel de service, ce magnifique personnel de service dont on ne dira jamais assez l' importance, le bureau et l'ordinateur incontournable désormais, le rétroprojecteur fixé au plafond, cyclope inquiétant scrutant vos faits et gestes ! Quant au reste, c'est à dire le cours, la séance, l'heure que vous passez avec vos élèves, alors là vous ne savez rien, n'êtes certain de rien et cela vaut bien mieux !

J'ai TOUJOURS douté avant une séance et je douterai jusqu' à la dernière. Ces quatre murs qui nous enferment, vingt-cinq à trente élèves et un adulte embarqués dans un voyage  dont on connaît le point de départ, dont on a fixé le point d' arrivée par les objectifs à atteindre, ces quatre murs donc vous obligent à saisir l'espace, à l'occuper et surtout à le rendre vivant, jusqu'à presque palper physiquement le patient cheminement vers ce mystère, DANS ce mystère, renouvelé qu' est la compréhension. Comprendre pour que tombent les murs de l'ignorance, pour que soient satisfaites les curiosités des élèves, pour que vos doutes un à un tombent jusqu' à la sonnerie libératrice pour chacun.

« Monsieur, pourquoi vous laissez la porte de votre classe ouverte quand vous faites cours ? »

C' est vrai Stéphanie, ma salle reste ouverte sur le couloir. Ma légère claustrophobie y est pour quelque chose, mais pas seulement. Il y a du symbole dans cette démarche. Il vaut ce qu'il vaut et je n' en fais nullement un exemple à suivre. Mais cette porte ouverte, c'est une manière de dire aux élèves : vous n'êtes pas enfermés, NOUS ne sommes pas enfermés. La connaissance, le savoir, la découverte, le questionnement, le débat, le travail, la réflexion, la recherche individuelle et collective, bref notre quotidien commun sont OUVERTS sur la vie, sur l'extérieur. Et ils sont autant de clefs qui, je l'espère et avec l'apport de mes collègues, vous permettront d'ouvrir d' autres portes un jour.

Ce que Stéphanie ne sait pas, c'est que j' ai également eu l'insigne honneur de choisir ma salle. Et j'aime cette salle dont les fenêtres donnent sur un paysage de champs, de prés verts et de bosquets couvrant les collines normandes dévalant l'horizon. Un paysage de carte postale, mais un paysage vivant, changeant avec les saisons.

Parfois, quand je sens mes Stéphanie et autres Pierre un peu dissipés - je ne suis pas infaillible - j'arrête ma séance et nous nous posons ensemble:

« Regardez dehors, ouvrez une fenêtre et respirez un grand coup. »

Alors pendant deux ou trois minutes, nous "sortons", nous "quittons" la salle de classe et nous allons "cueillir quelques fleurs" pour égayer le quotidien des journées de classe, pas toujours drôles il faut bien le constater. Désormais, Stéphanie me demande parfois, sans en profiter exagérément :

« Monsieur, on peut aller cueillir des fleurs deux minutes là ? »

Et la salle de classe ouvre ses fenêtres. C'est long, très long deux heures de français en troisième. Mes chefs d'établissement, à de rares exceptions, ne supportent pas de me voir les autoriser à sortir un peu dans le couloir à l'interclasse, sous ma surveillance. Je n'ai jamais cédé. Ce moment est propice aux discussions, aux confidences parfois, aux jeux évidemment. Propices à autre chose tout simplement, mais un autre chose qui reste de l'enseignement !

Donnons à nos élèves, même si ce n'est que factice, l'impression qu'ils conquièrent parfois quelques parcelles fleuries d'une liberté nécessaire. Cette liberté qui les rend à eux-mêmes et les aide à grandir. Cette liberté qui vous pince le coeur, de peur qu'ils n'en profitent trop...

Cette liberté qui DOIT rester vivante, maîtrisée mais VIVANTE, entre les quatre murs de notre salle de classe...

Christophe Chartreux

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Le "Hollande-bashing" n'a que trop duré...

19 Novembre 2016 , Rédigé par JDD Publié dans #Politique, #Education

info-centrafrique.com

info-centrafrique.com

"Dès le départ, François Hollande a fait face à un incroyable procès en illégitimité. Ce dénigrement permanent met à mal toutes les institutions de la République et la fonction présidentielle. Il perdure encore aujourd’hui malgré la stature d’homme d’État que François Hollande a parfaitement incarnée, tant dans les crises internationales que lors des épouvantables tragédies que notre pays a traversées.

C’est comme si, en quatre ans, on n’avait jamais entendu parler ni retenu tout ce qui a été accompli, systématiquement effacé par ce Hollande-bashing :

- les créations de postes dans l’Éducation nationale,

- l’alignement du traitement des instituteurs sur celui des professeurs,

- l’augmentation du nombre de policiers et de magistrats,

- les emplois d’avenir,

- la garantie jeunes,

- le soutien à l’apprentissage,

- le compte personnel de formation,

- le compte pénibilité,

- la complémentaire santé pour tous,

- la généralisation du tiers payant,

- la prime d’activité,

- la retraite à 60 ans pour les carrières longues,

- la refondation de l’école,

- les droits rechargeables à l’assurance-chômage,

- le mariage pour tous,

- la sanctuarisation du budget de la culture,

- le renforcement de l’égalité professionnelle hommes-femmes,

- l’extension de la parité dans les conseils départementaux,

- le remboursement complet de l’IVG et de la contraception,

- une meilleure protection des femmes contre le harcèlement sexuel,

- la mise en œuvre concrète de la transition énergétique, le non-cumul des mandats,

etc., etc.

Ajoutons un déficit public passé de 5,1% en 2011 à 3,5% en 2015, plus de compétitivité, et plus de marges pour les entreprises pour favoriser les embauches, plus de pouvoir d’achat pour les ménages, moins d’impôts et enfin la diminution amorcée du chômage.

Tout cela est ignoré, tout cela est déformé, gommé, remplacé par un procès quotidien, instruit à charge par des injures et des mensonges ignobles. Nous, artistes, sportifs et créateurs, penseurs, chercheurs, entrepreneurs et citoyens indépendants, dénonçons cet acharnement indigne qui entraîne le débat politique dans une dérive dangereuse pour la démocratie.

François Hollande a droit au respect comme tout citoyen, et comme président de notre ­République."

PREMIERS SIGNATAIRES : Agnès B., Catherine Deneuve, Benjamin Biolay, Juliette Binoche, Denis Podalydès, Irène Jacob, Sylvie Testud,  Laure Adler, Patrick Chesnais, Gérard Darmon, François Marthouret, Dominique Besnehard, Jean-Michel Ribes, Mazarine Pingeot, Claudine Nougaret et Raymond Depardon, Andrée Zana Murat et Bernard Murat, Michel Rotman, Patrick Pelloux, Laurent Davenas, Gilles Achache, Gabriel Gautier, Marie d’Ouince, Bruno Masure, Dany Dan - Melopheelo - Zoxea, Layla Metssitane, Touria Benzari, Emilie Chesnais Laurent Hébert, Bertrand Van Effenterre, Anna Medvecsky, Gaëlle Bayssière, Fethi Benslama, Pierre Douglas, Rachid Benzine, David Kodsi, Florence Muracciole, Stephane Distinguin,  Jean Minondo, Yohann Diniz, Jean-Philippe Derosier, Sakina M’sa, Éric Dussart, Évelyne Schapira, Philippe Lemoine, Nicole Baldet, Anne Baveray, Rachel Khan, Michel Cantal-Dupart, Anne-Carole Denès, Yves Denès, Gerard Cicurel, Gisela Blanc, Mathieu Sapin, Françoise Huguier, Édouard Brézin, Julie Saavedra,  Alex Menu, Pierre-Emmanuel Guigo, Jean-Philippe Derosier, Leïla Grison, Alexandre Leroy, C215, Dominique Miller, Christian Zerbib, Christiane Hessel…

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Entretiens Jean Zay : Le récit du commun, l’Histoire nationale racontée par les élèves... Vidéo...

19 Novembre 2016 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #Education, #Histoire

Lundi 14 novembre, Les Entretiens Jean Zay recevaient Françoise Lantheaume, professeure des universités en sciences de l’éducation à l’Université Lumière Lyon 2 et Laurence De Cock, professeure d’histoire-géographie en lycée et docteure en sciences de de l’éducation, pour présenter et débattre des résultats de leurs travaux de recherche. Des travaux qui s’appuient sur une large enquête menée auprès d’environ 7 000 élèves âgés de 11 à 19 ans, à qui il a été demandé de raconter l’histoire nationale telle qu’ils la connaissent.

Les résultats de cette enquête ont été publiés dans l’ouvrage Le Récit du commun : l’histoire nationale racontée par les élèves, sous la direction de Françoise Lantheaume et Jocelyn Létourneau, avec une contribution de Laurence De Cock, paru aux Presses universitaires de Lyon en octobre 2016. Des résultats qui vont à rebours des clichés véhiculés sur l’Histoire de France et notre École.

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Jean-Sébastien Bach... Sonates et Concertos pour flutes...

19 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Nina Yargekov... Double nationalité... (+ vidéo)

19 Novembre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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« Face au retournement qui se profile vous freinez des quatre fers, vous en avez assez de changer sans cesse d’avis sur vous-même, à chaque fois il faut vous réagencer, vous réacclimater, c’est éreintant à la fin, vous n’aviez pas encore cicatrisé de la blessure de ne pas être une immigrée que vous vous transformiez en traductrice psychopathe avant de devenir une délinquante sans crime et maintenant vous êtes de nouveau yazige mais pas immigrée sauf que vous n’êtes plus si certaine, et en attendant, vous n’avez ni le temps de vous réconcilier avec vos pieds ni celui de vous chercher un mari. Cependant c’est comme les noeuds sur les ficelles, plus on tire dessus et plus on les resserre, et déjà vous êtes partie, et déjà vous redevenez Française. »

Feuilleter ce livre en ligne

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A Lire... Revivre - Frédéric Worms... Prix lycéen du livre de philosophie...

19 Novembre 2016 , Rédigé par Juliette Cerf - Télérama Publié dans #Littérature, #Philosophie

http://www.appep.net/mat/2016/06/PrixWorms.png

(...)

Frédéric Worms en appelle dans Revivre à une philosophie entendue comme une pratique, une manière de vivre, dans la lignée de Pierre Hadot. Directeur du Centre international d'étude de la philosophie française contemporaine à l'Ecole normale supérieure, à Paris, Worms est aussi très sensible à la question du soin, du Care. De même que le sujet, en revivant, entre en relation avec les autres après avoir été isolé, séparé de lui-même, de même la philosophie commence vraiment « quand la vie devient relation à la vie ». Il y a là une profonde exigence sociale, morale, politique. N'oublions donc pas de revivre.

Juliette Cerf

La critique de Juliette Cerf est à lire ci-dessous

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Education: les programmes des 7 candidats de droite... Bon courage...

19 Novembre 2016 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Politique

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La sélection avant l'entrée à l'université

Certains candidats proposent de permettre aux universités de sélectionner leurs étudiants.

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Donner plus d'autonomie aux universités

Certains candidats proposent d'aller plus loin que la réforme engagée sous Nicolas Sarkozy.

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Le collège unique

Certains candidats veulent remettre en cause le fonctionnement actuel de la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans, en créant de nouvelles orientations.

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Donner plus d'autonomie aux collèges et lycées

Certains candidats proposent de donner des libertés supplémentaires aux établissements scolaires, sur le modèle de ce qui a été fait pour les universités sous Nicolas Sarkozy.

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La réforme des rythmes scolaires

La réforme des rythmes scolaires sous la gauche a instauré la mise en place de trois heures d'activités périscolaires par semaine à l'école primaire et la répartition du temps scolaire sur neuf demi-journées, dont le mercredi matin.

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Suspendre les allocations familiales aux parents d'élèves absentéistes

La mesure avait déjà été testée sous Nicolas Sarkozy.

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L'ensemble est à retrouver ci-dessous:

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J'ai été confrontée à l'angoisse des collégiens après les attentats...

19 Novembre 2016 , Rédigé par Louise Tourret - Slate Publié dans #Education, #Politique

20minutes.fr

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Les attentats du 13-Novembre, à Charlie Hebdo, à Nice ont obligé les parents à expliquer le terrorisme aux enfants. Un passage dans un collège parisien montre que les élèves ont toujours besoin de comprendre ce qu'il se passe dans leur pays.

Vous avez des enfants autour de vous? Ils ont peur depuis les attentats, peur du terrorisme? J’ai passé une grande partie de l’été, après l'attentat du 14 juillet à Nice, à expliquer à mon fils qu’on pouvait prendre le train, marcher dans la rue, aller à une fête foraine… En fait, j’avais peur. Et il a fallu en parler beaucoup pour essayer de faire baisser la tension. Au mois d’août, on apprenait que des exercices pour se préparer à d'éventuels attentats allaient être organisés dans les écoles. Et qu'il allait falloir devoir aborder encore ce sujet sensible dans les classes. Les enseignants avaient déjà dû y consacrer du temps après les attentats de janvier et novembre 2015.

J’avais pu constater, à travers de multiples entretiens et interviews, à quel point les élèves avaient besoin de parler de ce sujet. Nous sommes des millions dans ce cas. Parler des attentats, c’est aussi évoquer la façon dont on en parle, dont on parle des terroristes, de leurs motivations, ainsi que des raccourcis éventuels faits avec la religion. C’est questionner la manière dont nous nous informons, essayer de surmonter ses propres émotions. Vous trouvez que cela fait beaucoup pour un enfant de 7, 11 ou un ado de 13 ans? Pourtant, il semble que c’est exactement ce dont ils ont besoin. Juste de parler.

Mais, à la vérité, je ne pensais pas du tout à cela en me rendant à un atelier découverte média du collège Gérard Philippe, Paris XVIIIe  pendant les vacances de la Toussaint. Un atelier pour parler de mon métier dans un collège. Je connais déjà bien ce coin du nord de Paris, après Marcadet Poissonniers, près des voix de chemin de fer qui partent de la Gare du nord. Je viens à l’invitation de Laura Mougel, professeur d’Histoire-Géographie en charge de cet atelier. Nous devions discuter de mon travail. Nous avons parlé de l’islam, du regard des médias sur la religion, du terrorisme, du complotisme. La discussion était à la fois très angoissante –du fait des questions abordées– et rassurante, parce que je pouvais sentir à quel point ils avaient envie et besoin d’échanger sur ces questions. Je l’entends, la défiance envers les médias est bien présente, forte et elle appelle des réponses.

Laura Mougel: «Un petit groupe d'élèves de 6, 5 et 4e me suit depuis l'année dernière dans divers ateliers “découverte des médias”. Dans cet atelier, le temps importe moins et les élèves se risquent à toutes les interrogations: dernièrement sur la laïcité dans nos écoles, la liberté de culte, le mariage pour tous, l'homosexualité, les questions de genre, le terrorisme... Et on se surprend en tant que prof à découvrir une nouvelle facette de certains enfants. Tous les élèves se posent des questions, c'est même la base de l'apprentissage et de tout cheminement intellectuel. Mais ils restent des enfants, avec leur naïveté (comme croire des infos invraisemblables), mais avec aussi parfois une perspicacité qu'on ne soupçonnerait pas. Et également une angoisse très présente sur certains sujets qui m'interpelle beaucoup, sur l'extrême droite, le racisme, les terroristes, la guerre, la méfiance envers les médias traditionnels...

(...)

Louise Tourret

Suite et fin ci-dessous

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