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Vivement l'Ecole!

Un Jour... Un Auteur... Jonathan Coe...

24 Octobre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Un Jour... Un Auteur... Jonathan Coe...

Quand j'ai vu la Chinoise et sa fille qui jouaient aux cartes à leur table, au restaurant, avec en toile de fond les lumières miroitant sur les eaux du port de Sydney, je me suis mis à penser à Stuart, et à la raison pour laquelle il avait dû renoncer à conduire. 

J'allais dire "mon ami Stuart", mais sans doute n'est-il plus mon ami. Il semblerait que j'aie ainsi perdu quantité d'amis ces dernières années. Non pas que je me sois fâché avec eux, nous avons simplement décidé de ne pas rester en contact. Car c'est bien d'une décision qu'il s'agit, d'une décision consciente : il n'est guère difficile de rester en contact avec les gens, de nos jours, ce ne sont pas les moyens qui manquent. Mais avec l'âge, je crois qu'il y a des amitiés qui paraissent de plus en plus superflues. On se prend à se demander : A quoi bon ? Et c'est là qu'on arrête. 

Pour en revenir à Stuart et son problème au volant, il avait dû cesser de conduire parce qu'il était sujet à des bouffées d'angoisse. C'était un bon conducteur, prudent, consciencieux, il n'avait jamais eu d'accident. Mais de temps en temps, au volant, il lui venait des crises ; petit à petit elles se sont aggravées, et rapprochées. Je me souviens du jour où il m'en a parlé pour la première fois ; c'était au déjeuner, à la cantine du grand magasin d'Ealing où nous avons été collègues un ou deux ans. Je me dis que je devais l'écouter d'une oreille distraite, parce que Caroline était à notre table, et qu'entre nous les choses prenaient un tour intéressant ; si bien que je n'avais pas la moindre envie d'entendre Stuart parler de ses phobies au volant. C'est sans doute pourquoi je n'y ai jamais repensé, jusqu'à ce moment, des années plus tard, au restaurant sur le port de Sydney, où tout m'est revenu. Si j'ai bonne mémoire, son problème était le suivant : alors que la plupart des gens qui regardent les voitures passer sur une route à grande circulation ne voient là qu'un système normal et fonctionnel, Stuart y percevait une série d'accidents évités de justesse. Il voyait les voitures se précipiter les unes contre les autres à toute vitesse pour se manquer de peu, phénomène qui se répétait sans cesse, à longueur de journée. "Toutes ces voitures qui frôlent l'accident, me disait-il, comment font les gens pour supporter ça ?" Cette perspective a fini par être au-dessus de ses forces, et il a dû cesser de conduire. 

Son dernier livre:

 

 

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Un Jour... Une Phrase... Vérité...

24 Octobre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Citation

Un Jour... Une Phrase... Vérité...

"Quand la vérité n'est pas libre, la liberté n'est pas vraie".

Jacques Prévert

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Les enfants, c'était mieux avant...

24 Octobre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Pédagogie

Les enfants, c'était mieux avant...

Les enfants seraient plus violents, moins bons à l'école, en orthographe, moins respectueux des aînés...

Regretter le passé est un leitmotiv de notre temps, un sujet de prédilection des repas de famille, la garantie de voir liker substantiellement son statut facebook, un sujet inépuisable qui, depuis la reconnaissance du réchauffement climatique, se marie même admirablement bien avec cet autre thème universel qu'est la météo. Aussi paradoxal soit-il dans une société qui loue le progrès, ne jure que par les «réformes» et place nombre de ses espoirs dans la science, il n'en est pas moins omniprésent, dans les médias et le discours public, surtout lorsqu'il s'agit de prophétiser l'apocalypse civilisationnelle que la décadence des mœurs enfantines est censée annoncer.

La mémoire farceuse

Ce n'est pas un scoop, mais c'est toujours utile de le rappeler: notre cerveau ne fonctionne pas comme une caméra qui enregistrerait des informations qu'on pourrait visionner et revisionner à loisir. Dans son livre Mon cerveau, ce héros, paru en 2015, la chercheuse en sciences cognitives Elena Pasquinelli rappelait à quel point nos souvenirs pouvaient se montrer trompeurs, et ce même lorsque nous ressentions à leur égard une forte confiance. Un résultat loin d'être anodin puisqu'il remet par exemple en cause le crédit qu'on apporte généralement dans le cadre judiciaire aux «témoins oculaires». En réalité, selon la formulation des questions posées par les enquêteurs, certains témoins peuvent être amené à fabriquer des «faux souvenirs». L'explication en est simple:

«lorsque nous ramenons nos souvenirs à la vie [nous déterrons] des détails qui sont fidèles à notre expérience, mais qui ne sont pas placés dans la bonne "tranche temporelle" […] Le fait est que les souvenirs ressemblent beaucoup moins à des copies fidèles de la réalité qu'à des pages Wikipédia, dans lesquelles chacun de nous peut réécrire des morceaux.»

Lorsque nous vieillissons, d'autres phénomènes s'ajoutent et influent sur notre mémoire. La théorie de la sélectivité socio-émotionnelle montre par exemple qu'avec l'âge, nous retenons plus facilement les stimuli (événements, visages, informations) positifs que négatifs, ce qui pourrait expliquer physiologiquement notre tendance à dire que «c'était mieux avant».

Une des explications avancées serait qu'en vieillissant, la perspective de notre finitude nous pousserait à nous concentrer davantage sur notre bien-être et sur la régulation de nos émotions, et donc de prioriser le positif (voir ici ou ici). Pourtant, il semble que cette reconstruction optimiste du passé ne nous aide en définitive pas vraiment à positiver le présent, car nous serions confronté au quotidien à une réalité moins idyllique que nos souvenirs. Il en irait donc de notre hygiène mentale de déconstruire cela!

(...)

Béatrice Kammerer

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Coup de Coeur Lecture... Stanislas Morel, La médicalisation de l'échec scolaire, Paris, La Dispute, coll. « L'enjeu scolaire », 2014

24 Octobre 2016 , Rédigé par Kevin Diter Publié dans #Education

Coup de Coeur Lecture... Stanislas Morel, La médicalisation de l'échec scolaire, Paris, La Dispute, coll. « L'enjeu scolaire », 2014

L’ouvrage de Stanislas Morel peut de prime abord donner une impression de déjà vu ou de déjà lu, tant les questions de l’échec scolaire, de ses causes et de ses traitements ont été investies par de nombreuses disciplines depuis plus d’un demi-siècle. Il s’agit pourtant d’une enquête tout à fait originale et vivifiante. Plutôt que d’entrer dans l’espace très compétitif des analyses susceptibles d’expliquer et de rendre compte des « ratés scolaires » et de devoir ensuite prendre position en faveur de certaines et contre d’autres, l’auteur propose de déplacer le regard. Il invite pour ce faire à prendre pour objet de recherche non pas l’échec scolaire en tant que tel mais l’ensemble des approches théoriques concurrentes qui visent à en expliquer l’origine et à y remédier. Son objectif est de comprendre pourquoi et comment les préceptes médico-psychologiques se sont progressivement imposés comme les registres interprétatifs légitimes des difficultés scolaires, au détriment des explications sociologiques ou pédagogiques. En d’autres termes, Stanislas Morel entend réaliser la sociogenèse d’une idéologie dominante dans le domaine de l’éducation. Pour mener à bien ce projet, l’auteur met tout d’abord en œuvre une sociohistoire de l’échec scolaire. Il y détaille les différentes manières dont ce problème politique et social a été défini et redéfini au fil du temps, puis retrace, pour chaque période, la position plus ou moins centrale accordée aux diagnostics et aux traitements médico-psychologiques. Après avoir exposé ce que la médicalisation des difficultés scolaires devait aux transformations sociales, aux experts et aux hauts fonctionnaires en charge des questions scolaires, il se focalise sur le rôle joué par les différents professionnels du soin et de l’éducation, ainsi que sur les raisons qui les ont poussés à participer à cette redéfinition des inégalités et à sa large diffusion. Il complète enfin son travail par la mise en exergue de la contribution des parents à ce processus. Les mobilisations pour la « cause de leur enfant » entrainent la reconnaissance de certains diagnostics et de certains professionnels du soin plutôt que d’autres, et favorisent dans le même temps le transfert de la légitimité pédagogique en dehors du monde scolaire.

(...)

Kevin Diter

A suivre ci dessous

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Philippe Meirieu : l’école face aux bombes…

24 Octobre 2016 , Rédigé par Jean-François Cullafroz-Dalla Riva Publié dans #Education

« Les enseignants peuvent faire quelque chose », c’est le leitmotiv du pédagogue Philippe Meirieu. Après Charlie, Le Bataclan, Nice, St Etienne-du-Rouvray, en n’oubliant pas Bruxelles, Tunis, Karachi… et ce week-end encore à New-York, dans le Minnesota et le New Jersey, le monde de l’éducation ne peut rester les bras croisés. Celui qui a expérimenté dans le Rhône tous les niveaux d’enseignement livre sa parole.

Qui ne s’est pas interrogé après les attentats qui ont secoué la France depuis janvier 2015. Si la France n’avait pas été épargnée par le terrorisme dans les années 1970-1980, ce regain de violence extrême qui se pare des habits de la religion musulmane a eu de quoi inquiéter.

(...)

La suite et de nombreuses autres rubriques sur l'excellent blog de Jean-François Cullafroz-Dalla Riva en cliquant ci-dessous

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Confiance, éducation et autorité...

23 Octobre 2016 , Rédigé par VousNousIls Publié dans #Education, #Pédagogie

Confiance, éducation et autorité...

La dernière Revue internationale d'éducation de Sèvres du CIEP est consacrée à la confiance - dans les classes et au sein du système éducatif. Question : comment la soutenir, dans une société de défiance ?

Pour son numéro 72 d’octobre 2016, la Revue internationale d’éducation de Sèvres éditée par le CIEP s’intéresse à la confiance – dans les classes, dans les établissements, et dans le système éducatif en général.

« Pas d’éducation sans confiance, pas d’autorité dans confiance non plus… mais cette évidence semble avoir été oubliée, partout dans le monde, et pas qu’en France », remarque Laurence Cornu, professeure des Universités en Sciences de l’éducation à l’Université Rabelais de Tours, qui a coordonné le numéro.

La Revue de Sèvres propose ainsi d’observer « la place et les formes de la confiance » dans 10 pays, aux contextes très variés : l’Angleterre, le Bénin, le Brésil, le Cambodge, le Chili, Djibouti, la Finlande, la Nouvelle-Zélande, le Portugal… et la France.

« A quoi tient la confiance dans les classes, relationnelle dans la classe (entre profs et élèves), et institutionnelle (entre profs et institution) ? Comment la soutenir, quand crise de l’éducation et crise de la confiance semblent aller de pair ? », s’interroge Laurence Cornu.

(...)

Fabien Soyez

A suivre ci-dessous

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Youn Sun Nah...

23 Octobre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Un Jour... Un Auteur... Kenzaburô Ôé...

23 Octobre 2016 , Rédigé par Kenzaburô Ôé Publié dans #Littérature

Un Jour... Un Auteur... Kenzaburô Ôé...

Dès que je prenais conscience de moi, j'avais la sensation que tous les regards du monde se portaient sur moi avec malveillance, mes mouvements devenaient maladroits comme si toutes les parties de mon corps se mutinaient et se désolidarisaient entre elles. J'en serais mort de honte. A la seule idée qu'existât,en ce monde une conjonction de corps et d'esprit, appelée moi, j'en serais mort de honte. J'aurais préféré opter pour une existence solitaire de troglodyte, comme un homme de Cro-Magnon devenu fou dans sa grotte. J'aurais voulu supprimer le regard des autres. Ou carrément me supprimer moi-même.

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#college2016 - L'enjeu, c'est l'élève...

23 Octobre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

#college2016 - L'enjeu, c'est l'élève...

L'enjeu de la réforme du collège, appelée #college2016 sur les réseaux sociaux, va bien au-delà des débats qui ont animé la "famille" enseignante et la classe politique l'année dernière.

Cette réforme, que les opposants trouvent trop lourde tout en lui reprochant d'être trop "timide" - qu'en aurait-il été alors si les trois Ministres successifs depuis 2012 avaient brutalement renversé la table? - se heurte à des décennies d'habitudes, à un entre-soi ne dérangeant que ceux qui en sont exclus.

Depuis, en gros, les années 1970 et l'apparition d'un chômage qu'on ne tardera pas à appeler "de masse", l'école est devenue une fausse "valeur-refuge", celle qui promet de l'emploi à condition d'y réussir.

Fausse en effet car cette école-là, celle qui est née presque par effraction à la fin des années Pompidou, n'avait plus de refuge que le nom. Elle devenait celle de la compétition et des inégalités, non pas créées, mais reproduites. Peu à peu, et c'est tragique, l'écart entre les meilleurs et les plus "faibles" allait s'accroître. Peu à peu et chaque année un peu plus. Toujours en défaveur des mêmes.

En même temps disparaissait la mixité scolaire. Le mot "ghetto" allait être désormais accolé à certains établissements. "Ghettos" de pauvres et "ghettos" de riches.

Et la crise a poursuivi son œuvre. Chacun s'accommodant de la situation. Oui l'école devenait inégalitaire. Et alors? L'école reproduisait tout compte fait les inégalités acceptées au dehors. Pourquoi s'inquiéter plus que de raison?

Tout cela malgré beaucoup de signaux d'alerte de la part des pédagogues. Signaux réguliers et plus ou moins espacés dans le temps, sans jamais - et c'est un fait historique - de grands mouvements populaires exigeant la fin d'une école fondée sur l'acceptation scandaleuse des inégalités.

Tout cela jusqu'en 2014 en gros. Date de la mise en musique de la réforme "Collège2016".

Avec une violence rarement atteinte dans des débats irrationnels, schizophréniques, souvent utiles, toujours nécessaires. Ce fut un tsunami, très organisé par celles et ceux qui majoritairement sont les bénéficiaires depuis toujours d'un système construit par ceux qui réussissent pour ceux qui réussissent. Je vois déjà les bras levés au ciel des opposants lisant ces lignes. Pourtant je n'invente rien. Arrêtons-nous un instant sur ces propos de Christian Baudelot, sociologue pas spécialement favorable à Najat Vallaud-Belkacem. Il évoque le mouvement de protestation contre la réforme du collège:

"Ce mouvement d'opinion très orchestré rappelle beaucoup la Manif pour tous, avec l'enseignement privé en soutien. Le courant protestataire est entièrement organisé autour de la sauvegarde des privilèges des catégories qui profitaient déjà pleinement du système scolaire et veillaient à maintenir son élitisme. Le collège n'a jamais été vraiment unique. Il a toujours connu des spécialisations par matières ou territoriales. Les responsables politiques ont proféré des énormités sur les dangers que pouvait faire courir la réforme au système, en modifiant l'enseignement des langues anciennes ou vivantes. Les changements en jeu ne sont pourtant pas considérables. On va apprendre à tout le monde une seconde langue vivante dès la 5e. Ce qui pose problème, c'est ce "à tout le monde"."

Recueillis par Eric Fottorino et Laurent Greislamer pour Le1

L'enjeu de la réforme ne se situe donc pas DU TOUT dans la défense outragée des langues anciennes (qui ne sont pas mortes du tout) ni des classes bilangues.

Il doit répondre à la question bien plus vaste suivante:

"Quel enseignement demain?"

Après avoir vécu un collège construit sur la spécialisation de professeurs brillants:

- est-il si révoltant que cela, à l'heure des savoirs accessibles "facilement" - en tout cas plus facilement que dans les années 60-90 - de proposer d'autres manières de faire et de transmettre?

- est-il si iconoclaste d'affirmer que la polyvalence d'enseignants formés serait bien plus porteuse de résultats que l' "hyper disciplinarité"?

- est-il si dangereux de proposer à nos élèves d'apprendre à croiser les disciplines pour mieux en comprendre les finalités à travers la production d'un travail en commun, un "chef d'œuvre"?

- est-il si grave de conséquences de proposer plus d'autonomie à des EQUIPES pédagogiques?

- est-il si étrange, après avoir toutes et tous constaté qu'un nombre non négligeable d'élèves s'ennuie à mourir  dans nos classes, y compris les miennes, de proposer des méthodes pas seulement différentes ni  nouvelles - ce n'est pas parce qu'une idée est neuve qu'elle est automatiquement bonne - mais "seulement" passionnantes pour des gamins qui passent six heures par jour le plus souvent le cul vissé sur leur chaise?

Une fois répondu à ces questions, nous aurons abordé les véritables enjeux... Loin des pamphlets médiocres désignant tel ou tel pédagogue/"assassin" à la vindicte populaire.

L'enjeu principal restant, ne l'oublions jamais: 

l'ELEVE!...

Christophe Chartreux

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Une Phrase... Un Jour... Impossible...

23 Octobre 2016 , Rédigé par christophe Publié dans #Citation

Une Phrase... Un Jour... Impossible...

 “L’impossible, nous ne l’atteignons pas, mais il nous sert de lanterne.”

René Char

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