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Vivement l'Ecole!

Coupures de courant : «Nous dire que nos enfants n’iront pas à l’école le matin n’est pas entendable»

2 Décembre 2022 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Coupures de courant : «Nous dire que nos enfants n’iront pas à l’école le matin n’est pas entendable»

Problème de garde, distanciel impossible, internat… Magalie Icher, présidente de la FCPE, déplore une absence de concertation avec les parents d’élèves sur les possibles fermetures d’écoles en matinée en cas de coupures de courant.

Les établissements scolaires pourraient bien passer quelques matinées dans le noir cet hiver. Le gouvernement et RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, préparent en tout cas cette éventualité. Des délestages de deux heures pourraient avoir lieu au mois de janvier en cas de trop forte tension sur le réseau électrique, aux moments des pics de consommation, soit le matin entre 8 et 12 heures et le soir entre 18 et 20 heures. Tournants, ils ne toucheront que certaines parties du territoire. Si les hôpitaux, commissariats ou encore les prisons sont sanctuarisés dans la liste des bâtiments prioritaires et ne subiront pas ces coupures, les établissements scolaires pourraient bel et bien être concernés.

Par conséquent, ces jours-là, il «n’y aura pas d’école le matin», a indiqué le ministre de l’Education nationale Pap Ndiaye lors d’un déplacement au salon Educatech Expo à Paris. «La rentrée des élèves le jour concerné se fera en début d’après-midi, avec sans doute un repas qui sera néanmoins prévu pour les élèves qui sont à la cantine», a-t-il précisé. Déplorant une absence de concertation avec les parents d’élèves, Magalie Icher, présidente de la FCPE, craint des répercussions en chaîne.

En ne plaçant pas les établissements scolaires dans la liste des «prioritaires» échappant aux éventuelles coupures de courant, quel message envoie le gouvernement ?

Transparaît de cette décision l’idée que les écoles ne sont pas importantes pour eux, que nos enfants ne sont pas importants. Le gouvernement aurait dû travailler avec les parents d’élèves en amont. Nous leur avions demandé quelles conséquences ces possibles coupures de courant allaient avoir sur les écoles, comment ça allait se passer, sans recevoir de réponse en retour.

En cas de demi-journée banalisée, cela risque de poser un problème de garde pour les enfants…

C’est l’une des problématiques principales. Comment les parents vont pouvoir le matin ne pas emmener leurs enfants à l’école alors qu’ils doivent aller travailler ? On ne peut pas demander ça. Nous serons prévenus trois jours avant qu’il y aura une coupure, certes, mais il n’empêche que les employeurs ne pourront pas donner à tous les parents leur demi-journée. Qu’est-ce que cela signifie ? Que les enfants vont être livrés à eux-mêmes ? Et ces problèmes de garde ne sont pas les seuls…

Quels autres problèmes identifiez-vous ?

Le ministre dit que les coupures auraient lieu de 8 heures à 12 heures et de 18 à 20 heures mais que la cantine serait quand même disponible. Comment les repas vont pouvoir être prêts à midi ? J’ai un doute sur cette possibilité-là. Sans électricité, les enfants ne pourront pas non plus travailler de chez eux. Il n’y aura pas de distanciel possible. Ou alors il faut trouver une solution alternative, faire école dehors. Il est possible d’apprendre plein de choses à l’extérieur, d’envisager des sorties scolaires. De multiples réflexions pourraient être menées en amont avec les parents et le personnel éducatif. Mais nous dire que nos enfants n’iront pas à l’école le matin n’est pas entendable. C’est inenvisageable. Il faut prendre en compte l’ensemble de ces paramètres.

Après une demi-journée sans chauffage, les classes risquent d’être encore froides…

Bien sûr, ils parlent des enjeux de sécurité pour les enfants et les personnels mais le bien-être est aussi à prendre en compte. Si les élèves sont dans de mauvaises conditions, l’apprentissage ne se fait pas bien. Alors que ces coupures d’électricité risquent d’être importantes, la FCPE s’interroge et regrette que les établissements scolaires ne soient pas sanctuarisés parmi les priorités afin de ne pénaliser ni les enfants, ni les enseignants. Aujourd’hui, nous comptons quand même 12 millions d’élèves en France, ces coupures peuvent avoir des conséquences importantes sur l’organisation de notre pays. Quid de la prise en compte des demi-journées perdues pour les élèves dans leurs résultats scolaires puisque l’enseignement à distance sera impossible ? Quid de la prise en compte de l’anxiété des enfants face à une nouvelle situation de crise ? Et quid de la gestion des élèves internes ? S’ils sont à l’internat et que la coupure arrive le mardi matin ou le jeudi matin, ils font quoi ? Ils vont avoir froid et devoir rester dans l’établissement scolaire.

Marlène Thomas

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