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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Mina Loy...

4 Décembre 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Litterature

Loy_poesiecomplete
Lunar Baedeker
A silver Lucifer
serves
cocaine in cornucopia
 
To some somnambulists
of adolescent thighs
draped
in satirical draperies
 
Peris is livery
prepare
Lethe
for posthumous parvenues
 
Delirious Avenues
lit
with the chandelier souls
of infusoria
from Pharoah's tombstones
 
lead
to mercurial doomsdays
Odious oasis
in furrowed phosphorous
 
the eye-white sky-light
white-light district
of lunar lusts
 
Stellectric signs
 
                     ________________________
Café du Néant
Little tapers leaning lighted diagonally
Stuck in coffin tables of the Café du Néant
Leaning to the breath of baited bodies
Like young poplars fringing the Loire
 
Eyes that are full of love
And eyes that are full of kohl
Projecting light across the fulsome ambiente
Trailing the rest of the animal behind them
Telling of tales without words
And lies of no consequence
One way or another
 
The young lovers hermetically buttoned up in black
To black cravat
To the blue powder edge dusting the yellow throat
What color could have been your bodies
When last you put them away
 
Nostalgic youth
Holding your mistress's pricked finger
In the indifferent flame of the taper
Synthetic symbol of LIFE
In this factitious chamber of DEATH
The woman
As usual
Is smiling as bravely
As it is given to her to be brave
 
While the brandy cherries
In winking glasses
Are decomposing
Harmoniously
With the flesh of spectators
And at a given spot
There is one
Who
Having the concentric lighting focussed precisely upon her
Prophetically blossoms in perfect putrefaction
Yet there are cabs outside the door.
 
                    __________________
 
La noire virginité

Petits Séminaristes
Sur vert gazon
Clôturé d'ifs
Ils trottent à pas précipités
Sous les rayons du soleil
Soie de castor
Rythme de la rédemption
Frémissement des Bréviaires

Camails à cannelures de soie noire
Suspendus raide aux épaules
Juvénilité tronquée
Ségrégation uniforme
Unie dans l'austérité
Modulation
Intimidation
Orgueil de la préparation mal comprise
Statues d'ébène dressées à l'immobilité
Mâchoires anémiées
L'une l'autre sages comme une image

Gentiment les chers petits
En toute candeur se signent sous le bourdonnement du soleil
Le cercle de l'index et du pouce réclament la chaire
Les profils abjurés par Donatello
Mâchonnent de longs sermons de boutique sacristie
Pédants évangéliques
Qui rêvent non sans inquiétude
Dans les dortoirs hermétiquement clos
Non de moi ou de toi Sœur Saraminta
Mais de rien moins
Que de porter les mitres du Pape

C'est une vieille religion que celle qui nous a assignées notre place
Et me voici en chemisier lilas
Incarnant absurdement pas moins que le diable fait chair
Mais n'en sachant pas davantage sur lui
Que sur moi
Pas plus que les Petits Séminaristes sur ce qu'« Il » est
Ou qui ils sont —
Les mites messianiques qui débitent leur rosaire latin
Adolescence subjuguée
Reviennent sur les pas perdus pour refermer les Bréviaires
Sous les ombres brûlantes
Le dernier avec une démarche apostolique
Tente de décrocher un fruit haut perché
Et le manque
De toutes façons il est immangeable
C'est toujours ainsi
Dans le Jardin Public

Lignes parallèles
Un vieil homme
Fixe une collégienne en mousseline blanche
Et tout cela
Aussi plaisant que déroutant
Ne risque pas de se rencontrer
Je suis à jamais désorientée
Les hommes en vieillissant deviennent gloutons —
Quel non-sens
Il est midi —
Et les jeunes pousses du salut
Sont rabattues vers le réfectoire
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