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Vivement l'Ecole!

Marion Barlogis : « Pour moi, le lycée pro c’était vraiment un choix politique »

18 Novembre 2022 , Rédigé par 50/50 Magazine Publié dans #Education, #Lycee pro

Marion Barlogis : « Pour moi, le lycée pro c’était vraiment un choix politique »

EXTRAIT

Marion Barlogis est professeure en lycée professionnel. Après avoir obtenu un master en sciences politiques, elle se rend compte qu’elle a besoin de contact humain pour s’épanouir. C’est alors qu’elle se tourne vers l’Education Nationale pour enseigner l’histoire-géographie et le français. Féministe, il lui tient à cœur de faire progresser l’égalité femmes/hommes auprès de ses élèves, souvent peu sensibilisés à cette question mais très ouverts à la discussion. 

La volonté de devenir professeure m’est venue assez tard. Après le bac, j’ai fait Sciences Po à Toulouse en master de conseil politique. A priori, j’étais donc partie pour faire de la collaboration avec des élu·es. A la fin de ma quatrième année, j’ai fait un stage d’été à l’Assemblée Nationale. C’est là que je me suis rendue compte que ça ne le ferait pas… J’ai réalisé que j’avais besoin d’être beaucoup plus sur le terrain. Après m’être posée plein de questions pendant cet été, j’ai décidé de me réorienter. 

C’est là que j’ai rencontré une femme qui était professeure en lycée professionnel. C’est un monde très méconnu de l’extérieur. Elle m’a parlé de son métier et du concours pour y accéder. J’ai fait ma cinquième année à Sciences Po en double cursus pour passer le concours de lycée pro. J’ai fait un stage d’observation et je me souviens très bien de la sensation ressentie dès le premier pas dans une classe : j’étais bien. Je n’ai même pas voulu passer d’autres concours que celui du lycée pro. A vrai dire, même la matière à enseigner me paraissait assez secondaire. Tant que c’était en lycée pro, j’étais contente. C’est le rapport aux autres qui m’importe le plus.

Au lycée, j’ai retrouvé des jeunes heurtés par l’école. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce sont des gamins qui ont 14 ou 15 ans à leur arrivée et très souvent pour eux, l’école n’a pas été une expérience heureuse. Moi, parce que j’ai cet amour de l’école, je trouve le lycée pro très intéressant. Je me bats contre un regard un peu misérabiliste sur ces jeunes. Des gens me disent “ tu ne peux pas tou·tes les sauver ” et j’aime pas du tout ce vocabulaire parce que nous ne sommes pas du tout là en sauveuses/sauveurs. Par contre, il faut reconnaître que ce sont des jeunes qui ont été moins nourris ou protégés. De ce fait, en tant que professeure de lycée pro, il faut en faire deux fois, trois fois ou quatre fois plus. Il faut se décarcasser pour eux. Cela me motive tout le temps. Pour moi, le lycée pro c’était vraiment un choix politique au sens large : aller avec les jeunes pour travailler un autre rapport à l’école, à soi, aux autres.

Quand je me suis retrouvée parachutée en Ile de France, ça a été un choc social. La précarité y était omniprésente. Je m’en doutais mais le savoir et le vivre, ce sont deux choses différentes. Cela a changé le rapport des jeunes à la scolarité, à la sécurité, à la sécurité émotionnelle aussi. Pour ne rien arranger, je me suis tout de suite retrouvée proffe principale, dès ma première année. Je l’ai découvert sur ma fiche de rentrée le 31 août. J’ai donné tout ce que je pouvais et voilà. Ce fut dur mais maintenant je me sens bien. 

(...)

Témoignage recueilli par Caroline Flepp 50-50 Magazine et Eva Mordacq 50-50 Magazine

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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