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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Joachim du Bellay... (+ vidéo)

28 Novembre 2022 , Rédigé par christophe Publié dans #Litterature

DU BELLAY Joachim Les OEuvres francoises de Joachi... - Librairie Camille  Sourget - Livres rares Paris

Déjà la nuit en son parc amassait

Déjà la nuit en son parc amassait
Un grand troupeau d'étoiles vagabondes.
Et pour entrer aux cavernes profondes,
Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait.

Déjà le ciel aux Indes rougissait,
Et l'aube encor de ses tresses tant blondes
Faisant grêler mille perlettes rondes
De ses trésors les prés enrichissait :

Quand d'occident comme une étoile vive.
Je vis sortir dessus ta verte rive,
O fleuve mien! une nymphe en riant.

Alors voyant cette nouvelle Aurore.
Le jour honteux d'un double teint colore
Et l'Angevin et l'Indique orient.

Baiser

Quand ton col de couleur rose
Se donne à mon embrassement
Et ton oeil languit doucement
D’une paupière à demi close,

Mon âme se fond du désir
Dont elle est ardemment pleine
Et ne peut souffrir à grand’peine
La force d’un si grand plaisir.

Puis, quand s’approche de la tienne
Ma lèvre, et que si près je suis
Que la fleur recueillir je puis
De ton haleine ambroisienne,

Quand le soupir de ces odeurs
Où nos deux langues qui se jouent
Moitement folâtrent et nouent,
Eventent mes douces ardeurs,

Il me semble être assis à table
Avec les dieux, tant je suis heureux,
Et boire à longs traits savoureux
Leur doux breuvage délectable.

Si le bien qui au plus grand bien
Est plus prochain, prendre ou me laisse,
Pourquoi me permets-tu, maîtresse,
Qu’encore le plus grand soit mien ?

As-tu peur que la jouissance
D’un si grand heur me fasse dieu ?
Et que sans toi je vole au lieu
D’éternelle réjouissance ?

Belle, n’aie peur de cela,
Partout où sera ta demeure,
Mon ciel, jusqu’à tant que je meure,
Et mon paradis sera là.

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