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Vivement l'Ecole!

Des lycées autour de Toulouse pris à la gorge par les factures d'électricité multipliées par quatre ou cinq

12 Octobre 2022 , Rédigé par France Bleu Occitanie Publié dans #Education, #Economie

Hausse de la facture d'électricité de 1,55% en août

INFO FRANCE BLEU - Des lycées de la région toulousaine se retrouvent dans l'impossibilité de payer leurs factures d'électricité. Dalkia, l'opérateur qui a conclu le marché avec la Région pour certains établissements, leur présente des factures multipliées par quatre ou cinq.

Le gestionnaire-comptable ne s'attendait pas à pareil coup de massue. Car la facture d'électricité du lycée Déodat de Séverac à Toulouse ne concerne que la lumière, l'alimentation des ordinateurs et essentiellement, la cuisine. Pas encore le chauffage, au gaz. De 16.000 euros mensuels l'année dernière, Dalkia lui demande désormais 72.000 euros par mois, un contrat à l'année pour 2022-2023 à partir de septembre. Une augmentation de 450% pour cet établissement qui compte onze bâtiments et accueille 2.000 élèves. 

Les lycées publics de l'ex-Midi-Pyrénées, en majorité liés à Dalkia, connaissent une augmentation de cet ordre de grandeur, x4 ou x5, même si la Région parle plutôt de facture doublée. "C'est un scandale. Pourquoi l'électricité augmente de la sorte ? Ils ne sont pas liés à des problèmes de production", s'emporte Éric Fouchou-Lapeyrade, gestionnaire-comptable du lycée Déodat.

 

"On a prévenu Dalkia qu'on paierait ce mois-ci, mais on ne paiera plus avant janvier." - Éric Fouchou-Lapeyrade, gestionnaire-comptable du lycée Déodat de Séverac à Toulouse

 

Concernant le chauffage au gaz, là aussi, un contrat lie la Région avec Dalkia, la filiale d'EDF, mais l'opérateur ne devrait pas l'amender avant juin 2023, les tarifs sont gelés jusque-là. Ce contrat est d'ailleurs renouvelable -ou pas- l'année prochaine.

 

Choisir entre l'entrée et le dessert à la cantine

 

La Région leur a demandé de puiser dans le fonds de roulement, en promettant d'aider les plus fragiles. "J'ai 730.000 euros de fonds de réserves, mais rien que le surplus d'électricité c'est 560.000 euros à soustraire. Je n'ai plus rien pour le pédagogique, le matériel, les sorties scolaires", détaille Éric Foucou-Lapeyrade.

Certains établissements liés à Dalkia comme le sien ont décidé d'agir sur la cantine, pour amortir ces augmentations inattendues ; non pas sur les tarifs, sur lesquels la Région a la main et ne veut pas léser les familles, mais sur les menus.

 

À Déodat bientôt, il faudra choisir entre un fromage et un fruit, comme au lycée international de Colomiers, où ils ont déjà préféré le dessert à l'entrée. Des efforts ont aussi été demandés sur le nombre de photocopies.

 

Les gestionnaires-comptables, qui gèrent aussi bien les lycées que les collèges, ont rendez-vous avec le vice-président chargé des lycées à la Région, la semaine prochaine. Il leur a justement promis qu'il ne les laisserait pas glisser vers la banqueroute, des subventions exceptionnelles vont être votées prochainement. Mais jusqu'à quand ? La Région s'occupe de 224 lycées.

 

"On va peut-être payer l'équivalent des dotations de fonctionnement des lycées (67 millions d'euros) rien qu'en coût d'énergie. On n'a pas encore passé l'hiver, comment va-t-on pouvoir payer, nous qui ne prélevons pas d'impôts ?" - Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie chargé des lycées

 

La Région Occitanie prévient qu'elle ne pourra pas suivre. La présidente, Carole Delga, en a parlé à Elisabeth Borne, plusieurs ministres ont été approchés. Ce sont plusieurs dizaines de millions d'euros que la Région pourrait réclamer à l'État pour compenser ces factures exponentielles.

 

Bénédicte Dupont

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