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Vivement l'Ecole!

La bulle Éric Zemmour : autopsie d’une candidature médiatiquement construite

7 Juillet 2022 , Rédigé par La Revue Européenne des Médias et du Numérique Publié dans #Politique

Zemmour et le pass sanitaire: les éveillés se font-ils endormir? –  Bienvenue en Absurdistan

EXTRAITS

La construction Zemmour
Hypertrophie
Fascination 
Conscience
L’éclatement de la bulle ?

Le changement de perspective permet souvent de porter un regard enrichi sur une réalité. Dans le film First Man de Damien Chazelle (2018), Neil Armstrong explique ainsi que l’exploration spatiale est importante à ses yeux, non pour conquérir la Lune, mais pour permettre à l’humanité de voir différemment la Terre depuis l’espace. Dès septembre 2021, dans le journal suisse Le Temps, Richard Werly portait un regard tranché sur le rapport des médias hexagonaux au futur candidat Éric Zemmour, en titrant « Éric Zemmour, candidat des médias français »1. Au même moment, une partie des journalistes français commençaient à justifier le temps d’antenne et le volume d’articles dédiés au polémiste – déjà condamné pour provocation à la haine et à la violence – par l’existence d’un « fait politique » ; peu importe si ce dernier ne prenait que la forme d’une fausse « paparazzade » en Une de Paris Match en septembre 2021 ou du ressassement d’obsessions islamophobes depuis plus de dix ans.

La construction Zemmour

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2022, auquel Éric Zemmour a obtenu 7,07 % des suffrages exprimés, ne peuvent qu’interpeller au regard de la bulle médiatique créée et entretenue de septembre 2021 à mars 2022, autour de la candidature du président de Reconquête !. Ils invitent aussi à s’interroger sur la pratique sondagière qui a servi à légitimer cette candidature.

En attente de leur « moment Baron noir », pressés de faire vivre une actualité de « dernières minutes », de polémiques et de rebondissements préécrits, la quasi-totalité des médias français, et pas seulement les chaînes d’information en continu, a choisi de traiter l’élection présidentielle à venir en faisant du polémiste son centre de gravité. La couverture médiatique hypertrophiée dont Éric Zemmour a bénéficié a créé le « fait politique » qu’elle était censée analyser. La place centrale prise par le commentaire des enquêtes d’opinion, au détriment des débats de fond, a entretenu cette hypertrophie. Nombre d’intervieweurs ont concentré une part démesurée de leurs questions à solliciter des réactions sur des mouvements de sondages plus faibles que des marges d’erreur. Plusieurs acteurs politiques ont semblé se donner comme seule boussole stratégique les intentions sondagières.

Cette primauté accordée aux sondages l’a été dans un contexte d’explosion de leur nombre, tendance lourde depuis vingt ans qui s’est encore accélérée au cours des récentes années. Selon les chiffres de la Commission des sondages2, on est passé de 192 à 560 sondages en lien avec l’élection présidentielle entre 2002 et 2017. La barre des 600 enquêtes devait être largement dépassée pour la présidentielle de 2022. Leur multiplication sans justification apparente s’accompagne de nouvelles pratiques de constitution d’échantillons (échantillons en ligne de volontaires autorecrutés) qui soulèvent des interrogations sur la fiabilité des résultats (pointées notamment par le politiste Alexandre Dézé3). Elle rend d’autant plus facile, concernant la couverture de la candidature d’Éric Zemmour, des affirmations telles qu’« un mauvais sondage, c’est un mauvais sondage. Trois mauvais sondages, c’est peut-être le début d’un fait politique », publiée sous la plume du journaliste de Libération Nicolas Massol, en septembre 20214, pour commenter les courbes respectives de la présidente du Rassemblement national et du futur président de Reconquête !.

(...)

Agathe Cagé

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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