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Vivement l'Ecole!

Toujours plus d’étudiants en difficulté financière se rendent dans les distributions d’aide alimentaire

24 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Universite, #Jeunesse

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EXTRAITS

Avec la hausse continue des prix, les associations s’alarment du nombre de jeunes hommes et femmes qui ont du mal à s’alimenter, une fois le loyer et les études payés.

Ce mardi soir, une cinquantaine de personnes patientent devant le Bar commun, un lieu associatif du quartier populaire de la Goutte d’Or, à Paris. Comme toutes les semaines, l’association Linkee y réalise une distribution gratuite de produits, principalement alimentaires, destinés aux étudiants.

Vêtus de tee-shirts jaunes ou bleus, les bénévoles, souvent des étudiants eux-mêmes, s’affairent à orienter les jeunes vers les produits collectés. Midou, 20 ans, repart avec un chariot entier. Arrivé du Maroc il y a deux ans, cet étudiant en informatique dans une école privée vit avec 500 euros par mois. Une fois qu’il a payé son loyer, il n’a plus beaucoup d’argent pour s’alimenter. « Toute ma famille a cotisé pour financer mon école, je ne peux pas leur demander de m’aider », confie ce petit dernier d’une fratrie de six enfants.

Créée en 2016, l’association Linkee fournit, sur présentation d’une carte étudiante valide, fruits, légumes, féculents, fromages… souvent bio, labélisés ou issus du commerce équitable. « On récupère surplus, invendus et produits abîmés – mais encore bons – auprès d’agriculteurs, grossistes ou commerçants », expose Julien Meimon, fondateur de Linkee. Dans ses trente sites en France, l’association propose également un soutien psychologique, via l’association les Psys du cœur, et donne aussi des places de cinéma, théâtre ou opéra.

(...)

« Plus d’étudiants en difficulté financière »

Feres Belghith, directeur de l’observatoire de la vie étudiante (OVE), un organisme public, note que les remontées des établissements universitaires et des associations étudiantes convergent dans le sens d’une « plus grande proportion d’étudiants semblant être en difficulté financière » en cette fin d’année. « Il y a une réelle surprise de la part d’associations caritatives comme la Croix-Rouge ou le Secours populaire de voir de plus en plus d’étudiants demandeurs qu’ils ne connaissaient pas avant dans leur structure. Ce ne sont, pour l’instant, que des témoignages de terrain, mais c’est un indicateur », ajoute le directeur de l’OVE.

L’inflation rend les choses encore plus difficiles pour ces jeunes. Les dernières données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) font état d’une hausse des prix à la consommation de 5,2 % sur une année. « Les vêtements, je n’en achète même plus ! », lâche Désir, 23 ans, à la sortie du Bar commun. Etudiant en deuxième année de gestion, il s’attelle le week-end à livrer des plats à vélo pour Uber Eats, parvenant ainsi à se dégager entre 300 et 400 euros par mois, en plus des 100 euros de sa bourse étudiante du Crous et de ses 190 euros d’aide personnalisée au logement (APL). Une fois factures et loyer payés, il lui reste environ 100 euros pour vivre. « Je n’utilise cet argent que pour mes besoins primaires : le logement et la nourriture », constate le jeune, qui ne souhaite pas demander à ses parents, « eux-mêmes ric-rac » sur le plan financier.

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Devant le Bar commun, la file ne désemplit pas. Le sac rempli de fruits et légumes, Désir s’évertue à relativiser sa situation. Il vivait auparavant dans une chambre de bonne de 9 mètres carrés, à Nanterre. Désormais, il loue un studio du Crous, « un 22 mètres carrés, pour 450 euros ».

Florian Mestres

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