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Vivement l'Ecole!

Bac de français 2022 : « Les femmes sont mieux prises en compte dans les œuvres au programme »

17 Juin 2022 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Baccalaureat

Olympe de Gouges, figure de l'Histoire et emblème du féminisme

EXTRAITS

De plus en plus d’autrices sont désormais au programme du bac de français, remarque dans un entretien au « Monde » Françoise Cahen. Un réel progrès, selon cette professeure de français au lycée d’Alfortville, qui avait lancé une pétition à ce sujet en 2016.

Olympe de Gouges, Madame de La Fayette, Marguerite Yourcenar et Nathalie Sarraute : quatre autrices sont au programme du bac de français des séries générales et technologiques en 2022. En 2016, Françoise Cahen, agrégée et docteure en lettres modernes, enseignante au lycée Maximilien-Perret d’Alfortville, avait lancé une pétition, signée par quelque vingt mille personnes, pour dénoncer l’absence d’écrivaines au programme de terminale de l’ex-filière littéraire. Une initiative qui lui avait valu le soutien de la ministre de l’éducation nationale de l’époque, Najat Vallaud-Belkacem, et l’inscription au programme du bac L 2017 de La Princesse de Montpensier, une nouvelle de Madame de La Fayette. Six ans plus tard, Françoise Cahen reconnaît que les lignes ont bougé.

Olympe de Gouges, Madame de La Fayette et Marguerite Yourcenar figuraient parmi les autrices que vous mentionniez dans votre pétition il y a six ans. Elles font désormais partie du programme de français au baccalauréat. Comment percevez-vous cette évolution ?

La place des femmes a vraiment changé, elles sont mieux prises en compte. Olympe de Gouges constitue un excellent choix. Le texte étudié au programme – Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne – permet de travailler sur la notion d’égalité entre les hommes et les femmes dans la littérature. Il s’agit toutefois d’un texte court, pas très substantiel à étudier pour les élèves. Comme on ne connaît pas bien Olympe de Gouges, il me semble qu’on n’a pas osé aller vers ses pièces de théâtre. L’une d’elles, sur l’esclavage, aurait peut-être été plus riche pour le baccalauréat.

De réels efforts ont été entrepris depuis la pétition. Toutefois, les autrices citées en 2016 sont seulement un petit lot de femmes connues. On pourrait peut-être aussi faire surgir plus de femmes occultées par l’histoire littéraire. Par leurs travaux, les universitaires ont la capacité de les rendre visibles, notamment en les mettant au programme de l’agrégation, comme ils l’ont fait avec Christine de Pizan, une poétesse méconnue du Moyen Age.

Cela a permis de diffuser ses œuvres, d’enrichir les études sur elle, de l’intégrer aux cours des professeurs d’université. Aujourd’hui, de façon très concrète, on la retrouve dans nos manuels au lycée. Les universités peuvent et doivent donc nous aider à consacrer ces autrices. On multiplierait ainsi les œuvres de ces femmes susceptibles d’être au programme du baccalauréat de français.

(...)

Pensez-vous que le nouveau ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, pourra apporter une dynamique nouvelle sur ces sujets ?

Ses travaux d’universitaire et ses recherches laissent entrevoir qu’il est très sensible aux problématiques d’égalité culturelle. Je crois qu’il restera forcément quelque chose de visible de ses idées. S’il a accepté la mission, c’est qu’il estime nécessairement pouvoir agir sur ces questions. Ces sujets peuvent être tout à fait stimulants intellectuellement : ils font bouger nos références, provoquent de nouvelles rencontres entre la littérature et les élèves.

Florian Mestres

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