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Vivement l'Ecole!

Blanquer, le fantôme de Montargis...

11 Mai 2022 , Rédigé par Arrêt sur images Publié dans #Education, #Politique

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EXTRAITS

Daniel Schneidermann a délaissé provisoirement son Matinaute quotidien pour se consacrer aux élections législatives. Il part sur les routes de ce "troisième tour", dans les pas des candidats, et dans les coulisses de la presse régionale. Aujourd'hui : Montargis, dans le Loiret, sur les traces d'un candidat fantomatique nommé Jean-Michel Blanquer.

MONTARGIS. Où est-il ? Que fait-il ? Quand viendra-t-il ? Un fantôme nommé Jean-Michel Blanquer hante les rues de Montargis (Loiret). Le ministre de l'Éducation a débarqué à pas de loup, un vendredi, avant même le second tour de la présidentielle, avec à la main une poignée de tracts pour Emmanuel Macron. "Ah oui, vous êtes ministre, mais de quoi ?" lui a poliment demandé un commerçant de la rue Dorée, artère principale de cette sous-préfecture du Loiret, si proche de Paris, si provinciale, et si fière de ses canaux qui la font surnommer "la Venise du Gâtinais" dans les documents de la municipalité et de l'agglo.  

C'est par chance que Stéphane Boutet, rédacteur en chef de L'Éclaireur du Gâtinaisl'a immortalisé distribuant ses tracts aux commerçants de la rue (où siège aussi, heureux hasard, la rédaction de L'Éclaireur)."LREM m'avait prévenu que Blanquer allait distribuer des tracts pour Macron. J'ai demandé s'il n'y avait pas du parachutage dans l'air. Ils m'ont ri au nez". N'empêche : clic clac, c'était dans la boîte (Blanquer avait aussi tweeté cette visite).

(...)

Si la campagne du ministre se poursuit aussi discrètement qu'elle a commencé, son déficit de notoriété ne risque pas de se combler. La République du Centre a dû quasiment lui arracher une première interview. "On a dû le pousser au cul, raconte Sylvain Riollet, journaliste à La Rep. Dès qu'on a appris qu'il allait sur le plateau de France 3 Orléans, on a sauté sur l'occasion". Un journaliste d'Orléans a donc été dépêché auprès du candidat. Ce qui a valu au journal l'exclusivité de cette forte déclaration : son parachutage "n'est ni un cadeau, ni un empoisonnement". Les Montargois ont également appris que leur territoire possède "un très gros potentiel", qui néanmoins – encouragement digne d'un livret scolaire – "peut s'affirmer davantage". Son équipe et lui-même devront "être très pragmatiques", manifester "une grande attention à la jeunesse", ainsi qu'une "attention particulière pour la ruralité, avec la 4G". Quant au candidat, il se dotera d'une camionnette pour "sillonner les villages et aller à la rencontre des citoyens". Élu, il s'installera dans la circonscription. Et battu ? "C'est pas impossible que je m'installe aussi, on le verra, c'est une question de vie personnelle" a-t-il éludé, ce qui ne fait jamais bon effet.

(...)

Et la gauche, dans l'histoire ? Nul n'est parfait : Bruno Nottin, candidat PCF investi par la NUPES contre Blanquer, n'est pas enseignant, mais greffier au tribunal des prud'hommes. Soyons clairs : ici, la NUPES n'a aucune chance a priori. Sauf si, paradoxalement, le parachutage ministériel valait au communiste un bond de notoriété. "Il est intervenu à la convention NUPES d'Aubervilliers, et Fabien Roussel le cite dans ses tweets" énumèrent les deux journalistes locaux. Sur son compte Twitter, après son investiture, le greffier a enregistré 3000 nouveaux abonnements en une nuit. Il a vite compris qu'il fallait s'accrocher à la détestation que suscite le parachuté.

(...)

Daniel Schneidermann

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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