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Vivement l'Ecole!

Une génération sacrifiée : l’impact des fermetures d’écoles sur l’éducation des filles en Afrique

24 Janvier 2022 , Rédigé par ONE France Publié dans #Education

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EXTRAIT

Alors qu’ils reprennent progressivement le chemin de l’école, les enfants vivant sur le continent africain risquent de ne pas retrouver le même environnement que celui d’avant la pandémie. Dans certaines écoles, le nombre d’élèves par classe sera plus faible en raison des taux élevés d’abandon scolaire, notamment chez les adolescentes.

En Afrique, le COVID-19 a exclu une génération entière du système éducatif. Dans les pays africains à revenu faible ou intermédiaire, les enfants qui ne retourneront pas à l’école lors de sa réouverture se comptent par millions, et ce, pour diverses raisons. L’une d’elles est la suivante : pendant la pandémie, de nombreuses familles ont subi une perte de leurs moyens de subsistance, ce qui a affecté leur capacité à payer les frais de scolarité. En Afrique du Sud, on estime que 750 000 élèves ont dû abandonner l’école au cours de la première année de la pandémie. 10 % des personnes interrogées dans le cadre d’une étude ont déclaré qu’au moins un enfant de leur foyer n’était pas retourné à l’école en 2021.

Une étude menée au Kenya a révélé que 16 % des filles et 8 % des garçons ne sont pas retournés à l’école en 2021, après près d’un an de fermeture des écoles. Ruth Kagia, cheffe de cabinet adjointe du président kényan, a déclaré que les conséquences négatives des taux élevés d’abandon scolaire se feront sentir pendant des décennies : « La pandémie creuse les inégalités préexistantes, mettant en lumière les vulnérabilités des systèmes sociaux, éducatifs et économiques qui amplifient à leur tour les impacts de la pandémie. »

Dans certains pays, les filles qui n’étaient pas scolarisées en raison de la fermeture des écoles étaient chargées d’aider aux tâches ménagères. De nombreux parents, en particulier ceux qui accordent peu de valeur à l’éducation des filles, pourraient être tentés de garder leurs filles à la maison après la réouverture des écoles ce mois-ci.

Des disparités accrues

Des études menées en 2020 ont montré que les fermetures d’écoles ont engendré la déscolarisation d’environ 90 % des élèves dans le monde. Parmi eux, 800 millions étaient des filles. Au cours des deux dernières années, des millions d’enfants – garçons et filles – qui n’ont pas eu la chance de bénéficier de l’apprentissage en ligne ou de l’enseignement à domicile n’ont eu que très peu, voire pas du tout, accès à l’éducation. En Afrique, la réouverture de certaines écoles n’a eu lieu qu’en janvier 2022, après une interruption de près de deux ans, notamment en Ouganda.

Ces longues fermetures d’écoles risquent d’accentuer encore les disparités entre les élèves qui ont pu poursuivre leur scolarité grâce à l’enseignement à domicile ou à l’apprentissage en ligne et ceux qui n’ont pas eu cette chance. La plupart des enfants qui n’ont pas reçu d’enseignement pendant les fermetures d’écoles devront probablement redoubler des classes pour rattraper leur retard, ce qui signifie qu’ils seront à la traîne par rapport à leurs camarades. Certains pourraient même tout simplement abandonner l’école.

Certaines écoles kényanes ont mieux réussi que d’autres à maintenir les garçons et les filles à l’école. William Wambugu, le directeur de l’école primaire Ndaragua à Nyahururu, au Kenya, a déclaré que lorsque la pandémie a frappé, l’école disposait déjà d’un programme de conseil pour les élèves, qui apporte un soutien psychosocial aux filles. « Je pense que c’est la raison pour laquelle aucune de nos filles n’est tombée enceinte et que tous les élèves sont revenus cette année », a-t-il déclaré.

Grossesses d’adolescentes, mariages précoces et violences sexuelles

L’école de Wambugu fait partie de celles qui ont eu le plus de chance. Les grossesses d’adolescentes et les mariages précoces représentent un frein à l’éducation des filles dans toute l’Afrique. La province sud-africaine de Gauteng a connu une augmentation de 60 % des grossesses chez les adolescentes depuis le début de la pandémie. On peut attribuer cette augmentation à différents facteurs, notamment au manque d’accès des filles à l’éducation sexuelle, à l’accès réduit aux contraceptifs pendant les périodes de confinement et aux violences sexuelles.

(...)

Rasna Warah

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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