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Vivement l'Ecole!

"Le fiasco de la surveillance épidémiologique en milieu scolaire"

4 Décembre 2021 , Rédigé par caducée.net Publié dans #Education, #covid

https://photos.lci.fr/images/613/344/ecoles-coronavirus-france-627351-0@1x.jpeg

EXTRAITS

Covid-19 : le gouvernement laisse-t-il filer l’épidémie à l’école ?

Alors que la circulation du coronavirus SARS-COV-2 s’emballe, particulièrement à l’école, le gouvernement a décidé d’alléger le protocole sanitaire en supprimant les fermetures automatiques des classes pendant 7 jours au 1er cas positif. Ce changement de stratégie pourrait d’autant plus s’apparenter à une volonté délibérée de laisser filer l’épidémie à l’école qu’aucune mesure supplémentaire visant à prévenir en milieu scolaire les risques de contaminations n’a été prise par l’exécutif.

Un allègement du protocole sanitaire en plein emballement de l’épidémie

Entre le 18 et le 25 novembre, le nombre de classes fermées a plus que doublé en passant de 4000 à 8900, ce qui a contraint plus de 180 000 familles à se réorganiser pour assurer la garde de leurs enfants. Depuis le printemps dernier, la doctrine en vigueur à l’éducation nationale stipulait en effet que les classes des écoles primaires et maternelles seraient systématiquement fermées pendant 7 jours au premier cas d’infection à Sars-Cov-2 confirmée.

La nouvelle doctrine du gouvernement consiste désormais à supprimer le caractère automatique des fermetures de classe, à tester tous les élèves des groupes où un cas a été découvert et à n’autoriser les retours à l’école que sur présentation d’un test négatif. L’attestation sur l’honneur des parents ne sera plus suffisante. Concrètement soit un laboratoire est à même de se déplacer à l’école pour effectuer les tests sur place, soit les parents devront s’organiser pour faire tester gratuitement leur enfant. En cas de refus des parents, l’enfant doit rester isolé chez lui pendant 7 jours.

Ce nouveau protocole est entré en vigueur à partir du 29 novembre et sera généralisé d’ici le 6 décembre. « Nous poursuivons deux objectifs fondamentaux : maintenir les écoles ouvertes tout en protégeant la santé des élèves et des personnels », déclarait Jean Michel Blanquer. Si le maintien de l’école ouverte parait acquis, on peut s’interroger sur la volonté réelle du gouvernement de protéger la santé des enfants.

Alors qu’une partie de la communauté éducative s’attendait à un durcissement du protocole sanitaire avec un passage au niveau 3 ou 4, c’est finalement un allègement qui été décidé. Car avec la fin des fermetures automatiques des classes pendant 7 jours il est probable que la circulation virale soit moins ralentie par ce protocole que le précédent, car un enfant peut être asymptomatique et négatif le jour du test et positif le lendemain. C’est bien pour ces raisons qu’une période d’isolement de 14 puis de 7 jours a été définie pour tous les cas contact. En un mot, le gouvernement a mis un terme aux 7 jours d’isolement automatique pour les enfants cas contact en primaire et en maternelle.

Les ARS auront néanmoins le pouvoir de décider de la fermeture de classe selon la situation épidémiologique locale.

(...)

Le fiasco de la surveillance épidémiologique en milieu scolaire

Un autre domaine dans lequel le gouvernement persiste à ignorer les recommandations de son Conseil Scientifique est le suivi épidémiologique. En effet le 13 septembre 2021 il préconisait de prévenir les risques d’infections en milieu scolaire en ayant recours au dépistage systématique hebdomadaire.

Dans son avis, le conseil scientifique expliquait que « Le dépistage systématique amène à détecter précocement les introductions de virus dans les classes, permettant alors de ne renvoyer chez eux que les enfants détectés positifs, et non tous les élèves de la même classe. Les bénéfices sont donc à la fois sanitaires (moins de cas) et pédagogiques (moins de jours de classes perdus). Des expériences étrangères, en particulier en Allemagne et en Autriche, illustrent la faisabilité de cette stratégie, dont la supériorité par rapport aux autres stratégies est largement suggérée par les données de modélisation » présentées par l’équipe de Vittoria Colizza (INSERM)

Selon cette étude, si la participation était de l’ordre de 50 %, le dépistage systématique hebdomadaire permettrait alors de réduire le nombre de cas de 24 % en primaire et de 53 % dans le secondaire tout en réduisant le nombre de jours de classe perdus.

Le conseil scientifique proposait de mettre en œuvre des tests salivaires sur des échantillons mis en commun (poolés) afin d’améliorer l’acceptabilité par les enfants et les parents et aussi de réduire les coûts et la charge de travail pour les laboratoires d’analyse.

Cette stratégie n’a finalement pas été retenue par le gouvernement. Devant les députés le ministre de l’Éducation nationale avait déclaré « La stratégie consistant à tester de manière extrêmement répétée, extrêmement massive, les enfants n’a pas que des avantages…Par exemple, la Société française de pédiatrie alerte sur le fait qu’il peut y avoir à la fois quelque chose d’anxiogène et de compliqué à faire cela de manière répétée ».

À la rentrée de septembre, Jean Michel Blanquer avait annoncé l’objectif de 600 000 tests salivaires réalisés par semaine. Entre le 15 et le 22 novembre, sur les 600 000 tests qui sont bien disponibles, 377 000 ont été proposés et seulement 190 000 ont été réalisés. À peine un tiers de l’objectif a donc été atteint.

« Même pour ce genre de tests indolores et simples, il n’y a pas une acceptation massive. C’est une difficulté qu’on a depuis le début. » Regrette le ministre dans le Parisien. Sur le Huffingtonpost, Guislaine David, porte-parole du syndicat Snuipp-FSU déplore l’absence de campagne de communication mise en œuvre par le gouvernement pour convaincre les parents de donner leur accord au dépistage systématique. De son côté, Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire nationale du syndicat enseignant UNSA pointe du doigt le peu de clarté du ministère, le manque de moyens humains et la surcharge de travail pour les directeurs d’écoles.

« Ils doivent gérer la mise en place du protocole qui évolue souvent, assurer le lien avec les familles, avec la mairie, et en plus ils doivent dans de nombreux cas faire classe puisqu’ils sont aussi professeurs des écoles. »

Donc plutôt que de se doter de moyens en adéquation avec l’objectif initial de suivi hebdomadaire, le gouvernement a préféré annoncer un allègement du protocole sanitaire en vigueur comme si l’objectif était dorénavant d’éviter les fermetures des classes quitte à laisser filer l’épidémie à l’école.

(...)

Laisser filer l’épidémie à l’école est-il éthique ?

La stratégie de santé publique qui consiste à laisser le virus contaminer les plus jeunes dans le but de développer l’immunité collective de la population a été proposée dans la « Great Barrington Déclaration ». Cette approche a rapidement provoqué un tollé. Plus de 7000 scientifiques s’y sont opposés en signant le mémorandum de John Snow paru dans The Lancet le 14 octobre 2020 et à nouveau au cours de l’été 2021.

L’OMS a également condamné cette stratégie.

« Laisser se propager librement un virus dangereux encore imparfaitement compris serait tout ‎simplement contraire à l’éthique. Nous ne l’envisageons absolument pas.‎ »

Dans une tribune publiée dans l’Express, un collectif de scientifiques, milite contre cette stratégie de libre circulation du virus chez les plus jeunes.

« Exposer délibérément des enfants à un agent biologique de niveau 3 ne serait qu’une expérimentation menée sans le consentement des parents et reposant sur leur désinformation. Cette stratégie, en plus d’être une violation du droit à la protection de la santé (article L. 1110-1), est contraire aux droits fondamentaux à la vie et la santé, tels que définis par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), signée par la France.

Protéger les enfants est un impératif moral et un devoir de l’État et des parents, qui doivent être correctement informés. Et les enfants n’ont pas à être la “troisième dose” des adultes, ils ont le droit d’être protégés, par tous les moyens disponibles. »

Plus d’informations sur le sujet : https://www.ecole-oubliee.fr/

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