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Vivement l'Ecole!

« Les écoles publiques sous contrat risquent d’ajouter au phénomène de ségrégation »

29 Novembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Confinement 2 : suis-je obligé d'envoyer mon enfant à l'école ?

Deux universitaires spécialistes des politiques scolaires, Philippe Bongrand et l’Américain Samuel Abrams, soulignent, dans une tribune au « Monde« , le bilan médiocre des « charters schools », ces établissements américains qui inspirent le programme éducatif de Valérie Pécresse, candidate à l’investiture LR pour l’élection présidentielle.

Dans son programme éducatif pour l’élection présidentielle, présenté le 12 octobre à Venoy (Yonne), Valérie Pécresse propose de transformer 10 % des écoles publiques en « un nouveau type d’écoles publiques sous contrat, inspirées des “charter schools” britanniques ou suédoises ». Ces écoles, prioritairement implantées dans les territoires en difficulté, bénéficieraient des « libertés » de gestion des personnels, des publics et des projets pédagogiques dont jouissent actuellement, en France, les écoles privées, qui représentent 15 % des 60 000 établissements scolaires. Dans ces écoles, « les élèves et leurs parents [devront] respecter une charte d’engagement (…) sous peine de devoir quitter l’établissement ».

Attribuées à tort à la Suède et au Royaume-Uni par Mme Pécresse, les charter schools ont en réalité été inventées aux Etats-Unis en 1992. Elles bénéficient de dérogations aux règles communes de financement et de fonctionnement en contrepartie de l’engagement à garantir un certain niveau de performance – par exemple, un taux de réussite à des tests standardisés. Elles représentent aujourd’hui 7 % des écoles publiques américaines. Concernant les free schools (« écoles libres ») suédoises, lancées à partir de 1992, et les academies britanniques, des écoles publiques indépendantes, créées une décennie plus tard, prime l’idée de libéralisation du marché scolaire plutôt qu’une charte d’engagement.

Le discours de Mme Pécresse reproduit les arguments types des promoteurs des charter schools. Promettant d’y « conjuguer le meilleur des méthodes pédagogiques du public et du privé », il vante leur efficacité pour accroître la qualité pédagogique et la motivation des enseignants ainsi que pour réduire les inégalités territoriales. Pourtant, les recherches accumulées depuis trente ans incitent, pour le moins, à la vigilance.

(...)

L’exemple finlandais

S’inspirer des politiques scolaires étrangères gagne ainsi à tenir compte des recherches universitaires qui leur sont consacrées. D’autres leçons peuvent, alors, être tirées. En Finlande, la performance des enfants en langues, en mathématiques et en sciences ne découle pas de l’instauration de chartes rigides, ni, plus généralement, de la privatisation de l’enseignement. L’exemple finlandais incite à mieux former et rémunérer l’ensemble des enseignants, et à mieux donner aux enfants le goût d’apprendre à l’école. Développer les cours de musique, d’art, de menuiserie ou de cuisine, tout en améliorant les compétences en mathématiques et en sciences, y contribue.

(...)

Samuel Abrams est directeur du Centre national d’étude de la privatisation de l’éducation à l’université Columbia (New York) et l’auteur d’Education and the Commercial Mindset (« L’éducation et l’esprit commercial », Harvard University Press, 2016, non traduit) ;
Philippe Bongrand, maître de conférences en sciences de l’éducation et de la formation à Cergy Paris Université et membre du laboratoire Ecole, mutations, apprentissages, coordonne un projet soutenu par l’Agence nationale de la recherche visant à étudier l’instruction en famille.

Texte intégral à lire en cliquant ci-dessous

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