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Vivement l'Ecole!

Éducation à la sexualité : "L’école ne s’est jamais sentie légitime sur ces questions"

27 Novembre 2021 , Rédigé par Marianne Publié dans #Education

Plus de cours d'éducation à la sexualité pour moins d'abus de pouvoir

EXTRAITS

Le ministère de l'Éducation nationale s’apprête à toiletter ses séances d’éducation sexuelle pour y intégrer la question du consentement. Historien de l'éducation, Claude Lelièvre rappelle à quel point la sexualité, souvent réduite à une simple gestion des risques, dérange l'institution scolaire.

Marianne : L’éducation sexuelle semble être un des sujets les plus éruptifs de l’Éducation nationale. Pourquoi ?

Claude Lelièvre : Jusqu’en Mai 1968, l’Éducation nationale se cantonnait au silence sur la sexualité. Il n’y avait aucune allusion dans les manuels de sciences de vie et de la terre (SVT) et encore moins de séances de sensibilisation. Le sujet a émergé dès 1971, lorsque le Comité d’action de Corbeil pour la libération de la sexualité a édité le tract « Apprenons à faire l’amour », rédigé par un médecin, le docteur Carpentier. Dans les écoles, des associations organisaient des séances d’éducation sexuelle sauvages, axée sur le seul plaisir – plus particulièrement phallique et masculin. Mais il n’y avait pas la question de la réciprocité du plaisir et du consentement. L’Éducation nationale s’est basée sur cette libération sexuelle – masculine – pour concevoir ses premières séances de sensibilisation.

Le ministre Joseph Fontanet (démocrate-chrétien) a publié une circulaire en 1973. « Il a longtemps été admis que les éducateurs devaient tenir les enfants à l’écart des problèmes de l’âge adulte, et plus spécialement à l’égard de ceux qui concernent la sexualité. Mais les fables racontées aux plus petits et le silence opposé aux plus grands paraissent aujourd’hui chargées d’inconvénients très lourds, du double point de vue de l’évolution psychologique et de la relation de l’adolescent à l’adulte. Ils sont devenus inacceptables du fait de la civilisation ambiante, de l’évolution des modes de vie, du recrutement mixte des établissements », détaillait le texte. Cette première circulaire a établi un premier clivage entre l’information biologique, axée sur la procréation, et l’éducation facultative.

(...)

Comment distinguer ce qui relève de l’Éducation nationale et ce qui relève du rôle des parents ? Cette question peut s’avérer complexe…

L’école ne s’est jamais sentie légitime sur ces questions. Elle n’est pas un lieu de plaisir. Elle ne trouve sa légitimité que dans la protection des enfants, au nom du risque du sexe.

(...)

La sexualité est-elle devenue politique ? On se souvient de la polémique sur le programme ABCD de l’égalité, lorsque Najat Vallaud-Belkacem était ministre des Droits des femmes, sous le gouvernement de François Hollande.

Najat Vallaud-Belkacem suivait un rapport de l’Inspection générale de l’éducation qui disait qu’il fallait déconstruire les stéréotypes dès la petite enfance. Ce n’était pas la question sexuelle, mais sexuée. Cette polémique est révélatrice d’une évolution plus large. Depuis les années 2010, les questions d’orientation sexuelle de genre se sont ajoutées au corpus général. L’éducation sexuelle est devenue politique et culturelle. Elle intègre toutes les révolutions sociétales et bioéthiques. En cela, elle est éruptive. Plus l’éducation sexuelle devient politique, plus elle fait figure de repoussoir pour les enseignants. Ces derniers délèguent donc la tâche à des associations militantes.

Violaine Des Courières

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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