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Vivement l'Ecole!

École inclusive : les leçons du modèle italien

29 Novembre 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

La généralisation des PIAL (Pôles inclusifs d'accompagnement localisés) :  des économies sur le dos de l'inclusion ! - fcpe Paris

EXTRAIT

En Italie, les élèves handicapés sont tous scolarisés dans des classes ordinaires. Un système longtemps regardé comme avant-gardiste en Europe. Alors que les militants transalpins revendiquent d'aller plus loin, la France, elle, a renoncé à s’en inspirer pour des raisons budgétaires.

« On sait bien que l’Italie est une exception, ici les écoles différenciées [réservées aux élèves porteurs de handicap –ndlr] ont disparu ou quasiment », témoignent Maria Chiara et Elena Paolini, deux sœurs de 30 et 36 ans, toutes deux en fauteuil roulant, et qui ont suivi leur scolarité dans « les classes normales de l’école publique ».

Figures de l’antivalidisme en Italie, elles tiennent un blog, Witty Wheels, dans lequel elles décortiquent les représentations du handicap qui parasitent encore les médias, et s’occupent de formations dans les écoles ou les milieux professionnels.

Une loi dès les années 1970

Alors que l’Italie est souvent présentée comme avant-gardiste en matière d’inclusion scolaire, elles mettent un gros bémol : « Ce système scolaire n’est pas discriminant en théorie, mais nous baignons encore dans une culture validiste selon laquelle les personnes handicapées auraient quelque chose en moins que les autres. »

L’Italie, en tout cas, fait mieux que la France. Dès les années 1970, elle a consacré, dans la loi, le droit pour tous les enfants handicapés à être scolarisés à l’école ordinaire – et jusqu’au lycée, depuis une loi de 1984. Les établissements et classes spécialisées ont donc fermé, et des moyens ont été déployés, essentiellement des enseignants dédiés appelés « enseignants de soutien ».

Une incongruité aux yeux de Paris, qui a dépêché sur place, en 2017, une mission d’inspection de l’éducation nationale. Verdict ? « Ce modèle peut être inspirant », ont reconnu les auteures dans leur rapport de mission. « Mais il ne pourrait être mis en place en France. »

Impossible, selon elles, de transposer le dispositif des enseignants de soutien. Selon l’Institut national des statistiques, ces derniers étaient près de 176 000 en Italie en 2019-2020, rémunérés par l’État, soit un professeur pour 1,7 élève porteur de handicap. « La création d’autant de postes d’enseignants spécialisés en France aurait non seulement un coût budgétaire très important mais poserait aussi un problème de vivier », écrivent sans fard les inspectrices.

En France, selon les derniers chiffres de l’éducation nationale, 125 000 AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) accompagnaient 400 000 élèves en situation de handicap à la rentrée 2021, soit un rapport de 3,2 enfants par adulte, presque deux fois moins qu’en Italie. Et encore, nombre d’AESH n’exercent qu’à temps très partiel (lire ici).

(...)

Cécile Debarge

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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