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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Aristote...

30 Novembre 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature, #Philosophie

Comme il y a plusieurs fins, à ce qu'il semble, et que nous en pouvons rechercher quelques-unes en vue des autres, la richesse par exemple, et en général toutes ces fins qu'on peut appeler des instruments, il est bien évident que toutes ces fins ne sont pas parfaites et définitives par elles-mêmes. Or, le bien suprême doit être quelque chose de parfait et de définitif. Par conséquent, s'il existe une seule et unique chose qui soit définitive et parfaite, elle est précisément le bien que nous cherchons; et s'il y a plusieurs choses de ce genre, c'est la plus définitive d'entre elles qui est le bien.

Or, à notre sens, le bien qui doit être recherché pour lui seul est plus définitif que celui qu'on cherche en vue d'un autre bien : en un mot, le parfait, le définitif, le complet est ce qui est éternellement digne d'être recherché en soi, et ne l'est jamais en vue d'un objet autre que lui.

Mais voilà précisément le caractère que semble avoir le bonheur : c'est pour lui et toujours pour lui seul que nous le recherchons, ce n'est jamais en vue d'une autre chose. Au contraire quand nous poursuivons les honneurs, le plaisir, la science, la vertu sous quelque forme que ce soit, nous désirons bien sans doute tous ces avantages pour eux-mêmes, puisqu'indépendamment de toute autre conséquence nous désirerions certainement chacun d'eux; mais cependant nous les désirons aussi en vue du bonheur, parce que nous croyons que tous ces avantages divers nous le peuvent assurer, tandis que personne ne peut désirer le bonheur en vue de quoi que ce soit autre que lui.

Du reste, cette conclusion à laquelle nous venons d'arriver semble sortir également de l'idée d'indépendance, que nous attribuons au bien parfait, au bien suprême. Évidemment nous le croyons indépendant de tout. Et quand nous parlons d'indépendance, nous entendons par là ce qui, pris dans son isolement, suffit à rendre la vie désirable, et fait qu'elle n'a plus besoin de quoi que ce soit; or c'est là justement ce qu'est le bonheur.

Aristote, extrait de L'Ethique à Nicomaque, trad. A. Fouillée).

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