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Vivement l'Ecole!

Un manifeste pédagogique (+ vidéos)

22 Octobre 2021 , Rédigé par En attendant Nadeau Publié dans #Education

École publique et émancipation sociale - Agone

EXTRAIT

Laurence De Cock, historienne et enseignante, spécialiste de l’histoire scolaire et de la pédagogie, propose un manifeste pour l’école publique qui est avant tout un plaidoyer fort et efficace pour une politique de la pédagogie et une pédagogie repolitisée. Cette entreprise salutaire se double d’un tableau convaincant et accessible de la crise scolaire actuelle.

Laurence De Cock, École publique et émancipation sociale. Agone, coll. « Contre-feux », 216 p., 16 €

Le premier mérite du livre de Laurence De Cock tient au contexte : après la fermeture des établissements d’enseignement, après les cours à distance, après l’assassinat de Samuel Paty, après le mouvement contre la réforme des retraites, après la reconduite incessante et antédiluvienne de sa crise, qui parle de l’école ? Précisons : qui, hormis celles et ceux qui s’effraient à bon compte de la baisse du niveau ou de la perte des valeurs et de l’autorité, parle de l’école ?

Historienne et enseignante engagée, Laurence De Cock entame son livre comme un réquisitoire efficace qui se déploie à plusieurs échelles. Sur le très court terme, elle dresse un bilan sévère, malheureusement juste, de la crise pandémique à l’école. Selon elle, cette crise a agi comme un « révélateur » d’une crise scolaire qui lui préexistait largement. On peut regretter cet angle du « révélateur », qui, dans ce domaine comme dans d’autres, s’est très vite imposé dans de nombreuses analyses, au risque de rendre moins évidentes les ruptures occasionnées par la crise sanitaire – dans le cas des enseignants, il est relativement inédit que l’école soit comprise dans une politique de santé aussi explicite, qui a d’ailleurs suscité un propos que, de mémoire de prof, on n’avait jamais entendu dans la bouche d’un ministre, à savoir que l’école était un fondement majeur, y compris économique, de notre société.

Cela dit, les continuités avec le fameux « monde d’avant » sont également éloquentes sous la plume de Laurence De Cock : irruption massive d’outils numériques et privés déjà en progression auparavant, mise à distance des difficultés des élèves (« le distanciel met à distance »), abandon des étudiants dans le supérieur, décrochage abyssal entre le travail de terrain et la hiérarchie des rectorats et des ministères… Ce tableau catastrophique (et non catastrophiste) dessine les contours d’un deuxième réquisitoire contenant le premier, sur le moyen terme du quinquennat qui s’achève : c’est bien la politique de Jean-Michel Blanquer qui est particulièrement visée. La crise sanitaire s’éclaire de ce qu’elle prend place dans une politique ministérielle mise en place depuis 2017, que Laurence De Cock présente comme un abandon de la logique de démocratisation scolaire, voire une contre-démocratisation scolaire. En quelques pages implacables, l’autrice synthétise le programme politique à l’œuvre depuis bientôt cinq ans, qui assez brutalement fait système, de la maternelle rendue obligatoire (et donc confiée de facto au secteur privé) jusqu’à la mise en place de Parcoursup.

(...)

Pierre Tenne

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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