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Vivement l'Ecole!

Le grand complot des livres d'histoire contre les femmes...

17 Septembre 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Femme

Les tribulations des femmes à travers l'Histoire - De la Révolution à la  Belle Époque : la grande régression - Herodote.net

EXTRAITS

Pourquoi l'évolution des places respectives des femmes et des hommes dans la société ne mériterait-elle pas d'être enseignée?

Après des mois de travail dans le cadre de mon nouveau livre, je suis en mesure de vous annoncer un scoop: les femmes n'existent pas. En tout cas d'après les programmes d'histoire de l'Éducation nationale.

C'est même pire.

De façon contre-intuitive quand on voit l'évolution actuelle de la société, la place des femmes dans les nouveaux programmes d'histoire est en régression par rapport aux précédents. Comme le soulignent les historiennes Véronique Garrigues et Julie Pilorget«Aujourd'hui, avec les nouveaux programmes de collège et de lycée, on constate un nouveau recul de la présence des femmes dans l'histoire enseignée, et les enseignements de spécialité font avant tout la promotion d'un “roman national” tourné vers les faits militaires et les événements politiques.»

Il faut dire que, pendant longtemps, cette absence a été facile à justifier. On pensait que les femmes, cantonnées aux travaux domestiques et à la maternité, n'avaient pas eu les possibilités matérielles de participer à l'histoire. Mais la recherche a montré qu'il s'agissait d'un mythe. Il porte même un nom, «le mythe de la femme empêchée». En réalité, tant qu'on postulait que les femmes n'avaient rien fait, et donc qu'on ne les cherchait pas, elles restaient invisibles. Du moment où l'on a commencé à chercher les femmes dans les sources, on les a trouvées: des femmes peintressculptricescompositrices, des reines, des chevaleressesdes femmes soldatsdes femmes bâtisseuses de cathédrales au Moyen Àge. Et encore plus étonnant: nombre de ces femmes ont rencontré un grand succès à leur époque.

(...)

Rétablir la vérité

Je repense avec une certaine colère à mes cours au lycée sur la démocratie athénienne ou la révolution française. Chaque fois, le fait que les femmes aient été exclues de cette citoyenneté était présenté par les profs, et dans les manuels, comme un détail. Un truc pas très important. On le mentionnait en passant, pour évacuer le sujet.

En vérité, considérer que l'exclusion des femmes est un détail historique et ne mérite pas la première place, c'est clairement dire que les femmes elles-mêmes sont accessoires, secondaires. Anecdotiques.

Il s'agirait de rétablir des vérités historiques qui ont été masquées par des préjugés sexistes que les programmes d'histoire reproduisent.

Et cela, c'est une décision politique. Une décision qui devrait paraître insupportable à tout le monde, pas seulement aux femmes. Parce que, messieurs, ce sont aussi vos ancêtres qui ont été effacées, c'est la moitié de votre arbre généalogique sur lequel on tire un trait.

(...)

Cet été, j'ai lu cette phrase dans Le Carnet d'or de Doris Lessing (romancière qui a eu le prix Nobel et qui pourrait facilement à son tour tomber dans l'oubli). C'est sa psychanalyste qui s'adresse à l'héroïne: «En quoi êtes-vous différente? Voulez-vous dire qu'il n'y a jamais eu de femmes artistes? Qu'il n'y a jamais eu de femmes indépendantes? Qu'il n'y a jamais eu de femmes qui réclament leur liberté sexuelle? Je vais vous dire: une immense file de femmes s'étend derrière vous, dans le passé, et il faut que vous les cherchiez, que vous les trouviez en vous-même, et que vous preniez conscience d'elles.» Cela date de 1962.

Bref, Les grandes oubliées sort cette semaine aux éditions de l'Iconoclaste, avec une merveilleuse préface de Michelle Perrot, et j'en suis fière.

Titiou Lecoq

Texte complet à lire en cliquant ci-dessous

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