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Vivement l'Ecole!

L’affectation nationale des professeurs, un garant d’égalité devenu carcan

16 Septembre 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Carcan ou pilori · Visitmuseum · Catalonia museums

EXTRAITS

L’égalité de traitement entre les fonctionnaires de l’éducation nationale n’est pas toujours respectée. Chaque année, sur 30 000 enseignants du secondaire qui demandent à être mutés, 60 % n’obtiennent pas satisfaction.

Analyse. Ce n’est pas qu’une question technique. Ni même seulement un message à l’adresse des spécialistes – ou des acteurs – de l’école. En annonçant, le 2 septembre, au premier jour de la rentrée des classes, que les directeurs de cinquante « écoles laboratoire » pourraient « choisir » leur équipe dans les quartiers défavorisés de Marseille, Emmanuel Macron a positionné, plus rapidement qu’attendu, l’éducation dans la campagne présidentielle.

Une proposition aux airs de petite révolution dans le paysage éducatif, où le directeur d’école n’a, aujourd’hui, aucun pouvoir sur ses collègues ni même de statut qui l’en distingue. « Je dis plein de gros mots pour beaucoup de gens », a reconnu M. Macron, devançant les réactions syndicales – elles ont été unanimement « contre » –, tout en assumant sa ligne : donner de l’autonomie aux chefs d’établissement. Une conversion de l’école au « principe du management libéral », ont réagi en nombre les enseignants.

(...)

Le « mouvement » révèle ainsi ses limites. Pour combler les manques, l’éducation nationale recrute des contractuels, ces enseignants non titulaires qui n’ont pas passé de concours. Dans l’académie de Versailles, ils sont plus de 4 000 en renfort ; et même 4 500 à Créteil. Les « primes ZEP » et les « bonus à l’ancienneté », autre levier, n’ont apporté qu’une « réponse partielle à un problème structurel », argumente-t-on dans les rangs syndicaux, où l’on défend plutôt l’ouverture de postes ou l’octroi de moyens supplémentaires aux écoles. 

Déserts scolaires

Une autre piste moins connue est celle des « postes à profil ». C’est à elle qu’ont pensé les acteurs de l’école en entendant le discours du chef de l’Etat à Marseille. Ces affectations réalisées « hors barème » flèchent des postes en fonction de besoins spécifiques : classes européennes, classes préparatoires, disciplines artistiques… Leur nombre a « légèrement augmenté » en dix ans, écrit la Cour des comptes en 2017, jugeant l’« outil sous-utilisé ». On reconnaît, rue de Grenelle, la volonté de le « développer » sans avancer d’objectif chiffré.

La piste n’est pourtant pas aussi révolutionnaire qu’on peut le croire, et pas seulement parce que le recrutement dans l’enseignement privé, fort de plus de 100 000 enseignants, fonctionne ainsi. Dans le public, une tentative menée sous le quinquennat Sarkozy avait tourné court. Ces postes à profil destinés à des établissements prioritaires entre 2010 et 2012 n’avaient pas trouvé preneur. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, en sait quelque chose : il était à l’époque directeur général de l’enseignement scolaire, le numéro deux du ministère.

(...)

Mattea Battaglia et Sylvie Lecherbonnier

Article à lire intégralement en cliquant ci-dessous

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