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Vivement l'Ecole!

"Tous ensemble contre Blanquer ? Oui, mais…" - Les Cahiers Pédagogiques/Philippe Watrelot (Extrait)

29 Juillet 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

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EXTRAITS

« Tous ensemble contre Blanquer ! » Après la séquence de juin-juillet avec la « grève du bac » et la rétention des notes, ce début d’année scolaire est marqué par des appels à la (re)mobilisation. Une université d’été, des assemblées générales se tiennent avec des mots d’ordre de contestation de la mal nommée « loi pour une école de la confiance ».

Y a t-il une unité des enseignants contre la Loi Blanquer et la politique éducative ? La déploration générale et l’agacement face à l’omniprésence médiatique du ministre peuvent faire illusion. Mais on est loin de l’unanimisme et même de l’unité d’action. Les débats autour du bac l’ont bien montré : on peut critiquer la réforme et ne pas être d’accord avec les moyens d’action qui ont été utilisés.

Les lignes de fracture sont nombreuses et portent aussi bien sur les formes d’expression, l’analyse des politiques passées que sur la vision de l’école qui en résulte. Et l’action ne pourra être efficace et rassembleuse que si on dépasse certaines d’entre elles et qu’on réfléchit sérieusement à une alternative progressiste pour l’école. La convergence plutôt que la polarisation…

Regard sur un passé qui ne passe pas…

Pour pouvoir avancer, il faudrait déjà parvenir à solder des contentieux toujours ouverts. C’est le premier clivage qui est loin d’être négligeable car, derrière, on retrouve des positionnements politiques et syndicaux.

On pourrait résumer le débat par la question suivante : « entre la politique menée par Najat Vallaud-Belkacem et Jean-Michel Blanquer, y a t-il une différence de degré ou de nature ? »

On a l’impression que pour certains, il s’agit simplement d’une différence de degré. On en a même entendu parmi les plus « radicaux » expliquer doctement que « les 60 000 postes n’ont jamais existé ». Et, dans cette logique extrême, la politique menée par Najat Vallaud-Belkacem était tout aussi libérale et destructrice de l’école que l’est la politique actuelle qui n’en serait qu’un prolongement.

On ne va pas sans arrêt ressasser un passé qui ne passe visiblement pas. Mais il faudrait rappeler qu’à la différence de la réforme du lycée de Jean-Michel Blanquer, la réforme du collège avait été approuvée par le Conseil supérieur de l’éducation. Certes, des syndicats s’y étaient opposé. Mais, à moins de considérer que seuls certains seraient légitimes et auraient vocation à représenter toute la profession, ce n’est pas exactement le même cas de figure.

Évidemment, le coup de force de Manuel Valls, qui publie le décret le soir-même d’un mouvement social, n’avait rien arrangé. Tout cela a été dénoncé en son temps, tout comme les doutes sur la verticalité de la gouvernance. Mais ces nuances pourtant constantes, sont oubliées par certains au profit d’une polarisation facile.

Cette posture est, au final, relativement confortable intellectuellement puisqu’elle permet d’éviter les compromis et de situer toujours dans le « camp du bien » quel que soit l’adversaire qu’on se fabrique…
Et il n’est pas sûr que cette radicalité permette la transformation de l’école. Elle est malheureusement souvent l’alibi d’un certain conservatisme.

On peut aussi penser (c’est mon cas) qu’il y a une différence de nature dans les politiques menées. Aussi bien sur l’effort consenti (augmentation du budget versus réduction) que sur les finalités de la politique.

Rappelons qu’un des objectifs de la réforme du collège, outre celui de donner plus de sens aux apprentissages, était de corriger le détournement qui était fait des classes « spéciales » permettant de contourner la mixité sociale et l’hétérogénéité scolaire.

Bien sûr, tout n’était pas parfait. Mais dans une position réformiste, on peut alors soutenir et faire évoluer ce qui va dans le bon sens. On peut préférer avoir les « mains dans le cambouis » que de ne pas avoir de mains (ou seulement le poing levé). Il est utile de rappeler que le contexte n’était pas exactement le même et qu’il y a donc plutôt rupture que continuité.

(...)

Philippe Watrelot,
Professeur de SES dans l’Essonne et formateur à l’ESPE de Paris en temps partagé, ancien président du CRAP-Cahiers pédagogiques

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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