Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

"Je ne pourrai plus rien pour eux"...

13 Juin 2021 , Rédigé par France Info - L'Instit'humeurs Publié dans #Education

Vive les vacances scolaires | ECR

EXTRAIT

Mi-juin. Ce n’est pas encore tout à fait l’heure du bilan – trop de choses à faire, encore, durant ces trois dernières semaines – pourtant comme chaque année à la même période, fidèle au rendez-vous, s’accroche à mes basques une légère déprime qui dit bien que j’ai commencé, inconsciemment, un retour sur l’année scolaire qui s’achève.

Au moment où le drapeau à damier se profile, c’est d’abord tout ce que je n’ai pas réussi à faire qui remonte. Les satisfactions viendront, mais plus tard, pour l’heure ce sont les revers, les déconvenues qui me viennent, tout ce qui n’a pas marché, tout ce que je n’ai pas su mettre en place, concrétiser, pour le groupe, mais surtout individuellement : je ne vois plus que les failles chez mes élèves, les lacunes qui leur restent, ce qu’ils ne savent toujours pas, ou pas totalement, à faire, à comprendre, toutes ces cordes manquantes à leur arc.

Quand l’année commence, les premières semaines sont consacrées à connaitre chaque élève, une sorte d’audit individuel est établi, un point précis et détaillé est fait sur les acquis et les compétences, mais pas seulement : le rapport aux apprentissages, le contexte familial et social, la personnalité sont également examinés, pris en compte – derrière l’élève, ou avant, c’est selon, il y a l’enfant, impossible d’agir sur l’un sans avoir un minimum accès à l’autre.

Puis de manière plus moins explicite, on met en place un plan pour chacun, un projet, une feuille de route. Avec certains élèves il y a des entretiens individuels, avec d’autres ce n’est pas forcément utile, parfois il faut rencontrer les parents, parfois non.

Toute l’année, on travaille ensemble à la réussite de ce projet, semaine après semaine, il faut des réajustements, faire des points d’étape, il y a des hauts, des bas, mais à la fin, quand l’aiguille termine son tour d’horloge, quand il ne reste que quelques grains dans le sablier, on est soudain rattrapé par la réalité : c’est fini, ou presque. C’est fini, il n’y a plus d’espoirs à placer, de meilleur à espérer, d’embellie à attendre, désormais, car il n’y a plus rien à faire, plus de route devant, quand on se retourne il y a juste le long ruban des difficultés, des maigres réussites, des échecs patents, à contempler.

(...)

Lucien Marboeuf

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :