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Vivement l'Ecole!

Domination, popularité, transgression, les bonbons ont une place de choix au collège

10 Juin 2021 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Tuto pour réaliser des sachets de bonbons d'anniversaire sur le thème de  Sam Le Pompier - Confidences de maman

EXTRAIT

Si on associe souvent ces sucreries à l'enfance, elles s'invitent aussi à l'adolescence. Là, elles peuvent jouer un rôle d'intégration ou refléter des rapports de force.

On pourrait penser qu'on ne trouve pas de bonbons dans les établissements du secondaire, que ce sont des aliments enfantins, dégustés lors d'anniversaires ou autres fêtes. Pourtant, ces sucreries qui, selon beaucoup de parents, doivent rester de l'ordre de l'occasionnel, s'invitent quotidiennement au collège.

Bien qu'elles soient très souvent interdites dans le règlement intérieur des établissements scolaires, les élèves en consomment dans la cour de récréation, mais aussi en classe, avec plus ou moins de discrétion en fonction de l'enseignant –et de l'élève.

Les multiples fonctions des bonbons

Mon enquête montre que les bonbons aident à construire des relations d'amitié, par exemple dans la cour de récréation: on n'en donne qu'à ceux que l'on considère comme faisant partie de son cercle d'amis. Ce partage amical peut également avoir lieu en salle de classe, bien que, dans ce cas-là, consommer des bonbons revête souvent un autre sens: il s'agit d'un acte transgressif visant à défier les enseignants et plus globalement l'ordre scolaire.

Manger des bonbons en classe en toute discrétion est encore différent de le faire de façon ostentatoire, devant l'enseignant. Par exemple, un élève qui mâche un chewing-gum, à qui l'enseignant demande d'aller le jeter à la poubelle, et qui fait semblant –de façon assez théâtrale– de le jeter et retourne à sa place avec, a clairement pour objectif de montrer qu'il sait tenir tête à l'enseignant et se rebeller ouvertement contre l'école. Les élèves qui adoptent ce type de pratique sont des jeunes qui cherchent à gagner en popularité, à faire partie de ceux qui n'ont pas peur des enseignants.

La cote de popularité d'un élève est fonction de son degré d'intégration parmi ses pairs: plus un jeune a d'amis, dans sa classe, mais aussi hors de sa classe, plus il déjeune le midi avec un grand nombre de convives. Plus il sait parler fort, transgresser les règles, tenir tête aux enseignants, plus cet élève est considéré comme populaire. Les élèves se répartissent en différents groupes: des groupes d'élèves leaders, dans lesquels on retrouve très souvent les délégués de classe, des groupes plus en marge, formant de petits cercles d'amis, et enfin des élèves «électrons libres», exclus du groupe-classe, et très souvent stigmatisés par les élèves les plus populaires.

(...)

Aurélie Maurice

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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