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Vivement l'Ecole!

Dis-moi où tu passes le bac, je te dirai ce que tu fais

30 Juin 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education, #Baccalaureat

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L’HUMEUR DU JOUR – Le ministre de l’Éducation annonce encore une nouvelle réforme du bac, et un renforcement du contrôle continu. Au risque d’accentuer les inégalités.

Le Covid aura-t-il été le meilleur allié de Jean-Michel Blanquer ? À peine achevée sa première édition, voilà son nouveau bac déjà re-réformé pour 2022, à la faveur des adaptations « exceptionnelles » imposées par la crise sanitaire et qui vont devenir la norme. Ce qui ne change pas : les épreuves terminales compteront toujours pour 60 % de la note finale. Ce qui change : les 40 % de contrôle continu seront désormais calculés exclusivement sur les notes obtenues au cours de l’année, avec la suppression des « épreuves communes » – ex-« épreuves communes de contrôle continu » : des devoirs sur table effectués en cours de première et de terminale, très critiqués l’an dernier pour leur première mise en place, et carrément annulés cette année pour cause de crise sanitaire.

Évidemment, cela a le mérite de la simplicité et de la cohérence : depuis le départ, le ministre ne jure que par le contrôle continu. A priori, ce dernier semble plus juste : récompenser les efforts de toute une scolarité, au lieu de se fonder sur des examens ponctuels, avec leur part d’aléatoire. Pourtant, cette annonce peu concertée renforce dangereusement le soupçon qui pèse sur ce nouveau bac : creuser les inégalités entre élèves. Privés d’une évaluation anonyme et nationale, ils seront désormais associés jusqu’au diplôme à leurs établissements et enseignants, dont les systèmes de notation varient considérablement. Et sans qu’aucune procédure d’harmonisation ne semble prévue. Dès 2022, le bac ne sera plus qu’un diplôme local, à la valeur définitivement dépendante de la réputation du lycée où il a été passé. Un progrès, vraiment ?

Juliette Bénabent

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